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Cet essai est le début de ce qui je l'espère deviendra une longue série de récits concernant l'invasion de la flotte-ruche Béhémoth...............
Le jour pointait timidement au travers du feuillage dense et tout n'était que silence. A pied d'une congère , blotti contre une racine , un puissant Python méphidien s'éveilla lentement lorsque un rai de lumière vint réchauffer son long corps engourdi par une nuit d'inactivité. La créature put bientôt s'extraire de sa couche pour satisfaire le besoin universel : la faim. Sa tête reptilienne s'éleva rapidement au dessus des fourrés pour analyser l'extraordinaire diversité de sons , d'odeurs et de relents musqués qui circulait déjà dans les sous bois. Et brusquement l'ophidé se glissa de nouveau à terre. Une nouvelle odeur était apparue, une odeur qu'il n'avait jamais eu l'occasion de sentir auparavant. Alors que ses sens s'affinaient au fir et à mesure que son sang se réchauffait, la créature put mieux appréhender ce qu'elle ressentait. La sensation était diffuse, inconnue et'désagréable.
Depuis l'aube de toute choses , aussi loin que remontait la mémoire collective de son espèce ; les pythons méphidiens de Tyran savaient qu'ils étaient les prédateurs ultimes de la forêt. Au sommet de la chaîne alimentaire , sans aucun rival, en sécurité absolue et immuable. Et tout cela venait de changer, en un instant. Quelque chose de nouveau était apparu, et cette chose était capable de se repaître de son espèce. Il fallut encore un long moment au Python pour définir cette curieuse sensation mais quand il le fit, il prit conscience que toute la forêt la ressentait aussi dans le silence ambiant : la peur.
A sept cent soixante dix mille kilomètres de là , en orbite basse autour de Tyran, la flotte ruche observait l'aube se lever sur la forêt équatoriale. La dernière aube que connaîtrait cette forêt. La dernière aube que connaîtrait cette planète.
I
« Sérénité à pure lumière, rassemblez, on va le perdre ! » gronda l'inquisiteur Kryptman le plus discrètement possible dans son vox-corder. Ce n'était véritablement pas le moment de se faire repérer, songea t'il en lançant rapidement un regard au passants alentours. C'était jour de marché à Lamisnal et il comprit l'enthousiasme des commerçants en regardant la foule qui se pressait autour de lui. Dans cette petite rue sordide , à près de trois kilomètres du marché lui même, il fallait déjà jouer des coudes pour se frayer un chemin . L'inquisiteur prit le risque de lever brièvement la tête , révélant ainsi son visage encapuchonné.
L'homme ?ou la chose- qu'il traquait était toujours là ;à une douzaine mètres devant lui, vêtu de la blouse brune à capuchon que tout les citoyens de ce monde semblaient avoir adoptée. Il marchait à cette allure morne et régulière caractéristique du personnage banal qui va exécuter son petit train de vie sans jamais le remettre en question. L'inquisiteur fronça les sourcils. L'allure du personnage était trop caractéristique. Il y avait dans sa démarche quelque chose de trop appuyé , de trop mécanique ,qui trahissait un mouvement non naturel. Pour la première fois depuis qu'il avait débarqué sur cet orbe crasseux, l'inquisiteur eu l'espoir que cette chasse n'était pas vaine. Il accéléra le pas pour ne pas être distancé, et lorsque il releva la tête, l'homme avait disparu. « Par l'empereur » rugit Kryptman, « ou est il passé ? » « Il vient de prendre la ruelle à droite, monseigneur » lui répondit la voix zélée d'un de ces hommes de traque. La même voix ajouta alors , avec un léger accent de mépris « c'est une impasse, il est coincé ». Pris au piège, oui, songea Kryptman. Ce qui ne pouvait signifier que deux choses : soit cet individu était un spécimen particulièrement stupide de la populace locale qui s'était affolé en se sentant suivi, soit il s'agissait de la créature qu'il cherchait ; dans ce cas, elle préparait quelque chose. L'inquisiteur déboucha à son tour a l'entrée de l'impasse . L'homme s'était arrêté tout au fond de celle ci, le dos tourné . La zone était déserte, et seuls quelques détritus et autres vestiges d'affiches voltigeaient dans les courants d'airs. « Le lieu idéal pour une confrontation discrète », songea Kryptman avec un sourire. Il entendit derrière lui ces deux hommes de traque le rejoindre suivis par son sage attitré, frère Sofross. Ils étaient prêts. « Citoyen impérial ! lança Kryptman au moment ou ces hommes épaulaient leurs fusils lasers, vous êtes placé sous mandat inquisitorial. Veuillez vous remettre à nous. » L'homme n'eut pas la moindre réaction. Ce n'est donc pas un homme normal, songea Kryptman, car tout individu normalement constitué aurait dû avoir une réaction en apprenant qu'il allait être emmené dans les salles de tortures de l'inquisition. Les secondes passèrent ,interminables. « Ne tirez pas » murmura l'inquisiteur en songeant à l'intellect limité de ces gardes. Il s'ensuivit un instant d'inattention , le temps que cet ordre soit assimilé.
Un instant, tout ce qu'il fallait à la créature.
Dès cet instant, le paisible ouvrier Lamisnalien fut remplacé par une ombre insaisissable. « Feu ! » hurla Kryptman au moment ou, par réflexe, ces gardes arrosaient l'espace ou c'était tenu l'homme une demi- seconde auparavant. La chose se déplaçait maintenant le long du mur avec une vitesse et une aisance inimaginables. La seconde suivante , elle avait disparu? Pour réapparaître l'instant d'après derrière le petit groupe, une longue griffe scintilla dans la pénombre?et se retrouva fichée dans la nuque d'un des gardes , qui n'avait même pas eu le temps de se retourner. Prenant appui sur le corps chancelant de sa victime, l'ombre se propulsa dans les airs en survolant d'un bon mètre cinquante le petit groupe ébahi. Elle se laissa alors retomber sur les épaule du second soldat de choc qui se retrouva au même instant avec quarante centimètres de chitine dans la gorge. Un dernier saut en arrière, et Sofross fut la victime suivante. Alors que le corps mutilé du sage retombait au sol , la créature leva son capuchon en direction de l'inquisiteur. Le bref éclat de son regard scintilla dans la pénombre de la capuche rabattue, juste avant de croiser la bouche a feu du fusil a pompe de l'inquisiteur , braqué a bout portant sur sa tête. L ?inquisiteur pressa la détente et observa avec délectation la tête de son adversaire être projetée en arrière dans un craquement sinistre de cervicales broyées.
voilà dites moi si sa vaut la peine d'être continué....................
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