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> Lauvitz Engelson, Deathwatcher de son état..., Prévoyez une bone dose de salami avant..
BananaChop
post Apr 25 2007, 11:38 AM
Message #1





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Bijur les gens.

Bon, voilà voilà, je poste ici une fic de mon invention car j'aimerais que vous en appréciiez le fluff et, si possible, que vous me dites quels points seraient à revoir, s'il y a des passages qui ne vous plaisent pas (ça ne veut pas dire que je vais forcément les enlever, si ça se trouve moi il me plaisent c_c), bref que vous mobilisiez votre belle boîte à neurones pour me lancer toutes sortes de critiques plus ou moins véhémentes à la figure (j'ai un casque MkVII alors vous pouvez y allez franco).

Question tag et présentation, c'est du gwos copier-coller de la version Word, donc pas de polices qui va bien (dans certaines scènes, les personnages écrivent avec leur sang et la police la plus appropriée à Word n'est pas disponible ici), pas de centrage, pas d'alinéas (et ça ça fait mal blink.gif ) bref...des mots, beaucoup de mots et encore des mots (le salami est là pour faire passer le tout).
Si quelqu'un désire la version Word toute propre est bien aérée, qu'il me le demande je la lui mailerai (adresse dans le profil).

Bon, voilà à peu près, je vous laisse lire tranquille maintenant.

BananaChop.


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" Ton erreur, Gue'la ? Tu penses beaucoup trop...humainement. "
- Shas'vre Kaed'as.
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Lapinator
post Apr 25 2007, 02:12 PM
Message #2



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Groupe : Contributeur
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Ouaaaaaaaaaaaaaaaaaaah


Après un bon bout de temps de lecture, voici mes réflexions


La qualitée est exceptionnel.
Rien a redire sur le style et l'intrigue.

Mais en tant que puritain, je pense que certains détails choquent. Le premier, c'est le nombre aberrant de fois ou il n'y a qu'un seul survivant d'une bataille.

Le second, c'est la jonction entre les messages, ou plusieurs lignes on été coupés.

Le troisième, c'est, avec un style pareil et des idée yabon, pourquoi tu ne te fait pas engager par black library



Edit : d'ailleurs, tu est sûr que c'est toi qui l'a écrit ?

car la, c'est du niveau Dan Abnett (ou presque)


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(\__/) Avant d'installer linux, mon ordinateur plantait tout le temps, je n'avais
(='.'=) pas d'amis, ni de vie sociale, les filles me fuyaient, et j'avais des boutons.
(")_(") Maintenant, mon ordinateur ne plante plus.

Update 2011 : ça fait pas mal de temps que j'ai raccroché le hobby. Pour toute question/demande touchant au téléchargement des patrons de véhicule en scratch build, d'autres ont tenus des collections à jour, et plus complête :
http://www.goldenboltersociety.com/paperhammer40k

Téléchargement :
http://www.4shared.com/get/bdxs8qMo/PaperHammer_40k.html
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BananaChop
post Apr 25 2007, 02:33 PM
Message #3





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Merci pour tes compliments smile.gif

- Bah les histoires de derniers survivants de derniers carrés, c'est somme toute pas si rare dans la galaxie (surtout avec ces abrutis d'impériaux). Fin bon, peut-être que dans une version finalisée je ferai peu moins trotroépikdarktrofor. Merci de ta remarque, parce que dans cette fic j'essaie aussi de rester un peu réaliste donc s'il y a trop de passages exagérés, je les réfrènerai.

- Ah bon ? Pourtant j'ai fait (un peu) attention au coupage. Y a des mots qui sont coupés à la moitié et desquels on ne revoit la fin qu'au message suivant mais bon, je vais réviser ça alors...

- smile.gif ... Peut-être parce qu'à 14 ans ils ne m'éditeront pas tout de suite... Et pis n'exagérons rien, c'est encore en dessous du niveau d'Evilsunz ou Once Upon A Time happy.gif

BananaChop, triste d'être jeune mais content quand même de pas être vieux.


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" Ton erreur, Gue'la ? Tu penses beaucoup trop...humainement. "
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Etienne, Duc d'Aquitanie
post Apr 25 2007, 02:58 PM
Message #4


Architecte de l'Ombre
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Bon.
N'est pas Lapinator qui veut, moi j'ai même pas commencé à lire parce que c'était trop long. Je ne peux que te suggérer de reposter ton récit par morceaux d'une taille plus aisément parcourable si tu veux des commentaires.
Par contre mon survol me permet de dire qu'il n'y a pas l'air d'avoir beaucoup de fautes d'orthographe et que c'est présenté très professionnellement, donc c'est vraiment que la longueur qui me rebute.
Vois avec Huron comment faire (envoie lui un MP), s'il faut fermer ce sujet et en ouvrir un autre ou que sais-je...Nos membres sont paresseux, ils se donneront pas la peine de prendre tout ce temps pour lire...
Titi


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Huron sombrecoeur
post Apr 25 2007, 04:11 PM
Message #5


Feu-Maman Ours
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Le bins, cher banana c'est que avec un texte aussi sont tu n'aura pas des critiques aussi précise qu'avec une segmentation de ton texte...


Je t'ai pm a toi de voir comment tu veux faire la chose, sinon pour le texte, si tu le laisse en l'état je le lirais dans la soirée...


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Bien que mes gardes doivent se reposer et mes vaisseaux se ravitailler, mes ennemis savent que nos canons ne se tairont jamais.
(tyran de Badab)
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BananaChop
post Apr 25 2007, 04:13 PM
Message #6





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Hum, bon bah je vais segmenter alors. Je mets l'intro et le 1er Chapitre aujourd'hui et je posterai les autres successivement.

Voilà l'intro.


Je suis Lauvitz Engelson.
Je suis le Père Supérieur de l'Ordre des Vengeful Fists.
Je sers l'Inquisition, par la Deathwatch de l'Ordo Xenos.
Je suis ici jugé pour Extremis Diabolus.


Haletant, respirant avec peine, je me traîne péniblement sur le damier de marbre orné du Sanctum Judicii. J'ai froid. Je suis nu, complètement nu, et l'air glacé de la Cour de Jugement pénètre chacune des particules de mon être, le gelant jusqu'à l'os. J'ai mal. Les centaines de cicatrices qui couvrent mon corps se fissurent à nouveau, gelées par la température dévorante, et les failles dégoulinantes de sang qu'elles créent dans mon corps ne sont que quelques-unes parmi les milliers d'autres encore fraîches que la torture quotidienne m'a infligée.
En essayant vainement de ne pas y penser, je tire de tout ce qui reste de mes muscles faméliques sur les énormes chaînes d'iridium consacrées qui enserrent mes poignets, mes chevilles, mes coudes, mes genoux, mes épaules, mes hanches, mes reins, mon cou, et mon front. Au bout de chacune traîne un boulet de la taille de ma tête, recouvert de piques enduites de sang. Mon sang. Une douleur lancinante embrase chacune de mes veines lorsque l'un des fers se met à étinceler, et qu'une nouvelle décharge psycho-nihiliste déferle dans mon cerveau malade. Ces charges sont destinées à entraver mes facultés psychiques, et à m'empêcher de faire appel à elles.
Il y a bien longtemps que mon esprit s'est vidé de toute trace de faculté psychique.
J'essaie de gémir mais je n'en ai plus la force.
Alors que j'avance piteusement vers ma destinée, j'entends tout autour de moi le murmure austère de ceux qui furent jadis mes frères et mes s'urs, et qui à présent huent et abhorrent la loque humaine que je suis devenu. Je devine sans les voir leurs visages froncés par la haine, par le dégoût, et par l'horreur que je leur inspire. Je sens quelque chose frôler mon crâne chauve. Sans doute un objet catapulté vers moi en signe d'aversion, mais le choc me paraît tellement insignifiant à côté des brûlures des excruciators que je ne perçois quasiment rien. Un autre projectile heurte ma paupière droite. Le repli de peau résonne dans l'orbite vide et, là encore, je ne ressens pas de douleur aux yeux que l'on m'a déjà arrachés.
Je continue à tirer sur mes membres douloureux, et bute enfin contre un meuble dur et concave, reconnaissant l'armature de l'ébène au moment où elle me pénètre dans les côtes. Je m'immobilise. Au-dessus de moi, une voix grave et impérieuse scande :
- Mes frères, mes s'urs ! Voici aujourd'hui sous vos yeux l'accusé d'Hérésie contre l'Imperium et conséquemment contre l'Empereur-Dieu lui-même, décrété du traité d'Extremis Diabolus et déclaré ennemi de la Foi en l'Empereur de Terra par l'Inquisiteur Supérieur Lucius Frommehrgeiz de l'Ordo Malleus, Homo Astartes de la Deathwatch et dirigeant de l'Ordre spécial des Vengeful Fists, LAUVITZ ENGELSON !
Une vague de conspues explose dans l'assemblée à l'annonciation de mon nom, et j'ai du mal à ne pas m'effondrer en sanglots devant ma tribune ? fait facilité par mon absence de globes oculaires ? devant tant d'injustice et d'ingratitude humaine.
Pourquoi ?! Je suis un Space Marine, je suis de la race des meilleurs de l'Empereur, des Protecteurs Suprêmes de l'Humanité, des Destructeurs de l'Arch-Ennemi qu'incarnent l'hérétique, le mutant, et le xenos ! J'ai combattu pendant plus d'un siècle au service de l'Imperium contre des dangers que pas un qui soit ici présent ne puisse même imaginer, des horreurs sans nom, abjectes d'impureté, dont la seule vue aurait tué sur le coup n'importe lequel de ceux qui me vilipendaient !
En vérité, ce sont eux les traîtres. Oui, ce sont eux les traîtres immondes qui condamnent aujourd'hui celui qui leur a permis de vivre, celui qui a permis à leur empire tout entier de vivre jusqu'à cet instant !
RAGE !
Mon visage a été brûlé dans le brasier de la soi-disant « purification » dès mon incarcération ici, et l'endroit où aurait du se trouver ma bouche n'est maintenant plus qu'un lambeau de chair infâme, obturé, carbonisé, recouvert de sang et de pus en fusion.
Qu'importe, mon âme en ruines écume sa rage intérieurement, méprisant la douleur des chaînes neuro-disruptrices et la hargne du peuple égoïste et stupide !
Mais, si je suis ce que je suis, si je suis ce que je prétends être, est-ce à dire la victime impuissante d'une injustice aux proportions monumentales, alors'

Comment en suis-je arrivé là ?


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" Ton erreur, Gue'la ? Tu penses beaucoup trop...humainement. "
- Shas'vre Kaed'as.
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BananaChop
post Apr 25 2007, 04:20 PM
Message #7





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Chapitre I

Tout commence ici.





JAILLISSANT DE L'OMBRE, je pointai mon fulgurant devant moi, prêt à tirer. Vêtu d'une simple robe de plaisance cyan, celui qui me faisait face était un vieux mâle, de petite taille, au visage maigre mais soigné, aux yeux fatigués demeurant vivaces, et où perçait toujours une malice qui convenait à son rang. Lorsqu'il me vit, une mine interloquée s'afficha sur ses traits ridés, et il s'immobilisa. Un son étouffé sortit de sa bouche :
- V?ral ayem'
Sans lui laisser le temps de finir, je l'agrippai à la gorge et le soulevai dans les airs. Pas besoin de gaspiller de munitions pour ça. Tenant fermement mon fulgurant par la crosse, je le lançai sur le coin occipital de son crâne. Un bruit de craquement retentit lorsque l'arme lui broya la boîte crânienne, et un jet de sang bleuâtre jaillit de sa bouche. Quand je le laissai s'effondrer sur les dalles marbrées, il était déjà mort. Rengainant, j'activai le module de transmission de mon casque et, en code Bliss, communiquai mon rapport :
- Edge. C'ur neutralisé. Organisme inconscient. Terminé.
- Stable. Virus détecté et éliminé. Appel de la centrale cervicale. Fin.
Virus détecté et éliminé. Parfait. S'il en était ainsi, alors mon rôle ici était terminé. Empruntant le chemin par lequel j'étais entré, je sortis du bâtiment. J'activai mes propulseurs dorsaux. Le son prévint les gardes de ma présence. Aucune importance, il était trop tard maintenant. M'élevant dans les airs, je m'éloignai d'eux à grande vitesse et pris la direction de la « centrale cervicale » .

Lorsque j'entrai dans mon appartement, elle était déjà là. Installée sur une banquette de velours, elle était, comme d'habitude, affairée à son gigantesque piano, resplendissant d'enluminures baroques diverses, de motifs stylisés aux teintes d'or et d'argent, grandiose dans sa beauté majestueuse, semblant toujours en pleine santé malgré sa vétusté. Comme elle. A deux cent cinquante-neuf années standard, elle conservait toujours la joliesse de ses trente ans, fine, droite, et altière. Implants ? Je ne crois pas. Même avec la meilleure chirurgie augmétique que le marché impérial procurait, il était rare qu'une femme conserve sa jeunesse si longtemps ? ou semble la conserver, tout du moins ? . Non, il y avait autre chose chez elle. Je ne sais pas.
Elle acheva la première symphonie de Tjhaar sur une cadence parfaite, ses doigts de fée se contorsionnant en tous sens, tous s'exécutant en un accord complexe et dont chaque note consonait et se distinguait des autres avec une clarté diamantine.
Je ne pus m'empêcher d'applaudir très légèrement lorsqu'elle retira ses mains de velours, et un mince sourire vint déformer mes lèvres sans que je puisse le réfréner.
Est-ce hypocrite ? Me haïssez-vous pour ce que je fais ? J'ai assassiné il y a quelques minutes un être faible, innocent, et sans défense, sans un tressaillement, sans une hésitation, sans un seul sentiment que celui que son sang allait salir mon armure ; et maintenant je m'émeus d'une femme qui joue du piano, qui fait voleter ses petites mains blanches sur un instrument de bois. J'ai tué, j'ai détruit une vie sans un soupir, et mon âme entière se sent chavirée par une simple, une insignifiante petite personne qui joue.
De l'insensibilité ? De l'inhumanité ? Peut-être. Probablement même. Et ce deviendrait certain s'il n'y avait pas un détail.
Je suis un Inquisiteur.
Ce petit détail, ce simple mot, ces onze lettres qui me donnent le droit de tuer sans ressentir, sans me justifier, sans justification. C'est tout.

Nous ne nous étions pas encore parlé que la porte de l'appartement s'ouvrit à la volée.
- Le grand patron vous demande, déclara le nouvel arrivant, un grand brun en manteau noir, au visage encore beau couvert de cicatrices.
Selm. Sans répondre, nous tournâmes nos regards vides vers lui.
- Ho, le grand patron vous demande ! répéta-t-il plus fort. Restez pas là à me regarder avec vos yeux de merlan frit, bougez-vous !
Je réagis le premier, déposant mon fulgurant sur ma couche ? je ne m'étais pas encore déshabillé depuis mon arrivé ? et entreposant mon casque dans sa vitrine de plastacier.
- Eloriel, magne-toi ! s'impatienta Selm en s'avançant vers elle d'un pas pressé.
Mais, comme il allait tendre une main pour l'attraper par l'épaule, je le happais presque aussitôt par derrière, lui étreignant le bras avec une force telle qu'il poussa un grognement de douleur.
- Argh ! D'accord, d'accord, je la laisse ! capitula-t-il en voyant le regard noir que je lui lançais.
Satisfait, je le lâchai. Massant son bras endolori, il se dirigea alors vers la porte de l'appartement.
- Bon, j'y vais alors, parce que moi j'ai pas envie de me faire écharper par le patron. Lauvitz, rejoins-moi avec ta princesse quand tu seras prêt, on vous attend.
Et, se massant toujours, il s'en alla.

Ma princesse.
C'était ainsi que Selm appelait Eloriel, et aussi la plupart des Vengeful Fists d'ailleurs. Même les officiers supérieurs s'y étaient mis, et ils partaient sur des boutades amusées plutôt que sur des ordres de pénitence, lorsqu'une scène comme celle qui venait de se passer arrivait.
Du reste, Eloriel n'en semblait pas affectée ? et elle avait même l'air de s'y complaire. Elle en riait, d'un rire doux et cristallin, et il arrivait parfois même qu'elle joue le jeu.
La vérité était qu'elle et moi étions amis depuis plus de deux siècles. Je l'avais connue pour la première fois alors que je n'avais que trente-huit ans. A cette époque, j'étais encore scout et je venais tout juste ? dix ans ? d'entrer dans mon Chapître. Elle, était initiée à l'art de la guerre par un Inquisiteur de renommée, qui l'avait remarquée dans les orphelinats de la Schola Progenium vingt ans plus tôt pour ses talents innés en matière de force mentale et d'abnégation.
Cette année-là, la Campagne d'Horusia venait d'être orchestrée par mon Maître de Chapître, afin de reprendre plusieurs territoires planétaires, dont une majorité de mondes-forges, qui avaient jadis étaient arrachés à l'Imperium lors de l'Hérésie d'Horus. Depuis, l'endroit avait été colonisé par des bandes orks qui stationnaient dans les environs. De là l'utilité de l'Ordo Xenos qui vint ajouter ses connaissances et sa puissance de feu à nos forces.
Et c'est au milieu des kikoup? et des tirs d'automatik? que je fis sa connaissance. Elle me sauva la vie lorsque moi et mon escouade furent assaillis par un big boss et sa garde, et nous échangeâmes nos premières paroles sous le martèlement des bolters et les coups de boutoir du marteau tonnerre de l'Inquisiteur.
Plus tard, nous nous revîmes lorsqu'une flotte de guerre Tau lança l'assaut sur l'une de nos positions stellaires. Je fus sacré Frère Space Marine quelques jours après la fin de la bataille et, les forces de l'Ordo étant restées stationnées à bord de nos barges pour leur réapprovisionnement, elle fut avec moi pour les premiers jours de ma « nouvelle vie » .
Cent ans passèrent alors, durant lesquels je ne la revis plus.
J'étais devenu membre de la Deathwatch, en partie pour l'intérêt évident que je portais aux races xenos ? et plus particulièrement à leur destruction ? et en partie ? bien qu'aucun de mes frères ne l'aient jamais su ? pour la retrouver.
Mais en vingt-six ans de service au sein de l'Ordo, n'ayant pas même entendu parler d'elle, je commençai à désespérer de jamais la revoir.
S'advint alors quelque chose qui bouleversa mon existence à tout jamais.

