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Hérésie, "pour se mettre tout le monde à dos"
| Once upon a time |
Apr 30 2004, 10:54 PM
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Boule de poils
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Ce qui suit est un texte que je tire de mes souvenirs "antiques" des textes de la première édition de Space Marine, d'Adeptus Titanicus et des vieux White Dwarf qui ont fait ma prime jeunesse. Il n'y a rien de tout à fait officiel et j'y mèle un peu tout plein de sources d'époques différentes et d'innovations personnelles.
Niveau background je suis prets à faire des mea culpa d'avance sachant que tout n'y est pas inventé non plus.
(roulements de tambours...)
Acte 1: La grande baie vitrée encadrait un monde inconnu perdu à des milliers d’années lumière du berceau de l’humanité, flottant dans l’espace, fragile et splendide planète aux vastes océans, aux continents riches en couleurs sur lesquels passaient des moutons blancs indolents, silencieuse et féerique réplique de ce que fut un jour Terra. Le vaste pont de commandement du cuirassé Veritas résonnait des ordres murmurés, des pas glissants des serviteurs et des déclics des grands ordonnateurs et calculateurs semi automatiques de l’Adeptus Mechanicus, sous l’œil averti du contrôleur de bord. Logés au pont supérieur, dans leurs cellules individuelles, nous surplombant de quelques mètres, les Navigateurs se détendaient après le long et tumultueux voyage au travers de l’Immaterium.
Allagen me regarda, attendant que je lui donne l’ordre de lancer la flotte en avant de ce monde qui s’était isolé des préceptes de l’Empereur.
Tout autour de nous, tout autour de moi, les dizaines de frégates, les destroyers d’escortes, les croiseurs de batailles gonflés d’orgueils et de victoires, les transporteurs et les deux terribles barges de combats attendaient, eux aussi, un simple mot de ma part, un seul geste. Partout les équipages s’agitaient, fébriles, comme avant chaque combat ; les troupes d’assauts préparaient leurs armes en priant ; les canonniers faisaient pivoter leurs tourelles, laissaient glisser les torpilles dans leurs silos, enclenchaient les dérivations des moteurs à fusion, les batteries de lasers accumulant l’énergie formidable, luisantes, presque, dans la pénombre permanente qui envahissait les bâtiments de guerre alors que des générateurs secondaires peinaient pour réalimenter les réseaux électriques.
Les lumières du pont faiblirent un court instant avant de reprendre leur froide intensité.
« Seigneur et Père, me murmura t’il, la flotte est prête. » Il n’y avait dans sa voix aucune marque de peur ou de fierté, seule y transparaissait l’implacable habitude de plusieurs siècles de guerre. Je l’enviais presque, j’enviais ses certitudes, j’enviais un peu de son inconscience aussi.
« Nous attendrons encore 12 heures, frère capitaine, faites le savoir par ultimatum aux dirigeants de ce monde, qu’ils apprennent la magnificence de Son pardon, et qu’en ces mots ils entendent Sa sagesse. Que cela soit écrit et que cela soit accomplit ! » D’un seul regard d’Allagen un scribe disparut dans les ombres glacées du cuirassé, emportant ses notes pour les traduire et les envoyer à ces fous qui s’étaient crus libre de narguer Son autorité.
Je me retournai vers mon escorte. Quatorze sombres masses d’acier et de céramite, sous lesquelles pulsaient les cœurs les plus dévoués et les plus courageux de toute mon armée, se dressaient en demi cercle. Leurs âmes pures faisaient vibrer un halo de puissance contenue que moi seul ici pouvait percevoir. Et cette puissance devenait violence aveugle et soif enragée en combat. Détestable empreinte de la folie de la Grande Croisade. La méticuleuse reconquête des territoires humains voyait se former le plus grand de tous les empires, il allait s’étendre jusqu’aux plus obscures limites de cette galaxie, partout où l’homme, des millénaires auparavant, avait jugé bon de s’installer.
Et je participai plus que nul autre à cela.
« Le Maître de Guerre quitte la passerelle ! » Le garde en faction fit son annonce alors que je me dirigeai vers les couloirs qui menaient à mes appartements. Tous se raidirent en faisant le geste coutumier de salut, s’interrompant dans leurs œuvres, me regardant passer suivi de mon escorte avec dans les yeux une servitude muette.
