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> L'unité Porte-Poisse, Récit Revisité
Evandree
post 19/01/07 , 16:43
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Bon vous me direz c'est du déjà lu. Mais vu que j'essaie de terminer mes récits j'ai commencé à le reprendre (pas encore fini mais c'est presque la dernière ligne droite). Je vous refile donc tout le pavé avec quelques modifs plus de l'inédit. Courage pour ceux qui vont devoir se taper le pavé. Pour faciliter la tâche je vais le segmenter pour en lire un peu chaque jour.


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De bon matin rien de tel que le lancer de nains.
Mis en forme par les voltiges des petits barbus,
Il est temps de s'entraîner à les rabaisser sans fin.
Le jour sera glorieux où leur petitesse les fera disparaître de notre vue (et de notre odorat).
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Evandree
post 19/01/07 , 16:45
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Levilnor IV :

Le Sergent Domschmeltz maudissait le commandant qui lui avait confié cette mission. Il détestait la marche à pieds et les missions de reconnaissance. Mais un ordre était un ordre et il était un bon soldat.
Il se remémora l'ordre de mission, pour ne rien oublier et en finir au plus vite avec ce canular, pensait-il.
Cela avait commencé avec la rupture des communications avec le poste avancé X017 sur la planète Levilnor IV. Des rapports faisaient part d'étranges phénomènes et l'état major l'avait chargé de ramener des preuves concrètes sur ce qui c'était produit.
Un caillou dans la chaussure le ramena à la réalité. Grommelant sur le sort qui s'acharnait sur lui, il fut interrompu dans ses récriminations par des volutes de fumée, derrière la colline. Voyant cela il donna l'ordre d'avancer au pas de course et de rejoindre l'origine de ce qui brûlait. Le soldat Yuki comme à son habitude partit devant, prêt à tout.
Domschmeltz sourit en repensant à la première fois qu'il avait vu ce bleu entre les mains du sergent recruteur. Bravache, il l'avait défié en combat singulier et c'était lamentablement étalé face contre terre dans une flaque d'eau.
Secouant la tête, le sergent se morigéna de repenser au passé alors que le présent était beaucoup plus dangereux. A peine se faisait-il cette réflexion qu'un tir percuta son épaule. La douleur était atroce. Le fait de ressentir si vivement sa chair brûlée sans s'y être préparé lui arracha un cri. Mais il ne mourrait pas pour si peu. Tant que ses terminaisons nerveuses lui faisaient ressentir sa blessure, il savait qu'il pouvait survivre.
Le bruit caractéristique d'un laser l'empêcha de sombrer dans l'inconscience. Une bataille avait lieu. Le repos signifiait la mort. La vue de l'ennemi armant son arme pour le tuer une fois pour toute réveilla tous ses sens. Son instinct de survie et son entraînement avait repris le dessus une fois le choc passé. Il plongea à couvert.
Un autre tir se fit entendre. Un nouvel assaillant ? Un danger plus présent occupait toutes ses pensées. Ses réflexions n'avaient durée qu'un temps infime. Sa vue se troublait. Un nuage rouge recouvrait ses yeux. Du sang. Il avait du se cogner la tête en tombant au sol. Une voix le tira de sa froide analyse.
- Sergent. Vous allez bien. La menace est neutralisée. Je l'ai tué. Sa tête a explosé.
Qui aurait pu penser que ce bleu de Yuki deviendrait un si bon tireur ? Il pensait trop au passé. Il devait rester concentré sur le présent. Des mains le relevèrent lui arrachant de nouveaux cris. Plusieurs visages troubles le regardaient. Un plus proche lui prodiguait des soins. Une injection le calma suffisamment pour articuler des ordres.
- Couvrez le périmètre. Le temps que je récupère.
Recherchant une meilleure position à défendre les soldats Flo et Sanary partirent en reconnaissance. Nouveaux dans l'escouade ils ne connaissaient encore rien de leurs camarades.
Ils n'avaient entendu que des rumeurs sur l'escouade porte-poisse. Le nom les avait sourire la première fois, ce demandant d'où il pouvait venir. Les histoires des exploits de cette bande avaient déjà fait le tour du camp. Mais ils n'y avaient pas prêté grande attention. Qui ferait confiance aux inepties que l'on colporte dans un camp ?
Mais depuis leur affectation dans l'unité la malchance semblait s'attacher à leur pas. Le caporal Evandree leur rabâchait que c'était depuis leur arrivée que la chance leur avait fait défaut. S'il savait ce que l'on disait sur sa bonne étoile dans son dos il serait peut être moins présomptueux avec sa « légendaire bonne fortune ».
Néanmoins son efficacité compensait ses défauts. Mais certaines de ses manies pouvaient inquiéter ceux qui n'avaient jamais combattu à ses côtés. Qui pourrait faire confiance à une personne qui chérissait son lance-flammes comme son premier amour, lui donnant même un nom, Momone ?
Cette curiosité ne lui a jamais valu de promotion. Seul le manque de gradés encore vivant avait forcé l'état major à le nommer caporal.
- Caporal, avez-vous des nouvelles de Flo et Sanary ?
- Oui sergent. Ils sont allés à notre point de rendez-vous. La chimère est encore en état de marche mais il y a des cadavres et des traces d'impacts encore fumantes signalent qu'une bataille s'est déroulée il y a peu. Aucun signe des belligérants, ni de survivants n'a été repéré.
- Allons-y. Je ne ferais que vous ralentir si je devais marcher. La chimère pourra nous transporter plus rapidement. Et plus vite on aura fini cette mission, plus vite je recevrai de meilleurs soins.
Un regard lourd de sous-entendu pesait sur le médecin Nazdreg. Mais celui-ci ne prenait jamais en compte les remarques sur ses capacités. De nombreux malades évitaient de lui rendre visite. Seul les plus atteint ne pouvaient pas fuir assez rapidement.
Il avait une façon toute particulière de guérir ses malades. Il ne prenait jamais de risques. Dans le doute d'une infection il amputait automatiquement. Dès qu'une personne clopinait ou était diminuée, on savait qu'il était passé entre les mains du « boucher ».
- Vince et le bou?doc. Aidez le sergent à marcher. Je vous couvre.
Vince, le mécano. Il pouvait remettre en état n'importe quoi. Mais ses réparations ne duraient qu'un temps et avaient quelques effets secondaires plutôt dérangeant. La dernière fois qu'il avait réparé le véhicule de fonction d'un colonel, ce transport avait les meilleurs freins du secteur. Tellement bons qu'ils usaient les roues qui éclataient au bout de quelques utilisations. On avait retrouvé le colonel hébété à côté d'un lac. Le véhicule coulant à pique. Cela lui avait valu d'être affecté dans l'unité porte-poisse.
- Caporal. Le sergent tourne de l'?il.
- On le soignera une fois arrivée, Vince.
La chimère n'était pas très loin. Des corps gisaient tout au tour. Certains démembrés. D'autres avec une expression figée de surprise. Un tableau de guerre trop souvent vu.


