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Hérésie, "pour se mettre tout le monde à dos"
| Once upon a time |
Apr 30 2004, 10:54 PM
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Boule de poils
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Ce qui suit est un texte que je tire de mes souvenirs "antiques" des textes de la première édition de Space Marine, d'Adeptus Titanicus et des vieux White Dwarf qui ont fait ma prime jeunesse. Il n'y a rien de tout à fait officiel et j'y mèle un peu tout plein de sources d'époques différentes et d'innovations personnelles.
Niveau background je suis prets à faire des mea culpa d'avance sachant que tout n'y est pas inventé non plus.
(roulements de tambours...)
Acte 1: La grande baie vitrée encadrait un monde inconnu perdu à des milliers d’années lumière du berceau de l’humanité, flottant dans l’espace, fragile et splendide planète aux vastes océans, aux continents riches en couleurs sur lesquels passaient des moutons blancs indolents, silencieuse et féerique réplique de ce que fut un jour Terra. Le vaste pont de commandement du cuirassé Veritas résonnait des ordres murmurés, des pas glissants des serviteurs et des déclics des grands ordonnateurs et calculateurs semi automatiques de l’Adeptus Mechanicus, sous l’œil averti du contrôleur de bord. Logés au pont supérieur, dans leurs cellules individuelles, nous surplombant de quelques mètres, les Navigateurs se détendaient après le long et tumultueux voyage au travers de l’Immaterium.
Allagen me regarda, attendant que je lui donne l’ordre de lancer la flotte en avant de ce monde qui s’était isolé des préceptes de l’Empereur.
Tout autour de nous, tout autour de moi, les dizaines de frégates, les destroyers d’escortes, les croiseurs de batailles gonflés d’orgueils et de victoires, les transporteurs et les deux terribles barges de combats attendaient, eux aussi, un simple mot de ma part, un seul geste. Partout les équipages s’agitaient, fébriles, comme avant chaque combat ; les troupes d’assauts préparaient leurs armes en priant ; les canonniers faisaient pivoter leurs tourelles, laissaient glisser les torpilles dans leurs silos, enclenchaient les dérivations des moteurs à fusion, les batteries de lasers accumulant l’énergie formidable, luisantes, presque, dans la pénombre permanente qui envahissait les bâtiments de guerre alors que des générateurs secondaires peinaient pour réalimenter les réseaux électriques.
Les lumières du pont faiblirent un court instant avant de reprendre leur froide intensité.
« Seigneur et Père, me murmura t’il, la flotte est prête. » Il n’y avait dans sa voix aucune marque de peur ou de fierté, seule y transparaissait l’implacable habitude de plusieurs siècles de guerre. Je l’enviais presque, j’enviais ses certitudes, j’enviais un peu de son inconscience aussi.
« Nous attendrons encore 12 heures, frère capitaine, faites le savoir par ultimatum aux dirigeants de ce monde, qu’ils apprennent la magnificence de Son pardon, et qu’en ces mots ils entendent Sa sagesse. Que cela soit écrit et que cela soit accomplit ! » D’un seul regard d’Allagen un scribe disparut dans les ombres glacées du cuirassé, emportant ses notes pour les traduire et les envoyer à ces fous qui s’étaient crus libre de narguer Son autorité.
Je me retournai vers mon escorte. Quatorze sombres masses d’acier et de céramite, sous lesquelles pulsaient les cœurs les plus dévoués et les plus courageux de toute mon armée, se dressaient en demi cercle. Leurs âmes pures faisaient vibrer un halo de puissance contenue que moi seul ici pouvait percevoir. Et cette puissance devenait violence aveugle et soif enragée en combat. Détestable empreinte de la folie de la Grande Croisade. La méticuleuse reconquête des territoires humains voyait se former le plus grand de tous les empires, il allait s’étendre jusqu’aux plus obscures limites de cette galaxie, partout où l’homme, des millénaires auparavant, avait jugé bon de s’installer.