Mon Chapître fut déclaré Excommunicate Traitoris.
Je n'y crus pas d'abord. Excommunicate Traitoris ? Impossible, nous étions parmi les plus nobles et les plus loyaux serviteurs de l'Imperium ! Les détails qui suivirent m'abasourdirent encore plus : « Crime d'Hérésie et Pacte Chaotique » ; voilà ce qui était inscrit sur le traité qui nous maudissait tous. Pacte Chaotique ? Pacte Chaotique ? Alors que mon Maître de Chapître était sans doute l'une des âmes les plus emplies de haine contre les puissances de la Ruine parmi toutes celles qui errent en cette galaxie ? Non, impossible, quelqu'un d'aussi clairvoyant, d'aussi sage, d'aussi?Astartes, ne pouvait laisser la moindre trace de Chaos infester son Chapître !
Corruption irrémédiable du Maître de Chapître. Sentence : destruction totale du Chapître et oblitération du génome contaminé.
Ces dernières lignes achevèrent de me briser complètement. Mon Maître de Chapître. Corrompu. L'être que j'admirais tant, au-dessus de tous, secondant uniquement notre Primarque et l'Empereur lui-même. L'être que je vénérais, que j'adorais, que j'aimais de toute mon âme, de tout mon c'ur, de toute ma force ! Corrompu ? Corrompu ? Corrompu ?
J'ignore pourquoi, mais ce mot fut le seul à résonner dans mon esprit, lorsque je franchis le seuil de l'Antichambre du Chapître. J'y trouvais mon Maître. Je l'interrogeai. J'écoutai ses réponses. D'abord avec incrédulité. Puis avec surprise.
Puis avec haine.
Mais je ne grondai pas. Je n'explosai pas de rage. Il n'y eut pas même de coups. Je le quittai, simplement, sans un mot. Aujourd'hui encore, je repense à cet instant, à ces quelques secondes, cristallisées dans le temps, comme si l'univers tout autour de nous s'était figé, et durant lesquelles nous nous regardâmes, en silence. Je repense à mon départ, sans une réponse, sans un coup. Et je me dis que ? je sais que ? , si cela m'arrivait à nouveau, si j'étais à nouveau téléporté à ce moment précis, dans cette petite pièce intemporelle, j'aurais agi exactement de la même manière.
Pourquoi ? Je l'ignore. Une voix dans ma tête. L'heure n'est pas encore arrivée. Voilà ce qu'elle m'a soufflé à ce moment précis.
Dès lors, j'abandonnai à tout jamais mon Chapître et entrai dans l'Inquisition. Je fus déclaré innocent et toujours loyal à l'Empereur par l'Ordo Hereticus, après l'analyse minutieuse de tout mon programme génétique, et une année de Purge Blanche ? trois cent soixante-cinq jours dans une antichambre blanche et totalement vide, à prier et méditer.

Je me consacrai dès lors pleinement à mon rôle au sein de l'Ordo Xenos, et intégrai un ordre spécial de la Deathwatch, constitué uniquement de Space Marines dont le cas ressemblait au mien : les Vengeful Fists. Ici, mes frères étaient tous de êtres que le destin avait trahi et maudit, uniques survivants de leur Chapître suite à une campagne désastreuse, derniers vestiges de pureté d'un Excommunicate Traitoris ? mon cas, en somme ? , et divers autres exilés éternels, tous rassemblés sous la bannière de la haine, de la haine du xenos, de la haine de l'étranger, et de la suprématie de l'Empereur sur mille milliers de mondes.
C'est en ces heures sombres de mon existence que je la revis. Eloriel. L'Inquisiteur sous les ordres duquel je l'avais connu un siècle auparavant avait eu le crâne percé d'un tir de pistolet à impulsions, de la main d'un Commandeur Tau nommé Valkyrie. Eloriel avait alors pris sa place en tant que son apprentie la plus talentueuse, et entre autre seule survivante impériale du massacre que Valkyrie engendra lors de cette bataille.
Et, alors que tout n'était autour de moi que chaos et confusion, elle fut le seul repère où mon esprit tourmenté put s'agripper.
Elle officiait dans la même zone de l'Ultima Segmentum que moi et, mes supérieurs s'étant vite aperçus que mon travail était étrangement plus efficace lorsque nous étions assignés à la même mission, ils ne tardèrent pas à me l'attribuer comme « partenaire ».
Dès lors, nous ne nous quittâmes plus. Nous partageâmes une chambre commune et mîmes en commun toutes nos appartenances. Nous effectuâmes chaque mission qui nous était attribuée en duo, et c'est toujours côte à côte que nous nous présentions devant les patriarches de l'Ordo, pour recevoir les honneurs de la victoire.
Je la protégeais toujours. Chaque fois qu'elle faillît être trépanée d'un tir de fusil laser, qu'elle faillît être broyée par une hache-tronçonneuse, ou qu'elle faillît être réduite en cendres par les flammes du prométhéum, je pris le coup pour elle, j'encaissai le trait mortel, et j'opposai toute ma puissance d'Astartes au monde.

Je ne pense pas qu'un Space Marine puisse jamais tomber amoureux, et je pense qu'un tel lien n'a jamais vraiment existé entre nous. Néanmoins, je me souviens d'un jour où un scout Space Marine faillit être tué par un big boss ork, et fut sauvé par l'apprentie d'un Inquisiteur. Ce doit être ce souvenir qui me pousse à vouloir préserver sa vie ? au risque de la mienne.

- Frère Révérend-Père Lauvitz Engelson'
A l'appel de mon nom, je m'avançai dans la lumière et me présentai au conseil. J'étais entièrement vêtu de mon armure énergétique, à l'exception du casque que j'avais laissé dans ma vitrine, dévoilant mon visage livide où perçaient mes prunelles cyan, et que mes cheveux coupés court couronnaient de leur teinte de jais.
- ?et S'ur Inquisitrice Eloriel Da?el Bless.
Eloriel apparut à son tour. Elle portait un long châle de soie violet, orné de motifs inquisitoriaux, et un lourd manteau de cuir noir et or au dos duquel était brodé le I de l'Inquisition. Les jambières noires dépassant de son vêtement laissaient deviner qu'elle non plus ne baissait pas sa garde.
Tous deux, nous nous assîmes à la table du conseil. D'un rapide coup d'?il, je dénombrai ceux qui étaient présents.
Selm, tel que je l'avais vu quelques minutes auparavant, dans son habituelle veste cramoisie, son heaume à visière décoré du symbole de l'Adeptus Arbites posé devant lui, laissant apparaître son visage mince et basané au-dessus duquel serpentaient ses dreadlocks, tels d'épais pythons d'ébène.
Janrius, un Inquisiteur avec lequel j'avais partagé autrefois le fer d'un big boss enragé, lors d'une mission en trio contre la Waaagh ! Gaezdr.
Cortecon, le Magos Armae qui était chargé de la maintenance des arsenaux Vengeful Fists. Un revêche qui méprisait l'Inquisition ? et qui le montrait ouvertement, d'ailleurs ? , mais qui avait été scellé au service de notre ordre par d'antiques traités de l'Adeptus Astartes.
Et Traed. Le Seigneur de notre Cathédrale-Forteresse. Petit, maigre, desséché. Il ne lui restait plus qu'un bras et ses deux jambes étaient mécaniques. Il avait perdu un ?il dans un duel contre le Commandeur Farsight lui-même, il y avait plus de dix ans. Un bandeau à pointes en adamantium voilait l'orbite vide, ainsi que son deuxième ?il encore valide. Il ne le montrait jamais. J'ignore pourquoi.

Lorsque nous fûmes tous installés, Traed s'éclaircit la voix et, son visage ridé et meurtri se tortillant comme si la parole lui eût demandé un effort, commença :
- Frères, l'heure est grave. De fait, je ne m'attarderai pas en vains et obséquieux propos, comme certains sots hypocrites et stupides se plaisent à le faire.
Personne ne contesta. En vérité, chacun de nous était un être d'action, même Cortecon qui, malgré son statut de simple magos, n'était pas du genre à s'incliner en moult courbettes devant un notable de haut rang, fût-il de l'Inquisition.
Il avait un jour bousculé un Confesseur, qui « rôdait suspicieusement » du côté de ses appartements. L'autre avait tenté de le calmer d'un bolt dans la tête. Cortecon lui avait broyés les bras dans ses servo-pinces et l'avait empalé sur sa hallebarde énergétique avant même qu'il aie pu esquisser le moindre geste. J'étais le seul témoin ce jour-là. Je ne dis jamais rien. Cortecon lui-même ne dois pas savoir que j'étais présent.
- Ainsi, reprit Traed, j'irai droit au but : Maître Maestus Veïdr est mort.

Selm écarquilla les yeux et regarda Traed, abasourdi. Janrius grinça furieusement des dents, habitude qu'il avait lorsqu'un événement funeste advenait, ou était à pressentir. Même Cortecon, de coutume désintéressé des affaires de l'Inquisition ? et il n'était présent à ce conseil que par pure formalité ? , leva son visage encapuchonné, dans l'ombre duquel luisaient ses deux yeux vermillon.
Je ne compris pas tout de suite. Maître Maestus Veïdr était le Père Supérieur des Vengeful Fists, est-ce à dire le plus haut placé de l'ordre. Il était actuellement en campagne contre une invasion de Tau sur l'un de nos territoires. Il était en outre un personnage très influent dans l'Ordo Xenos, d'une part étant Patron de notre confrérie, et d'autre part étant l'un des plus illustres et des plus formidables guerriers de la Deatwatch, parmi tous ceux qui foulèrent le sol mortel.
Son plus bel exploit, notamment, fut la Prise de Salèd, durant laquelle il s'opposa aux hordes tyranides, dans un dernier carré héroïque dans lequel lui et sa garde personnelle combattirent la Grande Dévoreuse avec une hargne et une férocité que les prêcheurs impériaux scandent encore. Aucun des Marines n'avait survécu et lui-même était mutilé, son épaule gauche ruisselant de sang alors que le bras qu'elle soutenait n'y était plus ; mais lorsqu'il fut retrouvé agonisant sur le champ de bataille, c'était la tête du Prince Tyranide qu'il tenait dans sa main restante.

Vous comprendrez peut-être pourquoi, après avoir connu et combattu aux côtés d'un si grand héros, j'eus quelque mal à croire les trois derniers mots qu'avait prononcé Traed. Je vous ai déjà dit dans quel état je fus lorsque l'on m'annonça que mon Chapître était Excommunicate Traitoris. Ce fut assez proche de ce que je ressentis alors. Mais Traed ne me laissa pas le temps de réaliser toute l'ampleur du fait, et poursuivit :
- Veïdr est mort. Le fait est là et nous ne pouvons le changer. Mais nous ne pleurerons pas sa mort, ajouta-t-il avec une soudaine détermination. Nous n'en avons pas le temps. Car l'ennemi est à nos portes, frères ! La mort de Veïdr n'est que le premier pas de la danse macabre qu'il a entamé, et nous devons mobiliser nos forces pour l'éradiquer !
- Pardonnez-moi, Monseigneur, intervins-je brusquement. Comment est-ce que Maître Veïdr est-il mort ?
Je savais à quel point il était peu révérencieux d'interrompre ainsi le discours d'un Tenant de Cathèdre tel que Traed, mais dans l'état dans lequel j'étais, cette insolence me semblait un bien faible prix à payer pour savoir qui était l'infâme créature qui avait occis mon maître vénéré.
Comme pris au dépourvu, le Seigneur de la Cathédrale tourna sa face aveugle vers moi. Il détecte mon aura psychique pour mémoriser qui va bientôt être déclaré Extremis Diabolus, pensai-je. Au bout quelques secondes, il me répondit :
- Le Maître des Vengeful Fists est mort de la main du Commandeur Tau Valkyrie. Ils furent tous deux confrontés dans un duel de dernier carré, lors duquel Veïdr et sa garde personnelle combattirent contre Valkyrie et ses Shas'vre. Valkyrie lui a arraché les jambes d'un tir de missile. Un des Shas'vre lui a tiré un coup de fuseur dans le torse au même moment.
Un silence de mort plana sur l'assemblée, et il fallut quelques instants avant que Janrius brise le silence en demandant d'une voix grave :
- Qu'avez-vous voulu dire en disant : « l'ennemi est à nos portes » ?
Se réjouissant de pouvoir reprendre son sujet, Traed s'expliqua :
- Comme je vous l'ai dit, la mort de Maestus Veïdr n'est que le premier pas dans le plan machiavélique que prépare notre ennemi.
Sentant que nous étions à présent tous suspendus à ses lèvres ? cela ne m'étonnerait pas qu'il puisse percevoir nos battements de c'ur pour deviner nos sentiments ; il était tellement mystérieux? ? , il se délecta un moment de cet instant de supériorité, puis poursuivit :
- Nous savons, par des sources sûres, que la civilisation impie et ordurière qui se nomme elle-même Empire Tau, prévoit une action de grande envergure sur le système de Vaul, action qui se veut militaire, autant qu'idéaliste et économique. Or, vous savez aussi bien que moi à quel point ce territoire est important pour l'Inquisition de l'Ultima Segmentum, tant d'un point de vue industriel qu'ecclésiastique.
Vaul était en effet le théâtre de deux planètes majeures : Vaul Premium, le monde-capitale du système tout entier, et qui abritait le Préceptoire Saint-Cède, quartier général de l'Ordre Minoris des Gardiennes de Vaul ; et Vaul Secundus, un monde-forge de plusieurs milliards d'âmes mécaniques, qui fournissait en armes et en équipement une bonne partie des systèmes environnants ? dont le nôtre.

Du reste, Traed nous exposa quel était son plan, et quels étaient nos futurs objectifs.

Nous quittâmes la cathédrale le lendemain, et mirent cap vers Vaul Premium, notre premier point de ralliement, à bord de notre propre Barge-Basilique, l'Excruciator.
Véritable monstre de céramite et d'adamantium, l'Excruciator était le vaisseau-mère d'une flotte de guerre qui fut jadis sous les ordres du Seigneur Dément Goge Vandire, et qui avait été entièrement démantelée suite au Décret de Passivité. Ce colosse de métal ? une merveille de type Tyrant ? avait alors été donné à un Magos Navis de l'Adeptus Mechanicus, lequel était passionné par les machines navales, et d'autre part très influent sur le réseau politique du système.
Étonnamment, il se révélait que ce Magos était à l'origine de la confrérie de technoprêtres qui furent, dans les siècles qui suivirent, affiliés au service des Vengeful Fists. Ainsi, le vaisseau était revenu de droit au maître de notre ordre, qui le transforma en un titanesque prieuré volant, le rebaptisant l'Excruciator et en faisant notre seul ? mais quel « seul » ! ? bâtiment de navigation.

Le voyage dura plusieurs semaines, durant lesquelles nous n'eûmes à déplorer que l'attaque d'un Space Hulk ork. L'Excruciator l'abattit d'un éperonnage net et précis, et en l'espace de cinq minutes, c'en fut définitivement terminé de la Waaagh ! fantôme Lazdrol.

Nous arrivâmes donc ? presque ? sans encombre, sur Vaul Premium, où nous atterrîmes dans l'immense Spatioport de Lazel-Haze, la capitale. Lorsque nous parvînmes devant le Préceptoire Saint-Cède, un vieillard boiteux et famélique nous attendait, entouré d'une dizaine de gardes du corps.
Lorsque nous ne fûmes plus qu'à quelques mètres de lui, il fit un signe de tête à ses acolytes. Aussitôt, ceux-ci dégainèrent leurs armes ? des fusils-mitrailleurs pour la plupart, et un bolter pour l'un d'entre eux ? et les pointèrent sur nous. Sa voix éraillée et rugueuse, le vieil homme leur ordonna :
- Tuez-les.


--------------------
" Ton erreur, Gue'la ? Tu penses beaucoup trop...humainement. "
- Shas'vre Kaed'as.
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drack
post Apr 25 2007, 05:24 PM
Message #8





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QUOTE
Je ne pus m'empêcher d'applaudir très légèrement lorsqu'elle retira ses mains de velours, et un mince sourire vint déformer mes lèvres sans que je puisse le réfréner.


Et moi je ne pus m'empêcher d'applaudir à la suite de cette lecture. Je te conseil très vivement de te lancer dans une carrière d'écrivain mais avant, DONNE NOUS EN PLUS.


--------------------
(\__/)
(_'.'_)
(")_(")
Voici Lapin. Copiez et collez Lapin dans votre signature pour l'aider a dominer le monde.
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Lapinator
post Apr 25 2007, 05:32 PM
Message #9



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Drack a raison, la suite, la suite.

[suggestion innocente a cbalm et aux modos]
Ce serait pas intéressant de créer sur le site (et non le forum) une section spéciale pour les récits ?

Car celui la est le meilleur texte non-payant que j'ai jamais lu sur les varamé....

[/suggestion innocente a cbalm et aux modos]

Banana, tu jourait pas gardes impériaux alliés deathwatch, tyranide et tau par hasard ?


--------------------
(\__/) Avant d'installer linux, mon ordinateur plantait tout le temps, je n'avais
(='.'=) pas d'amis, ni de vie sociale, les filles me fuyaient, et j'avais des boutons.
(")_(") Maintenant, mon ordinateur ne plante plus.

Update 2011 : ça fait pas mal de temps que j'ai raccroché le hobby. Pour toute question/demande touchant au téléchargement des patrons de véhicule en scratch build, d'autres ont tenus des collections à jour, et plus complête :
http://www.goldenboltersociety.com/paperhammer40k

Téléchargement :
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BananaChop
post Apr 25 2007, 05:44 PM
Message #10





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Je ne joue que Tau et Chaos, comme dit dans ma présentation, car je hais l'Imperium, je hais l'Inquisition, je hais la Deathwatch (chasseurs de Tau, bouuuuh !), je trouve les tyranides laids comme c'est pas permis et la Garde Impériale c'est trop cher en figs.

QUOTE
Ce serait pas intéressant de créer sur le site (et non le forum) une section spéciale pour les récits ?

Car celui la est le meilleur texte non-payant que j'ai jamais lu sur les varamé....


Oui, je plussoie, promulgons les récits !

BananaChop, qui aimerait bien poster la suite mais les modos veillent toujours...