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Des flaques de sang rendaient le terrain glissant, C'est la remarque que c'était faîte le caporal Evandree en se rattrapant de justesse au bras du sergent. Le cri et les imprécations poussées par ce vétéran réveillèrent un nid d'oiseau. Leurs propriétaires s'envolèrent à tir d'ailes.
Si les lasers ne les avaient pas fait repérer. Cette envolée le ferait sûrement. S'éloignant le plus rapidement possible de son chef pendant que celui-ci essayait de sortir son arme de son bras valide, il se concentra activement sur l'étude des marques à l'abris de son regard et surtout de sa vindicte.
L'état encore frais des cadavres indiquait que la bataille avait eu lieu quelques heures avant. Certaines traces, encore chaudes, sur la coque le confirmaient. Le temps jouait contre eux. Ils ne pouvaient rester là à attendre. Qui sait s'ils ne se faisaient pas encercler en ce moment ?
Le bruit du moteur remis en marche par Vince sonna comme le rappel. Toute l'escouade se mit à accourir pour se réfugier à l'intérieur du transport. A l'abris de la carlingue.
L'annonce de la destruction de l'armement de ce véhicule doucha quelque peu leur enthousiasme. Pendant qu'ils prenaient position à chaque écoutille pour couvrir les angles morts Vince annonça le départ.
Le sergent avait été allongé sur le sol. Reprenant ses esprits, il avait arrêté d'essayer de faire feu sur sa némesis actuelle. Le caporal Evandree.
Le démarrage brusque fit vibrer les attaches des bancs où s'était assis les soldats Yuki et Flo. Le mécanicien en avait utilisé quelques-unes pour faire fonctionner la direction. De violents chocs répétés dû à la route les brisèrent, envoyant ces deux soldats s'écraser sur le sergent Domschmeltz.
Les promesses de mort et de corvée de tout genre fusèrent. Un sourire se dessina sur le visage du caporal Evandree. C'était maintenant à ces deux là de subir l'ire du sergent.
- Soldats prenez ma place je m'occupe du sergent.
Yuki et Flo étaient trop heureux de s'en tirer à si bon compte et ne se le firent pas répéter deux fois.
- Merci docteur mais je vais beaucoup mieux maintenant.
Le sourire du caporal s'élargit encore. Même le sergent avait des appréhensions fasse au boucher.
- On ne sait jamais vous avez peut être reçu un coup qui va causer une commotion. Laissez-moi vous examiner.
Il devait prier pour une intervention de l'Empereur à présent. Etre examiner par ce docteur était plus risqué que de se faire blesser.
- Chef ! Barrage droit devant !
- L'Empereur soit loué !
- Drôle de réaction sergent, cela pourrait être des ennemis. Je vous examinerai plus tard. Je reprends mon poste.
- Excellente idée soldat.
Un souffle rauque de soulagement se fit entendre, avant que le sergent ne tombe dans l'inconscience. Il était plus touché qu'il ne voulait bien l'admettre.
- Vince. Ami ou ennemi ?
- Je suis encore trop loin pour juger caporal. Mais ils nous font signe de nous arrêter.
- Très bien, arrête-toi. Je sortirai seul. Au moindre geste suspect. Je ne veux plus en voir un debout. C'est clair ?
- Oui caporal. On vous couvre.
Des cliquetis raisonnèrent, signe que les armes étaient prêtes. Le silence régnait. Tout le monde retenait son souffle. Les mains bien en vue, pour montrer ses bonnes intentions Evandree s'avança devant les gardes.
Analysant les alentours le calme de la faune le frappa. Aucun vent ne venait perturber l'atmosphère. Son expérience lui avait appris qu'un bruit tonitruant brisait toujours ce fragile instant. Détaillant les hommes en arme un à un, leurs attitudes trahissaient une certaine anxiété.
- Pourquoi nous avoir arrêté ?
Un homme plus imposant que les autres vint à sa rencontre pour engager la discussion. Le visage pâle, son état présageait une grande fatigue. Son regard vide d'expression ajoutait une impression de malaise en sa présence.
- Nous devons informer nos chefs de toute présence étrangère en ce lieu. Seul ceux dont l'identité a été vérifiée peuvent passer.
Une légère brise s'était levée, apportant fraîcheur et autre chose. Une odeur entêtante, devenant de plus en plus désagréable, envahissait les poumons du caporal. Détournant la tête pour déterminer sa provenance un mouvement dans les buissons proche de la chimère attira son regard.
Mais l'immobilité reprit ses droits. Tout était redevenu statique. Une sensation de danger le tirailla. Une présence hostile était en train de les contourner. Quelque chose d'anormal était en train de se produire.
- Je vous demande votre code d'identification pour le faire correspondre avec la base de donné de l'état major.
Mensonge. Aucune liaison n'était établie. Ils avaient justement été envoyés pour rétablir les communications. Son interlocuteur était en train de proférer des mensonges. Il gagnait du temps. On encerclait leur position.
Glissant sa main dans son dos, ses doigts entamèrent un décompte. Cinq. Les tirs devaient être simultanés. Quatre. S'il commençait les hostilité seul, les gardes ennemis auraient le temps de réagir. Trois. L'assaut devait être aussi synchronisé que brutal. Deux. Son visage devait se décrisper pour ne pas donner l'alerte. Un.
- Traître !!!
En plein milieu d'une unité ennemie, le caporal n'avait pas d'autre choix que de se servir d'un bouclier humain. Egorgeant son interlocuteur, un jet carmin souilla le sol. Des tirs fusèrent au même moment. L'attaque coordonnée et rapide prit par surprise toutes les sentinelles.
Un temps de flottement perdura avant qu'une action des survivants ne soit entreprise. Mettant ce temps à profit pour se protéger derrière le cadavre le plus proche, le caporal essaya tant bien que mal de se mettre à l'abris.
- Vince fonce. On va le sauver.
La voix du sergent couvrait les tirs incessants. Appuyé sur le rebord d'une ouverture, son laser fauchait des vies. Ayant repris connaissance, le danger actuel lui avait fait oublier sa blessure. Un de ses tirs déchira une jambe. L'unijambiste, ne pouvant plus fuir, aperçu sa mort progresser à grande vitesse, essayant de se tirer à la force de ses bras pour éviter de finir écrasé sous les chenilles.
La peur se lisait sur son visage. Inexorablement sa fin approchait. Un bruit d'os brisés fut la dernière chose qu'il emporta dans sa tombe.
- Magnez-vous les gars on me tire comme un lapin !
Le corps qui protégeait le caporal n'était plus qu'une pulpe sanguinolente. Des bruits d'explosions accompagnèrent de violent flash. Les grenades entraient en jeu. Se précipitant à plat ventre pour éviter les éclats, des cris lui annoncèrent que plusieurs ennemis étaient à proximité. Se repérant au son comme il le pouvait, il déclencha un déluge de feu. Des exhalaisons de peau brûlée envahirent le champ de bataille.
Des torches vivantes couraient en tous sens, certains se roulaient dans la terre pour essayer d'éteindre les flammes, d'autres encore finissaient de se consumer. Un épais voile de poussières et de fumées l'empêcha de continuer à regarder cette vision de guerre. Un vent tourbillonnant s'était levé masquant les horreurs du combat. Un déclic couvrit les hurlements. Une sueur perla le long de sa tempe. Le sentiment de sentir la grande faucheuse poser le regard sur son dos le prit à la gorge. Il ne pourrait éviter ce tir. Une détonation sonna le glas de ses espérances.
- Beau tir Yuki.
- Nous ne subissons plus le feu ennemi sergent. Aucun ennemi en vue.
Vivant ! Souriant à la vie, le caporal se dirigea vers la porte de la chimère, pour se reposer derrière un blindage. Là où la mort ne viendrait pas le chercher. Une vive douleur parcourut soudainement son corps. Il avait été touché finalement.
- Caporal tenez bon !
- C'est juste une éraflure, Flo.
- Vous êtes pâle. Laissez moi voir votre blessure.
- Puisque je vous dis que je vais bien. Je n'ai pas besoin de vos bons soins. Vérifiez plutôt les alentours.
- Caporal laissez le docteur vous examiner. Sanary, Yuki regardez si vous trouvez des survivants. Flo sera votre ange gardien les gars.
Le docteur Nazdreg gardait un visage inexpressif comme à chaque fois qu'il inspectait ses patients.
- Appuyez-vous sur mon bras. On se met à l'abris.


