
Boule de poils
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Voici un texte partiellement évolutif qui fluctuera selon vos commentaires ou vos envies, par exemple si vous voulez connaître un lieu ou un personnage plus en profondeur. La trame est fixée, mais on peut la rendre interactive, si j'ose dire. Il y aura forcément des diggressions fluffiques pour assouplir l'ensemble et insérer plus d'aspects tragiques.
Voici le premier volet:
L'Hermaphrodite.
Je suis l’Hermaphrodite, l’asexué, le père et la mère, stérile et fécond, je suis l’Hermaphrodite… asexué… père… mère… stérile… fécond…l’Hermaphrodite…mère… fécond… l’Hermaphrodite… l’Hermaphrodite…
La première fois que le Lien s’est rompu, je me suis sentie mal, seule…
Ce que j’appelle le Lien ?
Je ne sais pas… c’est une sorte d’orgasme, de jouissance. D’abandon.
Il n’y a rien de comparable au Lien.
Je me suis laissé unir à ce… à cette… créature.
Il m’a d’abord caresser le visage : ses yeux irradiaient la paix, la sérénité, j’étais calme, détendue.
Il faisait attention à ne pas me blesser : sa paume était chaude, douce, et lorsqu’il laissa glisser sa main de ma joue à mon ventre, épousant chacune de mes formes, je me suis sentie pleine, protégée, épanouie.
La salle où nous nous sommes rencontrés était à peine éclairée par quelques flambeaux. Il était là, sur un trône recouvert de riches tissus, de grandes tentures rouges voilaient le mur derrière lui, son corps me rendait un spectacle fascinant de brutalité et de puissance. Je me suis approchée, retenant entre mes doigts les pans de ma robe, tête baissée, comme il se doit lorsque l’on est en sa présence.
Puis son… visage s’est rapproché du mien, son souffle brûlant m’enveloppant et nos lèvres puis nos langues se sont effleurées…
Je suis l’Hermaphrodite, l’asexué, le père et la mère, stérile et fécond, je suis l’Hermaphrodite… asexué… père… mère… stérile…mère… l’Hermaphrodite… asexué… fécond…l’Hermaphrodite…père…père…fécond… l’Hermaphrodite… l’Hermaphrodite…
Peu de gens peuvent comprendre ce qui pousse une jeune femme à se réfugier dans la religion. L’appel mystique comme le nomme Ceux Qui Rêvent Dans Le Faux.
Je ne trouve pas que ma vie fut plus difficile que celle des autres femmes, ni qu’elle fut plus simple, et je ne prétends pas avoir eut de problèmes insurmontables ou particuliers.
Mais j’ai trouvé le calme, le répit, dans la contemplation et l’émerveillement.
Je considère le monde dans lequel nous vivons comme un problème, la difficulté, et c’est de l’avoir observé depuis ses entrailles que j’ose formuler cela.
Cette cité contient à elle seule, je ne sais pas, peut être 200 millions d’âmes, peut être plus. Combien de cités morcellent ce monde perdu ? Des dizaines, sans doutes. Des bornes faméliques qui s’élancèrent jusqu’aux étoiles sur le chemin embrumé du destin… Vanités…
Chaque étage est un lieu coupé du monde, coupé des étages supérieurs et inférieurs, en « autarcie », comme vous dîtes. Il y vit des êtres humains inconscients de ce qui les entoure, de ceux qui les entourent, isolés dans la masse, par la masse, insouciants des drames quotidiens de leurs voisins, oui, c’est bien cela… malheureusement.
Les étages supérieurs sont mieux dotés que les étages qui leurs sont inférieurs : ceux qui vivent en haut défèquent sur ceux qui vivent en bas, la cité est un gigantesque bourbier, et tout, vraiment tout, finit dans le Cloaque.
Tu sais, je vous ai déjà vu descendre jusqu’au Cloaque. Une fois, une seule fois de toute ma vie. Vous étiez impressionnants, avec votre démarche mécanique, inhumaine, et l’une de ces silhouettes anguleuses que je discernai dans l’obscurité, peut être était ce la tienne ?
Peu importe, en fait, qui était là ou ce qu’il y fit. De quelle horreur il a su se rendre coupable.
Je vous ai vu répandre la foudre glacée de vos armes sur des individus qu’il est de bon ton de qualifier d’hérétiques ou de mutants, des hommes, des femmes et des enfants dont le seul tors fut de se croire en sécurité au cœur même de la cité.
Et l’Aigle d’acier, l’ombre abominable des assassins, qui orne de ses ailes écartelées le poitrail de la justice, était porté au triomphe dans l’aveuglement saccadé des fusils, des flammes et des cris.
Je suis restée cachée durant tout le temps qu’il fallut à ces quelques hommes pour parfaire leur crime, pour abattre les blessés, égorger les mourants et mettre le feu au petit campement, aux cabanes adossées aux flancs de la cité.
Ils parlaient la langue des batailles, ces déviations gutturales sans signification, épaisses et lapidaires.
Mais il revenait ce terme, ce mot terrible, ce nom, comme je l’appris plus tard, le nom de celui là même qui provoqua notre perte : Karman D’Orgini… et tel que je te vois, toi même tu frémis de ces insignifiantes syllabes.
Car c’est ainsi que ce fils de l’homme-dieu se désigne, l’Inquisiteur.
