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> Hermaphrodite
Once upon a time
post Oct 20 2004, 10:05 PM
Message #1


Boule de poils


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Voici un texte partiellement évolutif qui fluctuera selon vos commentaires ou vos envies, par exemple si vous voulez connaître un lieu ou un personnage plus en profondeur. La trame est fixée, mais on peut la rendre interactive, si j'ose dire.
Il y aura forcément des diggressions fluffiques pour assouplir l'ensemble et insérer plus d'aspects tragiques.

Voici le premier volet:


L'Hermaphrodite.

Je suis l’Hermaphrodite, l’asexué, le père et la mère, stérile et fécond, je suis l’Hermaphrodite… asexué… père… mère… stérile… fécond…l’Hermaphrodite…mère… fécond… l’Hermaphrodite… l’Hermaphrodite…

La première fois que le Lien s’est rompu, je me suis sentie mal, seule…

Ce que j’appelle le Lien ?

Je ne sais pas… c’est une sorte d’orgasme, de jouissance. D’abandon.

Il n’y a rien de comparable au Lien.

Je me suis laissé unir à ce… à cette… créature.

Il m’a d’abord caresser le visage : ses yeux irradiaient la paix, la sérénité, j’étais calme, détendue.

Il faisait attention à ne pas me blesser : sa paume était chaude, douce, et lorsqu’il laissa glisser sa main de ma joue à mon ventre, épousant chacune de mes formes, je me suis sentie pleine, protégée, épanouie.

La salle où nous nous sommes rencontrés était à peine éclairée par quelques flambeaux. Il était là, sur un trône recouvert de riches tissus, de grandes tentures rouges voilaient le mur derrière lui, son corps me rendait un spectacle fascinant de brutalité et de puissance. Je me suis approchée, retenant entre mes doigts les pans de ma robe, tête baissée, comme il se doit lorsque l’on est en sa présence.

Puis son… visage s’est rapproché du mien, son souffle brûlant m’enveloppant et nos lèvres puis nos langues se sont effleurées…

Je suis l’Hermaphrodite, l’asexué, le père et la mère, stérile et fécond, je suis l’Hermaphrodite… asexué… père… mère… stérile…mère… l’Hermaphrodite… asexué… fécond…l’Hermaphrodite…père…père…fécond… l’Hermaphrodite… l’Hermaphrodite…

Peu de gens peuvent comprendre ce qui pousse une jeune femme à se réfugier dans la religion. L’appel mystique comme le nomme Ceux Qui Rêvent Dans Le Faux.

Je ne trouve pas que ma vie fut plus difficile que celle des autres femmes, ni qu’elle fut plus simple, et je ne prétends pas avoir eut de problèmes insurmontables ou particuliers.

Mais j’ai trouvé le calme, le répit, dans la contemplation et l’émerveillement.

Je considère le monde dans lequel nous vivons comme un problème, la difficulté, et c’est de l’avoir observé depuis ses entrailles que j’ose formuler cela.

Cette cité contient à elle seule, je ne sais pas, peut être 200 millions d’âmes, peut être plus. Combien de cités morcellent ce monde perdu ? Des dizaines, sans doutes. Des bornes faméliques qui s’élancèrent jusqu’aux étoiles sur le chemin embrumé du destin… Vanités…

Chaque étage est un lieu coupé du monde, coupé des étages supérieurs et inférieurs, en « autarcie », comme vous dîtes. Il y vit des êtres humains inconscients de ce qui les entoure, de ceux qui les entourent, isolés dans la masse, par la masse, insouciants des drames quotidiens de leurs voisins, oui, c’est bien cela… malheureusement.

Les étages supérieurs sont mieux dotés que les étages qui leurs sont inférieurs : ceux qui vivent en haut défèquent sur ceux qui vivent en bas, la cité est un gigantesque bourbier, et tout, vraiment tout, finit dans le Cloaque.

Tu sais, je vous ai déjà vu descendre jusqu’au Cloaque. Une fois, une seule fois de toute ma vie. Vous étiez impressionnants, avec votre démarche mécanique, inhumaine, et l’une de ces silhouettes anguleuses que je discernai dans l’obscurité, peut être était ce la tienne ?

Peu importe, en fait, qui était là ou ce qu’il y fit. De quelle horreur il a su se rendre coupable.