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Le caporal était crispé. Il ne voulait lâcher aucun gémissement. Il avait connu pire. Il ne pouvait voir l'état de sa jambe, où ses élancements commençaient. Il faisait peine à voir. Recouvert du sang de l'homme qui lui avait servi de bouclier, on aurait pu le croire à deux doigts de sa fin. Mais l'envie de vie qui brillait dans ses yeux démontrait le contraire. Il parlait pour relâcher la pression, pour dédramatiser.
- Au prochain barrage on tire à la courte paille.
Le sergent le regardait attentivement pour voir la moindre faille. Si ses paroles étaient données avec l'énergie du désespoir, sa voix l'aurait trahi. Il avait vu de trop nombreux morts à son goût quittant cette terre, sous une dernière bravache, pour rejoindre l'Empereur. Exhalant un soupir d'apaisement, il se sentait rassuré.
- Les blessés ne pourront pas participer, cela va de soit.
- Même si c'est Yuki ?
- Même si c'est Yuki.
- Vous n'avez rien caporal. Le tir n'a fait qu'érafler votre cuisse. Un bon morceau de chair est parti avec, mais tout se passera bien. Il faudra juste de pas trop vous appuyer sur votre jambe le temps que les tissus se reforment.
La nouvelle finit d'apaiser les inquiétudes.
- Il y a plus de peur que de mal caporal. Je vais vous faire une injection pour calmer la douleur. Vous devrez vous appuyer sur une béquille en attendant.
La blessure était donc bénigne. Le boucher était toujours très alarmiste. Le choc devait être plus psychologique. Pour remédier à ce problème le sergent ne connaissait qu'une solution.
- Docteur et si la plaie était infectée ?
Nazdreg se retourna pour fixer le sergent dans les yeux. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il avait compris le message. Il cachait bien son jeu. Il avait entendu ce qui se disait sur lui. Son apparente désinvolture face à la rumeur n'était donc qu'une façade.
- Vous avez raison. Un examen plus approfondi va être nécessaire.
- Je vous assure, je vais très bien.
Se levant pour démontrer ses paroles, le caporal faisait plaisir à voir. Toute vigueur retrouvée, il entendait échapper comme le sergent plutôt à un « examen approfondi ».
- Vous voyez ? Moi c'est votre état sergent qui m'inquiète. Vous avez l'air d'avoir du mal à tenir debout.
Voilà qu'il se faisait avoir à sa propre tactique.
- Chef ! On a trouvé un survivant !
- L'Empereur soit loué !
Les deux blessés crièrent à l'unisson leur joie de voir arriver une diversion. Le médecin n'était pas dupe, mais un bon moral était parfois un des meilleurs remèdes.
- A t'il dit des choses intéressantes ?
- Je ne sais pas sergent ! Je suis juste venu vous prévenir. Sanary et Yuki le ramènent.
Yuki marchait à reculons vérifiant les alentours. Sanary quant à lui tenait le prisonnier menotté et le tirait par une sorte de laisse accrochée à sa tête.
- Mais qu'est ce qu'il fait ?
Plus le prisonnier approchait, plus ce qui le retenait prisonnier se précisait. Le caporal fut le premier à se prononcer.
- Ils lui ont mis une grenade dans la bouche ! M'étonne pas qu'il ne peut parler. Et bien sûr la goupille est tenu par la laisse.
- Imbéci?
- Grenade !
Le cri de Sanary annonçait un danger. L'escouade entière plongea au sol pour se protéger un maximum du souffle et des éclats qu'il charrie. Un bruit retentissant se produisit quelques secondes plus tard. L'explosion pulvérisa le captif. L'onde se propagea dans tous les membres du sergent. La sensation désagréable disparut aussi vite qu'elle était apparut.
- Tout le monde va bien ?
Tous les membres se relevaient péniblement. Aucun ne vacilla. Cela soulignait que l'escouade n'avait pas à déplorer de blessures graves. Sanary essaya de dire quelque chose. Mais le son puissant de la déflagration faisait bourdonner les oreilles du sergent qui ne parvenait pas à comprendre ces paroles.
- Qu'est ce qu'il dit ?
- Il dit qu'il a glissé, Chef !
Il ne servait à rien de polémiquer. Ce qui est fait, est fait. Promettant intérieurement des corvées à n'en plus finir pour Sanary. Il annonça le départ.
- En route. On part !
Evitant de croiser le regard furibond du sergent, Sanary se reclus dans le coin opposé de la chimère où les récriminations étaient un peu atténuées. Essayant d'oublier sa malencontreuse erreur, en se concentrant sur l'entretien de son équipement, quelques bribes de discussions parvenaient encore à ses oreilles. Certaines brouillées par les cahots incessants, d'autres nettes.
- Récurer les latrines. Nettoyer le matériel. Après les exercices les plus crades possibles.
- Euh sergent vous parlez à voix haute.
- Garde de nuit côté est. Réveil aux aurores pour vérifier le périmètre.
- Sergent vous délirez ? Je dois vous examiner pour vérifier l'évolution de votre blessure. Vous aussi caporal.
- Visite médicale journalière. Test des nouveaux vaccins. Corvée de cuisine.
La longue litanie du sergent continuait inlassablement n'étant interrompue que par les interventions de Nazdreg et du caporal. Des visages décrépis accueillaient chacune de ses déclarations.
- Sergent notre point de ravitaillement sera bientôt atteint !
- Préparez-vous au combat. On ne sait pas si une embuscade nous attend encore. Sanary si un nouveau barrage se présente à nous tu seras notre diplomate.
- Et les courte-pailles alors ?
- Une autre fois caporal.
- Chef on a un problème !
- Opposition ?
- Nan. J'ai une manette qui est restée dans ma main. Et l'autre est bloqué. On peut plus que tourner à gauche.
- Divin Empereur sauvez-moi de ces types. Je vous en supplie.
- Chef on a de la chance tout compte fait.
- Tu as réussi à réparer Vince ?
- Nan. Le bunker est à gauche sergent.
Le point de ravitaillement était en réalité une place fortifiée et camouflée.


