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Vos deux posts sont très pertinents et touche au vrai problème. je vous raconterai mon expérience associative qui, a mon avis, démontre que les joueurs changent, les aspirations changent, la façon de jouer change mais cela touche définitivement plus les vieux qui se remettent en cause que le djeun's qui découvre.
coyote, on s'est vus à la GNF, si je ne m'abuse...Fin, moi je t'ai vu, toi tu ne m'as sans doute pas reconnu, je ne suis pas assez connu, c'est pour ça

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Les aspirations changent, certes, c'est ça à mon avis qui a un impact.
En fait, ça dépend aussi ce qu'on appelle aspirations...Par exemple, quand je vois Mitgard qui nous dit qu'il est passé de l'ado enfiévré au père de famille respectable, on peut se dire que les aspirations ont changé, et donc qu'il n'a plus de temps à consacrer au hobby, ou du moins autant qu'auparavant...
C'est certes vrai pour une part, j'en ressens moi-même les effets, vu la diminution de ma présence depuis mon entrage dans ze world of ze travail, mais à côté de ça, j'ai vu à la GNF des gens tout à fait semblables à ce qu'ont pu devenir les ados d'il y a dix ou quinze ans, non ? Je veux dire, ma dernière expérience du Games Day remonte à quatre ou cinq ans, mais des photos que j'en ai vues et des retours que j'en ai eus, la population reste majoritairement jeune, et rajeunit de plus en plus. Alors qu'à la GNF, malgré la dominante Battle et 40K des tables de jeu (et encore, dominante est un bien grand mot), le public était loin d'être jeune.
On avait affaire à des gars qui ont la fin de la vingtaine, milieu de trentaine, la quarantaine, bref, on est très, très, très loin du public d'aujourd'hui du Games Workshop du coin.
Donc je ne sais pas, une autre idée que j'ai parfois, c'est que tout le monde en a un peu marre du lobby, du Games Workshop de plus en plus commercial, des concurrents qui suivent (c'est pas "on fait un truc qui nous branche", c'est "regardez, on a fait moins cher que Games et en plus on est plus intéressant !"), parce qu'on a pas le choix, parce que pour se faire financer, il faut être rentable, donc fini les projets enthousiastes qui peuvent partir en n'importe quoi (comme typiquement un projet de trois gars à Londres qui décident de lancer des figurines et de faire un magazine papier moche comme tout qu'il appellent en fin de compte...White Dwarf).
Finalement, le hobby, c'est juste une partie d'autre chose de plus global, je lisais je ne sais plus où que de nos jours, des films comme Rainman ou autres (considérés comme des grands films, mais dont j'ai oublié le nom) n'auraient de nos jours pas été tournés par Hollywood, parce qu'ils n'avaient pas un budget assez ambitieux pour le faire rapporter des millions...
Bref, hier, on dépensait 100€ dans une compagnie en voulant en gagner 101€. Aujourd'hui, on ne veut plus investir 100€ à moins de vouloir gagner 150€, 200€...Du coup, les gens n'investissent plus par passion, mais par sécurité, et forcément les gars en face qui se retrouvent avec le produit fini, sécurisé et rentable, mais loin d'être passionné, sont peut-être un peu dérouté par rapport à la folie, la passion, les conneries et la sauvagerie qu'on pouvait trouver il y a vingt ans...
Bref, je m'égare. Peut-être donc que les gens en ont raz-le-bol de ce lobby, mais sans trop savoir quoi faire à la place...On les aime, nos p'tites figurines, on les adore, elles nous ont beaucoup apporté, et on ne voit pas pourquoi on ne continuerait pas...
Certains ont réussi à se créer un gros réseau, je pense à Warmaster, par exemple, ou les joueurs ont clairement réussi à se faire leur monde et à se créer une vraie identité indépendante.
Mais pour des jeux comme Battle où il existe encore des nouveaux qui arrivent sans arrêt et font constamment évoluer les choses, du côté des producteurs, des créateurs, des joueurs, c'est plus dur...
Un jeu qui est mort (ou presque), c'est parfois triste, c'est parfois dur. Mais on sait quoi en faire, si on veut le ressuciter ou le gérer avec des règles qu'on crée, c'est "facile", ça bouge pas, c'est comme un cadavre, ça se débat pas.
Dans un jeu qui vit continuellement, on est heureux, ça vit, ça bouge, ça respire, mais putain, qu'est-ce que ça change vite ! C'est comme les enfants, hier, on les avait encore dans les bras, et là ils rentrent à l'université (je ne parle pas d'expérience perso, hein). Un jeu qui continue d'être renouvelé par les concepteurs et les producteurs, c'est pareil, ça évolue tellement qu'on est peut-être toujours un peu à la masse pour vraiment savoir quoi en faire...
Le temps qu'on comprenne son fils de 12 ans, il en a 14 et des boutons...Une fois qu'on a réussi à le faire reparler à son frère, il en a déjà 16 et il faut lui filer des capotes...Une fois qu'on se dit qu'on a à peu près compris comment parler à sa nouvelle copine, il en à 19, il se barre de la maison, et tout bascule encore plus...
Battle, c'est sans doute pareil...On apprend à maîtriser une version, on finit par se dire qu'on trouve ça banal, parce qu'on l'a maîtrisée, et puis on nous file une nouvelle version, qu'on maîtrise...Et encore une...
Une facteur secondaire, je trouve, et ce n'est qu'empirique de ma part, c'est que les versions s'enchaînent de plus en plus...J'ai l'impression d'avoir joué une éternité en V6 (probablement parce que la V7 était très proche), alors que les dernières versions s'enchaînent...Et ce, sans coupure nette...On a passé une ou deux versions en renouvelant les Livres d'Armée dans un ordre différent, du coup on ne sait plus vraiment qui est le dernier né, qui date franchement...
Pour revenir à la comparaison avec les enfants et l'université...Je crois que c'est peut-être justement le fait que tout aille très vite et que tout change beaucoup qui fait qu'on a pas le temps de se poser la question de savoir ce qu'on veut de cette version, de ce jeu...
Une fois l'envie immédiate résolue ("je veux le nouveau monstre !") vient l'envie raisonnée ("ça serait cool de pouvoir en faire quelque chose, maintenant que je l'ai acheté..."), mais on nous inonde tellement qu'il est difficile de pouvoir réfléchir à faire quelque chose avec le nouvel achat, vu qu'il y a toujours un nouvel achat qui traîne...
Je veux dire, entre autres choses, qu'on a pour ainsi dire plus de "référence" sur laquelle nous appuyer et nous développer. D'un point de vue commercial, c'est très mauvais de laisser les gens se développer, ça veut dire qu'ils ont plus besoin d'acheter parce qu'ils savent faire tout seuls...
Donc pour moi, une des raisons, oui, c'est qu'on a plus d'aspirations, mais sans doute parce qu'on fait en sorte de nous faire perdre ces aspirations : on ne sait plus trop ce qu'on veut, parce qu'on a jamais la paix pour se poser la question, il y a toujours du nouveau pour nous occuper l'esprit...
Désolé pour les digressions à répétition, il semblerait que je sois volubile ce soir...
Titi