--------------------
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- Shas'vre Kaed'as.
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Doomsword
post Apr 25 2007, 06:06 PM
Message #11


Rongeur à l'Abandon
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Je reste moins enthousiaste que les deux précédents: c'est bien écrit, mais il manque quelque chose.
J'avais commencé à le lire entièrement avant de me rendre compte que ça me prenait beaucoup de temps (et j'étais pas rendu vraiment plus loin que ça...) et j'ai remarqué deux trois trucs qui me semblaient bizarres:
QUOTE
Je sers l'Inquisition, par la Deathwatch de l'Ordo Xenos.
Je suis ici jugé pour Extremis Diabolus
Il y a un truc qui cloche dans l'accusation: il n'a pu être accusé d'Extremis Diabolus que par un Inquisiteur de l'Ordo Malleus (comme précisé plus loin dans le texte), sauf que les Inquisiteurs de l'Ordo Malleus ne sont pas là pour pouponner les Marines de la Deathwatch...à la limite, un de l'Ordo Hereticus, mais...
QUOTE
Elle me sauva la vie lorsque moi et mon escouade furent assaillis par un big boss et sa garde, et nous échangeâmes nos premières paroles sous le martèlement des bolters et les coups de boutoir du marteau tonnerre de l'Inquisiteur.
J'ose pas imaginer comment une nenette fraichement recrutée par l'Inquisition peut s'opposer à un Big Boss et sa suite...
QUOTE
Dès lors, j'abandonnai à tout jamais mon Chapître et entrai dans l'Inquisition. Je fus déclaré innocent et toujours loyal à l'Empereur par l'Ordo Hereticus, après l'analyse minutieuse de tout mon programme génétique, et une année de Purge Blanche ? trois cent soixante-cinq jours dans une antichambre blanche et totalement vide, à prier et méditer.
Un Marine condamné à l'exécution ne se promène pas où il veut, genre "tiens, un bureau de recrutement de l'inquisition!". Il est exterminé, point barre.
QUOTE
ordre spécial de la Deathwatch, constitué uniquement de Space Marines dont le cas ressemblait au mien : les Vengeful Fists.
La Deathwatch ne constitue pas d'ordre spécial: quel intérêt' Ils ont tous le même entraînement.
QUOTE
combattirent contre Valkyrie et ses Shas'vre.
Je crois pas vraiment qu'il y ait des escouades de commandement chez les Taus...ni qu'ils aillent beaucoup au corps à corps...
QUOTE
Le voyage dura plusieurs semaines, durant lesquelles nous n'eûmes à déplorer que l'attaque d'un Space Hulk ork. L'Excruciator l'abattit d'un éperonnage net et précis, et en l'espace de cinq minutes, c'en fut définitivement terminé de la Waaagh ! fantôme Lazdrol.
Un Space Hulk est environ cinq à six fois plus gros qu'un croiseur marine (pour les plus petits Hulk, bien sûr), donc cinq minutes me paraît bien court...
QUOTE
dirigeant de l'Ordre spécial des Vengeful Fists, LAUVITZ ENGELSON !
Il a dit qu'il nous aimait alors on a fait "Ouaaaaaais" et il a dit qu'il était fier, alors on a fait "Ouaaaaaais" et il a dit qu'on était l'avenir de la France, alors on a fait "oooh oh oh oh ooooh".
QUOTE
[suggestion innocente a cbalm et aux modos]
Ce serait pas intéressant de créer sur le site (et non le forum) une section spéciale pour les récits ?

Car celui la est le meilleur texte non-payant que j'ai jamais lu sur les varamé....

[/suggestion innocente a cbalm et aux modos]
Je sens pas vraiment le besoin de créer une section pour un seul récit...parce qu'à part celui-là il n'y a pas grand monde...
Doomsword


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Marre de perdre contre des bills assoiffés de sang? Ne suivez surtout pas ce conseil!
Tu as envie de découvrir une armée rigolote qui fera plus de pertes chez toi que chez l'ennemi? Tu as lu le livret skavens?Si ce n'est pas le rat, courzy vite à Monoprix, achète ton livret, tu leeeeuh trouverat près du rat-hion rat-cuterie.
si chez nous les skavens, on sait pas trop gagner, heureusement pour couiner ia moi et Dorathée...

Merci à botrix pour son aide dans la composition de cette désastreuse complainte.
Copyrats année impériale 2523

GORETs IEP: Un esprit sain dans un porcin.

...un fourbe Skaven poignardait par-derrière un innocent Space Marine en lui glissant à l'oreille avec rancoeur un mot duquel on pouvait percevoir "pantalon", "canards" et "caleçon"...
Belannaer, La prophétie de la modération
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BananaChop
post Apr 25 2007, 06:27 PM
Message #12





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QUOTE
Il y a un truc qui cloche dans l'accusation: il n'a pu être accusé d'Extremis Diabolus que par un Inquisiteur de l'Ordo Malleus (comme précisé plus loin dans le texte), sauf que les Inquisiteurs de l'Ordo Malleus ne sont pas là pour pouponner les Marines de la Deathwatch...à la limite, un de l'Ordo Hereticus, mais...


Bon, ce passage là sera expliqué (très beaucoup) bien plus tard, comment Frommehrgeiz capture Lauvitz et que, tout Deathwatcher qu'il est, un gars corrompu par les démons est un gars corrompu. Et comme les Chasseurs de Sorcières ne traînent pas à tous les coins de rue (quoique...), quand Frommehrgeiz a la preuve écrasante pour arrêter Lauvitz, il se prive pas.

QUOTE
J'ose pas imaginer comment une nenette fraichement recrutée par l'Inquisition peut s'opposer à un Big Boss et sa suite...


Je crois pas avoir écrit qu'elle se les fait tous toute seule les mains dans le dos et en fermant les yeux dry.gif elle a juste sauvé le gars (qui n'était alors qu'un Scout) et son gwos Inquisiteur s'est chargé du reste (appuyé par le reste du Chapître).

QUOTE
Un Marine condamné à l'exécution ne se promène pas où il veut, genre "tiens, un bureau de recrutement de l'inquisition!". Il est exterminé, point barre.


Hum, on va dire que les Inquis l'ont vérifié (pour le fun, parce qu'il le valait bien, parce qu'il avait une bonne tête ?...) et qu'ils ont vu qu'il était pioure. Ou sinon il crève et je peux remballer mes huit chapitres... dry.gif

QUOTE
La Deathwatch ne constitue pas d'ordre spécial: quel intérêt' Ils ont tous le même entraînement.


Les Blood Angels et les Space Wolves ont le même entraînement ? Pourtant ils sont de l'Adeptus Astartes, mais ils n'ont pas forcément les mêmes manières de traiter leurs unités. L'ordre spécial est constitué de survivors issus de tous les horizons ; Sergent Tactique, Devastator, Chapelain, Techmarine...ils n'ont pas le même entraînement wink.gif
Et...où as-tu vu/lu que la Deathwatch ne constitue pas d'ordre spécial ? L'Inquisition est pourtant bien placée pour avoir ses petits secrets... rolleyes.gif

QUOTE
Je crois pas vraiment qu'il y ait des escouades de commandement chez les Taus...ni qu'ils aillent beaucoup au corps à corps...


Euh, deux Shas'vre protégeant un Shas'O, c'est une escouade de commandement pour moi...et il se peut que ce soit le Deathwatcher qui les aie engagés.
Ou pour une autre raison plus " sombre " ... (absence de suite oblige au mutisme)

QUOTE
Un Space Hulk est environ cinq à six fois plus gros qu'un croiseur marine (pour les plus petits Hulk, bien sûr), donc cinq minutes me paraît bien court...


Ah... Ben... Euh... Zut, là je reconnais que j'ai rien à dire, j'avais pas pensé à ça happy.gif Bon ben je vais modifier ça alors...tu connais des petits vaisseaux spatiaux orks ? ^^

QUOTE
Il a dit qu'il nous aimait alors on a fait "Ouaaaaaais" et il a dit qu'il était fier, alors on a fait "Ouaaaaaais" et il a dit qu'on était l'avenir de la France, alors on a fait "oooh oh oh oh ooooh".


Euh...'a pas compris.


Et ben, moi qui voulais des critiques sur le fluff, je suis servi happy.gif

BananaChop, qui tient compte et qui note...


--------------------
" Ton erreur, Gue'la ? Tu penses beaucoup trop...humainement. "
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Huron sombrecoeur
post Apr 25 2007, 07:05 PM
Message #13


Feu-Maman Ours
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Bon, je viens de lire et je rejoins l'ami doomy (de sword) pour le fait que si un chapitre et déclaré ex communiate traitoris la seule chose qui leur reste a faire et de piquer vers le s'noeil de la terreur.
Mais bon à mes yeux c'est pas le plus grave...

A mes yeux le plus grave c'est cette romance a l'eau de rose alias "starwarII" entre notre bon petit marine et la "marinette" et la je dis, les marines vivent 500 ans la seule chose qui leur premettent de ce "purger" les couilles, c'est comme les legionnaires ou les soldats lors de rafle militaires, je veux bien sur dire, le viol...

Autrement je prendrais cela pour de l'hérésie (bien que le salamander ai une famille), tout cas pour dire que je n'aime pas la tournure quelques peu romantico-rose que prend ce récit.

Sinon rien a dire c'est yabon (orthographes, ponctuations, et le reste)


--------------------
Bien que mes gardes doivent se reposer et mes vaisseaux se ravitailler, mes ennemis savent que nos canons ne se tairont jamais.
(tyran de Badab)
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Lapinator
post Apr 25 2007, 07:09 PM
Message #14



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tu oublie les combats contre les slanesheux, mais la c'est pas volontaire.



Personnellement, je ne la trouve pas exagéré, peut être un peu brusque, et aussi le fait qu'ils partagent la même chambre.

Quelqu'un a lu la trilogie d'Eishenhorn au complet ?

La, l'inquisiteur tombe carrément amoureux, et fait une déclaration de sa flamme a sa bien aimé blink.gif


Dommage que elle était en stase....


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BananaChop
post Apr 25 2007, 07:15 PM
Message #15





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Et si je vous disais qu'ils n'étaient pas amoureux ?
Et si je vous disais même qu'il le précisait à moment donné ?
Et si je cassais la romance ?

Non, non, ne me remerciez pas, ça me fait plaisir.

Et si, pour pousser le vice encore plus loin, elle était moche ?

Sur ce point-là, j'ai réfléchi un peu et non, le récit ne prendra pas une tournure mélodramatico-romantique. Non, en fait la donzelle c'est un peu le personnage que quand il crève le héros il est en boule et il devient méchant. Mais bon, ça c'est pas pour tout de suite...
Rassurez-vous, et comme disait l'autre " Dans c'te b**del, y a que la guerre ! " . Sinon, j'aurais pas pris un Space Marine mais un Tau (ben voyons).

BananaChop, qui sentait le coup venir mais qui est pris quand même ; les avis tergiversent mais il fera taire tout ça à grand coup d'edit et de postage de suite, na.

PS : Une trilogie Eisenhornienne ici, oui, d'ailleurs certains de mes passages sont clairement calqués sur l'oeuvre du père Abnett rolleyes.gif


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Doomsword
post Apr 25 2007, 07:39 PM
Message #16


Rongeur à l'Abandon
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QUOTE
Je crois pas avoir écrit qu'elle se les fait tous toute seule les mains dans le dos et en fermant les yeux dry.gif elle a juste sauvé le gars (qui n'était alors qu'un Scout) et son gwos Inquisiteur s'est chargé du reste (appuyé par le reste du Chapître).
Vite, viens à l'abri Bobby, pendant que mon boss s'occupe de ces comiques!
C'est plus comme ça? wink.gif
QUOTE
Les Blood Angels et les Space Wolves ont le même entraînement ? Pourtant ils sont de l'Adeptus Astartes, mais ils n'ont pas forcément les mêmes manières de traiter leurs unités. L'ordre spécial est constitué de survivors issus de tous les horizons ; Sergent Tactique, Devastator, Chapelain, Techmarine...ils n'ont pas le même entraînement
A la base, la Deathwatch recrute et forme des Marines de base, justement pour éviter ce genre de situation.
Mon problème, c'est que c'est la même situation que si tu mettais un ordre spécial chez les Chevaliers Gris: ça fat bizarre parcequ'on voit pourquoi eux apprennent des trucs supplémentaires.
QUOTE
Euh, deux Shas'vre protégeant un Shas'O, c'est une escouade de commandement pour moi...et il se peut que ce soit le Deathwatcher qui les aie engagés.
blink.gif Un Marine anti-xenos qui engage des Taus pour protéger un autre Tau?
Je suis plus du tout, là...
QUOTE
Ah... Ben... Euh... Zut, là je reconnais que j'ai rien à dire, j'avais pas pensé à ça happy.gif Bon ben je vais modifier ça alors...tu connais des petits vaisseaux spatiaux orks ? ^^
Bah, un croiseur de classe Faustus capturé...
QUOTE
Euh...'a pas compris.
Aucune culture gé'...les guignols quoi...
QUOTE
père Abnett
Saint Dan, priez pour nous...
Doomsword


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si chez nous les skavens, on sait pas trop gagner, heureusement pour couiner ia moi et Dorathée...

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BananaChop
post Apr 25 2007, 08:25 PM
Message #17





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QUOTE
Vite, viens à l'abri Bobby, pendant que mon boss s'occupe de ces comiques!
C'est plus comme ça?


Exactement. wink.gif

QUOTE
Un Marine anti-xenos qui engage des Taus pour protéger un autre Tau?
Je suis plus du tout, là...


Oulà, non, je m'explique : le Deathwatcher et son escouade attaquent le Commandeur Tau et ses deux bodyguards au close, voilà c'est plus clair ?

QUOTE
A la base, la Deathwatch recrute et forme des Marines de base, justement pour éviter ce genre de situation.
Mon problème, c'est que c'est la même situation que si tu mettais un ordre spécial chez les Chevaliers Gris: ça fat bizarre parcequ'on voit pourquoi eux apprennent des trucs supplémentaires.


D'après ce que j'en ai compris, des Marines sont piochés dans les Chapîtres selon d'anciens traités pour être réquisitionnés par la Deathwatch, servir un certain temps, avant d'avoir la permission de revenir à leur Chapître d'origine, c'est ça ? Donc Lauvitz peut avoir été pris, avoir effectué une mission, puis être retourné chez ses joyeux copains. Il fait ses affaires, les années passent, les grades aussi, plus tard son Chapeau est exterminé et il revient définitivement dans la Deathwatch (c'était peut-être parce qu'il avait déjà servi dans les rangs de l'Inquisition qu'il a été épargné, non ?). D'ailleurs ce que tu dis est étrange, puisque les Deathwatchers sont sensés être tous des vétérans, non ? Pas des Marsouins de base huh.gif

Bon, m'en va revoir tout ça demain à tête reposée, fatigué là...


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Etienne, Duc d'Aquitanie
post Apr 26 2007, 06:00 AM
Message #18


Architecte de l'Ombre
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QUOTE
Un Marine anti-xenos qui engage des Taus pour protéger un autre Tau?
Je suis plus du tout, là...
Je crois que quand il dit "engage", il veut dire "engage au corps-a-corps", pas "loue les services de"...Donc en gros, il dit que l'Escouade de Commandement Tau, composee du Shas'O et des Shas'Vre, se fait engager par la Deathwatch, meme si les Taus n'aiment pas aller au corps-a-corps...Par contre, cette histoire de duel de dernier carre est louche et pas tres comprehensible...
Bon sinon, ouais, blahblah, comme les autres, ca fait un bail qu'on a pas eu tres bon recit (evilsunz mis a part, of course, meme si son style est bien a lui), donc donne t-en a coeur joie !
Et a propos de la suggestion innocente, tu constateras, cher Lapinator, que deux textes ont ete mis en epingle en raison de leur qualite...
Par contre, il est vrai que l'adjonction d'une Sous-Section "Felicitations du Jury" ne serait pas trop mal, je me rappelle encore de la relecture de certains textes ma foi tres tres bons de +Rendar+ ou Once...
En gros, continue...
Titi


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Lapinator
post Apr 26 2007, 06:50 AM
Message #19



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Chiite critique pour la suite banana.

Après l'affrontement d'avec Vache - kirie, on ne comprend pas dans la peau de quel personnage somme nous, si nous somme dans celle du GI, ou dans celle du marine. Le sentiment de texte pas clair est accentué par les visions du marines. A modifier avant de poster donc.


Lapinator, qui croit avoir trouvé un squig smile.gif


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BananaChop
post Apr 26 2007, 09:26 AM
Message #20





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QUOTE
Après l'affrontement d'avec Vache - kirie, on ne comprend pas dans la peau de quel personnage somme nous, si nous somme dans celle du GI, ou dans celle du marine. Le sentiment de texte pas clair est accentué par les visions du marines. A modifier avant de poster donc.


En fait, au début Lauvitz parle, puis quand il dit " Je me demandais à quoi pouvait-il penser... " , c'est à ce moment-là que l'on se transpose dans la conscience du GI. C'est une idée que m'a donné un ami (qui est également à l'origine du personnage de Jacen Tyger et qui est responsable de mon fluff GI happy.gif ), parce qu'il avait envie d'écrire un passage où c'était le GI qui parlait. C'est lorsque Lauvitz le quitte qu'on retourne à son point de vue.

Bon, je vais éditer un peu et poster la suite, tiens...

BananaChop, lol pas mal le Vache-kiri ^^


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BananaChop
post Apr 26 2007, 09:30 AM
Message #21





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Chapitre II



QU?AURIEZ-VOUS FAIT dans cette situation ? Auriez-vous été surpris, interloqué ? Auriez-vous demandé à discuter, fournir des explications ? Ou peut-être simplement vous seriez-vous enfui comme un lâche ?
Nous ne fîmes ni l'un ni l'autre.
Instinctivement, j'avais porté ma main à la crosse de mon fulgurant dès que j'avais vu le vieillard adresser son signe de tête. Apparemment, je n'étais pas le seul.
Eloriel avait dégainé son pistolet inferno, et l'avait pointé droit devant elle. Janrius avait fait de même et avait de plus brandi sa rapière énergétique, un prodige de facture à lame incurvée, qui crépitait d'étincelles bleutées alors qu'il se mettait en garde. Cortecon, lui, avait rétracté ses quatre gigantesques servo-bras, prêt à pulvériser ? au sens le plus crû du terme ? ceux qui se dresseraient devant lui.

La seconde qui suivit fut assourdissante.

Le seul à n'avoir pas dégainé son arme, Selm fut pourtant le premier à se jeter dans la bagarre. Bondissant vers l'acolyte le plus proche, il l'agrippa à deux mains à l'arrière de la tête et mit toute le puissance de son corps dans un formidable coup de genou, qui vint casser la figure ? au sens propre du terme ? de sa victime dans un son de craquement atroce, indiquant que les os mêmes du faciès de l'homme s'étaient brisés sous la force de l'impact.
Au même moment, ses huit camarades firent hurler la mort par huit bouches d'iridium chromé.
A l'instant même où deux volées de plomb percutèrent mon armure, je pressai la détente de mon fulgurant, fauchant un garde qui vit sa poitrine imploser sous la charge explosive du bolt.
Prévenu par mes sens accrus, je vis très nettement la pluie de métal sous pression qui fusa en direction des deux autres Inquisiteurs. L'espace d'un instant, je pensai qu'ils allaient tous les deux mourir. Je me trompai lourdement.
Appuyant simultanément sur les gâchettes de leurs armes, ils firent jaillir deux faisceaux enflammés qui se combinèrent en formant un véritable pulsar d'énergie sous-moléculaire pure dans lequel les balles de fusil furent littéralement carbonisées, et qui vint donner l'absolution de la mort à deux autres impies.
Et dans cette dernière fraction d'une seconde dans laquelle se condensait toute l'intensité d'un massacre, quatre tentacules d'adamantium s'élancèrent du vide et vinrent broyer quatre cages thoraciques dans un fracas retentissant, suivi de quatre hurlements de douleurs. L'Esprit de la Machine venait de libérer sa rage.

