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Membre no. 1148

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Long long long récit.......................Mais mon préféré
Tout avait commencé huit mois plus tôt, selon la vision du temps qu'avaient les mortels. C'était une histoire tristement ironique, une tragédie que l'imperium se hâta d'oublier.
Huit mois plus tôt donc, un obscur inquisiteur eût une vision, un idéal. Il se vit, triomphant, à la tête d'une expédition dans l'?il de la terreur alors que le système cadien s'enflammait sous les pas du fléau.
Cela devait selon lui donner un formidable coup de fouet au moral des troupes impériales, tout en démystifiant l'?il de la terreur. Il y eût des discours enflammés, un engouement sans bornes pour le projet. Quel symbole ! Prendre pied dans l'antre du fléau quand celui-ci tentait de s'installer dans les contrées matérielles ! Que pourraient redouter des hommes qui avait vaincu l'enfer ?
On cita Macharius, on se revendiqua de Sa divine volonté. On brandi l'étendard de vengeance, on fit des serments solennels et terribles. On promit aux hommes des lauriers immortels, on jura que l'histoire retiendrait leurs noms.
« Plus rien ne sera comme avant ! leur avait on dit. Au coté de l'astartes, vous écrirez les premières pages d'une première ère , celle ou l'humanité, enfin adulte, s'affranchira définitivement des ténèbres ! »
Hyxas, Jiil, leurs supérieurs et des millions de pauvres bougres avaient marché. Une chimère. Une vision. C'était ce dont tout homme rêvait, et jamais Hyxas n'oublierait ces heures d'euphorie et d'enthousiasme, ou il avait cru donner un sens exceptionnel à sa vie.
Vingt régiments de la garde et deux chapitres de l'astartes avaient formé le fer de lance de cette expédition lancée à la hâte. Dès le moment ou ils disparurent dans les bourrasques violettes de l'?il, les choses commencèrent à mal tourner. On perdit rapidement le contact avec la moitié de l'expédition. Le reste des vaisseaux s'acharnèrent à rester ensemble alors que l'un après l'autre, sur les ponts impeccables, les navigateurs s'écroulaient en vomissant leurs encéphales.
Lorsque enfin on trouva ce monde sans nom, les hommes qui avaient survécu se réjouirent. Enfin il allait être possible d'agir concrètement.
On débarqua.
On déchanta.
L'horreur les avait rattrapés, et chacun prit conscience, comme si ils s'éveillaient d'un rêve , de l'audace de leur acte. Ce fût des heures de confusion indescriptible. Des pelotons entiers devenaient fous au moment où ils posaient le pied à terre. D'autre se mutinèrent dans les convoyeurs, refusant de descendre. Des compagnies blindées se volatilisaient petit à petit lorsque la foudre jaillissait du sol. Les commissaires se trouvaient possédés, les officiers ordonnaient aux amiraux de bombarder leurs propres troupes, et les marines ne faisaient plus confiance à personne.
Puis, après cinqs jours de démence, vint l'ordre, ahurissant, d'évacuation générale. De toute évidence, l'existence de l'expédition avait enfin atteint des autorités un peu plus compétentes et raisonnables. On avait jugé en haut lieu que les ressources à la disposition de l'inquisiteur pouvaient être mieux employés. L'enthousiasme disparut aussi rapidement qu'il était apparu. Ainsi était l'enthousiasme des hommes, vain , tragique, et sans lendemain.
Dans la plus grande panique, les maigres têtes de pont furent abandonnées par ceux qui les avaient payé de leur sang et de leur santé mentale. En orbite, les amiraux ne cachaient pas leur impatience, ajoutant au stress ambiant. Enfin, après une évacuation rondement menée en deux jours, la flotte prit le chemin du retour, vers l'espace cadien.
Le seizième peloton du 46ième des dragons de Jouran avait été oublié.
Oublié.
Même après que l'horreur soit devenu sont quotidien, que sa mémoire ait été détruite par l'influence démoniaque de ce monde, Hyxas ne pouvait oublier ce qu'il avait ressenti lorsque il avait vu , au loin, le dernier convoyeur partir.