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De nombreux relais de cette sorte étaient disséminés à proximité des points névralgiques de défenses ou de communications. Chacun de ces cantonnements étaient là pour espionner et faire des rapports continus sur l'état des environs. Cette sécurité avait été approuvée par l'état major. Si un quelconque incident survenait, le service de sûreté planétaire était immédiatement mis au courant. Les données recueillies étaient ensuite comparées avec celles obtenues par les voies habituelles. Si une dissemblance était remarquée des mesures drastiques étaient mises en ?uvres.
- Tenez-vous prêt. On ne sait pas pourquoi on a perdu le contact du poste avancée X017. Mais le silence du relais chargé de surveiller les environs est tout aussi important.
- Sergent j'aperçois deux hommes.
- Laisse le moteur tourner et prépare un vecteur de fuite. Sanary demande leur code d'identification, je comparerais avec les informations que l'on a apportées.
Les missions de reconnaissance étaient effectuées en silence radio pour se prémunir de l'interception des communications. Ainsi si jamais une zone était contrôlée par l'ennemi les risques d'être repéré étaient minimisés. Certains objectifs devaient être réalisés en plusieurs jours. Pour se protéger des faux-semblant les hommes envoyés avaient accès au code d'identification des personnes qu'ils seraient à même de rencontrer.
- Avertissez-moi au moindre geste suspect.
Les médications du docteur avaient fait des merveilles. Ayant oublié la douleur, Domschmeltz aboyait ses ordres. Sa hargne d'en découdre n'était en rien affecté par son bras invalide. Debout, montrant l'exemple, il semblait dominer les évènements.
- Si jamais on rencontre une opposition après la première salve lancez vos grenades à fragmentation. Cela devrait nous donner le temps de fuir. Flo prépare toi à envoyer un message au centre de commande. On brise le silence radio au moindre tir.
- Sergent pourquoi ne pas le briser maintenant ?
- Je vous expliquerai plus tard caporal. Visez chaque personne à portée. Le danger ne viendra pas de nos deux émissaires mais d'un endroit auquel on ne s'attend pas. Il ne nous reste plus qu'à prier l'Empereur pour que ça ne soit pas un autre piège.
La chimère était à présent arrêtée. Deux hommes étaient à moins de vingt mètres les mains en vues.
- Ouvrez la porte. Vas-y Sanary et bonne chance.
Sortant à l'air libre, il était prêt à tout. Gardant ses armes à portée, il détaillait les moindres mouvements, se concentrait sur chacun des sons, regardait les visages des deux hommes cherchant une trace de stress. Tout semblait, irréel à ses yeux. Il voyait le danger partout.
- Salutation.
- Nous sommes envoyés en mission spéciale. Code de priorité Alpha 3.
- Je vois. Attendez le temps que je me connecte à l'ordinateur. J'aurais besoin de la combinaison d'accès.
- XITYSS35.
- Hum. Autorisation acceptée. Bienvenu.
- J'ai besoin de vos codes d'identification.
- La procédure. Toujours la procédure. Je suis l'officier le plus gradé du relais R017, Jek Aura. Identifiant Farstship.
- Je suis le soldat Mani Yuroi. Identifiant Magentax.
- Je transmet.
Durant les échanges d'informations, la voix aussi était analysée. D'autres moyens était utilisés pour vérifier les identités, et même les plus haut-gradés ne les connaissaient pas tous. Falsifier un fichier devenait quasiment impossible. C'est pourquoi cette précaution avait été instaurée.
- Vous êtes bien armés pour une équipe médicale.
Tant que Sanary n'obtiendrait pas confirmation qu'il ne risquait rien à parler, son expression de marbre serait la seule réponse qu'obtiendrait les deux hommes. Se rapprochant de l'apparente sécurité qu'offrait la chimère, il se préparait à passer à l'attaque.
- Codes authentifiés. C'est bon les gars on peut descendre !
La voix claire raisonna dans les tympans de Sanary, dissipant la pression du moment. Il était peut être dans le collimateur du sergent, mais la chance ne l'avait pas abandonnée. Détendant ses muscles. Il appréciait enfin le vent rafraîchissant et le soleil sur sa peau. Ses frères d'armes descendaient un à un pour sortir à l'air libre. Le repos était rare dans les missions et ils appréciaient à sa juste valeur, le répit qui leur était offert.
- Maintenant que nous savons à qui nous parlons, on se sent plus tranquille. Mais j'aimerais savoir si vous avez un médecin dans le coin.
- Oui, mais'
- Très bien allons-y de ce pas soldat, laissons les chefs parler entre eux.
Lorsqu'il était question de sa santé le caporal n'avait aucune prévenance. Peu importait pour lui de dénigrer les soins de Nazdreg. Son seul désir était de tomber entre des mains compétentes, mais pas « trop ». Il répétait cette phrase à chaque blessure et seuls ceux qui connaissait le boucher le comprenait.
- J'ai entendu dire que vous attendiez une équipe médicale. Je suis moi-même médecin. Je pourrais vous aidez, si vous m'étiez à ma disposition l'équipement nécessaire. Pour les blessures de notre unité je m'en occupe, pas la peine de déranger un confrère pour ça.
Evandree s'arrêta d'un coup.
- J'ai failli oublié de donner des ordres à Vince. Passer devant je vous rejoindrais.
Claquant des talons, il retourna précipitamment s'entretenir avec le conducteur, poursuivi par les rires à peine audible de Flo et Yuki.
- Vous deux là. Venez avec moi au lieu de rigoler. L'explosion a pu faire des lésions internes, et j'aurais be?
Le son strident d'un animal juste au dessus sa tête le coupa dans sa diatribe. Levant la tête pour voir quelle est la bête qui poussait un tel cri, il eu juste le temps d'apercevoir une ombre avant de recevoir un liquide fort odorant sur la figure.
- Saleté !
Tous les hommes qui avait assisté à la scène étaient pliés en deux. Il était bon de décompresser, d'évacuer la tension. Le docteur ne resta pas une seconde de plus dehors. Poussant le soldat qui les avait accueilli devant, il le força à lui montrer la plus proche source d'eau. Ne connaissant pas encore les nouveaux arrivants, Mani Yuroi n'osait pas se moquer ouvertement. Mais il va sans dire que cette histoire alimenterait la soirée.
Laissant Nazdreg partir ruminer sur les oiseaux de la taille d'un ptérosaur, à l'en croire, qui voulaient sa mort, les deux autres compères se dirigèrent vers le mess faisant part à toute la base de leur bonne humeur. Il était rare de voir le boucher en une si ridicule posture.
- Vos hommes sont de sacrés lurons sergent' ?
- Domschmeltz. Sergent Domschmeltz. Nous avons été attaqué sur la route pour venir.
- Hum. Notre antenne a été détruite par un éclair. On a pas encore fini de la remplacer, mais mes hommes sont en train de le faire. Vous connaissez notre niveau de sécurité, on ne peut faire appel à aucune aide, sauf par données cryptées. Et bien sûr sans l'antenne on ne peut rien envoyer. Je vais dire aux techniciens de mettre les bouchés doubles. Ils aurons finis de réparer demain dans l'après-midi au plus tard. Nous pourrons ainsi demander des renforts.
- Nous enverrons donc un message demain. Tous nos opposants ont été abattus mais on ne sait jamais. Leurs cadavres sont à quelques kilomètres. Je suis étonné que vous n'ayez rien entendu.
- Nous effectuons un exercice de simulation d'attaque du bunker il y a encore quinze minutes. Le son ne traverse pas nos murs épais. Vous pensez bien que l'on aurait enquêté si on avait entendu des bruits de bataille. Au faîtes vous n'auriez pas une caisse de médicaments pour nous ? Car vous n'avez pas l'air de manier des seringues. Avant notre impossibilité de communiquer j'avais demandé une équipe médicale car nombre de mes hommes sont malades et on arrive pas à les guérir correctement faute de moyens.
- Désolé rien de tel. Mais je suis sûr que notre infirmier vous donnera un coup de main.
- Je lui demanderai. Vous m'excuserez mais je dois renforcer la garde. A plus tard au mess.
- A plus tard.
Regardant le commandant de l'avant poste s'en aller, il attendit que le caporal Evandree arrive à ses côtés.
- Sergent. Sanary est partit vérifier pour l'antenne. Vince est déjà en train d'essayer de réparer la chimère. Flo et Yuki vont essayer de tirer les vers du nez à quelques soldats. Et le boucher est en train de contrôler les soins que l'on va nous apporter.
- Très bien. Mieux vaut être très prudent. On ne sait jamais, il nous ment peut être, c'est pourquoi ses dires doivent être vérifiés. Allons donc nous faire soigner. Continuons de jouer nos rôles de bons petits soldats. Faisons mieux que le doc. A lui seul il a réussi à nous faire paraître inoffensifs et crédules.
- Il a eu l'aide de l'oiseau quand même. Cela compte à moitié.
- Plus un mot sur vos ordres maintenant. Les murs ont des oreilles. Et elles ne sont peut être pas amicales.