Il ne restait plus à présent qu'un seul homme de main. C'était celui au bolter. Déconcerté par l'instant d'inouïe violence dans lequel venaint de périr ses frères, il ouvrit la bouche, hagard, et la referma, comme si les mots ? ou les hurlements ? qu'il aurait voulu dire s'était figé dans sa gorge à la vue du carnage. Éperdu, il se tourna vers son maître ; et vit alors le plus gros plan de semelle de botte qu'un homme puisse avoir l'occasion de voir.
Le son que produisit son arête nasale en se brisant couvrit son hurlement, et le deuxième coup de pied que Selm lui asséna au niveau de la pomme d'Adam scella ses mots à tout jamais.

Il n'y avait plus maintenant que le vieillard contre nous. Nous levâmes nos armes vers lui et, avant de l'exécuter, je lui intimai d'une voix froide :
- Vous avez eu tort de vous attaquer à un Inquisiteur.
Mais, alors que nous nous apprêtions à mettre fin à ses jours, il éclata d'un rire de franc amusement et, voyant mes sourcils froncés, d'une voix joviale :
- Et vous auriez tort de tuer le Prévôt du Préceptoire Saint-Cède ! me répliqua-t-il.
Il y eut un instant de silence.
- Le?, commença Selm, affichant une mine interloquée.
- Prévôt du Préceptoire Saint-Cède, acheva le vieil homme avec un calme qui ressemblait à de la bienveillance. Et celui que vous venez de tuer, jeune homme ? d'une manière admirable, je le conçois ? , était le Sergent Freös, de la Milice de Lazel-Haze.
Selm jeta un regard consterné au cadavre qui gisait à ses pieds, et sur le manteau duquel il venait d'essuyer ses bottes pleines de sang.
- Et puis-je savoir à quoi devons-nous un accueil si original ? demanda une voix de stentor, derrière moi.
Son pistolet inferno rengainé, Janrius fixait le prévôt d'un ?il menaçant. Il était enveloppé d'un long manteau de cuir noir, et son crâne chauve et luisant était coiffé d'un chapeau à large bord, ferré sur sa partie supérieure, et affublé du I de l'Inquisition. Ses yeux, voilés par l'ombre de son couvre-chef, scintillaient d'une lueur orangée qui lui donnait l'air de pouvoir immoler n'importe qui par les flammes, tant elle semblait être de braises flamboyantes.
Le vieillard se tourna vers lui et, après l'avoir dévisagé un court instant, répondit d'un ton qui se voulait nonchalant :
- Oh, ça, c'est un simple test de formalité. Si vous n'aviez pas réussi à vous défendre contre de tels adversaires, c'est que vous ne valiez pas la peine d'être reçus par les Gardiennes de Vaul. Mais, ajouta-t-il en lançant un regard impressionné aux corps sans vie des miliciens, en l'occurrence, vous avez l'air dignes de profiter des honneurs que vous demandez.
Et, nous invitant à le suivre, il nous guida à travers l'imposant édifice qu'était le Préceptoire Saint-Cède.

***

Quelques minutes plus tard, nous nous trouvions devant Nathalia Vaydens, la Chanoinesse Preceptor de Saint-Cède. Elle était entourée de ses Célestes personnelles et, lorsqu'il arriva devant elle, le prévôt s'inclina respectueusement, et annonça :
- Voici ceux qui ont demandé à comparaître devant vous, Chanoinesse.
Il se retira.
Je m'avançai donc à mon tour et, sans prendre la peine de m'incliner devant une S'ur de l'Adepta Sororitas, je me présentai :
- Salutations, Chanoinesse Preceptor Nathalia Vaydens. Je suis Lauvitz Engelson, Space Marine au service de la Deathwatch de l'Ordo Xenos, et Révérend-Père de l'Ordre des Vengeful Fists. Je représente ici le Maître de la Cathédrale de Chieron, Ignifistus Traed, et viens pour vous annoncer des nouvelles importantes.
Lorsque j'eus terminé mon prône, la Chanoinesse me dévisagea quelques instants sans répondre, demeurant installé dans son trône d'ivoire en ne m'accordant qu'un regard hautain et prétentieux. Peut-être croyait-elle que j'allais à présent attendre devant elle comme un petit chien, patientant devant sa maîtresse en faisant le beau béatement, jusqu'à ce que celle-ci se décide enfin à lui accorder un peu d'attention. Elle se trompait.
- Le temps presse, continuai-je sans attendre sa répartie, comme elle ne se décidait toujours pas à répliquer après plusieurs secondes, et j'irai donc droit au but. Un de nos frères est tombé au combat lors d'une bataille qu'il livra contre les forces de l'Empire Tau à proximité de ce système?
- Je sais, me dit-elle avec un certain dédain dans sa voix, alors qu'elle prenait enfin la parole. Nous avons reçu des missionnaires de?
- ?et nous pensons que ces mêmes forces vont s'en prendre au système de Vaul.
J'avais continué ma phrase sans m'arrêter lorsqu'elle s'était mise à parler, et j'avais couvert ses mots avec les miens.
Scandalisée par mon insolence, l'une des Célestes me fixa alors d'un ?il noir, et fit un geste menaçant vers son pistolet à plasma. Je ne la regardai même pas.
Sa maîtresse ne s'indigna pas autant, mais je sentais malgré tout l'aura d'animosité qui venait d'émaner de son esprit ; et il était inutile de dire que cette aura était dirigée vers moi. Emmagasinant mes propos, elle répéta :
- Des Tau vont s'en prendre au système de Vaul ? Et, je suppose que vous et vos'compagnons êtes venus ici pour me demander de l'aide, c'est ça ? poursuivit-elle d'une voix où perçait une pointe de mépris subtile mais facilement perceptible.
Elle ne devait pas savoir que nul n'est plus méprisant des autres mortels qu'un Inquisiteur.
- Vous demander de l'aide ? repris-je. Nous avons déjà bien assez à faire avec nos propres problèmes, pour ne pas nous ennuyer en plus de gêneurs inutiles et incompétents ! rétorquai-je avec plus de dédain encore qu'elle n'avait osé m'en afficher.
Cette fois-ci, c'en fut trop pour la Céleste. Elle dégaina son pistolet et le pointa droit vers ma poitrine. Sa voix tremblante d'une rage qu'elle avait peine à contenir, elle m'intima :
- Insultez ma maîtresse encore une fois, et je vous jure que je vous'
- SILENCE !
La voix de baryton qui venait de scander ce mot fut si impérieuse, que la Céleste s'interrompit instantanément. Pour ma part, je la reconnus immédiatement.

Malgré les apparences, Vegas Janrius était l'être le plus influent parmi tous ceux qui résidaient dans cette pièce actuellement. En effet, bien que j'aie pris la parole en premier et en m'auto-désignant ? je l'avoue ? comme représentant de Traed lui-même en ces lieux, c'était lui la véritable autorité de notre groupe, en tant qu'Inquisiteur Supérieur de l'Ordo Xenos là où je n'étais que soldat de la Chambre Militante. Officiellement, il avait en fait tous les droits sur moi, n'étant moi-même qu'un simple outil auquel il pouvait faire appel en tant que véritable suppôt de l'Ordo.
Mais lorsque l'on partage avec quelqu'un un truel à mort contre un big boss ork en furie, les liens ont tendance à changer par rapport à leur statut virtuel. Ainsi, j'avais sauvé la vie de Janrius durant ce combat épique contre Gaezdr, en m'interposant entre son corps meurtri et un kikoup? grand comme un eviscerator.
Cependant, il n'en était pas de même pour la Chanoinesse Preceptor de Saint-Cède et ses S'urs, et en tant qu'elle-même ? comme moi ? guerrière d'une Chambre Militante de l'Inquisition, elle lui devait un respect absolu.

Il fallut quelques secondes avant que le silence ne soit brisé, par Janrius comme de coutume :
- Chanoinesse Preceptor, nous sommes ici dans le but de mener notre enquête contre l'action que prévoient les xenos contre Vaul. Nous soupçonnons, s'expliqua-t-il lorsque Vaydens haussa un sourcil interrogateur, les forces de l'Empire Tau d'avoir répandu des espions à l'intérieur de plusieurs planètes de ce système, dont peut-être Vaul Premium elle même. Nous sommes spécialisés dans la traque du xenos. Notre tâche ici est donc pour l'instant d'inspecter certains points-clés du système, que nous pensons pouvoir être infestés par la menace extra-terrestre ? trafic d'artefacts, contrebandes ou simples réfugiés Tau à l'intérieur même de votre enceinte, en échange de « services rendus » à des individus malveillants. Cependant, poursuivit-il en regardant la Chanoinesse avec plus d'insistance, c'est l'Ordo Hereticus qui est spécialisé dans la traque des traîtres et des intrus. Aussi mes ordres sont les suivants (la Céleste voulut répliquer devant cet prétention, mais quelque chose de froid dans la voix de Janrius réfréna ses ardeurs) : inspectez chaque être suspect, suspicieux, ou connaissance de ses mêmes êtres pour être sûr qu'il n'entretient aucun rapport d'aucune sorte avec un quelconque xenos ; contrôlez les stocks de marchandise qui sont actuellement en circulation chez les notables, opulents ou quiconque susceptible d'être attiré par quelque artefact xenos, et dans ce cas vérifiez s'il ne s'agit pas de marchandise d'origine Tau ? une origine xenos quelconque ne changeant de toute manière rien au châtiment, mais nous avons besoin du plus d'informations possibles ? ; renforcez les sécurités navales commerciale et militaire de ce système, et dites-leur de contacter l'Excruciator au moindre élément qui pourrait être en rapport avec les Tau ; enfin, fournissez-moi une escouade Retributor, un Assassin Vindicare, et mobilisez vos forces : l'ennemi peut attaquer très bientôt.

***

Quatre heures avaient passé depuis notre briefing avec la Chanoinesse Vaydens. Nous étions à nouveau à bord de l'Excruciator, où nous avions donné notre rapport à Traed. Il avait semblé satisfait de la manière dont Janrius avait transmis ses ordres, et nous étions à présent dans la gigantesque aire d'entraînement du vaisseau. Janrius, Selm, et moi étions présents sur le terrain.

Prenant appui sur sa jambe droite, Selm bondit sur le serviteur qui lui faisait face et, saisissant sa tête à deux mains, virevolta dans les airs pour tordre son cou mécanique. L'androïde s'effondra sur le sol.
A quelques mètres de lui, Janrius et moi étions aux prises avec plus d'une trentaine de ces mannequins animés. Mon épée de force en main, je décrivais de larges arcs de cercle meurtriers, faisant voltiger plusieurs adversaires à chaque arc-en-ciel d'étincelles bleutées. A côté de moi, Janrius maniait un énorme marteau tonnerre, dont l'extrémité crépitait d'un halo d'énergie pure. Se retournant pour bloquait un serviteur musculeux qui venait le ceinturer, il fit tournoyer son arme dans un mortel vortex de destruction, arrachant la tête, défonçant la cage thoracique, et déchiquetant littéralement le géant mécanique.
- Pas mal, le louai-je, broyant moi-même un bras dans mon gantelet énergétique.
Mais, alors que nous créions un véritable massacre à travers les rangs de serviteurs, un mannequin particulièrement gigantesque apparut devant nous. Munis de deux énormes gantelets de bronze criblés de tuyaux de toutes tailles, il mesurait près de trois mètres de haut ? était-ce à dire, deux têtes de plus que moi ? , et la quasi-totalité de sa chair avait été remplacée par des installations mécaniques diverses, des augmentateurs de force, une énorme visière mécanique, et ribambelles d'autres accessoires.
Une merveille de l'Adeptus Mechanicus, me dis-je. Je remerciai Cortecon intérieurement pour nous fournir d'aussi magnifiques modèles.
Quoiqu'il en soit, cette titanesque brute lobotomisée nous posait un terrible problème : il était seul et nous étions deux.
- Il est à moi, me lança Janrius tout de go.
- Si tu le veux, tu n'as qu'à venir le chercher, lui rétorquai-je sur un ton de défi.
Il ne se le fit pas dire deux fois. Brandissant son marteau à deux mains, il l'abattit dans ma direction, un crépitement sonore se faisant entendre alors que l'arc d'énergie formé par le mouvement s'imprimait dans l'air.

Un Space Marine ne peut être vaincu par un simple humain au corps à corps. L'écart de force est tellement évident que seuls les fous ou les désespérés osent s'attaquer à un Astartes à mains nues.
Mais un marteau tonnerre, c'était autre chose.

Mû par mes réflexes bio-augmentés, je fis un pas de côté et, visant le torse, je lançai ma lame vers l'Inquisiteur.
Un coup pareil est mortel, me direz-vous. Oui, je sais. Penseriez-vous donc qu'il serait'horrible de tuer un ami de longue date dans un entraînement et de sang-froid ? Tsk. Si c'est ce que vous pensez, c'est que vous n'avez jamais combattu de votre vie. Combattu réellement, signifie-je. Ce n'est pas quelque chose que l'on apprend dans les aires d'entraînement, ou dans une quelconque simulation. C'est'différent. Un combat à mort contre un ennemi qui est aussi décidé à survivre que vous. Cette impression qu'il n'y a plus que vous et lui dans l'univers. Ce n'est alors plus qu'un duel physique, mais également psychique, un duel où les deux âmes s'opposent, où?pardon, je m'exprime mal. C'est quelque chose qui ne s'explique pas avec des mots. Tant pis.

Roulant vers la gauche, Janrius esquiva mon coup avec une aisance évidente et, se relevant lestement, il décrivit un mouvement ascendant de son marteau tonnerre. La masse vint frôler mon casque et les étincelles firent vibrer ma visière, faisant bourdonner mon crâne et brouillant ma vision. Je sentis Janrius reculer d'un pas, pour préparer un nouveau coup de boutoir, cette fois destiné à ma cage thoracique qui se briserait certainement sous le choc.
Mais, à l'instant où je l'entendis armer le coup fatal, un rugissement titanesque se fit soudain entendre, suivi d'un fracas métallique assourdissant. Du coin de l'?il, je vis le serviteur qui s'avançait vers nous, son corps de colosse faisant trembler le sol sous chacun de ses pas pesants.
Secouant ma tête pour éloigner définitivement ce bourdonnement dans ma tête, je brandissait mon gantelet énergétique et, mettant tout le poids de mon corps dans mon poing, je lançai mon bras d'adamantium contre la paroi abdominale du monstre.
Mais, doué d'une force fabuleuse que je n'avais encore jamais vue chez un serviteur de combat, il attrapa mon poing dans le sien et, faisant un pas en avant, posa sa main sur mon ventre ; et avec un grondement guttural et mécanique, il me souleva dans les airs et m'envoya voltiger dans les airs.
Décidément, le Clergé de Mars n'avait pas fini de m'impressionner.
Plantant mon épée de force dans le sol, je me réceptionnai sur les jambes. Devant moi, c'était Janrius qui guerroyait à présent. Fixant le géant, il poussa un cri de guerre empli de véhémence, et le frappa directement à la poitrine. Un gong retentissant se fit entendre, alors que la masse d'adamantium crépitante d'étincelles dorées percutait le torse de métal forgé du serviteur. Celui-ci ne vacilla même pas.
Et, alors que l'Inquisiteur se préparait à frapper une deuxième fois, la monstrueuse machine le heurta d'un gantelet aussi grand qu'un être humain normal.
Propulsé plus d'une dizaine de mètres plus loin, il alla s'écraser contre le mur de céramite de l'aire, le sang giclant de sa bouche alors que sa tête se fracassait contre le matériau.

Cet entraînement commençait à devenir sérieux. Ce monstre ne ressentait pas la douleur, et même un coup de marteau tonnerre d'arrivait pas à percer les épaisses plaques d'or brun qui lui servaient de blindage. Tant pis. J'allai donc commencer moi aussi à réellement me battre.
Me dressant de toute ma hauteur d'Astartes, je pointai vers lui ma lame de force et lui lançai d'une voix grave et impérieuse :
- Amène-toi, monstre, et vois ce que signifie le mot « combattre » pour un Vengeful Fist !
Jetant vers moi son regard sans vie, il poussa un nouveau rugissement bestial et marcha à pas lourds dans ma direction.
Soudain, il y eut comme un éclair. Une forme fulgurante fendit les airs et vint percuter le front du mastodonte. Celui-ci, surpris par un coup si leste et si puissant, tituba, sembla perdre l'équilibre un instant, puis se reprit, frappant le sol du pied en hurlant, le terrible fracas de l'iridium fissuré se mêlant à son grondement de fureur. L'ombre volante avait été si rapide que même mes sens augmentés ne parvinrent pas à la distinguer précisément. Cependant, sa couleur cramoisie et ses pythons d'ébènes claquant au vent étaient reconnaissables entre mille.
Sans laisser au colosse le temps de riposter, Selm atterrit sur le sol d'une roulade et, bondissant à nouveau vers lui, escalada son corps, montant sur ses genoux massifs ; puis, lorsqu'il fut arrivé sur ses épaules, il s'accrocha à son crâne et y décocha un coup de genou si puissant qu'un craquement sonore se fit entendre lorsqu'il cogna la visière.
Sur le coup, je pensai qu'il venait de briser l'appareil. Mais, un instant plus tard, je vis que c'était sa genouillère qui venait de se lézardait sous l'impact.
Ne semblant y porter attention, l'Arbites continua à frapper la visière, à grands coups de genoux et de coudes, chaque collision retentissant dans l'aire d'entraînement, son armure se fissurant un peu plus à chaque choc.

Je crus d'abord qu'il voulait le tuer. Je compris sa véritable intention lorsque la visière du colosse se mit à crépiter, cédant à son tour aux assauts répétés. L'aveugler. Une idée à laquelle je n'aurais jamais pensé. Tuer, c'était tout ce qui m'importait. Pas d'astuce, pas de génie, seulement deux mètres trente de force brute, trois cents kilogrammes de muscles purs, mus par des réflexes fulgurants et une adresse surhumaine.