IL était tombé à genoux, et avait hurlé, encore et encore, l'implorant de revenir, refusant de le croire. Ils avaient été oubliés dans la confusion du départ. Ce n'était pas une mort digne ou un sacrifice héroïque. Ce n'était pas un dernier carré pour permettre aux autres de s'échapper. Ce n'était même pas un tortueux complot fomenté par un régiment rival ou un inquisiteur machiavélique.
C'était un oubli. Un simple oubli, un fichu putain de scribe régimentaire qui avait sauté une ligne en recopiant un rapport.
Parfois, au cours de ses crises de désespoir, il se demandait si quelqu'un s'était apercu de leur absence, ou si un responsable quelconque avait réalisé que soixante dix hommes avaient été condamnés par négligence.
C'était là qu'avait commencé le véritable calvaire du peloton.
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Hyxas revenait de sa longue veille, seul. Il se refusa à regarder les hommes, qui à son passage, lui demandèrent ce qui était arrivé a Jiil. Depuis que les Night Lords avaient surgi, ce genre de question ne méritait pas franchement de réponse.
Hyxas émergea de la jungle, et déboucha sur la « clairière ». C'était là qu'avait pris position le peloton en attente d'un secours qui n'arriverait jamais. Hyxas esquissa un sourire résigné. Inconsciemment, tout en sachant que personne ne viendrait, ils avaient voulu être à découvert pour être plus facilement repérable depuis l'orbite.
Il observa les alentours avec amertume. La « clairière » n'était en fait qu'une pâle trouée dans la jungle faite d'une terre rouge torturée, quasi volcanique. Celle-ci étai en perpétuel mouvement : des convulsions l'agitaient soudain, déséquilibrant quiconque se tenait dessus. Ailleurs, des centaines de pointes effilées poussaient subitement, grotesquement, comme si un gigantesque cactus avait surgi du sol.
Ce qui effrayait le plus Hyxas n'était pas ces phénomènes en eux-mêmes mais plutôt la rapidité avec laquelle il s'y était habitué. Parfois il se forçait à croire que c'était grâce à ses facultés d'adaptation exceptionnelles. Mais dans les moments les plus solitaires de ses nuits, il réalisait que ce monde, cet univers cauchemardesque lui était familier.
Il reconnaissait dans le motif du feuillage la plantation de ses parents. La clairière lui rappelait par sa taille et la couleur du sol, le gymnase d'entraînement de la garde sur Jouran. Il entendait la nuit les sifflements de ses chiens avant de réaliser que ce n'était que le vent dans les buissons.
Il avait cru qu'il était fou, naturellement . Possédé. Souillé. Mais il avait rapidement réalisé que ses camarades étaient eux aussi soumis à cet effrayante superposition de leur passé avec l'horreur routinière de se monde.
Peut être étaient ils tous déjà possédés. Mais tous les matins, le médecin chef Gent inspectait chaque homme, à la recherche du moindre grain de beauté ou excroissance suspect. Personne n'était atteint jusque là.
Hyxas atteignit le point central de la clairière, ou se dressait un baraquement minable, branlant. Il aurait pu passer pour une ébauche de pc de campagne, si il n'était pas couvet de cloques de béton éclaté et si il ne s'enfonçait pas dangereusement dans le sol sur son angle sud-ouest.
Lui non plus n'échappait pas à l'influence corruptrice de ce monde. Six gardes, armés de pelles et de sacs de sable, s'efforçaient de donner des fondations plus solides au bâtiment. Avec une énergie superbement vaine, ils tentaient d'écarter des coulées de terre rouge pour y glisser les sacs de sable. Fasciné, Hyxas observa une irruption de terre soudaine engloutir le labeur de longues minutes de travail acharné. Une langue de boue jailli soudain comme un fouet, jetant deux gardes à terre.
Un court instant , tous restèrent interdits. Il y eût peu être un sanglot camouflé en reniflement de rage, puis tous, se remirent au travail, écartant furieusement des masses de terre qui reviendraient à la charge dans la minute.
