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> Hérésie, "pour se mettre tout le monde à dos"
Once upon a time
post Apr 30 2004, 10:54 PM
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Boule de poils


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Ce qui suit est un texte que je tire de mes souvenirs "antiques" des textes de la première édition de Space Marine, d'Adeptus Titanicus et des vieux White Dwarf qui ont fait ma prime jeunesse. Il n'y a rien de tout à fait officiel et j'y mèle un peu tout plein de sources d'époques différentes et d'innovations personnelles.

Niveau background je suis prets à faire des mea culpa d'avance sachant que tout n'y est pas inventé non plus.

(roulements de tambours...)

Acte 1:

La grande baie vitrée encadrait un monde inconnu perdu à des milliers d’années lumière du berceau de l’humanité, flottant dans l’espace, fragile et splendide planète aux vastes océans, aux continents riches en couleurs sur lesquels passaient des moutons blancs indolents, silencieuse et féerique réplique de ce que fut un jour Terra.

Le vaste pont de commandement du cuirassé Veritas résonnait des ordres murmurés, des pas glissants des serviteurs et des déclics des grands ordonnateurs et calculateurs semi automatiques de l’Adeptus Mechanicus, sous l’œil averti du contrôleur de bord. Logés au pont supérieur, dans leurs cellules individuelles, nous surplombant de quelques mètres, les Navigateurs se détendaient après le long et tumultueux voyage au travers de l’Immaterium.

Allagen me regarda, attendant que je lui donne l’ordre de lancer la flotte en avant de ce monde qui s’était isolé des préceptes de l’Empereur.

Tout autour de nous, tout autour de moi, les dizaines de frégates, les destroyers d’escortes, les croiseurs de batailles gonflés d’orgueils et de victoires, les transporteurs et les deux terribles barges de combats attendaient, eux aussi, un simple mot de ma part, un seul geste. Partout les équipages s’agitaient, fébriles, comme avant chaque combat ; les troupes d’assauts préparaient leurs armes en priant ; les canonniers faisaient pivoter leurs tourelles, laissaient glisser les torpilles dans leurs silos, enclenchaient les dérivations des moteurs à fusion, les batteries de lasers accumulant l’énergie formidable, luisantes, presque, dans la pénombre permanente qui envahissait les bâtiments de guerre alors que des générateurs secondaires peinaient pour réalimenter les réseaux électriques.

Les lumières du pont faiblirent un court instant avant de reprendre leur froide intensité.

« Seigneur et Père, me murmura t’il, la flotte est prête. » Il n’y avait dans sa voix aucune marque de peur ou de fierté, seule y transparaissait l’implacable habitude de plusieurs siècles de guerre. Je l’enviais presque, j’enviais ses certitudes, j’enviais un peu de son inconscience aussi.

« Nous attendrons encore 12 heures, frère capitaine, faites le savoir par ultimatum aux dirigeants de ce monde, qu’ils apprennent la magnificence de Son pardon, et qu’en ces mots ils entendent Sa sagesse. Que cela soit écrit et que cela soit accomplit ! » D’un seul regard d’Allagen un scribe disparut dans les ombres glacées du cuirassé, emportant ses notes pour les traduire et les envoyer à ces fous qui s’étaient crus libre de narguer Son autorité.

Je me retournai vers mon escorte. Quatorze sombres masses d’acier et de céramite, sous lesquelles pulsaient les cœurs les plus dévoués et les plus courageux de toute mon armée, se dressaient en demi cercle. Leurs âmes pures faisaient vibrer un halo de puissance contenue que moi seul ici pouvait percevoir. Et cette puissance devenait violence aveugle et soif enragée en combat. Détestable empreinte de la folie de la Grande Croisade.

La méticuleuse reconquête des territoires humains voyait se former le plus grand de tous les empires, il allait s’étendre jusqu’aux plus obscures limites de cette galaxie, partout où l’homme, des millénaires auparavant, avait jugé bon de s’installer.