Et je participai plus que nul autre à cela.
« Le Maître de Guerre quitte la passerelle ! » Le garde en faction fit son annonce alors que je me dirigeai vers les couloirs qui menaient à mes appartements. Tous se raidirent en faisant le geste coutumier de salut, s’interrompant dans leurs œuvres, me regardant passer suivi de mon escorte avec dans les yeux une servitude muette.
Tout autour de nous, tout autour de moi, les artilleurs dés enclenchaient leurs systèmes d’armes, les canons s’abaissaient, le plasma refluait jusqu’aux accumulateurs de stabilisation, quittant leurs cibles ; les troupes d’assauts reposaient leurs armes ; les équipages mettaient en sommeil les moteurs de leur vaisseaux ; les Légions Space Marines sortaient des nacelles de débarquements. Quinze millions d’hommes relâchèrent leurs muscles tendus, et je savais au fond de moi que rien de tout cela ne durerait. Tout cela n’aurait qu’un temps.
Cet antique vaisseau avait traversé les époques, il était si vieux que nul être humain, pas même l’Empereur lui-même, ne connaissait son âge. Il avait voyagé plus que tout autre vaisseau de l’Imperium naissant, il avait amené mon Empereur sur bien des mondes avant qu’Il ne nous redécouvre, et Il m’en avait fait don. J’avais pour ce bâtiment une affection particulière, je lui faisais confiance, il était doté d’un arsenal capable de réduire une planète en nuée d’astéroïdes, de pulvériser des flottes entières à l’abri de ses boucliers et ses cales contenaient actuellement la moitié de ma Légion.
Je laissai mon escorte dans le couloir, profitant de ce calme qui précède toute tempête pour me reposer un peu. Le voyage s’était avéré éprouvant, bon nombre de Navigateurs n’y avaient pas survécus, la Nobilite devra en tenir compte dés que ce monde sera intégré à Son empire.
Je n’avais pas dormis durant ces trois dernières semaines et tout juste avais je pris quelques dîners avant de retourner devant les états majors. Fermant les yeux quelques minutes je senti une partie de mon esprit se détacher de la réalité alors qu’une autre restait attentive au moindre bruit, grincement, frottement du Veritas. Je m’endormais comme à l’accoutumer le corps prêt à répondre à la moindre alarme, allongé sur mon lit, me détendant enfin.
« HHhhhh… » M’éveillant soudain je faisais décrire à mon bolter un arc précis vers la source de ce sifflement.
« HHhhhoorus… » Ma cellule n’était pas très grande, j’avais refusé de prendre les quartiers impériaux qu’Il s’était fait aménagé, mais jusque dans les plus petites ombres je ne décelais rien.
« Horus ? Hhorrusss… » Ce n’était pas une, ni deux, ni même plusieurs voix, mais un sifflement lointain qui me parvenait de partout et de nulle part, un souffle de vent qui semblait frémir dans ce vague échos de mon nom.
« Qui va là ! Qui êtes vous ! » La porte de ma cellule s’ouvrit, la lumière du couloir pénétra dedans mais cette lumière n’était pas celle que je connaissais, et mes gardes ne ressemblaient que vaguement aux hommes que je connaissais, même ce halos qui les entoure habituellement avait une teinte glacée aux abords ocres dont je ne me rappelais pas.
« HORUS ! » Je fis volte face devant les hublots teintés familiers, et de nouveau je me retournais. Ils étaient là, semblable à eux-mêmes, impassibles mais l’arme prête.
« Ce… ce n’est rien. Laissez moi. » Ils ressortirent tous sans omettre de jeter un coup d’œil dans la cellule, les lourds casques de leur armure pivotant silencieusement de droite à gauche et de gauche à droite, d’une manière absurde et mécanique, presque comiquement.
