Ce matin je me suis levé bien tôt, et Dieu sait si c'est dur de se lever tôt un vendredi (pour moi), afin de partir aux Halles voir le film Elephant, de Gus Van Sant (avec un G, comme Gus) avé tous mes camarades.
Bon, j'oublie de mentionner le moment où le train qu'on devait prendre arrive sur le quai aussi rempli qu'un américain sortant d'un McDo, le fait de voir un seul des potes réussir à rentrer, mais pas à ressortir pour nous rejoindre, mort de rire que nous étions. Vive la SNCF.
Nous arrivons enfin, et le film commence.
Le début est lent, très lent, trop lent. On découvre les personnages, le style de Van Sant fait qu'une scène qui doit durer 1 min en dure 5. Genre un mec rentre dans le lycée, mais on le voit pas pousser la porte, non, on le voit arriver près du lycée, marcher sur la pelouse du lycée, et enfin pousser la porte du lycée. Sans mot dire.
C'est lent, mais on finit par avancer, et on découvre donc nos stéréotypes lycéens.
Le lycéen adulte, qui réprimende son père et l'empèche de faire des conneries, comme conduire totalement bourré. C'est John, qui ressemble à Bryce de Nice, mais en triste :
iciLe lycéen artiste, Elias, photographe :
là Le lycéen beau gosse et sportif, Nate, et sa copine (qu'on appelera Bernadette parce que je me souviens plus du nom)
La lycéenne pas gatée par la nature, Michelle (appelée coluche après le film);
Michelle ColucciLes trois lycéennes mignonnes, mais complètement superficielles (dites Kévinas)
Et enfin les deux amis, qui vivent ensemble, et qui ont leur projet pour une journée, leur dernière journée (et aussi la dernière pour d'autres) Alex 'le brun' et Eric 'le blond'
Alex, "le meneur"On les comprend petit Ă petit, qui ils sont, comment ils vivent.
On comprend que Alex va pas fort.
On apprend que c'est un bon joueur de piano (Lettre à Elise, de Bite au vent) , qu'il peut comme tout américain ayant une trace de neurones se procurer des flingues de guerre, et qu'il ne sait même pas à quoi ressemble Hitler.
Et à force de flash-back au départ un peu fouilli, on voit se réunir l'action autour des lycéens, et même s'il ne la vive pas en même temps et de la même façon, la tuerie arrive.
Et c'est sanglant, c'est un Doom-Like dans un bahut, quelques références aux jeux-vidéos (genre caméra à la 1ere personne pour les tueurs), quelques supplications inutiles...
En plein pendant la tuerie, on tombe sur Benny, un grand black musclé, qui avance au milieu des quelques cadavres qu'il croise, la démarche assurée, presque tout simplement curieux. Il reste muet.
Il avance, et lĂ tombe sur le blond, qui tient en joue le proviseur, mais qui lui tourne le dos.
Alors Benny s'avance doucement, Benny prépare le coup de poing qui va faire mal, et Benny se fait griller par le blond et reçoit une balle dans la poitrine.
Benny est mort.
Les Héros, ça marchent pas chez Van Sant.
L'explication non plus (d'où la vague de débat qui a suivi le film) on ne sait pas pourquoi les deux fous font ça, pas plus que Alex qui reçoit des boules de papier maché en cours. Les victimes et les assassins sont sur un pied d'égalité, on peut presque dire qu'il n'y a ni méchant, ni gentil. Il y a juste deux malades habillé en tenue de camouflage qui font sauter un lycée à coup de rafales de AK et d'explosif.
Et on se dit que les Américains, ils sont vraiment pas net.
Geoff, qui a aimé mais sans plus. 14/20