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Il est temps de s'entraîner à les rabaisser sans fin.
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Yuki composa le code pour ouvrir une nouvelle porte donnant accès au mess. Il était étonné du nombre de sas que lui et Flo avaient du traverser. Pour prendre du plaisir dans cette caserne cela revenait à parcourir un chemin de croix. Il n'avait jamais été dans un endroit avec un si haut niveau de sécurité. Les caméras suivaient chacun de leurs gestes. Les détecteurs analysaient leur équipement. Des gardes vérifiaient leur identité. Il fallait attendre confirmation du centre de contrôle avant d'obtenir l'autorisation et les mots de passe nécessaire pour continuer d'avancer. Leur position était connue à tous les instants.
- Selon le plan du guide touristique, nous sommes bientôt arrivés au mess.
- J'espère qu'il y aura des hôtesses. Ce n'est pas que je n'aime pas ta compagnie Flo, mais tu n'es pas équipé correctement pour mes besoins.
- Parce que tu crois qu'entre toi et moi, elles vont te choisir. L'explosion a dû déconnecter quelques neurones dans ton cerveau.
- Aaaaattenntiioonn'
- Quoi attentio?
Coupé dans sa réflexion par une marche vicieuse, Flo s'étala de tout son long. Tout son attirail causant un fracas des plus retentissant.
- tuu vaaas tooombeer.
- Nom d'un Empereur en rute.
- Troooop taaaard.
- T'aurais pu me prévenir pour la marche. Au lieu de parler à deux à l'heure.
S'éloignant à grand pas des rires de son compagnon, il grogna sur la bêtise de Yuky et sur les caméras qui avaient sûrement enregistrées la scène.
- Aller, Flo fais pas ta mauvaise tête. Sois bon joueur. Je ramasse même ton équipement.
Se retournant avec désinvolture. Il souriait, contrairement aux secondes précédentes. Il avait été ridicule, mais Yuky apprendrait que l'on ne riait pas à ses dépends.
- Aaaaattenntiioonn'
Pourquoi Flo reprenait sa blague en l'imitant ? Il ne risquait pas de tomber lui, mais par précaution il regarda autour de lui. Mais rien ne représentait une menace.
- Greeeenaaa?
Des paroles en l'air. Toutes les armes avaient été entreposées à l'arsenal. Les systèmes de sécurité auraient depuis longtemps repérés une grenade. Les détecteurs étaient là pour ça. La composition d'un agent explosif auraient fait retentir des alarmes.
- ?ddee.
En terminant sa phrase, il sortit de sa poche un détonateur télécommandé. La figure de Yuki se décomposa. Il y avait un type de grenade qui aurait pu passer les portiques de détection. Il n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps. Flo venait de presser le bouton.
- Le c'