Une fois seul je me laissais aller sur le fauteuil doublé de la fourrure d’une de ces bêtes de Frakid : celui-ci ploya quelque peu sous le poids conjugué de mon corps et de l’armure d’apparat. Dans mon dos un filet de sueur finissait de couler entre ma peau et la couche de blindage dermique. Je me sentais glacé de peur et de fatigue, le cœur battant la chamade et les yeux emplis de traits de lumières fins et éphémères.
Que m’arrivait t’il ?
La réponse à ma question ne viendrait que plus tard, beaucoup plus tard et je m’en doutais déjà. Je souriais en songeant que je ne serai peut être même plus en vie lorsqu’elle se dévoilerait, mais ce n’était pas cela qui laissait au plus profond de mon être les accents sordides de la terreur, non, c’était l’importance de cette réponse, je le sentais, je le savais. Une heure durant je restai ainsi, concentré sur le mystère qui depuis des mois, des années, entourait le moindre de mes gestes, de mes décisions, de mes faits et de mes résultats.
Mes rêves même n’avaient pas le tissu du rêve, mes origines n’avaient pas les certitudes simples de la vie humaine, mon corps et mon âme ne m’appartenaient pas : je laissai glisser la paume de ma main contre le métal froid du Veritas, je le savais froid sans même le sentir.
Un rire irrépressible me monta à la gorge.
Le Veritas. Mais il n’y avait aucune vérité dans le sillage de cette formidable machine de guerre, seuls des mondes et des systèmes brûlaient à son passage, les cris inaudibles de milliards d’êtres humains emplissaient les traînées résiduelles laissées par ses moteurs millénaires, la tragédie de la Grande Croisade c’était cela aussi, l’intolérance et le désespoir, quand ce n’était pas la mort, tout simplement. Je savais qu’Il n’approuvait pas vraiment ce qu’il advenait des récalcitrants, mais c’était en Son nom que tout cela se produisait : l’Imperium, Son Imperium, nous le construisions tous sur des cendres et des os, de Russ à Angron, de Dorn à Mortarion, de Khan à Fulgrim, de Magnus à El’Jonson chacun des vingt Primarques y allait de sa méthode pour assagir, asservir, des peuples jusque là insouciants.
Chaque Légion accompagnait Son ombre sur la galaxie selon ses dogmes et ses concepts, des idéaux grandioses accomplis par la froideur guerrière et dans les sanglants écarts des résultats de manipulations génétiques douteuses.
Je forgeais par le feu une loyauté servile, inhumaine, digne des relents de l’Histoire que nous avaient légués les Ages Sombres et ceux précédents encore l’Ere des Luttes.
Je me sentais écartelé par les doutes et les sombres pensées quand Allagen passa la porte de ma cellule.
« Laisse moi seul… » Murmurai-je.
« Un émissaire de cette planète désire s’entretenir avec vous, Seigneur et Père. » Je décelais de l’appréhension dans sa voix.
« Et bien parle donc Allagen, je ne t’ai pas fait frère capitaine et secrétaire de mon état major pour rien. J’aime à entendre tes suggestions. » Il referma la porte derrière lui et s’approcha de moi. Son armure aux ornements glorieux luisait dans la pénombre dont je m’étais entouré.
« Je n’ai pas confiance, Seigneur et Père, je ne sais pas de quoi il retourne exactement mais je crains que quelque chose ne se déroule pas comme nous pourrions les prévoir. » Il ne disait pas tout, je devinais à son regard troublé qu’il n’osait pas me dire quelque chose.
« Sois franc ou sors d’ici. » Il se racla la gorge, manifestement mal à l’aise.
« J’ai fait des rêves, Seigneur et Père, des rêves sinistres et plein de peine, de souffrance, des rêves où il est question de ce monde, de cette planète qu’ils nomment Kollato-Zaris, et de la venu d’un homme… » Il accompagnait ses paroles de gestes de la main vers la porte. Je riais à gorge déployée, interrompant Allagen, qui parut déçu de ma réaction, blessé même.