Je vous ai vu répandre la foudre glacée de vos armes sur des individus qu’il est de bon ton de qualifier d’hérétiques ou de mutants, des hommes, des femmes et des enfants dont le seul tors fut de se croire en sécurité au cœur même de la cité.

Et l’Aigle d’acier, l’ombre abominable des assassins, qui orne de ses ailes écartelées le poitrail de la justice, était porté au triomphe dans l’aveuglement saccadé des fusils, des flammes et des cris.

Je suis restée cachée durant tout le temps qu’il fallut à ces quelques hommes pour parfaire leur crime, pour abattre les blessés, égorger les mourants et mettre le feu au petit campement, aux cabanes adossées aux flancs de la cité.

Ils parlaient la langue des batailles, ces déviations gutturales sans signification, épaisses et lapidaires.

Mais il revenait ce terme, ce mot terrible, ce nom, comme je l’appris plus tard, le nom de celui là même qui provoqua notre perte : Karman D’Orgini… et tel que je te vois, toi même tu frémis de ces insignifiantes syllabes.

Car c’est ainsi que ce fils de l’homme-dieu se désigne, l’Inquisiteur.

Peut être était il là, parmi eux, lui aussi. Je ne le saurai sans doute jamais, mais cela n’a aucune importance. Plus aucune importance, car qu’aurai je pus faire ? Je n’avais ni arme ni courage, je tremblai sous les conduites brûlantes, je tremblai de peur. Tétanisée.

Je suis l’Hermaphrodite, l’asexué, le père et la mère, stérile et fécond, je suis l’Hermaphrodite… fils et fille… père… mère… stérile…enfant… Hermaphrodite… asexué… fécond…stérile…l’Hermaphrodite…père…père…fécond… l’Hermaphrodite…la mère et le père… l’Hermaphrodite…

Je te l’ai dis, rien n’est comparable au Lien, ce chuchotement incessant, ce doux murmure qui traverse le corps et l’esprit, qu’accompagnent chaleur et réconfort.

Même en ces temps de ténèbres et de terreur, quand là, dehors, la cité entière brûle du carnage et du bûcher « salvateur », je me laisse emporter par le souvenir apaisant de cette première et ultime union.

Prends moi dans tes bras, laisse moi y goûter un peu de douceur et de tendresse, laisser couler mes larmes au creux de ton épaule, délaisser pour un court instant les sirènes et les hurlements, les lumières ardentes et les déchirements nocturnes, les ondes irrégulières et les soulèvements soudains, les douleurs telluriques et les grondements « glorieux » de l’Exterminatus.

Mais si ici tombent les murs et les hommes, si ici montent vers les cieux vengeurs, dans les fumeroles infectes et les colonnes de cendres en furie, les abîmes de souffrances de millions d’inconsciences, il résonne déjà par delà les infinis territoires étoilés le premier vagissement somptueux de la vie.

Chut… laisse moi me souvenir, il sera toujours temps de partir, puisque ce n’est plus le moment de vivre.

Sache que dans ce dernier baiser, je garde en moi les impressions de ma première union avec lui.

Pars, pars donc, quittes ce monde en fusion, ne permet pas à ces hommes de répéter leurs actes.

J’ai toujours été honnête avec toi, même après avoir appris ce que tu étais, même après t’avoir hais, et aimé.

Je connais tes serments, et je les sais plus forts que toutes tes attentions et tous tes regrets, mais n’oublis pas, ne m’oublis pas, lorsque tu le verra, remémores toi l’angoisse et l’amertume, et songes à ce que je te dis : tues le.

Je suis l’Hermaphrodite, le père et la mère… fécond, je suis l’Hermaphrodite… fils et fille… l’Hermaphrodite…père… stérile…mère… Hermaphrodite… asexué… fécond…stérile…l’Hermaphrodite…le fils et la fille…père…fécond… l’Hermaphrodite…la mère et le père… l’Hermaphrodite… l’Hermaphrodite…

Je l’entends, il veut que je vienne à lui, car il souffre, et il a peur, car ses enfants errent entre les ruines en hurlants, la peau tombant de leur chair, la chair tombant de leurs os et leurs os tombant dans la poussière.