Et je participai plus que nul autre à cela.

« Le Maître de Guerre quitte la passerelle ! » Le garde en faction fit son annonce alors que je me dirigeai vers les couloirs qui menaient à mes appartements. Tous se raidirent en faisant le geste coutumier de salut, s’interrompant dans leurs œuvres, me regardant passer suivi de mon escorte avec dans les yeux une servitude muette.

Tout autour de nous, tout autour de moi, les artilleurs dés enclenchaient leurs systèmes d’armes, les canons s’abaissaient, le plasma refluait jusqu’aux accumulateurs de stabilisation, quittant leurs cibles ; les troupes d’assauts reposaient leurs armes ; les équipages mettaient en sommeil les moteurs de leur vaisseaux ; les Légions Space Marines sortaient des nacelles de débarquements. Quinze millions d’hommes relâchèrent leurs muscles tendus, et je savais au fond de moi que rien de tout cela ne durerait. Tout cela n’aurait qu’un temps.

Cet antique vaisseau avait traversé les époques, il était si vieux que nul être humain, pas même l’Empereur lui-même, ne connaissait son âge. Il avait voyagé plus que tout autre vaisseau de l’Imperium naissant, il avait amené mon Empereur sur bien des mondes avant qu’Il ne nous redécouvre, et Il m’en avait fait don. J’avais pour ce bâtiment une affection particulière, je lui faisais confiance, il était doté d’un arsenal capable de réduire une planète en nuée d’astéroïdes, de pulvériser des flottes entières à l’abri de ses boucliers et ses cales contenaient actuellement la moitié de ma Légion.

Je laissai mon escorte dans le couloir, profitant de ce calme qui précède toute tempête pour me reposer un peu. Le voyage s’était avéré éprouvant, bon nombre de Navigateurs n’y avaient pas survécus, la Nobilite devra en tenir compte dés que ce monde sera intégré à Son empire.

Je n’avais pas dormis durant ces trois dernières semaines et tout juste avais je pris quelques dîners avant de retourner devant les états majors. Fermant les yeux quelques minutes je senti une partie de mon esprit se détacher de la réalité alors qu’une autre restait attentive au moindre bruit, grincement, frottement du Veritas. Je m’endormais comme à l’accoutumer le corps prêt à répondre à la moindre alarme, allongé sur mon lit, me détendant enfin.

« HHhhhh… » M’éveillant soudain je faisais décrire à mon bolter un arc précis vers la source de ce sifflement.

« HHhhhoorus… » Ma cellule n’était pas très grande, j’avais refusé de prendre les quartiers impériaux qu’Il s’était fait aménagé, mais jusque dans les plus petites ombres je ne décelais rien.

« Horus ? Hhorrusss… » Ce n’était pas une, ni deux, ni même plusieurs voix, mais un sifflement lointain qui me parvenait de partout et de nulle part, un souffle de vent qui semblait frémir dans ce vague échos de mon nom.

« Qui va là ! Qui êtes vous ! » La porte de ma cellule s’ouvrit, la lumière du couloir pénétra dedans mais cette lumière n’était pas celle que je connaissais, et mes gardes ne ressemblaient que vaguement aux hommes que je connaissais, même ce halos qui les entoure habituellement avait une teinte glacée aux abords ocres dont je ne me rappelais pas.

« HORUS ! » Je fis volte face devant les hublots teintés familiers, et de nouveau je me retournais. Ils étaient là, semblable à eux-mêmes, impassibles mais l’arme prête.

« Ce… ce n’est rien. Laissez moi. » Ils ressortirent tous sans omettre de jeter un coup d’œil dans la cellule, les lourds casques de leur armure pivotant silencieusement de droite à gauche et de gauche à droite, d’une manière absurde et mécanique, presque comiquement.