Tout autour de nous, tout autour de moi, les artilleurs dés enclenchaient leurs systèmes d’armes, les canons s’abaissaient, le plasma refluait jusqu’aux accumulateurs de stabilisation, quittant leurs cibles ; les troupes d’assauts reposaient leurs armes ; les équipages mettaient en sommeil les moteurs de leur vaisseaux ; les Légions Space Marines sortaient des nacelles de débarquements. Quinze millions d’hommes relâchèrent leurs muscles tendus, et je savais au fond de moi que rien de tout cela ne durerait. Tout cela n’aurait qu’un temps.
Cet antique vaisseau avait traversé les époques, il était si vieux que nul être humain, pas même l’Empereur lui-même, ne connaissait son âge. Il avait voyagé plus que tout autre vaisseau de l’Imperium naissant, il avait amené mon Empereur sur bien des mondes avant qu’Il ne nous redécouvre, et Il m’en avait fait don. J’avais pour ce bâtiment une affection particulière, je lui faisais confiance, il était doté d’un arsenal capable de réduire une planète en nuée d’astéroïdes, de pulvériser des flottes entières à l’abri de ses boucliers et ses cales contenaient actuellement la moitié de ma Légion.
Je laissai mon escorte dans le couloir, profitant de ce calme qui précède toute tempête pour me reposer un peu. Le voyage s’était avéré éprouvant, bon nombre de Navigateurs n’y avaient pas survécus, la Nobilite devra en tenir compte dés que ce monde sera intégré à Son empire.
Je n’avais pas dormis durant ces trois dernières semaines et tout juste avais je pris quelques dîners avant de retourner devant les états majors. Fermant les yeux quelques minutes je senti une partie de mon esprit se détacher de la réalité alors qu’une autre restait attentive au moindre bruit, grincement, frottement du Veritas. Je m’endormais comme à l’accoutumer le corps prêt à répondre à la moindre alarme, allongé sur mon lit, me détendant enfin.
« HHhhhh… » M’éveillant soudain je faisais décrire à mon bolter un arc précis vers la source de ce sifflement.
« HHhhhoorus… » Ma cellule n’était pas très grande, j’avais refusé de prendre les quartiers impériaux qu’Il s’était fait aménagé, mais jusque dans les plus petites ombres je ne décelais rien.
« Horus ? Hhorrusss… » Ce n’était pas une, ni deux, ni même plusieurs voix, mais un sifflement lointain qui me parvenait de partout et de nulle part, un souffle de vent qui semblait frémir dans ce vague échos de mon nom.
« Qui va là ! Qui êtes vous ! » La porte de ma cellule s’ouvrit, la lumière du couloir pénétra dedans mais cette lumière n’était pas celle que je connaissais, et mes gardes ne ressemblaient que vaguement aux hommes que je connaissais, même ce halos qui les entoure habituellement avait une teinte glacée aux abords ocres dont je ne me rappelais pas.
« HORUS ! » Je fis volte face devant les hublots teintés familiers, et de nouveau je me retournais. Ils étaient là, semblable à eux-mêmes, impassibles mais l’arme prête.
« Ce… ce n’est rien. Laissez moi. » Ils ressortirent tous sans omettre de jeter un coup d’œil dans la cellule, les lourds casques de leur armure pivotant silencieusement de droite à gauche et de gauche à droite, d’une manière absurde et mécanique, presque comiquement.
Une fois seul je me laissais aller sur le fauteuil doublé de la fourrure d’une de ces bêtes de Frakid : celui-ci ploya quelque peu sous le poids conjugué de mon corps et de l’armure d’apparat. Dans mon dos un filet de sueur finissait de couler entre ma peau et la couche de blindage dermique. Je me sentais glacé de peur et de fatigue, le cœur battant la chamade et les yeux emplis de traits de lumières fins et éphémères.
Que m’arrivait t’il ?
La réponse à ma question ne viendrait que plus tard, beaucoup plus tard et je m’en doutais déjà. Je souriais en songeant que je ne serai peut être même plus en vie lorsqu’elle se dévoilerait, mais ce n’était pas cela qui laissait au plus profond de mon être les accents sordides de la terreur, non, c’était l’importance de cette réponse, je le sentais, je le savais. Une heure durant je restai ainsi, concentré sur le mystère qui depuis des mois, des années, entourait le moindre de mes gestes, de mes décisions, de mes faits et de mes résultats.
Mes rêves même n’avaient pas le tissu du rêve, mes origines n’avaient pas les certitudes simples de la vie humaine, mon corps et mon âme ne m’appartenaient pas : je laissai glisser la paume de ma main contre le métal froid du Veritas, je le savais froid sans même le sentir.