Pourquoi continuaient ils tous à lutter, alors que la planète elle-même se jouait d'eux ? Pourquoi cet acharnement grotesque alors qu'ils étaient abandonnés de tous ? Pourquoi continuaient ils à partir, tous les soirs, par équipe de deux, s'enterrer dans la jungle pour servir de pâture au Night Lords ? Pourquoi Astur l'officier radio continuait il imperturbablement ses heures d'écoute, se martyrisant les tympans dans une bourrasque sonore insensé ? Pourquoi vouloir bâtir un pc de campagne alors qu'aucun officier au dessus du grade de sergent n'avait survécu ?
Hyxas ne comprendrait pourquoi que bien plus tard, dans les derniers instants de sa vie , quand un fou lui aura ouvert l'esprit sur ces mots : La beauté du mal.
Hyxas, abandonnant ses camarades à leur labeur pénétra dans l'abri et se laissa tomber à terre. Sifflement insupportable d'une machine à café??.grotesque dans toute cette démence? Gémissement sourd des blessés résistant au sommeil pour ne pas sombrer dans leurs cauchemards'?????. Fatigue qui s'échappe par les moindres pores de la peau, battement de cils dans l'atmosphère surchauffée . Détente horriblement douloureuse des nerfs, qui hurlent après la tension d'une nuit bien trop longue?douleur effroyable comme une seconde naissance. Grondements indistinct de la structure du bâtiment , alors qu'il s'enfonce un peu plus sous terre?. Hurlements lointains des perdants de la nuit'??.Jiil'??..les autres'?ceux de la nuit d'avant'?. Ricanements à glacer le sang des gargouilles qui tournent, en nuées ,au dessus de la clairière?.courte rafale de fusil laser, pour la forme?? Voix nasillarde de Kirk, annonçant l'arrivée d'une navette dans les cinq minutes'?. Dormir?oublier?.tous le sang?toutes les larmes'?mourir?en paix.
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Ainsi allait la vie dans l'?il de la terreur.
Mais il fallait que cela change bien sûr, que ce cauchemar routinier prenne une nouvelle tournure, sans quoi le châtiment des gardes fût devenu habituel, supportable presque. De cela il n'était pas question. Ainsi en avait il été décidé, et les mortels qui s'étaient cru dignes de souiller Leurs domaines devaient en payer le prix.
Lorsque une éternité fût passée et que l'espoir fût tout à fait mort, enterré dans les vagues de boue qui déferlaient sur le pc de campagne, il se passa quelque chose.
Il arriva.
Cela se passa au cours d'une nuit qui ne finissait pas. L'obscurité régnait, comme toujours, et la pluie martyrisait le ventre et le menton d'Hyxas , comme toujours. Il s'abandonnait à la mort et restait la étendu, les yeux fermés, attendant qu'on vienne le chercher et que tout, enfin, soit terminé. Déjà, il entendait les glissements furtifs de l'adamentium dans les herbes, le sifflement sourd empli de sadisme, le murmure devenu rituel : « ???..Nous ??????venons'..vous'?????.prendre ! »
Serait-ce enfin pour cette nuit ?
Puis il y eût une lumière. Pas le flash violent et agressif d'un éclair, ni l'éclairage glauque du pc de campagne. Une vraie lumière, saine et continue, une lumière croissante, apaisante. Hyxas se concentra. Se souvenir?du temps'?..d'avant'??.d'avant l'abandon'?d'avant les ténèbres'?? Ils tombaient'?.. comme des gouttes d'eau ???..de vraies gouttes d'eau?..du ciel vers la terre?comme avant.
Hyxas, un instant, se força, encouragé par la réminiscence de ce souvenir. Il les voyait distinctement maintenant, il se souvenait les avoir vus tomber depuis les baies d'observation des transporteurs.
Ce bruit croissant, cette odeur d'ozone, cette forme en goutte d'eau?. «module d'atterrissage » lui souffla , épuisé mais heureux, son cerveau.
Il y eût un choc , une pluie de terre, des feuillages craquants. Il se passait vraiment quelque chose.
Hyxas s'obligea à réagir, roula lentement sur le coté, en direction du vacarme.