Une fois seul je me laissais aller sur le fauteuil doublé de la fourrure d’une de ces bêtes de Frakid : celui-ci ploya quelque peu sous le poids conjugué de mon corps et de l’armure d’apparat. Dans mon dos un filet de sueur finissait de couler entre ma peau et la couche de blindage dermique. Je me sentais glacé de peur et de fatigue, le cœur battant la chamade et les yeux emplis de traits de lumières fins et éphémères.

Que m’arrivait t’il ?

La réponse à ma question ne viendrait que plus tard, beaucoup plus tard et je m’en doutais déjà. Je souriais en songeant que je ne serai peut être même plus en vie lorsqu’elle se dévoilerait, mais ce n’était pas cela qui laissait au plus profond de mon être les accents sordides de la terreur, non, c’était l’importance de cette réponse, je le sentais, je le savais.

Une heure durant je restai ainsi, concentré sur le mystère qui depuis des mois, des années, entourait le moindre de mes gestes, de mes décisions, de mes faits et de mes résultats.

Mes rêves même n’avaient pas le tissu du rêve, mes origines n’avaient pas les certitudes simples de la vie humaine, mon corps et mon âme ne m’appartenaient pas : je laissai glisser la paume de ma main contre le métal froid du Veritas, je le savais froid sans même le sentir.

Un rire irrépressible me monta à la gorge.

Le Veritas. Mais il n’y avait aucune vérité dans le sillage de cette formidable machine de guerre, seuls des mondes et des systèmes brûlaient à son passage, les cris inaudibles de milliards d’êtres humains emplissaient les traînées résiduelles laissées par ses moteurs millénaires, la tragédie de la Grande Croisade c’était cela aussi, l’intolérance et le désespoir, quand ce n’était pas la mort, tout simplement.

Je savais qu’Il n’approuvait pas vraiment ce qu’il advenait des récalcitrants, mais c’était en Son nom que tout cela se produisait : l’Imperium, Son Imperium, nous le construisions tous sur des cendres et des os, de Russ à Angron, de Dorn à Mortarion, de Khan à Fulgrim, de Magnus à El’Jonson chacun des vingt Primarques y allait de sa méthode pour assagir, asservir, des peuples jusque là insouciants.

Chaque Légion accompagnait Son ombre sur la galaxie selon ses dogmes et ses concepts, des idéaux grandioses accomplis par la froideur guerrière et dans les sanglants écarts des résultats de manipulations génétiques douteuses.

Je forgeais par le feu une loyauté servile, inhumaine, digne des relents de l’Histoire que nous avaient légués les Ages Sombres et ceux précédents encore l’Ere des Luttes.

Je me sentais écartelé par les doutes et les sombres pensées quand Allagen passa la porte de ma cellule.

« Laisse moi seul… » Murmurai-je.

« Un émissaire de cette planète désire s’entretenir avec vous, Seigneur et Père. » Je décelais de l’appréhension dans sa voix.

« Et bien parle donc Allagen, je ne t’ai pas fait frère capitaine et secrétaire de mon état major pour rien. J’aime à entendre tes suggestions. » Il referma la porte derrière lui et s’approcha de moi. Son armure aux ornements glorieux luisait dans la pénombre dont je m’étais entouré.

« Je n’ai pas confiance, Seigneur et Père, je ne sais pas de quoi il retourne exactement mais je crains que quelque chose ne se déroule pas comme nous pourrions les prévoir. » Il ne disait pas tout, je devinais à son regard troublé qu’il n’osait pas me dire quelque chose.

« Sois franc ou sors d’ici. » Il se racla la gorge, manifestement mal à l’aise.

« J’ai fait des rêves, Seigneur et Père, des rêves sinistres et plein de peine, de souffrance, des rêves où il est question de ce monde, de cette planète qu’ils nomment Kollato-Zaris, et de la venu d’un homme… » Il accompagnait ses paroles de gestes de la main vers la porte. Je riais à gorge déployée, interrompant Allagen, qui parut déçu de ma réaction, blessé même.