« Mon pauvre Allagen, que me dis tu là ! Et dans tes rêves me vois tu mort ? Me vois tu agonisant ou débilisé par je ne sais quel sort que ne manquera pas de me lancer cet émissaire ? Allons, Allagen, ce ne sont que des rêves et je t’assure que j’en fais aussi, des moins tortueux et des moins précis, certes, mais je n’y prête aucune attention, fais donc de même ! » Je mentais, je mentais et je ne pouvais me l’avouer, préférant rire de plus belle devant le visage décomposé de mon fidèle fils. Les rêves qui habitaient mes nuits étaient sordides et terrifiants et malgré la solidité de ma logique je ne pouvais que me laisser envahir par eux. A tout moment, du réveil au sommeil, à chaque seconde même, je ne pouvais m’en défaire assuré que tout cela arriverait, jusqu’aux plus parricides cauchemars.
« Va donc au Sanctuaire en parler à un Chapelain, il t’aidera mieux que moi, je n’en doute pas ! Mais si cela peux te rassurer je ne resterai pas seul avec cet homme, ma garde au complet sera avec moi, m’entends tu ? Pars donc et prends un peu de repos, manifestement je t’en ai demandé peut être un peu trop depuis quelques temps. » Il sortit en hochant la tête, le visage fermé.
Quelques minutes plus tard j’appelai Abaddon pour qu’il prépare mon escorte à rejoindre la barge de combat et accueillir l’émissaire.
Kollato-Zaris, ce monde binaire à la lune artificielle quasi invisible, allait se soumettre, comme tant d’autres, et ce ne serait qu’un jeu d’enfant.
Je laissais un de mes serviteurs enclencher les sécurités de mon casque avant de monter dans la frégate infra système, ma vieille armure Terminator, un autre de Ses dons, répondit à chacun de mes mouvements. Je quittai les lumières du Veritas l’esprit peu tranquille, incertain que j’étais de revoir le vieux cuirassé. Abaddon m’offrit son bras pour monter les quelques marches qui nous séparaient de la passerelle. Il eut ma gratitude. Pour la dernière fois.
L'Acte 2 est en préparation alors dîtes moi: stop ou encore?
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"In the Beginning there was Light, but then followed Darkness.. "
"Do you know what ?nemesis? means ?? ?A righteous inflictions of retribution manifested by an appropriate agent?. Personified, in this case, by an horrible cunt : me."
"Je crois que vous m'avez mal sous-estimé" George W. Bush
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| Once upon a time |
May 3 2004, 06:51 PM
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Boule de poils
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Bon alors je profite de pouvoir avoir accés pour vous donner la suite en vous remerciant tous de vos critiques qui me vont droit au coeur et qui provoquent une légère surchauffe de mon système nerveux...
Acte3 :
La Campagne Martienne :
Nul être humain n’était préparé à cela. Je ne me doutai pas de ce que seraient les affrontements sur le sol et les sous sols du Monde Forge, et pourtant je laissai les renforts affluer vers Mars. Le choc des armées Loyalistes et Traîtres, comme Ses Techno Prêtres nous qualifiaient avec mépris, fut incommensurable de force et de courage.
La moitié de la planète grondait des puissantes détonations qui secouaient ses cités, l’autre mugissait dans les crimes des adorateurs déchaînés. Des entrailles de Mars sortaient les majestueuses machines de guerre du Dieu Machine : les Land Raiders, les Bane Blades, les lanceurs automatisés, les Titans et les armements bactériologiques et chimiques.
Tout cela soulevait la couche de poussière rouge de Mars et des nuages de destructions ondulaient sur des champs de bataille sans limite, visible depuis l’espace où les croiseurs combattaient leurs frères dans des escarmouches sanglantes et silencieuses, fauchant chaque seconde des milliers de vies. Les boules crépitantes de plasma et les gerbes de feu des armes à fusion croisaient les traits de lumière des lasers et les ondes des torpilles à stase et des missiles Vortex.