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Vince s'arrêta devant le chef mécanicien de la base. Mais celui-ci était trop occupé pour prendre en considération ses demandes. Et il l'envoya d'un geste de la main au poste de garde le plus proche. Tant qu'il n'aurait pas un ordre de son supérieur, il ne laisserait personne approcher de son garage.
Vince devait réparer au plus vite la direction mais il avait besoin de pièces que l'on refusait de lui donner. Il essaierait en premier la méthode diplomatique. Si cela ne marchait pas il pourrait toujours employer des termes plus « convaincants ». Se dirigeant vers les soldats désignés, il s'assura de leur pleine attention.
- Eh vous là bas ! Oui vous. Avec la tête d'abru..un digne fils de l'Empereur.
S'il voulait voir la chimère rouler correctement à nouveau, il devait se faire violence pour être aimable.
- J'ai besoin d'une autorisation pour accéder aux pièces de rechange. Prévenez vos supérieurs. Je fais parti de la mission qui vient d'arriver.
Le militaire qu'il avait en face de lui, était une véritable caricature de ce que l'on faisait de mieux dans les campagnes de recrutement de la Garde Impériale. Grand, racé, une mâchoire carrée, blond, un vrai stéréotype. Ceux qui connaissait le véritable visage de la Garde aurait plutôt décris des faciès de tueurs plutôt que des têtes de premiers de la classe.
- Il n'y a pas le feu au lac. Pour quoi vous avez besoin de cette autorisation d'abord.
Non seulement il était blond, mais en plus il avait affaire à un diminué mental.
- Je viens de vous le dire, il me faut des pièces de rechange.
- Pourquoi faire ?
- Pour réparer.
- Je ne suis pas stupide. Mais j'ai besoin de connaître exactement la liste de pièces dont vous avez besoin. On vous les apportera ensuite.
Si il devait repasser par là à chaque fois qu'il en avait besoin. Il ne finirait jamais à temps son travail.
- Si je n'ai pas mon autorisation maintenant, je vous mettrais au gnouf pour avoir entravé la bonne marche d'une mission prioritaire.
- Si vous croyez que des menaces me feront plier. C'est mal me connaître. Partez avant que je vous corrige, bouseux.
- Tu viens d'être muté à la Garde. Cela se voit. Leçon un.
Décrochant une droite en plein sur la joue, le bruit des dents s'entrechoquant annonça le début des « cours ».
- Ne jamais entraver une mission prioritaire.
Un coup de pieds vicieux prépara l'élève à entendre la seconde leçon.
- Leçon deux. Tous soldats recevant une telle mission passe devant les grades. On les salut comme un supérieur. Le dos droit, le menton relevé et l'?il abruti. Pour l'instant vous ne remplissez que la troisième partie.
Une manchette sonna l'étudiant peu studieux.
- Cela suffira pour aujourd'hui.
- Mains en l'air !
Baissant la tête il détailla les contours de noirceur qui se projetait à ses pieds. Il n'y en avait que deux. La sienne et celle d'un autre homme. Détaillant la projection sur le sol, il nota qu'une seule arme de poing le menaçait. L'ombre était faible car les rayons devaient passer une épaisse couche de nuages. Se retournant lentement, il décocha au canon de l'arme qui le visait son plus beau sourire.
- Enfin un gradé !
- Ecartez les mains de votre corps. Et vite.
Le caporal se tenait à deux mètres. Il était encore trop loin pour essayer de lui retirer son arme. Il fallait qu'il avance encore de deux pas pour l'immobiliser.
- J'enlève mon arme. Ne tirez pas.
Tout en faisant des gestes lents il déposa son arme au sol.
- Vous voyez pas la peine de s'inquiéter. Je peux expliquer ce qui se passe.
Un trait lumineux choisit ce moment pour faire une percée et éblouir le gradé qui le tenait en joue. Profitant de cette diversion, il se jeta sur l'arme. Tentant de le désarmer sans trop de heurts. Il n'était pas question de tuer une personne pour des pièces mécaniques. Saisissant le pistolet laser de sa main gauche, il se prépara à envoyer un coup sur la carotide de son adversaire. Il avait répété ce geste des centaines de fois à l'entraînement. Un coup de feu retentit. Il n'était peut être pas assez préparé tout compte fait.


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Sanary progressait d'un pas assuré à travers le poste relais pour constater de visu l'état de l'antenne de transmission. Il savait, par expérience, qu'il fallait se comporter comme un maître des lieux plutôt que se déplacer furtivement. D'une part s'il se faisait prendre il pourrait toujours trouver une raison valable de sa présence car ,après tout, il ne se cachait pas et n'avait donc rien à se reprocher. D'autre part une démarche qui respire la confiance attirerait moins l'attention. Et puis il lui suffirait d'un coup d'?il pour corroborer les dires de ce Jek Aura. La foudre d'un orage magnétique laisse toujours une trace bien visible.
Il avait payé de sa personne pour le savoir et avait, en conséquence, rapidement appris à se méfier du climat de Levilnor IV. Cette planète subissait des perturbations imprévisibles causant de grands dégâts sur une petite parcelle de terrain. Les scientifiques impériaux n'avaient pas encore trouvé un moyen efficace et rentable de diriger la puissance destructrice hors des zones sensibles. Le principe était pourtant connu. Il suffisait de perturber le champ terrestre par endroit pour concentrer les risques aux zones voulues. Mais les moyens pour mettre cela en ?uvre étaient trop lourd pour des accidents exceptionnellement rares.
Il avait pourtant eu la malchance de subir deux fois une exposition directe à ce phénomène. Ce couple d'accident avait eu lieu au camp principal alors qu'il se rendait à chaque fois à une convocation d'un de ses supérieurs.
Il s'en était sorti à chaque fois avec de légères blessures, mais les personnes qui l'accompagnaient avaient nettement moins eu de chance. Cinq nourrissaient les asticots. Et deux avaient survécu mais avaient dû passer entre les mains du boucher. Ils avaient bien sûr été par la suite exempt d'exercices militaires et de missions'on est plus bon à grand chose quand on a plus de bras.
C'était la première fois depuis l'installation des impériaux sur ce monde que de tels incidents se produisaient. Et le fait qu'il soit présent dans chacun de ces cas soit disant rarissime avait amplement contribué à sa nouvelle affectation.
Son passif l'avait naturellement désigné comme « grand spécialiste » des orages magnétiques par le sergent et il se devait désormais de trouver des marques de brûlures, du métal fondu, ou tout autre indice remarquable.
Arrivant finalement suffisamment près de l'antenne il put bien apprécier les dégâts. La flèche métallique était tordue en tout sens signe de tractions magnétiques erratiques. Une équipe était d'ailleurs en train de la débiter en morceau pour la démonter.
Les murs alentours n'avaient pas fière allure non plus et Sanary savait bien ce que de tels dommages externes présageaient. Les barres de soutien devaient être vérifiées et le matériel, encore en bon état, déplacé pour le prémunir d'un affaissement des parois.
Le poste de communication était donc inutilisable. Tout ce qu'il avait vu en témoignait. Néanmoins le personnel affecté à la tâche était insuffisant vu la gravité de la panne. Seulement trois hommes s'occupait de démonter l'antenne.
Après quelques minutes d'attente à s'imprégner des moindres détails, Sanary fit demi-tour pour faire son rapport et enfin profiter du mess'Et pas forcément dans cet ordre.