Un rire irrépressible me monta à la gorge.
Le Veritas. Mais il n’y avait aucune vérité dans le sillage de cette formidable machine de guerre, seuls des mondes et des systèmes brûlaient à son passage, les cris inaudibles de milliards d’êtres humains emplissaient les traînées résiduelles laissées par ses moteurs millénaires, la tragédie de la Grande Croisade c’était cela aussi, l’intolérance et le désespoir, quand ce n’était pas la mort, tout simplement. Je savais qu’Il n’approuvait pas vraiment ce qu’il advenait des récalcitrants, mais c’était en Son nom que tout cela se produisait : l’Imperium, Son Imperium, nous le construisions tous sur des cendres et des os, de Russ à Angron, de Dorn à Mortarion, de Khan à Fulgrim, de Magnus à El’Jonson chacun des vingt Primarques y allait de sa méthode pour assagir, asservir, des peuples jusque là insouciants.
Chaque Légion accompagnait Son ombre sur la galaxie selon ses dogmes et ses concepts, des idéaux grandioses accomplis par la froideur guerrière et dans les sanglants écarts des résultats de manipulations génétiques douteuses.
Je forgeais par le feu une loyauté servile, inhumaine, digne des relents de l’Histoire que nous avaient légués les Ages Sombres et ceux précédents encore l’Ere des Luttes.
Je me sentais écartelé par les doutes et les sombres pensées quand Allagen passa la porte de ma cellule.
« Laisse moi seul… » Murmurai-je.
« Un émissaire de cette planète désire s’entretenir avec vous, Seigneur et Père. » Je décelais de l’appréhension dans sa voix.
« Et bien parle donc Allagen, je ne t’ai pas fait frère capitaine et secrétaire de mon état major pour rien. J’aime à entendre tes suggestions. » Il referma la porte derrière lui et s’approcha de moi. Son armure aux ornements glorieux luisait dans la pénombre dont je m’étais entouré.
« Je n’ai pas confiance, Seigneur et Père, je ne sais pas de quoi il retourne exactement mais je crains que quelque chose ne se déroule pas comme nous pourrions les prévoir. » Il ne disait pas tout, je devinais à son regard troublé qu’il n’osait pas me dire quelque chose.
« Sois franc ou sors d’ici. » Il se racla la gorge, manifestement mal à l’aise.
« J’ai fait des rêves, Seigneur et Père, des rêves sinistres et plein de peine, de souffrance, des rêves où il est question de ce monde, de cette planète qu’ils nomment Kollato-Zaris, et de la venu d’un homme… » Il accompagnait ses paroles de gestes de la main vers la porte. Je riais à gorge déployée, interrompant Allagen, qui parut déçu de ma réaction, blessé même.
« Mon pauvre Allagen, que me dis tu là ! Et dans tes rêves me vois tu mort ? Me vois tu agonisant ou débilisé par je ne sais quel sort que ne manquera pas de me lancer cet émissaire ? Allons, Allagen, ce ne sont que des rêves et je t’assure que j’en fais aussi, des moins tortueux et des moins précis, certes, mais je n’y prête aucune attention, fais donc de même ! » Je mentais, je mentais et je ne pouvais me l’avouer, préférant rire de plus belle devant le visage décomposé de mon fidèle fils. Les rêves qui habitaient mes nuits étaient sordides et terrifiants et malgré la solidité de ma logique je ne pouvais que me laisser envahir par eux. A tout moment, du réveil au sommeil, à chaque seconde même, je ne pouvais m’en défaire assuré que tout cela arriverait, jusqu’aux plus parricides cauchemars.
« Va donc au Sanctuaire en parler à un Chapelain, il t’aidera mieux que moi, je n’en doute pas ! Mais si cela peux te rassurer je ne resterai pas seul avec cet homme, ma garde au complet sera avec moi, m’entends tu ? Pars donc et prends un peu de repos, manifestement je t’en ai demandé peut être un peu trop depuis quelques temps. » Il sortit en hochant la tête, le visage fermé.
Quelques minutes plus tard j’appelai Abaddon pour qu’il prépare mon escorte à rejoindre la barge de combat et accueillir l’émissaire.
Kollato-Zaris, ce monde binaire à la lune artificielle quasi invisible, allait se soumettre, comme tant d’autres, et ce ne serait qu’un jeu d’enfant.