De l’espace tombait sur le Monde Forge une pluie de bombes larguée de son orbite basse, les tirs de défense des cités Loyalistes striaient le ciel par vagues successives, déchirant les ventres blindés, les bombes, elles, pulvérisaient des dizaines de kilomètres carrés.
A même le sol des régiments entiers de la Garde disparaissaient dans les explosions somptueuses des barrages ennemis, les compagnies de Space Marines voyaient les chairs fondre et bouillonner dans les armures énergétiques intactes sous l’effet d’armes étranges et antiques. Les formidables Titans s’affrontaient par centaine au dessus de cités détruites et en feu, et lorsque leurs armes se taisaient ils se jetaient les uns sur les autres, empoignant ou renversant leur adversaire, leurs moteurs à plasma fondaient sous l’effort et les soleils ainsi créés lissaient la terre de Mars, vitrifiant les masses de métal fondu et arasant les ruines vidées de toute vie, des ombres terrifiées, peintes de cendres noires par les explosions ardentes, s’étalaient sur des murs de soutènements que plus rien ne surplombait.
Des centaines de millions de soldats luttaient sans tenir compte de ces horreurs, sans jamais faiblir, emportés par les élans déments et criminels qui les envahissaient. Mes Iron Warriors combattaient Ses Iron Hands ; un millier de Warhounds accompagnaient les Reavers et les Warlords de mes fidèles légions contre ceux de Ses légions ; les Colonels de la Garde assassinaient Ses Commissaires quand Ses Commissaires n’abattaient pas mes Colonels.
Partout les manifestations grotesques des cultes de mes Space Marines et de mes serviteurs déformaient leurs chairs et leurs âmes quand Ses soldats gagnaient au cœur un besoin mystique d’égorger les miens, de bâtir des montagnes d’os sculptés de Son nom.
Les purges exténuaient Son corps d’officiers, mes hommes pendaient les scrupuleux.
Nos rangs perdaient en nombre ce qu’ils gagnaient en ferveur.
Et je participais plus que nul autre à cela.
De toutes les usines sortaient sans cesse de nouvelles unités de combat jetées flambant neuf contre les lignes de front, rejoignant des escadrons aux effectifs désespéramment bas, gonflant provisoirement le nombre de machines avant de nouveaux assauts meurtriers.
Des arsenaux orbitaux des bâtiments de guerre aux équipages réduits et hâtivement formés s’élançaient comme des meutes de loups à l’acier rutilant avant de finir en suspend, la coque éventrée, silencieux tombeaux dans lesquels flottaient des cadavres gelées, mutilés, encore hurlants leur agonie figée.
Des abominations geignardes sortaient des caves où des sectes sacrificielles menaient leurs messes maudites, et ces abominations foulaient le sol de Mars, marchant parmi les hommes en vociférant leurs dogmes aux oreilles des faibles.
Des blessés mouraient faute de soins, des prisonniers étaient torturés des jours durant, des soldats devenaient fous à la vue de ce qui se jouait sous leurs yeux, des hommes étaient rendus sourds par les détonations, d’autres s’écroulaient, inertes, leurs nerfs paralysés par la fatigue des combats, d’autres encore se vautraient dans une innommable luxure, à même le champ de bataille ou dans les ruelles des cités du Monde Forge, oubliant qu’autour d’eux la guerre faisait rage.
Les nouvelles armures affluaient en nombre croissant des manufactures de Mars, j’avais décidé leur adoption pour mes meilleurs éléments, et bientôt les MK6 furent peintes aux couleurs de mes Légions, adoptant les héraldiques complexes des runes mystiques de leurs Dieux : ma Lunar Wolves continuait de reprendre l’œil qui m’était si cher mais en l’agrémentant des flèches du symbole de la Terreur et des Contraires. Ainsi, sur les champs de batailles, mes fidèles seront à jamais reconnaissables et les distinguerai de Ses fidèles les huit branches du blasphème.