Mais ne laisses pas envahir ton âme par ces rancoeurs, parcours le monde, l’Imperium, comme ils disent, Ceux Qui Rêvent Dans Le Faux, et agenouilles toi devant l’idole qu’est l’homme-dieu, car en trompant tu vaincras, pareil à eux qui ont su nous tromper et nous vaincre.

Et le temps venu tu assassineras celui par qui tout cela advint, et tout cela détruit.

Saches enfin que si ici ma vie est à son terme, lis toi à notre destin…

Pars, le vaisseau ne t’attendra pas plus longtemps, rejoins ceux qui sont tes camarades, ceux qui te seront encore chers, et parles leur, parles leur de nous, mais n’oublis pas que certains secrets doivent rester ensevelis sous ces ruines naissantes.

Ressasses leur leurs méfaits et leurs crimes, qu’ils n’aient de repos et finissent par détester l’uniforme de l’Inquisition.

Gardes moi au cœur, mon amour, gardes pour moi une pensée lorsque son sang coulera, que ce soit sur un autre monde maudit, sur les dalles d’une chapelle, entre les câbles d’une console, sur le pont d’un bâtiment, ou dans les ombres d’une cale, que ce soit dans les coursives silencieuses ou la rumeur d’une foule, au milieu de ses hommes ou sur son lit : seul compte sa mort, et je serai avec toi, en toi, lorsque son dernier souffle glissera sur ce monde en feu et sur l’univers tout entier.

Je suis l’Hermaphrodite, fécond, je suis le père et la mère… l’Hermaphrodite… l’Hermaphrodite…père…fille et fils stérile…mère… Hermaphrodite… asexué… stérile…l’Hermaphrodite…mère…père…fécond… l’Hermaphrodite…la fille et le père… l’Hermaphrodite…la mère et le fils… l’Hermaphrodite…

Et lorsque le silence recouvrira les plaines vitrifiées, les océans en ébullition, les continents déserts, lorsque la voix de l’homme se sera tue sur les débris de ses œuvres, serres le poing et rappelles toi de mon visage, de ce sourire dernier que je te donne et de cet amour que je te laisse…

Adieu, mon amour, adieu.

Ne me retiens pas.

Va t’en…

Pars…

Ne te retourne pas…

Il m’attend, il attend de mourir, mais ne veut être seul.

Je t’aime…


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"In the Beginning there was Light, but then followed Darkness.. "

"Do you know what ?nemesis? means ?? ?A righteous inflictions of retribution manifested by an appropriate agent?. Personified, in this case, by an horrible cunt : me."


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Once upon a time
post Oct 26 2004, 04:33 PM
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Boule de poils


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Tout d'abord merci (et encore flute d'avoir cafouillé).

A partir de maintenant vous pouvez pleinement proposer vos idées, vos suggestions (c'est plus facile avec plus d'éléments). Ce second volet n'est lié au premier que par votre propre interprétation (ouff c'est sybilin ça...) et par ce qu'il ressortira de votre lecture.

Indice: "...les extrêmes se touchent...", Lautréamont, les Chants de Maldoror.

(Comme je l'ai écris à la volée il y a sans doute des fautes, oups d'avance...)


Deuxième volet :

Tout cela s’est produit, est et débute…

Derrière moi les hommes de l’escouade se préparent à la sortie, l’atterrissage du transporteur s’étant correctement déroulé, le croiseur de bataille Holy Archidiacr nous envoyait les rapports tactiques en un fil continu de coordonnées et d’effectifs, le bataillon était arrivé à bon port.

Je fis signe à l’adepte de basculer le levier de commande, celui-ci s’exécuta rapidement, son cervobras réenclenchant les interrupteurs des contrôleurs de gravité et d’atmosphère, la décompression du sas intermédiaire provoquant le claquement de ses parois blindées.

La lumière au dessus de nous était encore rouge…

L’adepte rapprocha ses mains l’une de l’autre en murmurant une fervente et inaudible prière à son Dieu Machine.

J’entendis dans mes écouteurs les vagues bruissements de lèvres des suppliques personnelles soufflées à notre Empereur par mes hommes, je baissai la tête et fis de même.

Enfin la lumière vira au vert…

Le commandant du vaisseau, dans son siège loin au dessus de nous, termina le protocole de sécurité et déclencha l’ouverture des sas.