Il était là , flamboyant , d'une intense couleur or, luisant dans la pluie. Des nuées de vapeur d'eau s'en échappait alors que les arbres, liquéfiés par le choc et la chaleur le sa coque, s'effondraient alentour. Une intense lumière pulsa de l'intérieur, puis un bruit, un bruit nouveau se fit entendre, celui des rampes de débarquement qui s'abaissaient . C'était trop d'informations pour le cerveau engourdi de froid et d'horreur d'Hyxas.
Une silhouette?..en contre jour?issue du module?un remue ménage dans les fourrés'.cris d'alarme poussés d'une voix hystérique , comme les cris des grox que l'on égorgeait, avant , pendant la saison des fêtes, sur ce monde ou il était né et dont il avait oublié le nom'???
Grondements sourds d'une arme à feu, cris de douleur?se réveiller, vite, voir, comprendre?.
Puis il le vit. Et le monde changea.
Ou étaient passés la fatigue et l'horreur ? Il était là, l'élément perturbateur, celui qui brisait le cycle infernal, le porteur de changement.
Haut de deux mètres soixante, porteur d'une armure dorée, revêtu d'une capuche et portant la lumière d'une lame crépitante et d'un bolter étincelant'?.Qu'il était semblable?et si différent'.de ceux qui les tourmentaient depuis'..si longtemps. Il les affrontait'??.ses cauchemars, ceux à qui on ne pouvait résister?ceux qui jouaient avec eux, leurs tourmenteurs'..
Mieux, il pouvait les vaincre. Tout pouvait cesser. Il vit un revers magistral, une irruption de lumière, et une silhouette cornue reculer, tituber, s'effondrer.
Un ange ?.marmonna Hyxas, un envoyé de celui qui nous avait abandonné??. Il ferma les yeux, et sourit. En son c'ur il sentait renaître l'espoir. Comme avant. Exactement comme avant.
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Un envoyé de l'Empereur. C'est ainsi qu'il s'était désigné, et c'est ce qu'ils voulaient entendre.
Le matin avait vu le monde changer. Même la nuit avait semblé finir plus vite. Il était venu, tenant dans ses bras le corps endormi d'Hyxas. A sa vue , Gent avait enlevé ses écouteurs radio, révélant des oreilles recouvertes de croûtes de sang. A sa vue, les blessés avaient cessé de conjurer le médecin de les achever. A sa vue, Manke avait cessé de mettre en joue les gargouilles. A sa vue, les six travailleurs du pc avaient laché leurs pelles et leurs sacs de sable. A sa vue , Kirk avait cessé d'annoncer l'arrivée de la navette.
Tous s'étaient rappelés du temps d'avant, ou la pluie tombait du ciel, ou l'aquila flottait, inaccessible et éternel, ou les pc de campagne s'assemblaient en trois heures et ou un Space Marine était un héros et pas un assassin. D'un coup ils n'étaient plus les macabres pantins d'une comédie funèbre ni les sinistres jouets des Night Lords. D'un coup une éternité de cauchemar prenaient un sens, et la raison d'être de leur résistance était toute trouvée : ils avaient tenu jusqu'à l'arrivée le l'envoyé.
Ils n'étaient pas heureux. Ce qu'ils ressentirent alors dépassait les fades limites du bonheur et du malheur. Ils étaient au-delà, soulagés à un point inimaginable.
Ils tombèrent à genoux, et demandèrent à l'envoyé ce qu'il attendait d'eux.
Aucun n'entendit le rire moqueur des gargouilles.
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Ce fut une période, étrange , irréelle. Lorsque Kyxas fut capable d'y penser, avec le recul, il songea qu'ils avaient dû être drogués, encensés.
Leur comportement n'avait plus rien d'humain. Ils suivaient l'envoyé dans les profondeurs de la jungle, plus loin qu'aucun n'aurait osé s'y risquer auparavant. Ils affrontaient les Night Lords le sourire au lèvres, et ceux qui tombaient riaient dans leurs dernier souffle.
Il se souvenait d'un héroïsme dément, d'une gloire surgie du néant. Son c'ur lui semblait s'être enflammé. Rien ne paraissait impossible. Les Night Lords ne lui inspiraient plus que du mépris, car ils étaient incapables de ressentir l'euphorie qui le possédait.
