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Il n'est jamais trop tard.......... Bon reprenons les palpitantes aventures du frère Thumiel, désormais rénégat. J'en ai profité pour paufiner l'organisation du récit. Aux malheureux qui se risquent sur ces pages je peux donc promettre encore six partie avant la fin.
Cette partie et la suivante traiteront du passé du frère Thumiel , histoire de mieux comprendre sa logique et donner de la profondeur au personnage. ( si vous me jugez chiant , ou lourd, ou les deux, merci de me prévenir )
La lumière règnait sur Terra Mais les hommes se complaisaient dans un cloaque d'ignorance Qu'ils appelaient paradis Alors l'Empereur se fit berger Et emmena se brebis hors du paradis Vers la lumière de la connaissance Alors les brebis se firent hommes de science Connaissant le bien et le mal. Il y eût un soir, il y eût un matin Ce fut le deuxième jour.
Histoire de la majestée de l'espèce humaine, genèse 1.2
******************************************************************** Il s'appelait Caïn Caïn , fils d'Opur Paleone.
C'est a Caïn que pensait frère Thumiel, quand son module fut expulsé loin de la coque de la barge de bataille Invictus. Caïn, qui représentait son enfance, et qui symbolisait tout ce qu'il avait sacrifié à l'Empereur. Caïn, dont le seul souvenir était plaisant et douloureux , comme seuls le sont les souvenirs de jeunesse. Caïn, si proche et si lointain.
Le module fut expulsé dans une bourrasque de métal en fusion, et Thumiel, seul au milieu des arches gothiques, sentit son dernier lien avec ceux qu'il avait appelé ses frères se rompre. Mais il faisait plus que couper ses liens. Il fuyait, pour être exact. Il n'avait dautre choix que de fuir, après le massacre du dortoir. Trois siècles de services avec ses frères lui permettaient d'anticiper leurs réactions. De plus, il ne supportait pas l'idée de côtoyer un instant de plus ceux qui lui avaient volé sa vie.
Son enfance. Toujours lui revenait cette impression de gâchis. L'Imperium tout entier n'était qu'une gigantesque machine à écraser les destins des hommes, à leur voler ce qui leur est le plus cher, à coups de dogmes infâmes et de propagande abjecte.
Façe au module s'étendait une nappe infinie d'énergie multicolore, un océan stellaire à la fois riche et dément, que son cerveau ne pourrait jamais concevoir dans sa magistrale complexité.
"L'oeil de la terreur", ainsi l'avait nommé les hommes dans une pitoyable tentative de donner un nom à l'innomable.
Au coeur de son être, frère Thumiel sentait croître en lui une promesse de carnage sans fin dans lequel son âme mourrait avant d'être remodelée. Thumiel savait que désormais rien ne serait comme avant. Tant pis. Ou tant mieux.
Et alors que le module solitaire cabriolait dans les premiers remous de l'oeil de la terreur, et que les démons se pressaient pour s'emparer d'une ame aussi halléchante dans une surenchère de promesses impies, Thumiel éprouva une dernière fois la peur.
Peur, émerveillement et excitation. Ainsi frère Thumiel disparut-il des légendes des hommes, son souvenir seul perdurant dans le catéchisme de haine de son ancien chapitre. Toute mention de son nom fut effacé des archives , et dix huit scribes devaient payer de leur vie leur curiosité pour son destin. Sa vie fut rayée d'un simple trait sur le parchemin, de même que ses exploits sur Dal'Yth Mesprime ou sur Kantaur.
Mais même le tout puissant pouvoir de l'inquisition ne put jamais atteindre les souvenirs qui bouillonnait dans le crâne de Thumiel alors que la démence s'emparait de lui.
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Marsile, segmentum obscurus, deux cent soixante quatorze ans plus tôt.
Ils habitaient un petit village sur les hauteurs de Tolédon, niché au milieu de profondes vallées encaissées. Leur maison , semblable à toutes les autres , était d'un calcaire blanc aveuglant sous le soleil des contrées septentrionales. Les pierres alentours étaient brûlantes sous la chaleur intense, et même les lézards qui y nichaient semblaient s'y brûler les pattes .
La chaleur . Elle avait marqué son âme. Les habitants partageaient tous cette dureté liée au climat : fiers et durs, réservés le plus souvent , puis soudainement flamboyants et intrépides quand leurs points sensibles étaient atteints.