« Mon pauvre Allagen, que me dis tu là ! Et dans tes rêves me vois tu mort ? Me vois tu agonisant ou débilisé par je ne sais quel sort que ne manquera pas de me lancer cet émissaire ? Allons, Allagen, ce ne sont que des rêves et je t’assure que j’en fais aussi, des moins tortueux et des moins précis, certes, mais je n’y prête aucune attention, fais donc de même ! » Je mentais, je mentais et je ne pouvais me l’avouer, préférant rire de plus belle devant le visage décomposé de mon fidèle fils. Les rêves qui habitaient mes nuits étaient sordides et terrifiants et malgré la solidité de ma logique je ne pouvais que me laisser envahir par eux. A tout moment, du réveil au sommeil, à chaque seconde même, je ne pouvais m’en défaire assuré que tout cela arriverait, jusqu’aux plus parricides cauchemars.

« Va donc au Sanctuaire en parler à un Chapelain, il t’aidera mieux que moi, je n’en doute pas ! Mais si cela peux te rassurer je ne resterai pas seul avec cet homme, ma garde au complet sera avec moi, m’entends tu ? Pars donc et prends un peu de repos, manifestement je t’en ai demandé peut être un peu trop depuis quelques temps. » Il sortit en hochant la tête, le visage fermé.

Quelques minutes plus tard j’appelai Abaddon pour qu’il prépare mon escorte à rejoindre la barge de combat et accueillir l’émissaire.

Kollato-Zaris, ce monde binaire à la lune artificielle quasi invisible, allait se soumettre, comme tant d’autres, et ce ne serait qu’un jeu d’enfant.

Je laissais un de mes serviteurs enclencher les sécurités de mon casque avant de monter dans la frégate infra système, ma vieille armure Terminator, un autre de Ses dons, répondit à chacun de mes mouvements. Je quittai les lumières du Veritas l’esprit peu tranquille, incertain que j’étais de revoir le vieux cuirassé. Abaddon m’offrit son bras pour monter les quelques marches qui nous séparaient de la passerelle. Il eut ma gratitude. Pour la dernière fois.



L'Acte 2 est en préparation alors dîtes moi: stop ou encore?


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post May 4 2004, 06:40 PM
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Boule de poils


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Allez demain n'est qu'un autre jour d'éclatage de clavier...

Acte 5 :

L’assaut sur Terra :

Nous n’avions que trois jours pour mettre fin à Ton Empire, trois jours avant que la Lune ne passe de nouveau à portée de nous, trois jours avant que les renforts Loyalistes ne parviennent jusqu’à Toi.

Je méditais profondément sur le but et l’aboutissement de la bataille à venir, peut être la dernière qu’il me fallait mener.

Abaddon ne me regardait plus alors avec ses yeux de jeune veau sanguinaire : il me soupçonnait de faiblesse, la plus haute des insultes que son crâne pouvait formuler. Je lui paraissais inconstant, incompréhensible, assuré qu’il était que le choc frontal nous rendrait justice et que dans les combats qui se dessinaient la force de mes Légions l’emporterait sur le mysticisme suicidaire des Tiennes.

Il voulait que les flottes nous rejoignent, que tous ces vaisseaux pulvérisent Terra, et tant pis si cela mettait fin à toute vie sur le sol de notre mère.

Ce malheureux n’avait d’obsession que la victoire impropre à la postérité et à l’honneur qu’il s’imaginait souhaitable. Et je n’avais d’autre but que cela : rendre à l’Homme son honneur.

Je m’étais élevé au dessus des brumes fastueuses de l’Imperium, de ces distinctions sans bornes affligées au prix du sang, des gloires infectes qui m’empoisonnaient, de Tes soient disants respects. Et je m’étais tourné vers l’Abomination pour Te plaire, et Tu n’as pas compris. Tu as préféré sacrifier les meilleurs d’entre nous pour m’arrêter ! Tu n’es qu’un lâche car c’est Toi qui aurais du T’approcher de moi et expliquer Tes choix.