Il se souvenait d'avoir crié : « Pour ce sacré putain d'Empereur, qu'il crève pour nous avoir oubliés ! » Et il se sentait le plus nobles de tous Ses soldats, car bien que l'Empereur l'ait abandonné, il continuait à le servir, envers et contre tout. Il se souvenait avoir vu l'envoyé de l'Empereur sourire en l'entendant. Il connût la gloire, la rage de vaincre, la fierté du devoir accompli.
Le soir, de retour au campement, les survivants et l'envoyé se rassemblaient dans le pc, et ils parlaient d'avant, du monde d'avant, de la raison, et chacun racontait son histoire, et lentement, ils réapprirent ainsi ce qu'ils avaient oublié. Lentement, il lui semblait revenir à la raison, et s'éveiller d'un mauvais rêve.
Il fût heureux. Tout simplement
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L'horreur.
La boue. La pluie. La jungle. Le froid. La nuit. L'envoyé.
Hyxas a la foi. Ils murmurent dans les ombres : « Nous'?????.. venons'?????. vous ????.prendre ! »
L'envoyé sourit sous son capuchon. Les gardes rient. Tapis dans la jungle, l'envoyé et les gardes écoutent, l'oreille aux aguets, les chuintement caractéristiques du combat dans la jungle. Sur la gauche, dans les fourrés, un mince fil de laiton , véritable fil d'Arianne, relie chaque poste avancé tout autour de la clairière. Le fil est recouvert de rosée. Si un Night Lord venait à passer entre les postes de surveillance , il ne pourrait le faire sans ses pas éjectent les gouttes du fil.
Le silence.
Dans le ciel tournoient les gargouilles, rejointes, depuis quelques nuits, par d'hideux rapaces.
Aucune importance. L'envoyé est avec eux.
Tremblotement du fil. Jaillissement des gouttes. Détente des muscles et rictus vengeur. Hyxas se précipite dans la jungle à la suite de l'envoyé. Ils apparaissent au détour d'un tronc. Ils sont trois : grands , monstrueux, recouverts d'airain. Terrifiants dans une autre vie, pas dans celle-ci.
Déjà l'envoyé a frappé : trois bolts qui arrachent les fougères et jette à terre un des Night Lords. Les tirs croisés des gardes distraient le suivant alors que l'envoyé l'empale sur sa lame. C'est si facile. Le soldat Gane, trop lent, à donné sa vie pour donné quelques secondes à l'envoyé. Il meurt empalé sur une branche, les cervicales brisés, en encourageant l'envoyé. Deux passes éblouissantes, une baïonnette dans la genouillère, et le Night Lord est à genoux. Une herse de baïonnettes s'enfonce dans son plastron, et un déchaînement d'éclairs ponctuent son agonie alors qu'il se débat.
Sourires empreints de fierté?.regards d'adoration pour l'envoyé??hurlement perçant de Jildane, emporté comme une bourrasque par un rapace.
L'horreur.
Course effrénée à travers la jungle?treillis alourdis par la pluie qui freinent les mouvements'?. Le groupe débouche dans la clairière.
Le rapace est là, ces réacteurs dorsaux luisent encore, carbonisant les jambes de Jildane alors qu'il éviscère le garde impérial en caquetant.
« Salopard'? »
Ils se jettent sur lui, essayant de le mettre à terre sous leur poids conjugué.
Hurlements de Jildane?contact avec une la surface de l'armure du rapace, hérissée d'électricité statique ?Sentiment d'attenter à un être hors du temps, incroyablement vieux?Malveillance brute, insoutenable?.Epée tronçonneuse qui jaillit, bouquet de viscères'
Et là haut l'enfer se déchaîne, l'apocalypse quotidienne qui éclate, sous les rires moqueurs des gargouilles entamant leur attaque.
Notre heure a sonné. Mais l'envoyé est avec nous'. On le cherche des yeux?.sa belle armure, son sourire? Son aide.