Selm sauta à bas du monstre.
- Lauvitz ! m'apostropha-t-il.
Il n'eut pas besoin d'en dire plus. Un seul regret, j'aurais voulu entrer en scène plus tôt. Tant pis.
Brandissant mon épée de force en position d'empalement, je chargeai le géant aveugle, celui-ci n'éprouvant nulle douleur, mais battant l'air de ses gantelets immenses en cherchant un ennemi qu'il ne trouvait pas.
- Lex imperatoris ducat me?, murmurai-je en incantation.
Je sentis mes yeux scintiller d'énergie psychique pure, alors que mes paumes se mettaient à crépiter des foudres du Warp, communiquant leurs arcs d'étincelles bleutées au manche qu'elles tenaient fermement.
Me jetant en avant, je lançai alors la lame gravée de runes vers le sternum du géant.
- ?FIAT JUS ! hurlai-je.
Envahie de le toute-puissance de l'Empyrean, le fil de l'arme s'enlumina de faisceaux azurs serpentins, et s'enfonça sans peine dans la chair mécanique du serviteur.
Un véritable flot de sang gicla du corps déchiré du monstre, et un liquide noir et huileux commença à ruisseler de la plaie fumante. Le colosse poussa un tel grondement de rage que je vis Selm reculer d'un pas, se tendant nerveusement.
Mais peur et hésitation n'étaient pas dans le vocabulaire Space Marine.
Arrachant l'épée du torse mutilé, je concentrai toute mon énergie dans ma jambe droite et, y mettant toute la force de mon corps, je décochai un coup de pied directement dans la tête du mannequin, l'impact de trois cents kilogrammes d'adamantium entouré de puissance psychique pure heurtant sa tempe avec un gong tonitruant.
Chancelant, le monstre dodelina de la tête, ses systèmes intérieurs hébétés par la force prodigieuse du coup. Le prochain serait le dernier. Brandissant mon gantelet énergétique, je chargeai à nouveau mon énergie psychique, et il commença à crépiter à son tour.
Mais, alors que je m'apprêtais à achever le mastodonte, une voix retentit soudain derrière moi :
- Écarte-toi, Lauvitz.
La voix était sombre et impérieuse, spectrale et caverneuse, comme sortie d'outre-tombe. La haine qui emplissait chaque décibel de ses sons était presque palpable. Faisant un pas de côté, je laissai Vegas Janrius faire exploser sa rage.

Il était plus terrible que je ne l'avais encore jamais vu. Un regard de braise illuminait ses pupilles assassines, et des arcs d'énergie grésillants parcouraient toute la surface de son corps. Le souffle du halo faisait voler sa cape de lin noir, lui donnant l'air d'un spectre de la mort aux affres menaçants, l'aura de fureur planant autour de lui annonçant qu'il n'allait pas tarder à vraiment en devenir un.

J'étais un psyker de haut niveau. Pouvoir concentrer toute sa force psychique dans une seule partie de son corps relevait d'une concentration qui ne s'acquérait qu'en des années d'expérience, et pouvoir utiliser les pouvoirs latents d'une arme de force n'était accessible qu'aux êtres les plus talentueux.
Cependant, je le réalisai ici définitivement, Vegas Janrius était d'un niveau bien plus formidable encore.

S'approchant du colosse vacillant, il posa délicatement la paume de sa main contre l'emplacement de son nombril ? ici remplacé par une énorme plaque de bronze verni. Il ne parla même pas. Un terrifiant éclair de lumière rouge fusa de sa main ouverte, le torrent dévastateur forant un trou de la taille d'un pneu de moto dans le ventre du serviteur.
Avec un son mat assourdissant, l'immense machine de guerre s'écroula de tout son long sur le sol d'iridium. Une empreinte profonde s'y creusa, imprimant les contours du géant dans la masse.

L'esprit bouillonnant de rage de Janrius s'était apaisé, et je sentis son corps se détendre très légèrement. A ses pieds, les trois mètres de chair et de rouages gisaient, sans vie, sang et pyrum-pétrole se mêlant dans un même flot gras et rougeâtre.
Nous étions encore tous crispés, lorsqu'une voix rocailleuse et étrangement machinale retentit soudain derrière nous :
- Impressionnant... Très impressionnant...
Je reconnus la voix de Cortecon, et me retournai. Emmitouflé dans un long manteau rouge, le Magos Armae des Vengeful Fists nous fixait de ses deux prunelles carmin, scintillant comme deux rubis circulaires à travers son visage encapuchonné. A une dizaine de mètres de nous, il contemplait sa créature défaite, battant des applaudissements lents et pesants de ses lourds gantelets de céramite.
- Très impressionnant, répéta-t-il. Ce serviteur de combat était parmi l'une des plus belles merveilles que l'Adeptus Mechanicus avait bâti pour vous. En vérité, je ne pensais pas que vous y survivriez?
Et l'étonnement était lisible dans sa voix robotique. Cortecon était un adepte du Culte Mechanicus, et il vénérait les machines à un bien plus haut degré que les êtres de chair et d'os, aussi convaincu de la supériorité du mécanique sur l'organique qu'un fanatique martien puisse l'être.
Janrius n'était manifestement pas du même avis. Se tournant vers l'adepte à son tour, il lui lança d'un ton acerbe :
- Vous ne pensiez pas que nous y survivrions ? Vous voulez dire que vous avez délibérément envoyé cette bête de guerre sur nous, en pensant que nous ne nous en tirerions pas vivant ?
- C'est à peu près ça, oui, approuva le Magos sur le ton de la conversation. Malheureusement, ajouta-t-il avec un soupir résigné, c'est un échec. Peut-être la prochaine fois'
- LA PROCHAINE FOIS ?! explosa Janrius. Vous voulez dire que vous voulez réessayer de nous tuer avec vos'créatures ? Et que signifie ce « malheureusement » ? Est-ce que par hasard, vous auriez souhaité que nous mourions contre lui ?
- Et bien'oui, avoua Cortecon avec détachement, bien que je sente une pointe de réelle frustration dans l'ironie de ses propos.
Janrius marcha vers le technoprêtre.
- Écoutez-moi bien, Magos, héla-t-il d'une voix menaçante, je suis un Seigneur Inquisiteur, est-ce à dire l'un des êtres les plus puissants du Ministorum et de l'Imperium même. Mon nom inspire la terreur à tous les fous qui osent croiser ma route, et mon autorité ne connaît nulles limites. J'ai droit de vie et de mort sur n'importe quel mortel, et nul n'est au-dessus de ma suspicion.
- Écoutez-moi bien, Inquisiteur, répliqua Cortecon du tac au tac, et sa voix ne laissait transparaître ni peur ni servitude, vous pouvez être aussi puissant et aussi influent que vous voulez bien le laisser croire, mais sachez que sans nous vous feriez valoir votre autorité avec des battes et des lance-pierres. Nous sommes les rouages et la sève de l'Imperium, et du plus haut au plus bas échelon de la société, du plus tout-puissant au plus misérable, du plus impérieux au plus servile, chacun de l'Humanité n'est que dépendant du Culte Mechanicus.
Cette fois-ci, Janrius vint se planter directement devant Cortecon.
- Ose répéter que nous sommes dépendants de vos artificiers séniles et acariâtres, intima-t-il, bouillonnant, et je te jure que plus jamais de ta vie tu n'auras l'occasion de t'adresser ainsi un Inquisiteur.
- Oser répéter que les nobles et illustres artificiers de notre ordre sont séniles et acariâtres, soutint le Magos sans ciller sur le même ton, et je te jure que plus jamais de toute ton existence, vie, mort, ou entre les deux, tu n'auras l'occasion d'adresser une telle ingratitude à ceux-là mêmes qui maintiennent l'Empereur de l'Humanité en vie, faisant fonctionner le Trône d'Or de Terra alors que vous allez prôner vos purges à des années-lumières du Segmentum Solar.

L'éternel conflit entre le Clergé de Terra et le Clergé de Mars.

Si Selm et moi ne nous étions pas jetés d'un même bond entre les deux adeptes pour les séparer, et si Eloriel n'avait pas surgi à ce moment-là pour nous dire que Traed nous convoquait, je crois que le duel qui aurait suivi aurait fait paraître le combat contre le colosse ridicule, tant il eût été sauvage et sanglant.
Heureusement, ce duel n'arriva pas, et nous fûmes tous quelques minutes plus tard réunis au strategium de l'Excruciator.


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" Ton erreur, Gue'la ? Tu penses beaucoup trop...humainement. "
- Shas'vre Kaed'as.
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Huron sombrecoeur
post Apr 27 2007, 12:13 PM
Message #22


Feu-Maman Ours
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Bon, faut admettre que je viens de me taper Décadence de evilsunz, et que c'est pas du tout mais alors pas du tout du même accabi, ce que je déplore a ton texte, c'est qu'il frolle parfois le ridicule, et le gentillet "superman"...

Les phrases sont lourdes et se laisse difficilement lire. Sinon a par cela beh ca me semble un peu moins correct voila.


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Bien que mes gardes doivent se reposer et mes vaisseaux se ravitailler, mes ennemis savent que nos canons ne se tairont jamais.
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evilsunz
post Apr 28 2007, 10:37 PM
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Je viens de lire l'ensemble, et sur ma foi, ya bon !
Rien à dire niveau style, c'est pas aussi lyrique que ce que Once faisait, mais ca reste plus que correct, d'ailleurs:
QUOTE
Au même moment, ses huit camarades firent hurler la mort par huit bouches d'iridium chromé. 

Je sens que je vais te la piquer, celle là....

Le choix des Taus comme opposants et original, et apporte un peu de fraîcheur aux éternels duels inquisition/chaos. Le seul petit souci, c'est que les "méchants" les plus charismatiques ne sont pas chez nos amis les Taus. Ce qui me laisse penser que les Taus ne sont qu'une diversion narrative qui cache un adversaire plus classique.....mais plus classieux.

Allez, quant est ce qui se pointe, le traître de l'histoire?

Sinon, au sujet de la romance, ne me dit pas que ca se finit avec
"Eloriel, en expirant dans les bras de Lauvitz, lui avoua qu'elle n'avait jamais cessé de l'aimer. Devant cette incroyable révélation dont personne ne se doutait (Lauvitz en tête), notre héros hurla son désepoir au ciel avant de faire la peau à tous les méchants qui l'avaient privé de l'amour et d'une descendance...."

Euh je déconne là mais avoue que y'a un danger qui couve quand même wink.gif

Allez, continue, et épate nous !


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BananaChop
post Apr 29 2007, 03:28 PM
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CHAPITRE III :


LE STRATEGIUM. Situé à peu près au centre de l'Excruciator, c'était une gigantesque plate-forme, octogonale. Sur son sol, en une titanesque mosaïque de marbre, le signe des Vengeful Fists était représenté : un gantelet clouté noir, couronné de flammes rouges, symbolisant l'ardent désir de vengeance qui unifiait notre ordre. A l'extrême nord de la plate-forme, un promontoire sur lequel resplendissait un trône d'argent massif, richement décoré de pierreries, gemmes, et zircons de toutes sortes, toutes rivalisant d'éclat et de beauté, et toutes contribuant à la magnificence du Saint-Cathèdre.
Le Saint-Cathèdre des Vengeful Fists. Chacun de mes frères espérait un jour avoir le suprême honneur de pouvoir y siéger, car seul le Père Supérieur de l'ordre était habilité à un tel geste d'autorité. Je ne faisais pas exception à la règle, et m'étonnai soudain de ressentir un très léger sentiment de soulagement, en me disant que la place était à présent vacante. Cela semblait un outrage à la mémoire de Veïdr, mais je n'éprouvais aucune honte.
Du reste, je savais que ma vie à l'intérieur de l'ordre allait dorénavant être un combat de tous les jours, de toutes les heures, de chaque fraction de seconde ; car, malgré les liens qui nous unissaient, la rivalité entre chaque Vengeful Fist pour l'accès au trône était toujours responsable de tensions, au sein de l'ordre.

Actuellement, il y avait deux prétendants au Saint-Cathèdre, chacun d'eux revendiquant ses actes de bravoure, ses qualités de commandeur, de diplomatie, et d'éloquence. L'un s'appelait Lurtz Faor. Il avait été Seigneur Commandeur du Chapître des Brethren of Light, et avait combattu aux côtés de son Maître de Chapître lors d'une guerre interstellaire contre la Flotte-Ruche Harbinger. Après huit mois de bataille acharnée, il se battit dans un dernier carré désespéré au côté de son Maître et de ses gardes d'honneur ; il fut le seul survivant.
Par la suite, le Chapître des Brethren of Light fut officiellement déclaré anéanti dans son intégralité, et une stèle fut érigée à son Maître sur le chemin de la Porte d'Éternité de Terra.
Ainsi, Lurtz devint le tout dernier vestige des Brethren of Light et, envahi d'une fureur sans bornes contre la Grande Dévoreuse, se consacra entièrement à l'ordre des Vengeful Fists. Guerrier vétéran, épéiste chevronné, et meilleur tireur d'élite de l'ordre, il était un candidat de choix pour la prétention de Père Supérieur, et sa réputation chez nos frères était telle qu'un seul autre osait le contester.

Cet autre, c'était moi.

Je n'étais certes peut-être pas aussi bon à l'épée que Lurtz, ni aussi adroit et mortellement précis au tir, et il y avait de fortes chances que mon charisme personnel n'arrive pas à la cheville ? si j'ose dire ? du sien. Cependant, j'avais un avantage. Un don, une arme que lui ne possédait pas.
J'étais psyker.
Le plus puissant de l'ordre après Veïdr, et le plus puissant tout court, maintenant qu'il était mort.
Ainsi, outre tout ce que la maîtrise du Warp pouvait changer au c'ur de la bataille, j'étais doué d'autres aptitudes ayant fortement contribué à mon entrée dans l'Inquisition, quelques décennies plus tôt.
La Volonté, par exemple. Avec un grand V. Le pouvoir de m'immiscer dans l'esprit des individus, et de les faire plier à mes moindres désirs. J'avais plus d'une fois échappé à une mort certaine en ordonnant simplement à mon adversaire de ne pas me tirer dessus et de me donner son arme.
La Prescience, aussi. La possibilité de pouvoir entrevoir une fraction infime de l'avenir proche. Vous conviendrez sans doute que savoir où son ennemi va frapper avant même qu'il y aie réfléchi est fort appréciable pour un soldat.
L'Intuition. Enfin et surtout. Le don le plus important et le plus rare que puisse développer un être doué de pouvoirs psychiques. La faculté de pourvoir déceler les mensonges, les sentiments, les intentions cachées d'un individu. Bien entendu, c'était la carte maîtresse de Veïdr, et c'est ce qui lui permit de succéder à la tête des Vengeful Fists, lorsque le Tenant du Cathèdre dut désigner notre nouveau Père Supérieur.
En effet, c'était le Tenant du Cathèdre qui décidait qui montait sur le trône du strategium ? bien que sa décision se fît bien souvent lorsque les Vengeful Fists y apportaient leur unanimité. Actuellement, Ignifistus Traed était le Tenant du Cathèdre.

Lorsque nous arrivâmes sur la plate-forme, Traed nous attendait déjà. Il était vêtu d'une longue robe cérémonielle brune, et tourna vers nous son regard aveugle avant même que nous l'ayons salué.
- Vous voilà enfin, nous lança-t-il de sa voix mièvre et éraillée.
Plusieurs nouveaux venus étaient également présents à ses côtés. Parmi eux, l'escouade Retributor que Janrius avait commandée, son Assassin Vindicare, et un Techmarine à l'armure bistre que je ne connaissais pas. Quand tout le monde fut réuni, Traed s'éclaircit la voix, et commença :
- Mes frères, mes s'urs, salua-t-il toute l'assemblée, comme vous le savez déjà, le temps presse et nous n'avons guère le temps de nous étendre en formalités multiples. Ainsi, poursuivit-il en se tournant vers Janrius et moi, je ne vous présenterai que très brièvement ceux que nous accueillons sur l'Excruciator.
Je crus qu'il allait continuer en nous nommant nos hôtes, mais il n'en fit rien et s'écarta légèrement. Sur ce, l'une des S'urs de Bataille s'avança à sa place :
- Invidia Seeral, S'ur de Bataille de l'Ordre des Gardiennes de Vaul, affectée au squad Retributor « Premium » de la Basilique Saint-Cède ! scanda-t-elle au garde-à-vous, d'une voix claire et impétueuse.
- La S'ur Supérieure de l'escouade n'est pas avec vous ? demanda Janrius en fronçant les sourcils.
- S'ur Hesperia est actuellement en pénitence de trois jours dans les cellules de la basilique pour avoir gaspillé quatre bolts contre un mutant là où un seul suffisait ! répondit Seeral avec la même véhémence. Aussi, je la remplace au sein de l'escouade et représente la Chanoinesse Preceptor Nathalia Vaydens en ces lieux !
Au ton qu'elle avait employé lorsqu'elle avait annoncé la pénitence de sa cons'ur, je sus qu'elle ressentait le même sentiment de soulagement que ce que j'avais eu à la mort de Veïdr. Elle aussi devait sans doute aspirer au rang de S'ur Supérieure.
Du reste, j'étais légèrement surpris qu'un soldat se voie envoyé en cellule pour avoir utilisé quatre munitions là où ses supérieurs pensaient qu'une seule aurait suffi. Chez un Space Marine, trois bolts de plus ou de moins ne justifiaient pas cette sanction, pourvu que la lumière de l'Empereur illumine le champ de bataille victorieux. Sans doute cette éternelle recherche de perfection dans chaque geste qu'affectionnait l'Adepta Sororitas.
Pendant que je cogitais, le Techmarine inconnu s'avança à son tour. Immense, il portait un servo-harnais complet, et quatre titanesques servo-bras pendaient de manière tentaculaire dans son dos, deux d'entre eux étant terminés par des pinces d'iridium monstrueuses, tandis que les deux autres portaient lance-flamme et découpeur à plasma. Le symbole de l'Adeptus Mechanicus était imprimé sur son armure d'artificier, rutilante dans la couleur de feu du Clergé de Mars, conservant toutefois le bistre de son Chapître sur la partie pectorale et l'épaulière gauche. A l'éclair ailé qu'arboraient fièrement chacune de ces parties, je reconnus son Chapître comme l'un de la Cinquième Fondation, descendant des illustres Whites Scars de Jagatai Khan : les Urban Strikers.
- Camarades, commença-t-il, une voix caverneuse et fatiguée s'extirpant de son casque d'Astartes. Comme l'a justement dit votre seigneur Ignifistus Traed, le temps presse, et je ferai donc que vous résumer les raisons de ma présence ici. En effet, comme vous le savez, je n'ai pas été invoqué par l'Inquisiteur Supérieur Vegas Janrius, ni par le Magos Armae Cortecon, ce qui pourrait être. Je ne sais que peu de choses de votre quête sur ces terres, mais j'ai ouï dire que vous seriez en lutte contre un certain commandeur de l'Empire Tau, du nom de Valkyrie. Or, continua-t-il avec plus d'entrain, il se trouve que notre Chapître des Urban Strikers avons'quelques comptes à rendre avec ce même commandeur. Aussi, je suis ici comme porte-parole de mon Maître de Chapître lui-même, et j'ose espérer que nos'actes contre cet ennemi commun pourront corroborer.
Il avait dit cette phrase comme une demande de faveur, mais tous sentirent l'ombre menaçante qui planait sur ses mots.
Cela dit, il recula d'un pas et, revenant à sa place d'origine, Traed nous annonça notre première piste sur les pas du xenos.