15.000 Space Marines ont alors perdus la vie. Istvan III et le fiasco de cette opération sont de Ta responsabilité. Non de la mienne, bien que l’Histoire ne retiendra que mon nom auprès du mot criminel. Et cela je peux l’assumer, mais ne Te le pardonne pas.

La barge résonne des bruits divers des combats, ces luttes effrayantes où le frère lève sur le frère le bras tétanisé de rage et l’abat pour mieux se repaître de son assassinat, fidèle aux vices de la démence.

Tel que Tu me vois maintenant, je pleure.

Mais aucune larme ne vient s’écouler dans les sillons que la guerre a creusés sur mes joues, et ces yeux, troubles et secs, ne sont rien, Tu le sais, en comparaison de l’écoeurement qui m’étreint.

Au premier jour 75.000 canons tonnèrent dans le silence et 90.000 canons leur répondirent.

Au premier jour des milliers de modules d’atterrissage entrèrent dans l’atmosphère et d’où sortirent les membres de mes Légions.

Au premier jour 180.000 hommes se sont battus sur les plates formes de Primus et de Lions Gate, les deux principaux astroports.

Au premier jour les âmes s’élevèrent par millions des ruines du complexe industriel de Volcanus.

Au premier jour la Citadelle de la Justice a vu ses remparts s’effondrer et les hordes de mes Légions s’engouffrées dans ses rues maudites, se déversant comme un fleuve aux bras de terreurs, égorgeant, mutilant, tuant et torturant des millions de citoyens.

Et la première nuit fut longue.

Et Tu n’as pas compris.

Alors l’aube chassa l’image des gigantesques foyers qui ne cessaient d’illuminer cette planète, la dévoraient en mille endroits.

Le deuxième jour fut celui de la trahison.

Le Librarium Technologicus tomba entre les mains des fous et Tes garnisons se retournèrent contre Toi.

L’astroport du Mur de l’Eternité déversa bientôt des renforts à mes troupes au sol.

J’envoyai contre les remparts du Ministère Noir, là où les décisions absurdes qui régissaient la vie de Ton culte étaient approuvées par des faibles et des lâches, des légions entières de Space Marines.

Du moins l’a Tu cru.

Car ces troupes qui sont sorties de Ton palais jusque là épargné, envoyées à leur rencontre, n’ont trouvés à leur arrivée que quelques hommes enfermés dans des armures scellées, agonisants dans les affres de la faim, rendus fous par les visions que celle-ci leur donnait.

Et j’ai ris en voyant que Tu n’avais toujours pas compris.

Et la seconde nuit plongea la face de Terra où Tu as ancré Tes vanités dans le marbre et l’acier, dans le Chaos et ses turpitudes insondables.

Sa splendeur a envoûté Tes gardes. Ses charmes ont bercés les rêves éveillés dans lesquels la fatigue les a plongé. Ses crimes susurrés ont eu raison de Tes plus fiables amis : les hauts Seigneurs de Terra ont décrété Ta déchéance, à la seule majorité, et ils se sont entretués sous Tes yeux.

L’Adeptus Custodes a resserré les rangs autour de Toi. Dorn a levé les yeux vers moi pour me demander de mettre fin à tout cela. Sanguinius, l’homme aux ailes d’ange, a enfouit son visage entre ses mains, terrassé par les visions d’horreurs qui envahissait son esprit. Russ, qui arrivait enfin, hurla notre commune douleur. Guilliman, qui avait déjà tant combattu ces dernières semaines, s’accorda une seconde de réflexion avant de lancer ses flottes bien armées contre celle que je lui avais laissé. Khan ne pu qu’une nouvelle fois verser le sang impur d’une créature de plus aux abords de l’Oeil de la Terreur, impuissant devant le déchaînement du Chaos. Corax lutta contre les cauchemars qui tentaient de s’emparer de lui. Vulkan décréta de nouveaux dogmes pour l’avenir de l’humanité. Et seul El’jonson regarda ses enfants lutter, sans intervenir, déçu de sa propre position.