Je laissais un de mes serviteurs enclencher les sécurités de mon casque avant de monter dans la frégate infra système, ma vieille armure Terminator, un autre de Ses dons, répondit à chacun de mes mouvements. Je quittai les lumières du Veritas l’esprit peu tranquille, incertain que j’étais de revoir le vieux cuirassé. Abaddon m’offrit son bras pour monter les quelques marches qui nous séparaient de la passerelle. Il eut ma gratitude. Pour la dernière fois.
L'Acte 2 est en préparation alors dîtes moi: stop ou encore?
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"In the Beginning there was Light, but then followed Darkness.. "
"Do you know what ?nemesis? means ?? ?A righteous inflictions of retribution manifested by an appropriate agent?. Personified, in this case, by an horrible cunt : me."
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| Once upon a time |
May 7 2004, 07:05 PM
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Boule de poils
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Acte 6 :
La venue de l’Empereur et la rencontre.
A l’heure dite les boucliers sont tombés, les surgénérateurs se sont éteins, les régulateurs de la barge ont entamé sa stabilisation à 271 kilomètres au dessus du Palais Intérieur, la salle de téléportation luisait des colonnes de lumières de ses cellules individuelles, les hommes de mon escorte attendaient ma venue en ressassant les mille principes à la gloire des engeances protectrices du Chaos, Abaddon avait prit place dans l’une d’elles, tout à côté de la mienne, anxieux et nerveux à l’orée des combats qu’il s’imaginait mener.
Mais je n’étais pas là, je ne me plaçai pas entre eux pour partager un assaut, un dernier voyage, je ne les encourageai pas d’un regard ou d’une parole, je ne maudissais pas leurs ennemis, je ne songeai pas au sang bientôt versé, je ne regardai pas les abîmes et ne m’y mirai pas non plus, je ne m’enorgueillissais pas de la prochaine victoire, je ne me plongeai pas dans les méandres de l’esprit qui donnent au cœur et le courage et la détermination, je ne riais pas de rendre aux dieux du dehors des âmes et des sacrifices.
J’étais étranger à tout cela, mais plus que nul autre je l’avais provoqué.
Et Tu l’as compris, Tu as répondu à mon appel, Tu es revenu à moi pour me montrer la Voie, la seule Voie, l’unique Voie, celle là même qu’une première fois Tu as tenté de me faire percevoir et que je n’ai accepté d’embrasser.
Et j’entendais leurs cris se propager au travers des temps et des lieux, de ces cris pénétrés de tous les sacrilèges et de tous les blasphèmes, de tous les crimes et de toutes les damnations, des milliards de milliards de gorges hurlaient leur perdition : les âmes perdues des serviteurs du Chaos.
Le mensonge et la haine gouvernaient ma vie, des remords futiles n’avaient eus de cesse de me voiler l’esprit, alors que l’honneur était ma force, l’amour nous liait, l’abandon me guidait.
Que ces choses furent, je n’en ai de doutes, et que ces choses causèrent ma chute me pénètre de cette vérité : ne suis-je pas le Félon ? Ne suis-je pas celui par qui le drame devait débuter et se terminer ? Ne suis-je pas cet enfant trop orgueilleux, à la victoire facile, à la vie fastueuse et aux dons grandioses ? Et n’es Tu pas ce Père impétueux qui demande à ses fils le plus grand des sacrifices ? N’es Tu pas l’Empereur Dieu qui n’a vu en l’Homme qu’un objet de pouvoir, un pion sur l’échiquier des puissants ?
A cela aussi il est temps de répondre !
Je T’apporte en ce monde l’humilité éternelle, je Te rends la place qui T’es due, je Te livre tout ce que l’amour d’un fils peut donner, et pour cela, pour T’accorder le rôle que l’humanité toute entière veux que Tu prennes, regarde moi : comme je baisse la garde, comme je trahis de nouveau, comme je m’offre à Toi !
Oui c’est cela, couvre Toi de Ton armure d’or et d’acier, prends l’arme qu’ils Te tendent, ouvres Ton esprit au désespoir et à la gloire : que ce nom dont Tu t’es défait soit rétablit et de nouveau oublié, Toi, mon ami, mon frère, mon père, car tel est notre devoir et notre perte.
Nous marchons l’un vers l’autre, indifférents des ténèbres qui envahissent les mondes et les hommes, nous allons lutter pour savoir qui de nous deux est le plus apte à prendre l’humanité par la main et l’emmener pour les millénaires à venir vers son sombre destin.