« Ne nous laisse pas seuls, envoyé, ou est tu ? »
L'horreur, sourde, soudaine, qui revient, insidieusement, avec mille fois plus d'intensité??Cette horreur dont nous croyions nous être affranchis, qui revient, accablante. Le doute, horrible qui perce brutalement notre foi?S'il nous avait abandonnés, lui aussi ? Comme les autres, comme avant ?
« Ou est tu ? »
« Envoyé !!!!!!!!!!!!! »
Le rapace rue, triomphant, et nous jette à terre. Il hurle au travers de son masque un cri, un cri inoubliable, celui de notre déchéance. Un cri de ranc'ur, et de haine, qui a mis dix mille ans à mûrir dans sa bouche nécrosée?.
Nous nous effondrons vaincus, alors que nos tympans éclatent et qu'une lune rouge se lève , déchirant le ciel perpétuellement violet de l'?il de la terreur.
« Envoyé, ou es tu ? ?»
Ouragans de griffes démoniaques'?.larmes de désespoir perlant à mes yeux?Le soldat Yseec, seul, à genou face au rapace, le fusille à bout portant au fusil laser?.Le night Lord charge, et une tonne de ranc'ur et de mal brut écrase le malheureux, broyant tout ce qui ce trouve sous la ceinture?ruée des gargouilles s'amassant sur le soldat en piaillant, comme les mouettes que je voyais jadis au port d'Ildraw , sur Jouran, avant'
Et d'une main déchiquetée, bouillonnante de bave démoniaque, s'élève une grenade, le dernier effort d'un homme d'exception que je ne connaîtrait jamais'?détonation , nuée de shrapnell'?..Gargouilles enflammées retournant à leurs créateurs'??. Et là le rapace, effondré sur le corps du soldat Yseec, un unique éclat au travers du casque?
Un héros'Celui que je ne serai jamais'.Il a tué un Space Marine et il ne connaîtra plus la peur.
Moi, si.
« Envoyé?.par pitié, répond moi !!! »
Moulinets enragés ?.puis , brusquement, les gargouilles s'envolent , toutes ensembles, hurlant leurs sarcasmes'
L'horreur.
Il est bien là. L'envoyé. Dans son armure dorée. Son sourire au lèvres. Sa lame dans la main.
Le bolter braqué sur nous.
Entouré de Night Lords.
Comprendre ? L'incompréhensible ? L'impossible ?
« Envoyé ? »
Et je le vois sans comprendre nous égorger, nous brûler, nous mutiler, nous décapiter, piétiner nos corps, et il le fait lucidement, avec une rage froide, déterminée.
L'horreur. La vraie.
Je ne lui en veux pas, je suis au-delà de ça?.mais j'éprouve viscéral, le besoin de survivre, de survivre pour comprendre.
Rires moqueurs des Night Lords'.Sifflement de sa lame dans l'air?.hurlements d'incompréhension, cris de stupeur?.... Je rampe dans la boue comme un ver, sans dignité, nu, horrifié, cent fois plus vulnérable qu'avant car je suis monté en zénith de l'espoir?..ma chute n'en est que plus rude?ramper, jusqu'au pc ??.tout doit finir là?vivre encore?pour comprendre.
Derrière moi tombe le dernier de mes camarades'.Je suis les seul, l'ultime survivant du peloton dont j'oublie à nouveau le nom' Je sens leurs regards de prédateurs braqués sur moi, je sens le sol se lover tel un serpent sous ma poitrine et le vois leurs bottes en armure marcher autour de moi, m'accompagnant'?.
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Le pc'enfin'.tout peut finir? Je me hisse comme un ver à l'intérieur, saoul d'horreur et d'incompréhension. Dehors l'orage redouble, et je vois, vaguement, que seul l'envoyé me suit à l'intérieur, et que les autres restent là , dehors sous la pluie, à attendre qu'il en ait fini avec moi.
Je me tasse dans un coin du pc'...Je sanglote, brisé, écartelé de douleur au-delà de l'imaginable?.Je suis couvert de boue?Il fait si sombre ici, et le silence est si pesant'..La rumeur de l'orage n'est qu'un murmure.