Ils marquaient toujours une sévérité angoissante, celle d'êtres perpétuellement inquiets. Les enfants marquaient à ce titre un fort contraste. Il s étaient exubérants, frondeurs, insolents, et possédaient une joie de vivre qui semblait presque obscène façe à leurs aînés .
Ce ne fut que ce soir là que Caïn avait compris ce que redoutaient les adultes. Ce soir là, il était passé sans le savoir du paradis perdu à la triste réalité de la connaissance.
Les criquets poussaint leur plainte mugissante , comme toujours. L'herbe poussait drue autout du trou d'eau des lucioles, au fond de la vallée. Mais cette herbe était d'un jaune délavé par le soleil , et elle s'inclinait rarement. Le vent d'ouest n'était que trop rare .
Caïn, Parek, Nissa, Abel et Vane flottaient au milieu du trou d'eau, pareil a des corps morts. Ils ne l'étaient évidemment pas mais se laissaient flotter dans l'eau , seul îlot de fraîcheur a des kilomètres a la ronde. Tous avaient entre huit et onze ans, et le trou d'eau des lucioles état leur repère, car il offrait sa fraicheur le jour et une dimention mystérieuse la nuit. Les cinq amis aimaient y venir à la nuit tombée, quand les lucioles commencaient leur ronde féérique et que les arbres paraissaient s'allonger. Ils éprouvaient alors une délicieuse angoisse, celle de l'aventure et de l'inconnu.
La lumière des millions d'étoile se reflètaient en se fondant avec celles des lucioles, et tous regardait ce spectacle avec admiration.
Et ignorance.
Pourtant, ce soir là, ils n'eurent guère le temps de voir le début du spectacle. Cela avait commencé par un doux chuintement, resque mélodieux. Caïn avait dressé l'oreille et avait accusé Vane, en riant , d'avoir émit un pet.
Vane avait protesté, et tous avait alors regardé Abel d'un air accusateur. Puis, alors que le bruit se prolongeait, et s'accentuait, il était devenu évident qu'aucun d'eux ne pouvait produire une telle quantité de gaz.
Mais le thunderhawk, si. Le gigantesque oiseau de métal était passé à moins de vingt mètres au dessus d'eux, calcinant la cime des arbres et produisant par ses réacteurs un second coucher de soleil.
Il se dirigeait droit vers le village.
Aucun des enfants ne l'avait reconnu comme un Thunderhawk space marine, bien sûr. Pour eux, c'était un dragon des temps ancien, une créature infernale invoquée par les hommes - rochers pour se déplacer. Et tous, oubliant toute raison se mirent à courir vers le village, certains que des évennements graves s'y préparaient.
Lorsque ils arrivèrent enfin, après une couse effrenée, sur la colline dominant Tolèdon, ils contemplèrent le Thunderhawh argenté posé sur la place centrale, immobile. Il était d'un argent étrangement pur, ses arretes polies s'illuminant en captant les derniers rayons de soleit. Sa rampe avant s'abaissa comme une machoire déversant une halène fumante et putride.
Et les cinq enfants contemplèrent les hommes-rochers émmerger de leur monture volante. Et comprirent aussitôt d'ou leur venait ce nom. Les hommes rochers faisaient partie du folklore de ce peuple, et tous les enfants en entendaient parler au cours des veillées . Ils étaient, en quelque sorte, une force de la nature, ni bonne ni mauvaise. Une fois tous les quinze ans , environ, des hommes-rochers venaient et emmenaient des enfants que nul ne revoyait. plus.
Pourtant la chose n'avait rien de révoltant. Ils venaient, et des enfants partaient, tout comme des avalanches d'éboulis tuait parfois toute une famille. Les maudire ou les craindre revenait à maudire ou à craindre la foudre.
Les enfants descendirent rapidement la colline , et ils débouchèrent sur un village en effervescence. Ils auraient pu fuir, évidemment, fuir ces hommes-rochers qui risquaient de les arracher à leurs familles, mais pas un n'y pensa.
En effet, au cours des plus longues veillées, il arrivait un moment ou l'on ordonnait aux enfants d'aller se coucher, car les anciens s'apprêtaient à raconter l'histoire d'un petit village appelé Sétone, qui avait en des temps très anciens refusé d'offrir ses enfants aux hommes-rochers. Ce qui était alors arrivé restait donc inconnu pour les enfants , mais cela ne les empêchait pas de s'imaginer la nature du châtiment qui s'était abattu sur les audacieux villageois.