Je pris alors la décision de distribuer aux régiments de la Garde qui m’avaient rejoints les armures obsolètes et les équipements usés. Je les laissai s’habituer aux lourdes protections et aux armes complexes dans les cargos qui m’accompagnaient et que nous avions convertis en transporteurs de fortune.
Durant deux longues semaines, parallèlement aux désastres que mes armées faisaient subir à Ses armées partout dans Son Imperium, le Monde Forge de Mars, le Premier Autel du Dieu Machine, se tint au bord du gouffre, de mon arrivée à mon départ, monstrueuse matronne qui dévorait ses enfants. Les Techno Prêtres abusaient des anciennes technologies pour assouvir leurs soifs de savoirs et de crimes, et parmi eux se détachaient des groupes fervents qui accomplirent d’insidieuses modifications dans les stocks génétiques dont nous nous servions pour augmenter nos effectifs.
Rapidement ces implants parurent être la clé de notre victoire, et chaque heure qui passait vit sortir des cuves de contre stase du Doom et du Dawn of the Emperor, des compagnies entières de ces individus, des êtres qui n’avaient plus d’humain qu’une part de l’enveloppe qui y avait été immergée, des Space Marines atrocement mutés, les résultats de ces expériences bâclées, bâclées par la hâte de vouloir trop bien faire. Mais ces choses firent merveille lors de la première phase des contre offensives d’Isgaard, la forteresse du Mont Olympus, et j’envoyai partout où leur présence se faisait sentir ces escouades de créatures mi-homme mi-démon. Abaddon avait autorisé ce genre de manipulation, sous les conseil de Fabius Bile, l’étrange lieutenant de Fulgrim, et je lui en tenais rigueur car il était passé outre les principes qui m’avaient toujours gouverné.
« Abaddon ! Regardes et apprends. Je veux et j’ordonne que ma flotte se scinde de nouveau en deux groupes : que le premier de ces deux groupes se positionne près de cette planète que l’on nomme Jupiter. Je laissai un peu de temps afin que chacun prenne conscience de mes paroles. Un flottement perturba les rangs jusque là impeccables de mon escorte. Et qu’elle y attende ! Je veux, et j’ordonne, que m’accompagne l’autre moitié ! Taisez vous ! Je ne souffrirai pas de nouvelle marque de doute, et ceux qui ne savent se tenir seront pendus ! Je veux et j’ordonne que nous approchions de Terra et que nous affrontions Sa flotte, cela à assez duré, je veux mettre fin à Son Empire. Je modulai ma voix suffisamment pour que chacun y sente et la menace et la détermination. Abaddon, prépare les Légions qui m’accompagneront : le temps est venu pour chacun de goûter à ma colère. » Déjà des centaines d’ordres fusaient entre les bâtiments de guerre, les troupes gagnaient les postes de combats, les derniers rituels se terminaient en paroles de haines et de crimes, les Space Marines montaient dans les nacelles de débarquement, certain de mourir bientôt mais heureux de la victoire à venir.
Je laissai derrière moi le Monde Forge en proie à la folie des hommes, et une part de ma flotte nous quitta pour aller veiller sur mes arrières en bordure du Système Solaire. Quatre vingt quatorze vaisseaux, dont une douzaine de croiseurs, se mirent en marche vers le berceau de l’humanité, comme en un retour vengeur au ventre de leur mère.
L’agitation gagna rapidement les passerelles obscures, les unes après les autres, les murs de plastacier aux épaisses couches de marbres voyaient de nouvelles veinules pulser maladivement, et la pierre grise rosissait en un semblant de chair luisante alors que des centaines d’hommes en armures noires, aux épaules larges et fières, se plaquaient contre elle à mon passage.
J’avais fini par adopter les fastes sans joie des appartements impériaux et la barge de combat, qui était mon navire amiral, en possédait des plus spacieux. Les aigles à deux têtes avaient fondus pour devenir des amas gigotants dont parfois me venaient les plus sinistres injonctions. La traîtrise et l’inconstance mugissaient de chaque sculpture aux formes démoniaques, la vanité et la jouissance transpiraient de chaque dorure patinée, l’appel du sang et le crime gratuit s’écoulaient de chaque fontaine à l’eau visqueuse et rougeâtre, la fièvre et la peste suintaient des interstices entre les dalles.