Ailleurs, encore, les deux dernières Légions s’éteignaient dans leur lutte fratricide autour de ce néant dévasté qu’est le Segmentum Obscura.

Et j’entends encore les hurlements de Fulgrim, les cris bestiaux d’Angron, le dernier souffle de Mortarion, le hululement de Magnus, le râle d’Hunter, les sifflements d’Alpharius, les dernières malédictions de Lorgar.

Sur Mars, l’un en face de l’autre, Perturabo et Manus se regardèrent avec respect avant de croiser une nouvelle fois leurs lames.

Tout cela fut, et je participai plus que nul autre à son édification.

Et le troisième jour vint et sur Terra les combats devinrent plus intenses que les jours précédents.

Ton palais fut écrasé par les bombardements orbitaux. Les défenses planétaires réduisirent bon nombre de mes croiseurs en amas ardents avant que ceux-ci ne s’écrasent lourdement sur les plaines arides et déchirées par les explosions des générateurs à plasma.

Au pied des remparts de Ton palais les World Eaters, la Death Guard, les Thousand Sons, les Emperor’s Children, les Nights Lords, les Word Bearers et l’Alpha Legion affrontaient, menées par leurs Primarques, Tes fidèles Imperial Fist, les Blood Angels, les Salamanders que leur Primarques emmenaient de même à la mort.

Aux portes, objets de toutes les attaques, les fières machines vivantes de la Legio Mortis dévastaient les rangs, indifférentes qui des unités amies ou ennemies subissaient leurs foudres. Les démons mugissaient leurs odes à leurs dieux en éventrant Tes fidèles.

Le premier mur tomba, les Portes de la Gloire fondirent sous les tirs des armes des Titans, et pénétrèrent dans le Palais Extérieur des créatures affamées de sang et d’âmes.

Je laissai mes Lunar Wolves, mes Sons of Horus, en retrait de ces combats, au grand dam d’Abaddon, qui s’agitait nerveusement dans cette insupportable attente.

Terra était secouée par les ondes sismiques qui répondaient au tremblement incessant des bombardements, agonisante, et des failles ainsi créées la lave s’écoulait, engloutissait partout des cités entières, mêlant à la cendre un peu de ces formes recroquevillées ou fuyantes, le feu de toutes les haines avait trouvé là le moyen de s’exprimer enfin.

Le Warp tentait de pénétrer cet univers et d’une voix calme et posée je demandai aux quatre principales puissances de me faire confiance, de ne pas tout de suite envahir les contrées matérielles, de me laisser seul juge de l’heure de leur venue.

Et ils approuvèrent.

Sur Terra, Dorn se battit comme un lion, implacable et féroce machine de mort, ses fils enragés déchaînèrent leur mépris et leur haine.

Sanguinius tenta de refermer les Portes de l’Illumination, et, pour cela, paya d’un peu de son sang cette victoire, et sa beauté fut flétrit d’une estafilade à la joue, provoquée par la hache grondante d’un Buveur de Sang. Lui et ses fils avaient repoussés les miens hors du Palais Extérieur !

Les Salamanders, Vulkan en tête, fondirent sur les arrières de mes fidèles, les prenant en tenaille entre eux et les défenses encore intactes de Ton Palais.

Des milliers de cadavres en armures jonchaient le champ de bataille mais il était trop tard pour mettre fin au carnage.

Les Space Wolf arrivèrent enfin et ils trouvèrent devant eux les terrifiants World Eaters. Des Thousand Sons se jetèrent aussi dans le combat, mais Tes Loyalistes, emportés par la colère, ne reculant jamais sous les tirs, eurent raison de leurs frères Traîtres, taillant en pièces tous ceux qui s’opposaient à eux, insensibles devant les monts de gisants de tous bords qui s’accumulaient derrière leurs pas.