Sétone, village martyr, restait un avertissement inconscient dans l'esprit de chacun , et depuis deux siècles personne ne s'était dressé contre la volonté des hommes rochers.
L'ont fit mettre tous les enfants en rang , en les alignant en demi cercle sur la place du village . Il n'y eût aucun pleur, aucune effusion , aucunes embrassades, pas même un signe de main ou un regard rassurant. Les adultes ne montrèrent que respect pour les hommes-rochers qui s'avancaient. Tous les adultes s'écartèrent précipitament dans un coin de la place et mirent un genou au sol.
Caïn se prit à penser a de la lâcheté.
L'arrivé des hommes-rochers l'interrompit dans ses pensées. Ils étaient gigantesques, titanesques mêmes, et leur forme humanoïde ne les rendait pas plus rassurants. Ils n'avaient pas de visages, seulement un rocher à la place de la tête, un rocher qui possèdait un regard luisant, pareilà celui d'un loup. Deux gigantesques rochers argentés recouvraient les épaules de chaque créature, et l'intégralité de leurs corps paraissaient recouverts de la même pierre grise.
L'un deux se détacha des autres et s'approcha du premier garçon de la rangée. Toutes les filles avaient disparu, sans que Caïn ne s'en soit aperçu , trop accaparé par l'étude des hommes-rochers. Celui qui s'était approché d'eux semblait effectuer un premier tri. Il avancait sans s'arrêter, son regard s'attardant à peine sur chaque enfant. Pourtant, lorsqu'il passa en bourrasque devant Caïn , le jeune garcon crut déceler une infime hésitation dans sa démarche.
Rapidement,vingt trois des vingt neuf enfants présentés furent autorisés d'un signe de tête à rejoindre leurs parents.
Abel et Caïn faisaient partie des six restants.
L'étude fut cette fois plus longue. L'homme rocher commenca par s'arracher la tête. Caïn retint à grande peine un cri de stupeur avant de s'apercevoir que cette tête en cachait une autre, bien plus humaine. Ces traits étaient carrés, lisses, comme si sa peau avait été tendue au maximum. Mais son véritable regard était bien plus humain, ce qui rassura en partie Caïn. Lorsque l'homme -rocher arriva à son niveau, Caïn baissa immédiatement le regard, aussi sûrement que si une main lui avait détourné la tête. Mais dans l'instant, son attitude l'écoeura. Il était jeune, il ne doutait de rien, et avait élevé l'insolence au rang d'art. Alors, par défi, presque par jeu, pariant avec lui même, il releva le visage et planta son regard dans celui de l'homme rocher.
Il riait intérieurement de sa spendide audace, espérant qu'ont le regardait , que tout le village contemplait son courage.
Alors l'homme rocher s'accroupit, à son niveau, et une forte odeur âcre de métal l'enveloppa. Leurs regards ne s'étaient pas quittés. L'homme rocher avait les yeux d'un vert etonnant, peu naturel. Sa peau tendue conservait un masque impassible. Une minute s'écoula, puis une autre.
Caïn, déja, regrettait son audace, prenant conscience du jeu dangereux dans lequel il s'était lancé. Mais l'orgueil lui commandait de ne pas détourner les yeux, d'aller jusqu'au bout de sa folie. Enfin, il ne put supporter cette présence glaciale, ce courroux qui dansait silencieusement dans ces yeux verts. Alors il s'avoua vaincu, et ferma les yeux, redoutant le pire.
La voix de l'homme rocher s'abattit alors, douce mais sans équivoque. _"Tu viens avec nous."
Sur l'instant il ne réalisa pas l'ampleur de la chose, lui qui s'était imaginé mourir sur place. Il lanca un regard vers les adultes, vers ses parents. Il cherchait un réconfort, une tentative de rébellion, un soutien.
Il ne vit que des regards fuyants et des dos tournés par la honte.
Alors, à cet instant, Caïn perdit toutes ses illusions sur la vie, et comprit que cet univers était cruel et lâche. Il comprit que désormais il ne pouvait compter que sur lui même.
Quelque chose se brisa en lui, une déchirure profonde, une affection bafouée , une vie trop vite fauchée, une libertée écrasée par une décision arbitraire.