***

Après le meeting du strategium, j'étais retourné à l'aire d'entraînement du vaisseau, tandis que Janrius, Selm, et les autres étaient partis faire les préparatifs pour notre nouvelle destination. Le Techmarine m'avait accompagné, et nous étions à présent engagés dans un féroce duel, moitié destiné à apprendre de nouvelles techniques et à analyser nos styles, moitié pour le plaisir de combattre un Astartes.
- C'est bon de se retrouver avec un véritable frère, me lança-t-il, parant mon coup d'épée de sa hache énergétique.
Déviant ma botte, il décrivit un large arc de cercle de son avant-bras ganté, me manquant de justesse alors que je me baissais pour esquiver.

Son style de combat était très différent du mien. J'avais appris la maîtrise de l'épée par un Apothicaire de mon Chapître d'antan, lequel savait manier la lame avec une virtuosité admirable. Ainsi, il m'avait enseigné quels étaient les mouvement élémentaires d'attaque et de défense, quelles zones vitales fallait-il toucher pour tuer, comment fatiguer son adversaire tout se protégeant efficacement, attendant jusqu'à son épuisement pour se fendre dans un coup fatal, orienté de manière à tuer, assommer, ou en tout cas neutraliser l'ennemi.
Varlimos Helblivion ? le nom du Techmarine ? avait été élevé selon les méthodes des Urban Strikers. Rapide, sauvage, net et précis, chaque geste de son art martial répondait à l'esprit du Khan, et chacun de ses mouvements était destiné à briser les os et à percer la chair. Les quatre servo-bras ne me facilitaient nullement la tâche.

Reculant d'un pas, j'évitai un nouveau coup de hache, et la lame qui aurait du m'occire fit exploser le sol d'iridium sous sa force monstrueuse. Je profitai de l'instant où il retirait son arme du cratère pour lancer mon gantelet énergétique vers le thorax d'Helblivion. Mauvais calcul.
En effet, contrairement à ce que j'avais prévu, le Techmarine ne chercha pas à déterrer sa hache, mais saisissant son manche à deux mains, il poussa dessus pour la faire avancer, la lame fichée dans le sol y creusant une profonde tranchée, alors que son champ disrupteur forait sans efforts l'iridium. Avant que je puisse complètement armer mon coup, la hampe d'adamantium chromé vint percuter mon sternum, et je voûtai l'échine sous la puissance de cette attaque imprévue. A peine relevai-je la tête qu'un énorme gantelet rouge frappa dans ma visière.
Je fus projeté en arrière par la vigueur du poing, et je n'eus même pas le temps de parer le deuxième coup qui vint heurter mon torse, un mince filet de sang coulant par ma bouche.
- Alors, Vengeful Fist, on fatigue ? me lança Helblivion, et je l'entendis arracher sa hallebarde du sol.
Je compris que dans une seconde j'allais être décapité si je ne réagissais pas.
Au son de la lame sifflant en fendant les airs, je bondis instinctivement sur le côté. A l'endroit où je me tenais une seconde avant, je vis la hache creuser un nouveau cratère. Cette fois, je ne tentai pas d'armer mon gantelet énergétique. Brandissant mon épée de force, je fixai mon adversaire et commençai à murmurer :
- Lex imperatoris ducat me?
- Qu' ?
L'étonnement se fit entendre dans la voix d'Helblivion alors que je sentais mes yeux crépiter pendant que la puissance du Warp envahissait mon corps. Levant mon arme en position d'empalement, des filets d'énergie pure serpentèrent de ma bouche lorsque que je tonnai :
- FIAT JUS !
Il y eut un claquement métallique lorsque les deux lames s'entrechoquèrent, et un pulsar de lumière blanche éblouit nos visières. Lorsque mes yeux reprirent du service, ce fut à mon tour d'être étonné.
- Deus ex Mechanicus inspirat animo meo?
Je sentis ma prise sur mon arme décroître à mesure que les incantations faisaient leur effet.
Damnation ! J'étais pourtant sûr que mes talents de psyker auraient scellé le sort de ce combat, mais une fois encore, je réalisais à quel point je sous-estimais le Clergé de Mars.
- ?vimque potentiam'
Pas de temps à perdre ! Agrippant le manche de mon arme à deux mains, je murmurai moi aussi une nouvelle sentence :
- In mortis igni arma mea splendat et xenos corpus'
- ...ut hostem meo?
- ?menti lumen clarissimum'
- ?INTERFICERE !
- ...PRAEFERRAT !

Les deux cris de guerre se mêlèrent en une explosion tonitruante d'énergie psychique, et un véritable champ de force nous engloba tous deux lorsque les fureurs du Warp vinrent déchaîner leur puissance.

Plusieurs Vengeful Fists étaient présent sur l'aire d'entraînement, tous y venant défier leurs frères et exposer leurs prouesses martiales. Aussi chaque Space Marine était-il plongé dans un duel, truel, voire une véritable mêlée de fer et de flammes, et tous étaient de la même intensité que celle que l'on trouve sur les vrais champs de bataille. Mais lorsque les foudres de l'Empyrean tempêtèrent sur nous dans un tonnerre mugissant, tous se tournèrent vers nous.
Je devinai sans voir leurs regards d'admiration, et lorsque je sentis une aura d'animosité circuler, je sus que Lurtz me voyait aussi.
Cependant, j'étais trop absorbé par mon propre combat pour lui prêter attention. Je déployai à présent toute la puissance de mon être contre Helblivion. Ce-dernier faisait de même. Son armure entièrement parcourue de filins énergétiques grésillants, il pressait la hampe de sa hache de toute sa force d'Astartes, et j'entendis même les jointures de ses brassières craqueler sous l'effort. Il lança ses servo-bras. Je parai de mon gantelet énergétique. Un éclair bleuté parcourut son bras et se dirigea vers moi, mais je le bloquai presque aussitôt d'un faisceau de flammes rouges qui serpenta autour de mon gantelet.
Cela faisait déjà une minute que nous nous opposions dans un véritable duel de volonté, moi faisant appel aux tréfonds de mon âme pour libérer toute la puissance de destruction du Warp, lui invoquant les faveurs mêmes de l'Esprit de la Machine pour transformer son armure et sa hache en de véritables corps dévastateurs. Cependant, je sentais que, malgré notre statut quo psychique, sa musculature massive était supérieure à la mienne et, très lentement, inexorablement, nos deux armes entrelacées se rapprochaient de ma gorge. Je devinais qu'à un combat d'usure, je ne pourrais pas le vaincre. Il le devina aussi.
Mobilisant alors mes toutes dernières ressources psychiques, je tentai le tout pour le tout. Brisant le n'ud de métal en fusion qui unissait nos armes, je fis un pas en arrière et, soulevant mon gantelet énergétique, je le chargeai de toute ma puissance et le lançai contre le Techmarine. Un sifflement strident retentit dans la salle lorsque le poing scintillant de lumière fendit les airs et, l'espace d'un instant, son image devint floue, comme si la force de l'Empyrean déployée avec une telle rage provoquait une distorsion entre Immaterium et réalité. Helblivion, anticipant le coup, brandit sa hache énergétique à deux mains et, d'une attaque ascendante, dévia mon assaut dans un arc de cercle luminescent. Comme je l'avais prévu.
Profitant de la diversion du gantelet énergétique, que n'importe quel adversaire aurait pensé être un coup mortel ? ce qui était vrai, en somme ? , j'avais en fait lâché mon épée de force et dégainé mon fulgurant. Je sentis la surprise envahir l'esprit d'Helblivion lorsqu'il vit la bouche d'adamantium contre son sternum. Mais presque aussitôt vint un sentiment d'amusement.
- Qu'est-ce que tu comptes faire contre moi avec un simple bolt', commença-t-il.
Il n'eut pas le temps de continuer. Une détonation tonitruante se fit entendre lorsque j'appuyai sur la détente, et une nova de lumière blanche illumina le canon lorsque la charge du bolt explosa contre l'armure d'artificier.

C'était terminé. Gisant sur le sol de l'aire, Helblivion était étendu de tout son long, ses servo-bras titanesques pendant en angles étranges tels les bras sans vie d'un pantin désarticulé. A l'emplacement du plexus solaire, un trou béant fumait, et du sang ruisselait de la chair carbonisée. Levant faiblement son visage casqué dans ma direction, le Techmarine m'intima ? car sa voix n'était plus qu'un murmure :
- Comment'comment se fait-il'qu'un simple bolt'
- ?aie pu percer une armure énergétique forgée par un maître artificier, et protégée par un champ de force psycho-magnétique ? finis-je pour lui.
En guise de réponse, je sortis un chargeur de mon ceinturon et le lui lançai.
- Bolt de?psycanon ! s'exclama-t-il dans un souffle dès qu'il aperçut les obus finement ouvragés, enchaînant d'un juron mi-furieux, mi amusé par cette ironie du sort. L'une des plus belles merveilles de l'Adeptus Mechanicus'et je me fais avoir par ça?
Soudain, un borborygme s'extirpa de sa gorge, et sa tête retomba en arrière. Aussitôt, un Apothicaire s'élança vers lui et, aidé par un sergent avec lequel il combattait en duel quelques instants plus tôt, il souleva son corps de colosse, et le transporta vers l'Apothecarion.
Helblivion ne pouvait plus parler, mais la traînée psychique de défiance qu'il laissait derrière lui me fit savoir qu'il était toujours conscient ; et qu'il était déjà impatient de prendre sa revanche.

_______________________________________

Bon, première chose, les bolts de Psycanon. L'idée était de les employer parce que ça crabouilles les Sauvegarde Invu. donc, pouf l'éventuelle protection arcanique de notre ami le Techie. Je ne sais pas si fluffiquement un Deathwatcher y a droit, si ce n'est pas le cas je le remplacerai par une des munitions spéciales Deathwatch.


QUOTE
Les phrases sont lourdes et se laisse difficilement lire. Sinon a par cela beh ca me semble un peu moins correct voila.


... Si tu voulais me casser le moral, c'est réussi happy.gif Non, sérieusement c'est vrai que j'ai tendance à en faire trop, mais j'essaie au maximum d'être clair (si tu voyais ce que j'écrivais avant...des phrases de six ou sept lignes >_<)
Le blème c'est que ces deux chaps, je les ai écrit y a six mois donc je me suis un brin amélioré depuis mais comme ça picote la rétine de tout mettre d'un coup (sauf celle de Lapinator qui mange des carottes et qui a donc des bons yeux), vous allez râler après... Néanmoins, tu verrais que ça ne s'oriente pas trop vers le romantico-dramatique avec la suite... smile.gif

QUOTE
Allez, quant est ce qui se pointe, le traître de l'histoire?


Dans très peu de temps, je peux te l'assurer... happy.gif

QUOTE
Sinon, au sujet de la romance, ne me dit pas que ca se finit avec
"Eloriel, en expirant dans les bras de Lauvitz, lui avoua qu'elle n'avait jamais cessé de l'aimer. Devant cette incroyable révélation dont personne ne se doutait (Lauvitz en tête), notre héros hurla son désepoir au ciel avant de faire la peau à tous les méchants qui l'avaient privé de l'amour et d'une descendance...."


Je pense qu'un : " Eloriel, en expirant dans les bras de Lauvitz, lui avoua qu'elle n'avait jamais cessé de l'aimer...avant de dégainer son pistolet plasma et de trépaner le Deathwatcher. Puis, s'évadant de l'étreinte du macchabée, elle le décapité d'un coup d'épée-tronçonneuse et, renversant ses cheveux d'ébène, éclata d'un rire métallique.
Les feux follets de Slaanesh faisaient étinceler ses yeux... " conviendrait pas mal, non ? rolleyes.gif Non ? Bon, ok, moi aussi je trouvais ça naze.


BananaChop, qui est pressé de poster la suite mais qui va quand même attendre un peu.


Edit :
QUOTE
Siméon s'était approché d'un autre enfant.
_"Ta vie est une offense à l'empereur." fit il sur le ton de la conversation.
Un éclair de feu illumina la pièce, la poussière tourbillona, une unique douille vola.
Et un petit corps nagea dans son sang.
Ily eu un second coup de feu, un hoquet de terreur, et les fluides vitaux du second enfant éclaboussèrent l'armure de Thumiel.

_"Vous venez de gâcher deux bolts , frère Siméon." reprocha la voix du sergent Protheus depuis le couloir.
_"Mes excuses, frère sergent." accepta humblement Siméon en empoignant le crâne du dernier enfant et en le fracassant contre le mur.


Donnerswetter, ça faisait des éons que je cherchais ce passage que j'avais lu un jour en errant sur le net o_O
...Evilsunz...un gars qui roxxe...


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" Ton erreur, Gue'la ? Tu penses beaucoup trop...humainement. "
- Shas'vre Kaed'as.
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BananaChop
post Apr 30 2007, 06:43 PM
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CHAPITRE IV :



NOUS ETIONS A nouveau sur le sol de Vaul Premium, stationnés dans la capitale de Lazel-Haze. Cependant, outre la révérencieuse Basilique Sain-Cède où nous nous étions arrêtés la première fois, je constatai que la ville-ruche n'était en fait ? à l'image de toutes les villes-ruches ? qu'une gigantesque fourmilière humaine, polluée, brumeuse, grouillant d'une innombrable vermine qui se voulait le genre humain. Je mesurai plus de deux mètres trente et mon champ de vision était supérieur à celui de bien des hommes. Néanmoins, aussi loin que mon regard bio-amélioré pouvait scruter la ville, ce n'était qu'un gargantuesque dépotoir, manants et mendiants gisant dans les rues parsemées d'ordure, les seuls êtres bien portants étaient des marchands gras et opulents, aux petits yeux porcins et avares, et aux corps boudinés vêtus de riches parures dorées ; au-delà de cette vision, ma vue se brisait sur les lointaines tours de la ruche, embués de brouillard, et semblant des lames menaçantes dressées vers les cieux.
J'étais au c'ur de Vlader Thrime, les bas-quartiers miséreux de Lazel-Haze.

Je marchais dans les ruelles puantes du quartier nord. Je ne portais pas d'armure et n'étais vêtu que d'une robe de cuir épais, munie d'un capuchon à larges bords qui dissimulait mon visage. Cet accoutrement était destiné à amoindrir les soupçons dont j'aurais inévitablement été victime, si je me baladais ici avec un tel signe d'autorité impériale. Amoindrir, seulement. En effet ? et cela n'avait rien d'étonnant ? , même si je n'étais pas engoncé dans ma deuxième moitié, je demeurais un Astartes. De fait, il se trouvait que je dominais de deux têtes toute cette bande de loques humaines, et je sentais leurs regards méfiants essayer de me dévisager lorsque je passais devant eux.
Et encore, j'étais seul.
Nous nous étions tous séparés lorsque nous atterrîmes dans Vlader Thrime, d'une part pour multiplier nos chances de remplir l'objectif, d'autre part parce que se promener à cinq dans les bas-fonds, dont deux Astartes, équivalait à brandir une bannière avec nos noms dessus, le signe de l'Inquisition, et une petite annonce pour recherche de trafiquants, contrebandiers, et marchands d'artefacts xenos en tous genres.
Ainsi, nous avions été dispatchés un par un dans la ville, chacun ayant un point cardinal à sa disposition. Je me chargeais du nord, Janrius du sud, Selm de l'ouest, Eloriel de l'est, et Helblivion furetait vers le centre où il disait connaître un réseau d'alliés du Clergé de Mars.