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Suite aux mésaventures de Nazdreg le forçant à se nettoyer, Evandree et Domschmeltz étaient examinés par un autre médecin. Le volatile responsable de l'absence du boucher était voué au paradis à les entendre. Ils ne tarissaient pas d'éloges sur la faune des environs sachant prévenir le brave Garde Impérial du danger. Et c'est avec une grande satisfaction qu'ils se firent soigner.
Evandree n'ayant pas de blessures importantes eût rapidement sa jambe nettoyée, cautérisée et bandée et patienta durant l'examen de son chef.
- Dite moi doc, vous avez beaucoup de malades. Je ne vois pas un lit de libre. Vous avez subit un assaut ou c'est pour le besoin de l'exercice ?
Le médecin continuant de suivre les analyses de Domschmeltz répondit d'une voix fatiguée.
- Ni l'un, ni l'autre. Une saleté de virus a mis la moitié des hommes dans cet état. La venue d'un confrère va m'aider à me décharger un peu de ce poids.
- On risque quelque chose ?
- Je n'ai pas isolé le dénominateur commun au mode de transmission viral.
- Euh?On risque quelque chose ?
- Ta carcasse va bientôt pourrir.
Débarbouillé et avec une tenue conforme à un médecin de campagne, Nazdreg était entré dans la discussion. Sans le barda des armes et les vêtements de camouflage, l'habit vert et les gants plastiques lui donnait un air effrayant. Le boucher portait dorénavant sa véritable tenue de travail. Pour tous ceux qui le connaissait il y avait de quoi s'inquiéter. Le caporal s'imaginait déjà la scène de cet homme, une scie à la main, en train d'annoncer à son patient qu'il fallait séparer la tumeur maligne du corps, et le regard apeuré de ce dernier une fois qu'il comprendrait qu'il allait être amputé.
- Les premiers symptômes seront de légers étourdissements qui évolueront vers une perte motrice et une faiblesse musculaire.
Interrompant les paroles de mauvais augure, le responsable médical du poste avancé éclaircit ses propos.
- Ce que je veux dire, c'est que ne sachant comment la maladie se transmet je ne peux savoir si vous êtes infecté ou non. Tout ce que je sais c'est que l'air ou le contact ne sont pas des moyens de transmission. Vous avez donc toutes les chances d'être en bonne santé.
- Ou si ça trouve tu es déjà un mort en sursis.
Continuant sa petite vengeance, Nazdreg prenait un plaisir certain à tourmenter le caporal. Mais celle-ci fut de courte durée car le commandant Jek Aura entra dans l'infirmerie et ce dirigea directement vers eux.
- Es-ce que le Sergent est en état ?
Relevant la tête de son afficheur digital, le docteur de la base lui annonça qu'il était encore sous sédatif et qu'il ne serait rétablit que dans plusieurs heures.
- Dans ce cas caporal suivez-moi. Et vous cher docteur je compte sur vous pour assister au mieux l'équipe.
Faisant demi-tour, Evandree dû tant bien que mal suivre le pas rapide qui lui était imposé. Avant de partir il n'eût que le temps de lancer un regard en arrière et d'entendre le boucher demander les instruments de chirurgie ainsi qu'une scie?


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Cela faisait plusieurs minutes qu'Evandree suivait le commandant en silence. Il ne savait toujours pas où il était conduit, ni pourquoi.
- Caporal. Nous avons un problème. Vos hommes sont indisciplinés.
Pestant intérieurement sur l'équipe de bras cassés qui l'accompagnait il posa l'inévitable question qui lancerait le début d'un savon. Au mieux.
- Qu'ont ils fait ?
- Les soldats Yuki et Flo ont fait exploser une grenade dans l'enceinte de la base.
- Ils ont quoi ?!
- Ils ont déclenché une grenade d'exercice dans un poste sécurisé.
- Des blessés ?
- Aucun. Juste de la peinture sur les murs. Par contre votre mécanicien Vince a mis hors d'état un de mes soldats et agressé un supérieur. Heureusement que j'ai mis fin à l'altercation par un tir de semonce. Et pour le dernier
Les remontrances sur l'incompétence et la cour martiale devant laquelle ses hommes allaient devoir passer l'occupèrent tout le long du trajet jusqu'aux cellules. Ils avaient au moins la chance d'être en mission spéciale et seraient relâchés'pour un temps. Mais contrarier un officier n'était jamais bon pour la vie d'un Garde Impérial. Et quand ce gradé était sur son dos cela avait la fâcheuse tendance de le rendre moins sociable. C'est pourquoi l'accueil qu'il réserva à Flo, Yuki et Vince fût « fleuri ».
- Les gars vous êtes le niveau zéro de la vie sur terre, vous n'être même pas humains, bande d'enfoirés. Vous n'êtes que du branloman végétatif, des paquets de merde d'amphibien, de la chiasse. Qui m'a foutu des clampins pareils !
- Caporal, oui caporal !
Ce n'était pas la première fois qu'ils entendaient cette diatribe. Il fallait maintenant qu'ils attendent que cela passe. Et donner du « Caporal, oui caporal » à qui mieux mieux.
- Vous deux. Espèces de sac a foutre. Vous allez roter du sang.
- Caporal, oui caporal !
- Alors comme ça on s'amuse à déclencher des grenades d'exercice.
- Caporal, oui caporal !
- Putain, putain d'nom de dieu. Des p?tits comiques. Des engagés Guignol. Je vous admire. J'adore votre honnêteté. Vous savez que j'vous aime bien. Vous venez chez moi quand vous voulez et vous baisez ma Momone. Sortez de votre connerie sacré bon dieu sinon moi j'vous dévisse la tête et je vous chie dans le cou !
- Caporal, oui caporal !
- Et toi Vince. Alors comme ça on agresse un supérieur sur un coup de tête. J'parierais que t'es du genre a enfiler un mec jusqu'au trognon sans avoir l'élémentaire politesse de lui manipuler gentiment l'petit frère"
- Caporal, oui caporal !
- Je vais vous mettre au pas moi je vais vous dresser.
- Caporal, oui caporal !
- Mais avant de tous vous fusiller vous avez une mission à remplir. Et vous n'avez pas intérêt à crever avant qu'elle soit menée à bien. Maintenant sortez vos culs d'là et réparez moi cette foutue chimère. Si je vois un de vous trois qui n'est pas en train de la faire ronronner je vous offre un tête à tête avec Momone.
- Caporal, oui caporal !
- Caporal, j'aurai besoin d'une autorisation du commandant ici présent pour accéder aux pièces de rechange.
- Cassez-vous d'ici je veux plus voir vos tronches.
Ne se faisant pas prier deux fois, ils se dirigèrent vers la sortie?raccompagnés par deux gardes pour veiller sur leur conduite.
- Caporal, vous devrez être parti dès que votre sergent sera en état. Entre temps les seuls lieux où je souhaite vous voir, vous et votre équipe, sont l'infirmerie et le garage. On vous apportera des munitions et des provisions, ainsi que vos autorisations.
- Très bien commandant.
- Caporal. A votre retour on résoudra notre problème devant une cour martiale. Sur ce j'espère ne plus entendre parler des exploits de votre unité dans ma base.
Restant seul devant les cellules d'isolement, Evandree attendit quelques instants avant de prendre le chemin vers la chimère. Mais avant cela il devait mettre la main sur Sanary. Il n'avait toujours pas fait son rapport.