Et il hurla , hurla et hurla encore, oubliant toute dignité, et mettant à mort cet affreux silence. Puis il se jeta sur l'homme-rocher, frappant, crachant , griffant . Et l'homme-rocher rit. D'un geste presque négligeant , il jeta Caïn dans les bras d'un des hommes rochers resté en retrait . Celui-ci l'accueillit avec une etonnante douceur , avant de l'emmener vers le Thunderhawk. Et Thumiel continuait à frapper à mordre, ses poings comme ses dents glissant pathétiquement sur la roche.
Il se battait de tout son coeur, ignorant que chaque coup, chaque cri, chaque témoignage de sa combativité ne le rendait que plus attrayant aux yeux des hommes-rochers.
Le sas se referma comme un tombeau et Caïn , noyé dans son désespoir, ne senti pas la piqûre qui l'envoya rêver que tout cela n'était qu'un cauchemard.
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Dans une gigantesque salle de pierre glacée, l'apiran Caïn se tenait, droit comme un cierge au milieu des ses compagnons. Tous, agés entre neuf et treize ans , avaient reçu pour instruction de rester debout.
Le premier qui quitterait cette posture serait éliminé, avaient précisé les hommes rochers . Cela aurait pû passer pour un jeu, un jeu long et stupide, mais Caïn avait des doutes sur le véritable sens d''"éliminé".
Au début , certains s'étaient rebellés, et s'étaient assis en signe de défi. Un homme rocher les avait directement emmenés, alors qu'ils lancaient d'une voix bredouillante des quolibets sans conviction.
"Les imbéciles" avait pensé Caïn. Pour les autres, l'épreuve aurait pû paraître facile, si elle ne semblait pas promise à durer éternellement. La fatigue s'exercait lentement sur les muscles, la fatigue, la soif et la faim. Et le froid. Pour un enfant des contrées septentrionales comme lui, rien n'était pire que le froid. Qu'une telle température pût exister dépassait son entendement. Il était torse nu et pied nus, dans une sale gigantesque, sur un sol de marbre glacé.
Des courants d'air gelaient la sueur qui coulait dans son dos.
Au bout de douze heures il ne sentait plus ses pieds , ses jambes le faisait souffrir, et la soif lui gonflait la bouche .
Un à un, comme dans un grotesque jeu de quilles, les autres aspirants tombaient et étaient emmenés.
Il perdit lentement toute notion de temps et de lieu, et s'accrocha seulement à l'idée de tenir debout, car si l'on tombait on mourrait. De cela au moins il était sûr. Il se désinterêssa du sort des autres , et resta là , seul avec son martyr.
Enfin, comme dans un rêve , une porte s'ouvrit et un homme rocher apparut. Il lui fit signe de venir. A demi conscient ,il fit jouer ses muscles engourdis et trébucha, ses pieds faisant le bruit d'une ventouse grotesque alors qu'il se traînait jusque dans la salle adjascente.
Il arriva dans un petit bureau, ou la température était légèrement plus élevée . On lui offrit une chaise, de la nourriture et de la boisson. Il accepta la chaise, mais se méfia de la boisson.
L'homme-rocher le considéra un instant, puis sourit. "_Tu te méfies de nous n'est ce pas' _Vous.....vous nous faites souffrir. Pour rien. " avait balbutié Caïn, grimaçant toujours à cause de ses jambes. "_Oh, pas pour rien, rassure toi." avait rectifié l'homme rocher. "Tu comprendras , bien sur, tu comprendras plus tard. Es tu sûr de ne rien vouloir manger ?" ajouta t'il en se servant quelques baies. Caïn ignora la question , préférant poser celle qui lui tenait à coeur. "_Qu'est il arrivé aux.........aux autres ?"
"_Ca aussi , tu comprendras plus tard, continua l'homme-rocher. L'important, c'est qu'ils ont échoué, et toi as réussi. "_Alors , je vais vivre ?" demanda Caïn, presque par provocation. "_Peut être ............on est jamais sûr de rien en la matière. Mais tu as fait preuve d'un grand courage, d'une force physique et morale suffisante, et tu es..........compatible. C'est un début."
"_Mais que vais je devenir ?" demanda Caïn ,qui ne comprenait plus rien "_Ca, ça va dépendre de toi. Dis moi, qui es tu?" "_Caïn Paleone monseigneur."
"_Non. Désormais tu es l'aspirant Thumiel des Emperor's sword. Répète après moi, qui es tu ?"
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