J'entrai dans ce qui me parut être le meilleur endroit pour commencer mes investigations. Bar, café, simili-hôtel, je n'aurais pu définir de quoi il s'agissait, mais lorsque je vis les tables bondées d'êtres sombres et patibulaires, ainsi qu'une quantité disproportionnée des marchands grassouillets que je voyais lorgner comme des charognards dans les rues auparavant, je m'étonnai que l'on ne puisse pas trouver d'informations plus ou moins officieuses dans ce lieu de perdition. Je commandai une eau-de-vie, et allai m'asseoir seul à une table.
Un craquement sonore suivi d'un grognement furieux retentit soudain dans la salle. A quelques tables de moi, je vis une bande de brutes épaisses qui grommelaient avec frustration. Sur la table vermoulue et crasseuse, deux autres brutes particulièrement massives se serraient la main, et je devinai à leur position et à la paume rouge et saignante de l'un d'eux qu'ils venaient de s'affronter au bras de fer. Je ne tardai pas à m'apercevoir que les autres matamores avaient eux aussi la paume rouge.
- Alors, fillette, c'est tout ce que tu sais faire ? s'exclama celui qui avait gagné, un sourire goguenard illuminant son visage balafré.
Sans répliquer, le vaincu extirpa une liasse de billets de sa poche, et la lança d'un air bougon sous le nez de l'autre. Celui-ci ne s'offensa pas le moins du monde de cette conduite dédaigneuse, et fourra avidement le paquet dans son pantalon. Puis, se levant de sa chaise, il bomba le torse et lança à travers le bar d'une voix tonitruante :
- Alors, quelqu'un d'autre parmi toute cette bande de tapettes pour s'opposer à moi ?
Personne ne réagit. Je me levai à mon tour.
J'ai dit il y a quelques instants que je dépassais tout le monde ici de plus de deux têtes. Les barbares qui me faisaient face étaient tous de véritables montagnes de muscles. C'était des nains à côté de moi. Je vins me planter devant le fanfaron. Il me regarda d'un air surpris, d'une part parce qu'il ne s'était manifestement pas attendu à ce que quelqu'un relève son défi, et d'autre part parce qu'il était ? à l'instar de tous ses camarades ? manifestement ébahi par ma musculature.
- Tu as de l'argent j'espère ? me demanda-t-il cependant sans se démonter.
- Pour parier ? demandai-je d'une voix neutre. Ou pour régler tes frais d'hôpitaux ? ne pus-je m'empêcher d'ajouter avec un sourire narquois.
Il voulut répliquer mais j'abattis mon coude sur la table, et la fissure qui parcourut toute la longueur de la table le dissuada de poursuivre. Se rasseyant, il fit de même, attrapa ma paume tendue, et lança tout le poids de son corps dans son biceps droit.
Une seconde. Je le laissai prendre l'avantage et laissai descendre ma main ; puis au bout d'une seconde, je tournai simplement le poignet et écrasai ses doigts boudinés sur la table. Il poussa un mugissement de douleur lorsque son bras tout entier passa à travers le meuble fracassé, et qu'il s'écrasa lourdement sur le plancher boueux.
Aussitôt, le cercle de brutes bondit sur moi en vociférant, piqués au vif par l'humiliation que je faisais subir à celui qui était apparemment leur chef.
Un poing virevolta vers mon ventre. Je le saisis dans ma paume et le brisai sans effort. Deux autres vinrent à gauche et à droite. Prenant appui sur une jambe, je décochai un coup de pied circulaire magistral, et un arc-en-ciel de vapeur rouge jaillit des bouches des deux assaillants lorsqu'ils furent percutés par l'épaisse botte cloutée. Lorsqu'il me vit mettre ses pairs au tapis avec une telle aisance, un quatrième recula d'un pas, hésitant. Puis, saisissant une chaise à bout de bras, il poussa un hurlement de rage et l'abattit sur moi. Broyant le meuble d'un coup de poing, je le pris par la tête et, d'une pression de la main, fit exploser son crâne dans un pulsar macabre.
Autour de moi, une rumeur terrifiée commença à bourdonner et plusieurs cris consternés suivis de bruits de pas affolés retentirent. A mes pieds, le leader des brutes me fixait des yeux, hagard. D'un geste précipité, il sortit une bourse de sa poche, et me la tendit de sa main sanguinolente. Je le repoussai d'un coup de pied et lui lançai :
- Je me moque de ton argent, loque humaine. Je suis ici pour des informations.
- Des', bégaya-t-il, la bouche en sang.
Je m'approchai pour un deuxième coup de pied mais il reprit aussitôt ses esprits.
- Non, pitié, plus de coups ! J'je ne suis pas originaire de ce système, moi et mes hommes venons d'arriver dans cette ville pour?des affaires.
- Comment êtes-vous arrivés ici ? demandai-je d'une voix austère.
- N'nous étions embarqués dans un vaisseau-cargo qui transportait des cargaisons agricoles. Nous faisions partie de la Sécurité Navale, mais'., ajouta-t-il avec un regard éloquent, vous savez comment sont traités les agents dans ce genre de trou à rats volant'
- Vous avez déserté ? devinai-je sans faire attention à son air apitoyant.
D'un hochement de tête il approuva. Des déserteurs. De mieux en mieux.
- Et du coup, comme vous pouvez vous en douter, nous ne savons pratiquement rien sur ce qui peut se tramer dans le système, acheva-t-il dans une excuse implicite suppliante.
Il y eut un instant de tension durant lequel je gardai sur lui mon regard inquisiteur. Puis, à son grand soulagement, je me détournai de lui?et me retournai dans un dernier coup de botte si puissant qu'il arracha littéralement la tête du déserteur. Il y eut à nouveau des braillements horrifiés, mais je n'y prêtai nulle attention. Fouillant dans une poche de ma robe, je sortis du bistrot d'un pas pressé. Dégoupillant ma bombe à fusion, je la jetai à l'intérieur du bar sans me retourner.
Une explosion assourdissante retentit mais je continuai à marcher.

Échec. Le mot obsédait mon esprit, alors que j'étais à la recherche d'un autre centre potentiel d'informations.
Je fis volte-face. Un son de bruissement venait de parvenir à mes tympans bio-améliorés. En garde, je scrutai la pénombre, guettant le moindre mouvement dans l'épais brouillard qui planait sur Vlader Thrime. Rien. Sans me relâcher, je me retournai lentement.
- Bonjour.
Instantanément, je plongeai ma main droite dans ma robe. Sinon les grenades, je m'étais armé d'un pistolet bolter, modèle Godwyn, compact, ayant laissé mon fulgurant modèle Terminatus et mon épée de force, trop encombrants et bien trop suspects. Dégainant en une fraction de seconde, je l'armai et le pointai droit devant moi.
Mais qu'avais-je devant moi ?
Immense, vêtu d'une robe noire semblable à la mienne, une silhouette massive et corpulente me faisait face. Huit clous d'acier étaient plantés dans son visage mince et osseux, dont les longs cheveux d'argent semblaient se fondre dans la pâleur cadavérique de son visage albinos. Une seule cicatrice trouait sa face livide, enfoncée au milieu de son front tel un ?il cyclopéen borgne et coagulé. Par cette dénotation, je sus qu'il était un Astartes, en service depuis quatre-vingts ans et qui, à en juger par sa lividité caractéristique, devait être du légendaire Chapître des Bone Stingers, tous atteints de cette anomalie génétique ? bien qu'en vérité cette couleur soit caractéristique de quiconque passant la majorité de sa vie sous un casque. A sa seule cicatrice, je devinai qu'il était un combattant hors-pair ; et qu'il s'était pris une balle dans la tête.
Soulagé de me trouver avec quelqu'un de ma race, je ne pus cependant réprimer un étrange sentiment de vide lorsque je lui serrai la main. Elle était glaciale.
Il prit la parole en premier :
- Révérend-Père Lauvitz Engelson, je présume ?
- Lui-même, répondis-je en me débarrassant de mon capuchon. A qui ai-je l'honneur ?
L'Astartes resta en suspens une fraction de seconde, puis se ressaisit et s'introduit en souriant :
- J'oublie les bonnes manières, on dirait ? Mon nom est Luca Velminzey, Capitaine de la Compagnie des Psycho-Nihilistes du Chapître des Bone Stingers. Mais, vous l'aviez déjà deviné, n'est-ce pas ?
Je compris alors l'impression de vide qui m'avait envahi un instant auparavant. Un sentiment d'admiration s'y ajouta.
Les Bone Stingers étaient un Chapître de la Quatrième Fondation, issu de la Légion des Salamanders. Comme eux, ils étaient réputés pour leur approche stoïque et pragmatique de la guerre mais, là où les ardents fils de Vulkan guerroyaient avec l'ardeur flamboyante de leur monde natal, les Bone Stingers étaient des tueurs froids, impitoyables, dont la ténacité héréditaire prenait la forme d'une apathie à la douleur lorsqu'elle se mutait avec leur tempérament austère. Ainsi, ces guerriers étaient connus comme étant parmi les plus terribles de l'Imperium car, ni les flammes, ni les fers ne pouvaient stopper leur avancée inexorable et mortelle ; et leur impassibilité aux suppliques désespérés de leurs ennemis en faisaient également de redoutables bouchers.
Toutefois, parmi les membres de ce cruel et impavide Chapître, la Compagnie des Psycho-Nihilistes dépassait de loin tous les talents de leurs frères. En nombre extrêmement restreints ? leurs effectifs s'élevaient à une trentaine d'adeptes au sein de l'ordre ? , ils étaient sélectionnés selon deux critères ; premièrement, chaque Psycho-Nihiliste était un combattant exceptionnel, enseigné à l'art de la guerre depuis son plus jeune âge, et étant doué de capacités physiques hors du commun ; deuxièmement, c'était un Intouchable.
De là venait cette étrange sensation de néant ; inondé par l'aura d'annulation de l'Astartes, j'avais perdu d'un coup tous mes pouvoirs psychiques. Le fait de ne plus pouvoir utiliser ma carte maîtresse pour me défendre me crispait un peu.
- Effectivement, je m'en doutais, répondis-je.
- J'ai senti votre trouble lorsque je vous ai touché, m'expliqua-t-il avec un rictus malicieux.
Il y eut un instant de silence et il me dit soudain d'une voix méfiante :
- Venez, les lieux ne sont pas sûrs.
Je devinai qu'il avait des informations pour moi et suivis sa silhouette fantomatique sans répondre.

Luca Velminzey. A cet instant précis, je ne savais pas encore que cet homme allait faire basculer toute mon existence dans la folie.

***

Nous marchâmes pendant une demi-heure environ, et ni moi ni lui n'échangèrent une parole. Lorsqu'il me fit signe de m'arrêter, nous étions devant ce qui semblait être une sorte de temple, grisâtre, morne, sans fenêtres. Lorsque j'en franchis le seuil de pierre rongé par le temps, je compris que ce n'était pas un temple.
C'était un tombeau.
Me tournant vers Velminzey, j'ouvris la bouche pour parler mais il commença avant :
- A qui est ce tombeau ? devina-t-il avec son même sourire goguenard. A moi.
Voyant que je fronçais les sourcils, il ajouta :
- Je suis déjà mort.
Une fraction de seconde. Instinctivement, je sortis mon pistolet bolter et le pointai sur son front.
- Calme, frère ! s'exclama-t-il en reculant d'un pas.
Loin de me calmer, j'armai mon pistolet et le braquai plus fermement vers lui. Il avait quelques millisecondes pour s'expliquer.
- Du calme ! répéta-t-il en reculant encore. C'est une métaphore, je ne suis pas vraiment mort ! Mais, nous autres Psycho-Nihilistes n'avons jamais une espérance de vie très longue à cause des dangers au-devant desquels on nous envoie. Psykers alpha, sorciers du chaos, inquisiteurs fous' Alors, notre caveau est déjà pré-construit et, après avoir repris nos glandes progénoïdes, on nous y enterre.
Hum. Sans détendre ma garde, je baissai lentement mon arme vers le sol. Avec un soupir soulagé, Velminzey s'approcha précautionneusement de moi et, lorsque je fus tout à fait calme, me fit signe de m'asseoir.
- Vous avez des sièges dans un tombeau ? demandai-je avec surprise.
- En vérité, non, répliqua l'autre, je les ai amenés moi-même.
- Vous'venez souvent ici ?
- De temps à autres, me répondit-il distraitement. Pour des « réunions » entre frères. Nous, les Bone Stingers ? mais je crois que ça se sait déjà ? avons une certaine?affection pour ce genre d'endroit.
Effectivement, cela se savait. Le Chapître des Bone Stingers était connu pour être, entre autres froid et cruel, assez macabre dans ses traditions, et le respect des morts tenait une place importante dans leur culture. D'autre part, je m'étonnai de voir la crypte si spacieuse.
- Mais je ne vous ai pas fait venir ici pour vous parler des coutumes de mon Chapître, n'est-ce pas ? me lança la voix austère de Velminzey
Je reportai mon attention sur lui.
- Vous avez des informations sur les agissements du Commandeur Valkyrie ? allai-je droit au but.
- Précisément, approuva-t-il en s'asseyant à son tour. Géographiquement et intentionnellement.
- Qu'entendez-vous par « intentionnellement » ? demandai-je, intéressé.
- Je veux dire que je connais la raison de leurs actes, pourquoi ont-ils fait irruption dans le système de Vaul alors que rien n'y prévoyait ; et pourquoi est-ce qu'ils ont tué Maestus Veïdr.
Au nom de mon ancien maître, une flamme dans mon esprit s'aviva.
- Alors ils ne sont pas venus ici pour coloniser les mondes de Vaul ?
- Non, pas du tout, répondit-il, amusé. Ils sont venus ici pour quelque chose de beaucoup plus'sombre.
- Et qui a à voir avec Maître Veïdr ? ajoutai-je, pressant.
Il sourit encore et, pour toute réponse, sortit de sa poche deux séquenceurs holographiques qu'il me tendit. Tirant la mollette d'allumage, j'actionnai le premier et le mis en marche. L'objet s'éleva alors dans les airs et le tombeau se transforma en un paysage de mort.

***

Partout où mon regard tombait, ce n'était qu'horreur et désolation. Des cadavres jonchaient une terre blessée par de profondes déchirures d'où s'extirpaient des coulées d'un fluide violacé et grumeleux. Végétations, bâtisses, rien ne s'élevait sur la glaise éventrée de ce monde de cauchemar. Je levai les yeux. Le ciel était nu de toute vie et une brume trouble et rougeâtre venait le tâcher par endroits en larges bandes de magma terne et sale, comme si, à l'instar du sol terrestre, la voûte céleste souffrait en plaies oblongues et sanguinolentes. L'insanité morbide du lieu m'apparut en toute-puissante lorsque je vis une des traînées de brouillard se condenser sur elle-même pour former un visage difforme et torturé. La bouche de zéphyr s'entrebâilla lentement et se tordit en une complainte irréelle et lugubre où, je l'entendais clairement, résonnaient à la fois les voix d'un vieillard sénile, d'une jeune femme, et avec eux les braillements terribles et malsains d'un ch?ur de milliers de nourrissons ? et on eut dit à leurs cris que ces nourrissons subissaient les souffrances les plus atroces.
Le Warp.
Automatiquement, je plongeai la main dans ma robe pour en sortir mon pistolet bolter ; avant de m'apercevoir que je n'avais plus ni robe, ni pistolet bolter. Je jetai un regard sur mon corps et m'aperçus que j'étais totalement nu. Au même moment, un rugissement bestial retentit devant moi et, dans un geyser d'humeur pourpre, une forme gigantesque s'extirpa d'une des anfractuosités de la terre.
Mesurant près de huit mètres de haut, la créature était réellement colossale et j'eus une pensée presque compatissante pour le serviteur de bronze que j'avais affronté avec Janrius quelques jours avant dans l'aire d'entraînement. C'était un gnome par rapport à ce qui me faisait face. Noir, hérissé de pointes, vaguement humanoïde avec des bras de la taille de Rhinos, terminés par des griffes dont la moindre était plus grande que moi. Je me demande aujourd'hui à quelle divinité ce mastodonte démoniaque pouvait bien appartenir mais, sur le moment, il se trouve que je n'y fis pas attention.
J'étais nu, désarmé, face à un monstre trois fois plus grand que moi. Ça s'annonçait mal. L'être fit un pas vers moi et je compris aussitôt que je n'avais plus le temps de réfléchir.
- Epicus furor, tua iram solvat...DEVASTATIO !
Ma condition de Deathwatcher m'avait blindé des plus puissantes incantations et contre-sorts possibles contre la menace xenos ? eldar, notamment ? , mais je n'avais toutefois qu'une connaissance très générique des liturgies de bannissement des démons et autres hôtes du Warp ; celle que j'utilisai était une décharge terrifiante d'énergie pure, et était par défaut mon attaque mentale la plus efficace et la plus polyvalente. J'y concentrai toute ma force psychique en espérant blesser, et peut-être tuer mon adversaire.
La stupéfaction m'envahit lorsque je vis le flux torrentiel traverser le monstre sans même le faire ciller. L'apparition poussa un nouveau beuglement de rage, et fit un pas de plus dans ma direction. Je voulus préparer une deuxième attaque, mais des filets d'étincelles crépitantes me brûlaient les bras et les faisaient trembler si fort que je n'arrivais même plus à les joindre. La créature me chargea.
Ce fut de loin la sensation la plus étrange de ma vie que de voir un colosse de huit mètres, mugissant, bavant, faisant trembler la terre à chacun de ses pas, passer au-travers de mon corps sans aucune douleur, aucune souffrance et, pour ainsi dire, sans aucune sensation. J'avais serré les dents et m'étais tenu dans toute la droiture, toute la majesté qu'un Révérend-Père Vengeful Fist nu face à sa mort pouvait avoir ; et ne ressentir même une brise sur mon corps dévêtu fut un instant pour le moins étrange. Je restai là, abasourdi, quand un cri d'agonie se fit entendre derrière moi.
Je fis volte-face, et un sentiment d'admiration et de haine s'empara de moi. Sans que je l'ai remarqué, un autre Astartes s'était tenu derrière moi depuis le début de l'enregistrement ? car la mémoire m'était subitement revenue, et je savais que tout cela n'était qu'une séquence holographique, irréelle. Il venait d'être percuté par la monstruosité et voltigeait à présent dans les airs. Le temps semblait maintenant tourner au ralenti, et je pus voir précisément chacun de ses traits. Engoncé dans une armure d'artificier argentée enluminée de divers motifs mortuaires, un eviscerator démesuré dans la main gauche et dont la lame criblée de dents était enduite d'un liquide violacé. Son visage albinos, fin et altier, ridé sous l'effet de la douleur, était voilé par une crinière immaculée de blancheur, qui s'élançait dans un mistral glacé au-devant de sa silhouette en suspens ; et je fus émerveillé devant la beauté sidérante de ce géant d'airain que la mort venait faucher elle-même.
Un craquement effroyable se fit entendre lorsque je vis son bras droit se détacher du reste de l'épaule, la chair se déchirant et le fer se froissant dans une déflagration éc'urante. Le temps reprit soudain son cours normal et je vis le corps mutilé du Bone Stinger projeté à travers le firmament ensanglanté. Son cri se perdit dans l'infinité du Warp et je ne le vis plus.
Une seconde. Un temps d'arrêt où tout se figea, le fluide pourpre cessa de couler, les volutes cosmiques cessèrent de chuinter, le démon cessa de grommeler ; comme si tous avaient soudain été troublés par quelque chose d'étranger. La difformité se tourna dans ma direction ; bien que je sus que ce n'était pas moi qu'elle regardait. Une vibration sonore résonna lorsqu'il huma l'air souillé de ses énormes naseaux, et des flammes en sortirent lorsqu'il expira. Alors, d'un souffle rauque et guttural qui vint faire palpiter chacune des molécules de mon corps, il murmura de manière très lente, en séparant chaque syllabe :
- Lauvitz?Engelson.
Une prise d'acier me ceintura et le monde disparut.