Partout dans le transporteur léger les hommes s’apprêtaient à jaillir de son ventre. 175 hommes.

De puissants rayons de lumières profilèrent les contours des lourdes portes à mesure que celles ci s’abaissaient, l’aveuglant éclat du soleil de ce monde emplit bientôt les embrasures qui s’ouvraient sur les flancs du vaisseau, les filtres de mon casque en absorbaient à peine toute la splendide chaleur blanche.

Je clignai des yeux en ordonnant à mes hommes de se jeter dehors avant même que les passerelles ne touchent le sol, ce qu’ils firent promptement avec l’adresse brutale de ceux qui n’ont d’autres habitudes que celles de côtoyer et charmer la mort.

Je les suivais, posant enfin le pied sur la terre ferme après 12 longues années passées à bord de vaisseaux, barges, navettes, vagabondant entre les mondes sans jamais en atteindre la surface… quelle ne fut pas ma déception de voir le béton de l’astroport s’étendre à perte de vue, vaste plateforme suspendue au flanc d’une construction gigantesque et disparate, irrégulier amas d’architectures millénaires, diverses constructions rassemblées dans un même élan féroce vers le ciel. Monstrueuse exubérance plantée sur cette planète comme un amas d’immondices vivantes et statufiées.

Le soleil frappait les surfaces imparfaites de pierre et de métal, de béton et de verre, où les vitraux côtoyaient les épaisses conduites de déchets, les ornements impériaux les salons de plaisirs de quelque riche palais, les tourelles de défense les niches misérables de quelques familles…

Autour de nous d’autres vaisseaux déversaient leur cargaison de machines à tuer. Très vite les différentes escouades se rassemblèrent en carrés irréprochables, par peloton, sur le tarmac.

Le détachement ne comptait pas moins de huit mille soldats, tous bien entraînés, bien équipés, et je rejoignais avec mes hommes les positions de l’apparat.

Nous avions suivi les horaires et les directives à la lettre et devaient nous attendre là les garnisons du poste de défense planétaire, mais il n’y avait ici d’autres uniformes que les noires carapaces de plastacier à l’aigle bicéphale et à l’initiale ailée.

Je parcourai du regard l’espace vide qui nous séparait de la cité ruche, mais il n’y avait personne, pas de militaires, pas de dignitaires, pourtant nous avions annoncé notre venue trois jours plus tôt, ce qui laissait le temps aux officiels d’organiser le comité d’accueil.

- Sergent ? Je devinai dans mes écouteurs l’embarras très relatif du caporal Fletcher.

- Non, il n’y a personne.

Une douzaine de Thunderhawks frappés des armoiries surchargées de l’ordre des Chevaliers Gris préparaient leur approche dans le ciel bleu et terne. Leurs moteurs dessinaient en brume de combustion de longues traînées lourdes, statiques dans l’atmosphère sans nuage mais grise de la production intensive et millénaire depuis peu arrêtée.

Ils amorcèrent leur descente finale vers nous, vers la surface laissée libre entre les pelotons au garde à vous.

L’un d’eux amenait l’Inquisiteur, mais nous ne savions pas lequel.

- Il ne va pas être content… Fletcher étouffa une sorte de crissement rauque qu’il se bornait à assimiler à une ponctuation humoristique.

- Taisez vous, caporal. Je m’inquiétai du silence radio qui était soudainement tombé, mais je ne discernai aucun mouvement, pas même parmi les lignes parfaites des hommes du détachement. Aucun mouvement, aucune lumière, aucune trace de vie… J’attendis.

L’Orphelinat Impérial m’avait fait traversé les années de l’enfance du berceau solitaire des abandonnés aux rigoureuses pratiques martiales de l’école doctrinale des Frères du Credo.

A l’orée de l’adolescence, avant que toute certitude ne s’échappe du résultat éducatif, on fit le choix devant mes possibilités physiques de m’orienter vers les longs couloirs sombres des écoles de l’Inquisition.

J’étudiai l’art de tuer entre deux bouchées de mauvais pain, les capacités du Prometheum à restituer au quintuple les éclosions moléculaires primaires de sa combustion en énergie pure entre deux gorgées d’une soupe douteuse et les manières de reconnaître l’innocent du criminel ou du mutant entre deux récréations passées à regarder mes camarades avec une suspicion naissante.