Si la Campagne de Mars tournait en mon avantage, partout dans le Système Solaire mes armées subissaient des pertes et des défaites inattendues. Les Ultramarines détruisirent l’ensemble de la flotte que je leur avais opposé juste avant que celle ce ne puisse mettre en marche ses moteurs Warp.

J’entendais le rire moqueur d’un dieu inconnu, de ces rires exaspérants que savent avoir ceux qui se sont perdus une première fois, et que Tu nommes Tes amis, les Eldars.

Mais je ne laissais toujours pas les forces du Chaos pénétrer plus en avant dans l’univers matériel, et les calmai de nouveau, assuré que j’étais de pouvoir les maîtriser.

« Maître et Père, n’est il pas temps de nous rendre aussi sur Terra ? » La voix d’Abaddon vibrait de vouloir en découdre, et pour la première fois de ma vie je lui esquissais un sourire.

« Oui, Abaddon a raison ! Pars préparer mon départ et mon arrivée : je veux et j’ordonne que d’ici à la prochaine heure tu baisses l’intensité de nos boucliers, afin que nulle interférence ne brise le faisceau de téléportation. Entre les coordonnées du Palais Intérieur… Car la Cloche des Héros doit finir par sonner Son glas ! » Abaddon s’exécuta, trop heureux des combats qui se profilaient pour penser à quoi que ce soit d’autre.

J’allai lui donner ce qu’il voulait, tout ce qu’il désirait depuis des mois, des années peut être, et cela il ne le comprit pas.

Mais Toi, oui.

Je me retirai dans mes appartements pour me préparer aux derniers instants de Ton vieil Imperium, et T’attendre.

Tu as entendu mes prières blasphématoires, mes insultes et mes railleries, et Tu as rassemblé Tes meilleurs hommes autour de Toi : tout l’Adeptus Custodes, et tous les héros de l’Imperium qui formaient Ta cour, sans doute les meilleurs guerriers de la galaxie, de l’univers peut être, de l’Histoire humaine sûrement.

Et Tu es venu jusqu’à moi.

Le Père est venu jusqu’à Son fils pour le ceindre d’une couronne d’épines !

L’arme à la main.

Mais je préfère encore te revoir comme au premier jour, avant tout cela, avant que l’orgueil ne nous empoigne de son assurance morbide.

Je me souviens de ce jour où Tu es venu pour la première fois à moi.

J’avais toujours su que cela aurait lieu, que ce n’était qu’un amusement des Dieux si j’avais tenu entre les mains les Empires Centraux de ma planète barbare, que Tu descendrais par delà les ténèbres et les étoiles pour me prendre avec Toi dans les espérances sans bornes de l’édification de l’Imperium :

Me montrant Tes mondes et Tes royaumes, me dotant des somptueux décorums dont Tu me croyais avide, m’apprenant de ces choses obscures que nul homme avant Toi n’avait vu et n’avait eu envie de voir.

Me mettant à la tête de Tes armées pour Ta seule gloire… et j’ai laissé trop longtemps écrire avec le sang que j’ai versé en Ton nom les litanies exécrables du Credo !

Me jurant fidélité et me la faisant jurer en retour Tu as cru m’attacher à Tes services : mais la servitude, mon ami, n’est que le fruit du hasard… ou du choix des fous.

Nul homme libre ne peut s’en satisfaire, et je ne sus avant longtemps comment m’en défaire.

Cette guerre que nous menons ensemble n’est pas le conflit grandiose de nobles idéaux, la lutte misérable des guerres civiles, ni ce besoin passionnel de sang que célèbrent les vieilles nations ennuyées, ni même quelque besoin d’étendre un quelconque pouvoir !

Non, tout cela n’est rien en vue du drame qui se joue réellement…

Nous nous affrontons car telle est notre destinée, et non par choix.



(désolé il est pi t'êt' un peu long...)


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