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Sanary était au mess, attablé, en train de prendre du bon temps. Dès qu'il vit son caporal approchant à grands pas, il mit fin à son repas. Une intuition, qui lui avait souvent évité les pires corvées, le fit se mettre au garde à vous. Quelque chose avait dû se passer et il ne souhaitait pas être le bouc émissaire.
- Soldat suivez moi.
Vu le ton informel il était maintenant évident que quelque chose s'était produit et qu'il n'avait surtout pas intérêt à l'ouvrir. Le suivant le long des couloirs il arriva finalement à la chimère.
- Rentrons à l'intérieur et fait moi ton rapport.
Une fois la porte refermée pour empêcher des oreilles d'être indiscrètes, il décrivit ce qu'il avait vu.
- L'antenne a bien subit un orage magnétique. Elle est complètement fondue. Ils sont trois personnes en train de la découper pour pouvoir l'enlever. L'antenne de rechange ne sera installée que demain dans la soirée selon mes prévisions. Il est d'ailleurs étrange qu'une tâche si cruciale ne soit pas effectué par un plus grand nombre de technicien.
- Une maladie semble avoir frappée cette base. J'ai vu de nombreux hommes sur le carreaux à l'infirmerie. Cela doit être l'explication. Mais vas-y continue.
- Je n'ai pas pu entrer dans les bâtiments alentours, par contre l'état des murs était suffisamment parlant pour en déduire que les systèmes informatiques avaient du subir pas mal de dommages et que certaines barres de soutiens en métal devait être tordues.
- Autre chose ?
- Rien caporal. Mais est-ce que je peux vous poser une question ?
- Vas-y.
- Je devais retrouver Flo et Yuki au mess et je ne les ai pas aperçu. Il s'est passé quelque chose de grave ?
- Oh ils te raconteront leurs exploits. Mais en passant, tu ne devais pas faire ton rapport AVANT d'aller à la salle commune.
Le sixième sens de Sanary se faisait entendre à tout rompre. Les ennuis allaient commencer. Mais pourquoi avait il fallu qu'il parle plus que nécessaire s'admonesta t'il en silence.
- Vous quatre avez l'interdiction formelle de faire autre chose que réparer ce véhicule. Vous ne devez pas quitter cette zone. Si j'en prends un à faire le con je le crame sur place. A moins bien sûr qu'il ne soit abattu avant. Nous devons être parti le plus rapidement possible. Pas le temps de lambiner. Une fois que le moteur tourne venez me chercher à l'infirmerie pour le départ.


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Cinq heures plus tard Sanary vint chercher le reste de l'unité pour le départ.
- Caporal, nous sommes prêt à partir.
- Très bien. Rejoignez les autres nous arrivons.
Evandree alla chercher Nazdreg pour le lui signaler.
- Doc c'est bon on lève le camp. Vous pouvez réveiller le sergent Domschmeltz.
- Une chose m'intrigue caporal. Pourquoi ne pas l'avoir réveiller avant. Car l'excuse de le laisser se reposer est loin d'être la meilleure que vous auriez pu me donner. De plus j'ai entendu certaines choses à propos d'incidents.
- Il ne vaut mieux pas déranger le sergent avec ça. Il vaut mieux lui annoncer une fois qu'il sera plus détendu. A sa retraite par exemple.
- Surtout que ces incidents sont arrivés durant votre commandement.
- En parlant des problèmes qui sont survenus. Je me suis renseigner, à tout hasard, sur les évènements qui se sont déroulés ici. A ce qu'il paraît il a fallu deux hommes pour vous retenir d'implanter un système de respiration artificiel à une personne simplement souffrante d'un rhume.
- Il avait tous les symptômes de cette étrange maladie.
- Il y a avait aussi cette personne qui a faillit perdre sa jambe. Un classique me direz-vous.
- Elle était gangrenée.
- Le pouce seulement. Et puis il y a aussi cette histoire avec le commandant Jek Aura qui vous a assigné à la désinfection du matériel. « Si vous êtes aussi efficace pour éviter le développement microbien que pour soigner mes hommes je suis sûr qu'aucune bactérie n'y réchappera ». Ce sont ses mots.
- C'est qu'il était content de mon travail.
- Et celle où le sergent a faillit perdre son bras alors que finalement tout allait bien.
- Je préconise de réveiller le sergent une fois que nous serons loin d'ici. Il a besoin du maximum de repos.
- Je suis d'accord avec votre analyse. Changez-vous puis aidez-moi à le transporter. Nous avons une longue route devant nous.


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Bon j'ai peut être pas avancé le tatica EN mais j'ai avancé le récit à la place.
Maintenant je vous laisse le pavé dans la marre. A vous les studios.

QUOTE
j'attends la suite mais pas grand chose à dire c'est bien écrit.

Pour la suite je dirai : à l'année prochaine ;-) (enfin quand j'aurai passé mes concours)
Pour le bien écrit merci. Mais je ne pouvais faire que ça pour combler les vides d'actions. Il fallait bien que j'enrobe les actions "palpitantes" de mon unité plus bras-cassé-porte-poisse que véritable foudre de guerre. J'ai même faillit écrire un petit chapitre sur Sanary qui trouve un poil dans sa soupe...

Mais bon promis pour la suite il se passera des choses.
- Un arbre vengeur (méchant un arbre, ça vous fonce dessus)
- Le décès de Momone.
- Un cadavre mort de n'avoir plus de vie.
- Le pas décès de Dom (mais il va en manger des accidents en tout genre).
- Un grand dilemne : Faut il appuyer sur l'interrupteur ?
- La résurrection de Momone.
- La pas résurrection de Dom.
- Et au grand final une non-aventure avec de l'action à tous les paragraphes. Du suspens. De la peur. Un décor flippant. Une radio qui crépite. Une bête sombre. Deux bêtes sombres. Trois bêtes sombres...merde des rats.

QUOTE
le récit est simpa quoi que un peu trop long a mon gout, pour lire d'une traite :x

Oulà c'est sûr ça va en décourager plus d'un. Surtout quand ils vont s'apercevoir que c'est encore une histoire de GI (et qu'ils l'avaient déjà lu en plus !). Et en plus elle est pas finie.

QUOTE
L'histoire à un avantage, elle "bouge", les protagonistes ne sont pas figé dans leur environnement. et le dernier morceaux de récit sur nazdreg laisse un voile emblématique plutot mystérieux.

Je vais peut être rajouter l'histoire du poil dans la soupe alors....nan je déconne ;-)


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j'attends la suite mais pas grand chose à dire c'est bien écrit.

Edit: le récit est simpa quoi que un peu trop long a mon gout, pour lire d'une traite :x

L'orthographe la ponctuation et la mise en page sont plus que correctes.

L'histoire à un avantage, elle "bouge", les protagonistes ne sont pas figé dans leur environnement. et le dernier morceaux de récit sur nazdreg laisse un voile emblématique plutot mystérieux.


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Bien que mes gardes doivent se reposer et mes vaisseaux se ravitailler, mes ennemis savent que nos canons ne se tairont jamais.
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