« J'ai peur du noir, maman'?? » Je me revois, terrifié, au commencement de ma vie d'avant, quand tout était simple et logique, avant cet océan de démence. Je me souviens de la terreur que j'éprouvais, dans ma chambre, quand l'obscurité régnait et que la lumière du couloir s'estompait derrière la porte.
L'horreur.
J'hyper ventile, ma vision se brouille, je sens mes paupières craquer tant mes yeux sont exorbités. Il est là, et il me contemple, du haut de son gigantisme, lui qui m'avait apporté l'espoir et qui me terrorise aujourd'hui plus que tout au monde. Il hôte sa capuche et me regarde , et ses traits sont cachés dans la pénombre exactement comme ceux de ma mère, quand elle venait me rassurer, dans ma chambre, avant'.
« J'ai peur du noir, maman'?.. » et de cette phrase si simple j'exprimais une terreur si profonde?Car ma mère me rassurait, mais je savais que cela n'était que temporaire et que sitôt qu'elle partirai, les ténèbres reviendraient, avec plus de force?
L'horreur.
Il s'accroupit devant moi, il a comprit, je pense, que je ne lui demande qu'une chose, comprendre.
« -Ne t'inquiète pas, je ne te ferais pas souffrir ?.» Je m'en fous, il faut qu'il m'explique !
« -Je suis le produit d'une machine?qui broie les êtres humains, comme toi?De ce point de vue nous sommes frères'?Mais la différence , la véritable différence qui implique que tu doive mourir c'est ta vision archaïque du mal'? »
Il caresse ma joue ensanglantée et contemple, un instant, mes larmes et mon sang se mêler? « C'est si beau?? »murmure t'il.
« Tu es mon chef d'?uvre, Hyxas. Tous mes actes, toute cette tuerie c'était pour aboutir à toi. A cette larme qui se mélange à ton sang. Si délicat. Si tu voyais ces arabesques'tu comprendrais, oui, et tu m'approuverais. »
Je ne comprends rien du tout. Tout ce que je sais ,c'est que ce type est dingue.
« J'aurais pu vous massacrer dès le début, j'aurais pu arriver, et aussitôt aider mes nouveaux frères'?Mais cela aurait été si brutal'??.si primitif?si laid. Alors j'ai préféré vous aider, vous redonner espoir, vous redonner cette foi. Je me suis émerveillé de pouvoir susciter une foi que j'ai renié. J'ai combattu mes frères pour vous exalter, pour vous faire croire que vous aviez de l'avenir?Votre enthousiasme était si pathétique, si beau?? Puis , quand vous avez été murs, je vous ait tués. J'ai ajouté a la douleur de votre mort celui de la trahison, de l'espoir trahi, de l'affection baffouée?Et ainsi votre mort a été mille fois plus douloureuse que si je vous avait affrontés directement ! »
Le regard du marine étincelait. Une incontestable fierté s'étalait sur son visage.
« Je suis un artiste.» chuchote il, « rien de plus, rien de moins »
Hyxas ne voulait plus rien entendre?.Le marine se redressa, lui palpa tendrement la gorge , et lui arracha la tête. Il contempla longuement les yeux révulsés et le mélange de larmes et de sang sur ses joues. Puis il l'accrocha à son épaulière, en murmurant : « Mon chef d'?uvre, oui, mon chef d'?uvre. »
Il sortit. Dehors la tempête se déchaînait, et les rangs impeccables des Night Lords l'attendaient.
Il fut envahi d'un dégoût si violent de lui-même qu'il tomba à genoux. Désespérée, sa dernière étincelle d'humanité se manifestait. Il vomit, encore et encore , jusqu'à se sentir vide. Il tremblait d'une fièvre lancinante alors que sa part humaine agonisait, noyée dans le flot de ses passions. Des changements inquiétants se produisaient en lui alors qu'une force nouvelle l'investissait.
Alors, tout passa, tout changea.
Il fut soudain, immobile, glacé. Il ne sentit ni l'urine qui lui souillait les jambières ni la matières gastrique qui lui maculait le visage.
C'est ainsi que frère Thumiel, tournant le dos à l'univers dans lequel il était né, fit ses premiers pas sur les chemins de la damnation.
Note de l'auteur : Ouf !
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