Peut être était il là, parmi eux, lui aussi. Je ne le saurai sans doute jamais, mais cela n’a aucune importance. Plus aucune importance, car qu’aurai je pus faire ? Je n’avais ni arme ni courage, je tremblai sous les conduites brûlantes, je tremblai de peur. Tétanisée.
Je suis l’Hermaphrodite, l’asexué, le père et la mère, stérile et fécond, je suis l’Hermaphrodite… fils et fille… père… mère… stérile…enfant… Hermaphrodite… asexué… fécond…stérile…l’Hermaphrodite…père…père…fécond… l’Hermaphrodite…la mère et le père… l’Hermaphrodite…
Je te l’ai dis, rien n’est comparable au Lien, ce chuchotement incessant, ce doux murmure qui traverse le corps et l’esprit, qu’accompagnent chaleur et réconfort.
Même en ces temps de ténèbres et de terreur, quand là, dehors, la cité entière brûle du carnage et du bûcher « salvateur », je me laisse emporter par le souvenir apaisant de cette première et ultime union.
Prends moi dans tes bras, laisse moi y goûter un peu de douceur et de tendresse, laisser couler mes larmes au creux de ton épaule, délaisser pour un court instant les sirènes et les hurlements, les lumières ardentes et les déchirements nocturnes, les ondes irrégulières et les soulèvements soudains, les douleurs telluriques et les grondements « glorieux » de l’Exterminatus.
Mais si ici tombent les murs et les hommes, si ici montent vers les cieux vengeurs, dans les fumeroles infectes et les colonnes de cendres en furie, les abîmes de souffrances de millions d’inconsciences, il résonne déjà par delà les infinis territoires étoilés le premier vagissement somptueux de la vie.
Chut… laisse moi me souvenir, il sera toujours temps de partir, puisque ce n’est plus le moment de vivre.
Sache que dans ce dernier baiser, je garde en moi les impressions de ma première union avec lui.
Pars, pars donc, quittes ce monde en fusion, ne permet pas à ces hommes de répéter leurs actes.
J’ai toujours été honnête avec toi, même après avoir appris ce que tu étais, même après t’avoir hais, et aimé.
Je connais tes serments, et je les sais plus forts que toutes tes attentions et tous tes regrets, mais n’oublis pas, ne m’oublis pas, lorsque tu le verra, remémores toi l’angoisse et l’amertume, et songes à ce que je te dis : tues le.
Je suis l’Hermaphrodite, le père et la mère… fécond, je suis l’Hermaphrodite… fils et fille… l’Hermaphrodite…père… stérile…mère… Hermaphrodite… asexué… fécond…stérile…l’Hermaphrodite…le fils et la fille…père…fécond… l’Hermaphrodite…la mère et le père… l’Hermaphrodite… l’Hermaphrodite…
Je l’entends, il veut que je vienne à lui, car il souffre, et il a peur, car ses enfants errent entre les ruines en hurlants, la peau tombant de leur chair, la chair tombant de leurs os et leurs os tombant dans la poussière.
Mais ne laisses pas envahir ton âme par ces rancoeurs, parcours le monde, l’Imperium, comme ils disent, Ceux Qui Rêvent Dans Le Faux, et agenouilles toi devant l’idole qu’est l’homme-dieu, car en trompant tu vaincras, pareil à eux qui ont su nous tromper et nous vaincre.
Et le temps venu tu assassineras celui par qui tout cela advint, et tout cela détruit.
Saches enfin que si ici ma vie est à son terme, lis toi à notre destin…
Pars, le vaisseau ne t’attendra pas plus longtemps, rejoins ceux qui sont tes camarades, ceux qui te seront encore chers, et parles leur, parles leur de nous, mais n’oublis pas que certains secrets doivent rester ensevelis sous ces ruines naissantes.
Ressasses leur leurs méfaits et leurs crimes, qu’ils n’aient de repos et finissent par détester l’uniforme de l’Inquisition.
Gardes moi au cœur, mon amour, gardes pour moi une pensée lorsque son sang coulera, que ce soit sur un autre monde maudit, sur les dalles d’une chapelle, entre les câbles d’une console, sur le pont d’un bâtiment, ou dans les ombres d’une cale, que ce soit dans les coursives silencieuses ou la rumeur d’une foule, au milieu de ses hommes ou sur son lit : seul compte sa mort, et je serai avec toi, en toi, lorsque son dernier souffle glissera sur ce monde en feu et sur l’univers tout entier.
Je suis l’Hermaphrodite, fécond, je suis le père et la mère… l’Hermaphrodite… l’Hermaphrodite…père…fille et fils stérile…mère… Hermaphrodite… asexué… stérile…l’Hermaphrodite…mère…père…fécond… l’Hermaphrodite…la fille et le père… l’Hermaphrodite…la mère et le fils… l’Hermaphrodite…
Et lorsque le silence recouvrira les plaines vitrifiées, les océans en ébullition, les continents déserts, lorsque la voix de l’homme se sera tue sur les débris de ses œuvres, serres le poing et rappelles toi de mon visage, de ce sourire dernier que je te donne et de cet amour que je te laisse…
Adieu, mon amour, adieu.
Ne me retiens pas.
Va t’en…
Pars…
Ne te retourne pas…
Il m’attend, il attend de mourir, mais ne veut être seul.
Je t’aime…
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"In the Beginning there was Light, but then followed Darkness.. "
"Do you know what ?nemesis? means ?? ?A righteous inflictions of retribution manifested by an appropriate agent?. Personified, in this case, by an horrible cunt : me."
"Je crois que vous m'avez mal sous-estimé" George W. Bush
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