Mais je ne renie rien.

A douze ans j’entrai pour la première fois dans une salle d’arme.

Je ne quitterai plus jamais cet univers glacé de métal hurlant à l’appel de l’expiation, et le choc sourd des portes qui se refermèrent derrière moi. Mon maître du moment ne fit qu’accentuer l’angoisse qui m’étranglait déjà.

Je n’ai rien connu d’autre que cela.

2 années d’entraînement et de jeux mortels dans les Dédales de Pancraas, réplique stellaire de zones de guerre où brillèrent héros et lâches dans d’incertaines luttes pour la survie de l’une ou de l’autre humanité, firent de moi le parfait relent des fantasmes de nos instructeurs.

Je me laissai porter par le rythme des cercueils laissés au vide de l’espace et des échelons gravis, la hiérarchie militaire me dévorait médaille après médaille, certificat d’aptitude après récompense, et je décrochai le droit de respirer l’air vicié embrumé d’encens des antres où s’époumonent d’augustes requiems et des discours péremptoires.

Je suis passé sergent des gardes de la Forteresse Noire numéro 8, une construction bipolaire aux multiples extrémités pyramidales élancée dans une mer d’encre vers des confins inatteignables, structure de métal inconnu surgit du néant vers le néant.

Un sergent parmi tant d’autres… dans une Forteresse Noire parmi d’autres.

Je veillai au maintien de l’ordre au cœur même de l’ordre, et ne fis rien de moi pendant les années de cette incarcération étrange dans le quotidien fébrile de l’attente.

Ma demande pour passer en service actif parvint un jour au bureau d’un quelconque fonctionnaire habilité qui transmit à son supérieur un feuillet à contresigner dont l’épitaphe griffonnée marqua mon entrée dans la vie en suspend du front.

Je pris le commandement de l’escouade d’assaut et d’épuration n°3 de la deuxième compagnie du 784ème bataillon des Troupes de Choc de l’Inquisition.

Nous n’étions rien encore qu’une chair à canon pour les vétérans qui nous cernaient de leurs douteuses attentions.

Je devais prouver à l’univers tout entier, à l’Empereur lui-même, que j’étais digne de vivre.

Ce que je fis sur le destroyer Angel of Faith, dans le Segmentum Obscurae, dans les cabines de l’Absolous Prayer, au fond des cales du Bargolen’s Peacebringer, dans les zones d’échanges commerciaux de la barge Camoria, en jetant mes hommes sur les hordes de mutants qui sortaient des vaisseaux d’assauts hérétiques lors du combat pour la défense d’un monde de l’Oeil de la Terreur, lors de la 6ème Croisade Noire.

Nous suivions dans leurs pérégrinations les escadres de la Flotte, veillant à la bonne tenue psychique et doctrinale des marins. Mais je m’écartais toujours plus de l’enfant qui était en moi, égorgeant, étripant, massacrant dés qu’un ordre était lancé, je perdais tout ce qui faisait de moi un homme et devenais un membre à part entière des Troupes de Choc de l’Inquisition.

Les mois ont passés, les galons se sont succédés et aujourd’hui je regarde une passerelle s’abaisser d’un croiseur léger, un Inquisiteur sortir suivit de Chevaliers Gris en armes, l’entourant de leur épaisse masse blindée, majestueuse de puissance à peine contenue, fiers éléments d’une antique fratrie.

Et D’Orgini balaya du regard le tarmac où nous étions rassemblés, ne trahissant aucune de ses pensées, sous l’ombre projetée du Thunderhawk aux fines gravures, aux plaques de blindages rehaussées d’écrits sains et de scènes tirées du Credo, monstrueuse machine de guerre aux canons braqués vers les quatre horizons.

Il se passa la main sur le menton et fit signe à un frère du Chapitre. Celui-ci se pencha sur lui, l’engouffrant sous son imposante charpente.

Il dit quelque chose à laquelle le Space Marine sembla acquiescer.

Je savais à ce moment précis que s’était joué le sort d’une planète entière, oui, le sort en était jeté et rien ne viendrait plus détourner l’implacable destin qui lui était promis.


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