Il n’y avait aucun repos, aucune intimité, aucun réconfort à pénétrer cet endroit, mais je pouvais y être seul, en partie, isolé de mes hommes si ce n’était de mes démons.
Mon armure Terminator s’était jointe à mon corps en bon nombre d’endroits, et ce qui y habitait me faisait frissonner quand bon lui semblait. Les gantelets énergétiques d’où sortaient les lames crépitantes me parlaient alternativement de leurs fantasmes, le champ réfracteur qui s’était éteins depuis longtemps avaient été remplacé par des vagues d’âmes surgies de nulle part et qui ondoyaient devant moi en me faisant des signes et des reproches dont j’étais le seul à percevoir la forme et le son, rempart mouvant et horrible .
Mais je pouvais ainsi me concentrer comme avant chaque grande bataille, me ressourcer dans quelques uns de mes souvenirs, fuyant leur goût amer et les pensées honteuses, préférant Le voir, Le revoir comme au premier jour, avant la lutte finale qui se dévoilait dans mes visions.
Je garde au fond de moi une certaine quiétude, l’empreinte de la fatalité ne m’étouffe pas, les gloires passées ne savent plus me charmer, je n’ai à l’esprit qu’un avenir ténébreux, mais plus sûr, je crois, que celui où Ses pas nous mènent.
Je fonderai le plus grand et le plus juste des empires, je poserai les fondations d’une prospérité qu’Il s’est toujours refusé de nous donner, je renverserai l’ordre établi, car telle est ma destinée, et je sais, en cette heure de peur et de désespoir, qu’Il connaît et approuve chacun de mes gestes, chacune de mes pensées.
Je suis né homme mais contrairement à Lui je ne vivrai pas comme un Dieu, je ne regarderai pas les hommes comme des jouets insensés mais comme l’avenir : et j’en fais à l’instant serment, Empereur Dieu, Maître incontesté de l’humanité, que de cette main où je tiens la moitié des vies j’écraserai contre l’autre la moitié des insoumis !
« Empereur Dieu ! Réponds moi ! Réponds à toutes mes questions, et rejoins moi avant qu’il ne soit trop tard. J’ai puisé dans les Autres Lieux la force de te détruire, j’ai anobli les plus sinistres larves qui les peuplent, j’ai guidé mes Légions et leurs icônes hurlantes jusqu’à Toi, baisses les armes et prends moi dans Tes bras, car je ne suis que ton enfant et ne veux Te voir mourir.
Je sais depuis toujours qu’il devait en être ainsi, mais sache que je ne l’ai jamais accepté. »
En rouvrant les yeux, devant moi, s’étalaient les contrées sans horizons d’un monde déchiré, et sur ce monde, au milieu des ruines d’une cité antique, il y avait Fulgrim, aux charmes subtils et outranciers, il y avait Angron, dont la soif de victoire s’était changée en soif de sang, il y avait Magnus, dont l’esprit dévastait de sa toute puissance les corps et les âmes, il y avait Mortarion, qu’accompagnaient la maladie et la souffrance, mais c’est Toi qui me donnait le plus de chagrin, car Tu gisais là, éventré et pantelant de douleur, me regardant par delà le temps et l’espace, me suppliant de mettre fin à ta vie…
La vision s’estompa pour laisser place à une monstruosité aux formes à la fois belles, changeantes, putrides et bestiales, dont je sentais l’atroce odeur depuis l’outre monde.
Puis ce fut tout.
Je sus alors que je ne parviendrai pas à me défaire des quatre puissances. Et je sus qu’il en avait toujours été ainsi.
Comme de bien entendu l'acte 4 est en train de mijoter.
Alors' Stop ou encore?
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