Car je n’ai de doutes, car il n’est nul arcane maudite qu’en ces temps obscurs je n’ai exploré, car j’ai jeté dans la guerre l’ensemble de l’humanité, car j’ai regardé dépérir nombre de mes amis, car j’ai su un moment oublié le prix de mon sacrifice je tend vers l’avenir la main et le cœur, je Te tend la main…
Un orage de sang et de flammes, de haine et d’orgueil emplit tout autour de moi les espaces clos de mon blasphème, je suis l’aveugle qui eut un jour l’œil vif : je ne suis que ténèbres mais crois y discerner Ton visage !
Et je suis hors du temps, sans aucune haine balayant l’univers des hommes tel le dieu que j’ai cru, un jour, pouvoir devenir.
Mon ami, mon frère, mon père Te voilà, dans cette armure trois fois sainte, si semblable à celle qui fut la mienne, toute recouverte d’or et de sculptures, que je voudrai prendre entre mes bras, trop heureux d’enfin Te revoir !
Mais je suis Ton regard pétrifié jusque devant moi, y découvre le corps de mon frère, couché dans ce sommeil splendide qui lui apporte un peu plus de douceur, somptueux gisant aux ailes déchiquetées, au corps meurtri en tant d’endroit que je ne sais d’où s’écoule tant de sang…
Rassures Toi, le voilà serein, pour l’éternité… je lui ai donné sa place dans le panthéon des hommes, et à jamais il trônera à Ta droite…
Il a tenté de me convaincre, et je l’ai tué…
Il a tenté de m’arrêter, mais je n’ai su que le frapper, encore et encore…
Il a tenté de me montrer la beauté des choses, et je n’ai su qu’en flétrir le plus admirable symbole !
Je reviens à Toi et ne découvre plus que détermination et souffrance, ces sentiments que nous partageons enfin, dessiner sur Ton visage le tableau glaçant de la déception, la déception de voir Tes fils, Tes enfants sombrer dans la démence.
Oui, Empereur Dieu, à ce carnage qui s’étale entre nous, ces dizaines de braves combattants que j’ai balayé d’un revers de la main, étripé sans même rien en ressentir, vais-je ajouter Ton cadavre ou laisserai je joindre le mien ?
Comme cela nous ronge d’enfin nous affronter : entends Tu le rire des Dieux, des Vrais Dieux ?
Avances, viens à moi, offres Toi à moi comme je m’offre à Toi !
De ce que je ressens à chacun de Tes coups, de chacun de ceux que je Te rends, je ne trouve que perdition.
De ces brutales extinctions qui chavirent nos corps et nos âmes je retire une amertume froide, un besoin de m’inonder de tout ce sang, à la fois le Tien et le mien, à la fois les afflictions des hommes et celles de leur anéantissement.
De briser ce corps tant adoré, d’en déchirer la chair, d’en retirer à chaque fois un peu plus de vie, de Te prendre un peu de Ton immortalité, je laisse m’en envahir les relents de crime.
Mais qui suis-je pour ainsi, comme Toi, décider de ce qui vivra et de ce qui mourra ?
Les combats paraissent ébranler la barge, je sais mes hommes défaire les Tiens, je sais Abaddon, là bas, nous regarder, lui, mon fils, et comme Toi je sens le désespoir du père me prendre à la gorge.
Un homme courageux tente de s’interposer entre Toi et moi, mais en un geste j’en lacère la substance, laissant cette âme noble se faire dévorer par les démons…
Un autre de Tes suivants, l’un de ces héros que Ton Imperium n’aura de cesse de célébrer, se jette sur moi, et il meurt, comme tant d’autres, foudroyé…
Et je Te regarde, faible et mourrant, Ton armure ouverte sur les flots incessants de ce qui Te quitte, oui, c’est cela, de cette vie qui Te quitte enfin…
Mais lorsque je croise Ton regard, je ne trouve plus rage ni colère, seules ces larmes me font cesser la lutte…
Car je m’y contemple, tenant Ta vie entre les mains : un dernier coup, un dernier geste et j’en serai libéré…
Mais je me laisse tomber à genoux, baissant enfin les bras, m’abandonnant à la fatigue, délaissant les gloires dont on me susurre la portée, et je Te regarde, une nouvelle fois Te lever et brandir Ta lame, épuisé, presque mort… et je n’ai plus de souffle pour t’encourager, me débarrasser de tous les mensonges, de tous les choix… de tous les souvenirs…de tous les déshonneurs…
Enfin, par Ton bras, libéré…
Libéré…
Des trahisons… des peurs…
Libre…
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