***

- Engelson ! ENGELSON !
Ouvrant les yeux, je me dressai d'un bond.
- Où?suis-je ? articulai-je d'une voix faible.
Le souvenir du démon fusa dans mon esprit et la mémoire me revint.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demandai-je.
Le visage albinos de Luca Velminzey me dévisageait d'un air perplexe. Une vague inquiétude se lisait dans ses yeux.
- Qu'avez-vous vu ? me lança-t-il.
La pointe de méfiance qui perçait dans sa voix m'incita à répondre.
- Un'paysage de mort. Des cadavres partout, des crevasses dans le sol, un liquide violet qui en sortait, énumérai-je à mesure que la vision de cauchemar se précisait dans ma tête. Un ciel gris, parsemé de brumes rougeâtres'des visages à l'intérieur.
- Des visages ? répéta le Bone Stinger. En avez-vous reconnu ?
- Qu' ?
- Avez-vous reconnu des visages parmi ceux que vous avez vus ?! s'impatienta-t-il d'une voix pressante.
- Hum'non, répondis-je en analysant les faciès grotesques qui avaient illuminé les cieux.
- Bien. Qu'avez-vous vu d'autre ?
- Un démon. Un démon gigantesque, huit mètres de haut, noir avec des pointes et des griffes.
- Mmh?, marmonna l'albinos, semblant réfléchir. Et après ?
- Il s'est tourné vers moi. J'ai cru qu'il m'avait vu, avouai-je. Mais il m'a traversé et a tué un Bone Stinger qui était derrière moi. Puis il y a eu un moment de pause et'
Le souffle rauque de la créature me fit l'effet d'une décharge électrique dans le corps lorsque la simple pensée m'en revint.
- Et il s'est tourné vers moi, achevai-je.
- Qui ? Qui s'est tourné vers vous ?
- Le démon.
- Impossible, c'est un enregistrement. Il s'est tourné dans votre direction, mais'
- Non, le coupai-je.
- Comment ça, non ? s'étonna-t-il en haussant un sourcil.
- Il ne s'est pas tourné dans ma direction. Il s'est tourné vers moi.
- Mais'
- Il m'a parlé, l'interrompis-je à nouveau. Il a prononcé mon nom.
Silence. Velminzey ne répondit pas, mais l'inquiétude qui mangeait ses pupilles glacées luisait plus fort que jamais. Il leva les yeux d'un air pensif et, sans me regarder :
- Le Bone Stinger que vous avez vu s'appelle Khazeeus Nosgorath, expliqua-t-il. C'est notre Maître de Chapître, le plus glorieux et le plus puissant de nos frères.
En effet, Khazeeus Nosgorath était réputé à travers tout l'Imperium comme, à l'image de son Chapître, l'un des guerriers les plus illustres et les plus impitoyables. On le disait au niveau de Marneus Calgar ou d'Azraël eux-mêmes, et les archives impériales ne manquaient pas de rapports de bataille victorieux à son sujet, de campagnes centenaires couronnées de succès, ou d'exploits martiaux extraordinaires. Son plus grand acte de vaillance et de bravoure fut son duel épique contre le Nightbringer lui-même, au cours duquel il tint tête au C'tan pendant plus d'une heure de combat acharné, déchaînant de véritables déluges d'énergie pure contre l'entité divine avant de finalement le vaincre, aidé par le Maître Archiviste Phantasos et le Capitaine de la Première Compagnie Thoriel Krieg, déployant à eux trois un ouragan psychique si dévastateur qu'il désintégra littéramement le nécroderme du Dieu des Étoiles. Une telle prouesse les avait tous trois rendus célèbres dans toute la galaxie, mais tous savaient que le véritable vainqueur du combat était Nosgorath ; et, là où la majorité en était terrorisée, les Astartes admiraient cet Élu de l'Empereur.
- Je sais sa valeur au combat et sa victoire contre le Nightbringer, dis-je, et la répercussion de la gloire de son maître fit sourire Velminzey.
- Oui, c'est un homme exceptionnel, approuva-t-il. L'enregistrement vous montrait son duel à mort contre le Démonolithe Eldohstan.
- Un Prince Démon ? demandai-je.
- Non. Bien plus puissant, ajouta-t-il, et son sourire s'effaça. Une créature de la pire engeance, jaillie des entrailles mêmes de l'Immaterium. Nous l'avons rencontré sur un orbe mort à proximité du système de Vaul. La vision que vous avez vu n'est pas une projection dans le Warp. C'est la planète elle-même qu'Eldohstan a remodelé selon ses désirs.
- Il a déchiré la réalité de ce monde pour la mêler avec l'Empyrean ? questionnai-je, sidéré par un tel pouvoir.
- Précisément. Vous comprenez donc pourquoi est-ce qu'une monstruosité pareille nécessitait l'expérience de notre Maître de Chapître lui-même.
Je comprenais fort bien, en effet. Cependant, un détail me troublait.
- Je n'ai pas vu Phantasos et Krieg sur l'enregistrement.
- Eldohstan les a tué, répondit-il.
- Quoi ?
Ce trio de guerriers était parvenu à bout du Nightbringer lui-même et tous s'étaient faits tuer par un seul démon ?
- Il ne les a pas vraiment tués, rectifia le Bone Stinger. Mais c'est presque la même chose. Il a déchiré leurs esprits et ils sont maintenant dans un état entre la vie et la mort. Vous avez l'air surpris que ceux qui aient détruit un C'tan soient vaincus par un Démonolithe, ajouta-t-il avec un rictus nerveux. Mais sachez que dans le Warp, tout est différent.
Je restai toutefois interdit devant un tel massacre.
- Maître Nosgorath n'est pas mort, lança-t-il soudain.
L'image du corps resplendissant de l'albinos projeté dans les airs par huit mètres de férocité pure s'imposa à moi. Vous comprendrez qu'associer cela à la survie de l'Astartes me faisait douter au plus haut point.
- Je sens que vous ne me croyez pas, continua-t-il comme s'il lisait dans mes pensées. Je peux cependant vous jurer que c'est la pure vérité. Maître Nosgorath est dans le même état que Maître Phantasos et que le Capitaine Krieg, mais il est néanmoins toujours en vie.
Je n'osais contester mais une partie de moi restait tout de même sceptique ; ou tout du moins pensait que, si Nosgorath était toujours vivant, alors les chances qu'il se rétablisse jamais étaient proprement infimes. Soudain, une question jaillit de mes lèvres.
- Qu'est-ce que tout cela a à voir avec les Vengeful Fists ou le Commandeur Valkyrie ?
Velminzey fronça les sourcils et me répondit d'une voix comme résignée :
- Ce que ça a à voir, c'est que l'Éthéré qui dirige Valkyrie et sa flotte est possédé par Eldohstan.
- Comment le savez-vous ?
D'un geste de la main, il m'indiqua le deuxième séquenceur.

***

La scène était radicalement différente de ce que j'avais vu dans la première séquence. Là où le sol y avait été de glaise terne et fumante, l'infinité blanchâtre gelait ici le paysage. Des monticules glaciaires s'étendaient à perte de vue et perçaient dans la neige tels des diamants menaçants, luisant de l'éclat d'un soleil pâle et blafard. Un blizzard polaire déchirait les cieux livides, son hurlement glacial sonnant comme une lamentation fausse et discordante.
J'étais à nouveau nu et désarmé, bien que mon corps ne souffrît nullement du froid dans cet univers irréel. Une clameur inhumaine me fit tourner la tête ; et la haine enflamma mon esprit.
Déchirant la blême étoffe de l'horizon, l'ombre herculéenne d'une armure tactique dreadnought me faisait face ; mais les rangées de pointes sanglantes, les runes gravées dans l'iridium, les symboles démoniaques flamboyant de leur lueur vacillante et rosée indiquaient qu'il s'agissait là du plus infâme, du plus horrible, et sans conteste du plus puissant des ennemis de l'Humanité : un Astartes des Légions Renégates. Plus grand que moi, sa silhouette monumentale était cambrée en avant, ce qui lui donnait un air encore plus menaçant alors que de son heaume s'exhalaient les vapeurs souillées du vice. Il poussa un nouveau hurlement et la terre trembla sous sa rage incontrôlée. Face à lui, une créature malingre au teint bleuâtre semblait lui tenir tête.
Devant mesurer près d'un mètre soixante-dix ? était-ce à dire un mètre de moins que le Marine du Chaos ? , le challenger ne portait aucune armure, et son vêtement se limitait à une sorte de veste noire, ouverte, d'un pagne et d'une cape, noirs aussi.. La température arctique ne semblait même pas le faire frissonner, pas plus que les énormes grêlons qui venaient se briser contre son cuir azur. Pas de nez, une natte cerclée d'or blanc, les bras et le visage couvert de tatouages ; je reconnus un Aun'O Tau dans toute sa splendeur.
Il y eut comme un éclair. Le Terminator leva son bolter jumelé titanesque, et son chargeur à tambour fit un bruit de tonnerre grondant lorsque les obus fendirent l'air. A une vitesse que je n'aurais pas cru possible, le Aun roula en avant et les bolts surchauffés allèrent embraser la neige. Bondissant sur l'Astartes, il lui décocha une attaque si fulgurante que mes yeux bio-améliorés distinguèrent à peine le mouvement de sa lance lorsque la lame en décrivit un large arc de cercle miroitant, heurtant le Marine du Chaos au niveau de l'épaule gauche. Les deux fers s'entrechoquèrent dans un clang retentissant et des étincelles churent sur l'épaulière de céramite. Mais le colosse ne bougea pas. En fait, il ne sembla même pas ressentir de douleur. Saisissant la hampe de l'arme dans son énorme gantelet énergétique, il la souleva à bout de bras et la fit tournoyer dans les airs avant de catapulter le Tau plus d'une dizaine de mètres plus loin. S'écrasant sur une butte de glace avec un bruit mat, le Aun s'effondra dans la neige.
Et se releva aussitôt.
Une large plaie courait sur tout son torse ensanglanté, l'un de ses bras était tordu dans un angle peu naturel, et une large balafre déchirait son front ? de laquelle je m'aperçus avec répulsion que sa cervelle était en train de couler, perlant en grosses larmes de sang bleuâtre sur son visage. La stupeur m'envahit lorsque je vis qu'il souriait. Le souffle rauque qui s'extirpa de ses lèvres exsangues m'illumina :
- Alors, c'est tout ce que tu sais faire ?
Ses mots n'étaient qu'un susurrement feutré, mais ils résonnèrent à mes oreilles de manière aussi audible que s'il me les y avait chuchotés.
Il est vrai que, de manière générale, les sens des Astartes sont si développés qu'ils peuvent capter presque parfaitement des sons que des humains normaux n'entendraient même pas. Cependant, ce qui se passait ici n'était nullement du à mes sens surhumains, mais à autre chose que je connaissais hélas tout aussi bien. Fourbe, insidieuse, perfide, mensongère, fléau des hommes et des âmes vivantes ; telle était l'horrible et fallacieuse possession démoniaque.
Un flash aveuglant s'irradia du corps du Aun et, en l'espace d'une fraction de seconde, il était nez à nez avec le Terminator. Celui-ci, pris au dépourvu, fit un pas en arrière et leva à nouveau son bolter pour tirer mais, avec une célérité impossible pour des chairs mortelles, l'Éthéré prit appui sur la lame de sa lance et virevolta au-dessus du Space Marine. Je crus d'abord à une simple man'uvre d'esquive, puis fut proprement déconcerté lorsque je vis le sang gicler en une fontaine macabre du renégat. Parcourant toute la longueur de son dos, une faille béante labourait son armure, passant entre les deux omoplates dans un coup rectiligne parfait.
Il me fallut un instant pour comprendre que c'était le Tau qui venait de porter cette attaque. Il avait bondit au-dessus de l'Astartes et avait effectué un saut périlleux pour trancher sa cuirasse dans un coup ascendant. La vitesse et la précision démentielles d'un tel assaut tenait du véritable prodige, et j'eus sur le coup une courte pensée pour mon ancien Maître de Chapître en me disant que ce devait être devant la promesse d'une telle puissance qu'il avait du succomber à l'appétit du Warp. Cette idée fut aussitôt vaporisée et la haine d'un tel acte de traîtrise vis-à-vis de l'Empereur me submergea.
Je me figeai soudain.
L'armure du Terminator. Ces teintes cramoisies, ce pourpre délavé, sale, grisâtre. Cette humeur sombre, altérée, comme si la substance même de la matière avait été dissoute, mise à nue, n'y laissant qu'un vague amalgame d'existence décomposée, sans essence, sans vie.
Et surtout ce symbole, une main squelettique tenant une faux dégoulinante de sang entre ses doigts décharnés.
Ce symbole, je le connaissais. Je le connaissais même très bien. Je l'avais un jour adoré, vénéré, glorifié. Puis je l'ai fui, je l'ai renié, je l'ai haï. J'ai anéanti à tout jamais l'amour, la fierté, le respect que j'avais à son égard, et ai décidé de le chasser, de le traquer, et d'exterminer tout ceux qui souillèrent jadis son nom, et déshonorèrent l'Empereur de l'Humanité.
Ce symbole, c'était celui des Soul Reapers, le Chapître renégat qui avait été déclaré Excommunicate Traitoris par la Sainte Inquisition Impériale, ruiné par la folie destructrice de son propre maître, apostat, félon, traître à sa race et à ses idéaux.

Ce Chapître, c'était le mien.

Une brusque bouffée de haine pure s'insurgea dans mon corps, cascada dans mes veines, et embrasa mon âme dans le noir bûcher de la vengeance. Ruant vers le maudit, je poussai un véritable rugissement de rage.
Je savais qu'il ne pouvait pas m'entendre. Je savais que personne ne pouvait m'entendre ici, car rien n'était réel, seulement un enregistrement virtuel. Qu'importe, je chargeai. Bondissant sur lui comme une bête sauvage, je lançai mon poing en avant, traversant le corps immatériel comme il devait en être.
Et pourtant, je sentis une résistance. Une vraie résistance, matérielle, physique, réelle. Regardant vers mon poing, je vis qu'il était enduit d'un sang bleuâtre et bouillonnant. J'aurais pu ? et j'aurais du, même ? être interloqué par une telle aberration, mais la fureur flamboyante qui torturait mon âme dans le brasier de la ranc'ur ne laissa la place à nulle surprise.
D'autant plus que je savais ce qui se passait.
Faisant volte-face, mes idées furent confirmées lorsque je vis le Aun, un genou à terre, son sang azur coulant sur la neige à la manière d'un fleuve dans une montagne. Comme je l'avais pensé aussi, il se ressaisit presque immédiatement. Il tourna vers moi ses yeux injectés de sang, et je vis qu'il n'y avait plus aucune mortalité.
- Lauvitz Engelson, murmura-t-il de son souffle d'outre-tombe.
- Eldohstan, répliquai-je sans me démonter.
Une ombre de vague étonnement passa sur son visage, puis il reprit :
- Oh, je vois que tu connais déjà mon nom.
- Comme tu connais déjà le mien, dis-je sur le même ton.
- Tu as le sens de la répartie, on dirait, remarqua-t-il avec un rictus amusé sur sa bouche ridée.
Il sembla attendre que je relance, mais je me tus et il continua :
- Alors, Lauvitz?tu permets que je t'appelle Lauvitz ?
- Je ne te permet ni de m'appeler par mon nom, ni de parler, ni de vivre, fils damné du Warp !
A ces mots, le Aun éclata d'un rire grave et guttural.
- Allons, pourquoi être si froid avec moi ? minauda-t-il avec une affliction pleine d'ironie. C'est comme ça que tu accueilles un vieil ami qui s'est séparé de toi depuis'tellement longtemps ?
Un vieil ami ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ? questionnai-je en fronçant les sourcils.
- Voyons, Lauvitz?Mon cher Lauvitz?Ne me dis quand même pas que tu ne reconnais pas'
Il fut interrompu par une brusque déflagration. Je fis volte-face et vis au loin qu'un conflit féroce entre Tau et Marines du Chaos se déroulait à une trentaine de mètres d'ici.
Avec la détonation, je vis un Shas'la sans bras ni tête voltigeait dans l'air lourd de massacre.
- Oh, tu m'excuseras, me lança Eldohstan qui l'avait vu aussi, mais j'ai comme qui dirait un'enregistrement à finir, conclut-il avec un rictus sardonique.
Et, en l'espace d'une seconde, il avait bondi jusqu'aux devants de la scène, s'interposant entre les Soul Reapers déchaînés et des Tau étrangement résistants.
Parmi l'un d'eux, un Shas'vre en armure Crisis était aux prises avec un Rapace gigantesque. Celui-ci asséna un coup ascendant de son épée-tronçonneuse rugissante, mais le Tau dévia le coup de son fuseur avec une étonnante facilité et, saisissant l'Astartes par le bras, enfonça littéralement son arme à travers la cloison blindée de l'armure énergétique. Un bruissement se fit entendre et un faisceau bleuté incandescent jaillit de l'extrémité du canon fiché dans la poitrine du Marine, vaporisant le corps dans une effusion de sang noirâtre, alors que le félon hurlait de douleur.
Le Shas'vre laissa son adversaire s'écrouler lourdement dans la neige maculée de sang et le monde disparut à nouveau.

A l'époque, Kaed'as n'était encore qu'un Shas'vre aux ordres du Commandeur Valkyrie. Malgré son habileté surprenante au corps à corps, rien ne destinait encore ce guerrier sombre et taciturne à devenir l'un des plus grands héros de l'Empire Tau. Vaul Premium était encore loin et Fio?shi, la future conquête qui allait le glorifier et l'encenser parmi ses pairs, n'était même pas répertoriée par les cartographes Tau.
Moi non plus, je ne me doutais pas à ce moment-là qu'il allait lui aussi me faire sombrer dans les enfers les plus noirs et les plus terrifiants.

***

Lorsque le tombeau de Velminzey reparut dans mon champ de vision, celui-ci me regardait d'un ?il soucieux, bien que l'inquiétude passée n'y aie laissé nulle trace.
- Qu'avez-vous vu ? questionna-t-il dès que j'eus repris mes esprits.
Je lui décrivis le combat entre le Aun et le Terminator, et la lutte sauvage entre Tau et Marines du Chaos. Il frémit lorsque je lui dis qu'Eldohstan m'avait parlé à nouveau.
- Que vous a-t-il dit ? demanda-t-il, soucieux.
- Il a prononcé mon nom, répondis-je simplement.
- C'est tout ?
- Oui.
Ce mensonge me parut nécessaire sur le coup, mais je le regretterais bien plus tard.
- Autre chose que vous auriez remarqué ? somma le Bone Stinger.
- Rien de troublant, mentis-je à nouveau.
Je n'avais en effet aucune envie de lui révéler que les Astartes renégats de l'enregistrement étaient les vestiges de mon ancien Chapître. Il le saurait de toutes manières plus tard, dans des circonstances hélas plus déplaisantes.
Soudain, une image me revint en tête :
- Si, rectifiai-je. J'ai remarqué que la faction de xenos collectivistes était étrangement tenace. Il m'a même semblé qu'elle parvenait à contenir les Marines du Chaos en mêlée, ajoutai-je d'une voix perplexe.
A ces mots, les lèvres décharnées de Velminzey se tordirent en un rictus approbatif, et il prit le séquenceur virtuel de mes mains. Réglant la molette d'affichage sur « miniaturisé » , il ajusta le temps jusqu'à se trouver à la scène de massacre entre les deux armées. Je vis à nouveau le Shas'vre au fuseur désintégrer le Rapace du Chaos.
Mais je vis aussi autre chose. En scrutant l'entièreté du champ de bataille, je m'aperçus que chaque Tau était engagé dans un corps à corps endiablé contre un agent du Chaos.
Ce qui me troubla fut de constater qu'à chaque duel, le Tau prenait l'avantage.
Je vis un Shas'ui sortir son couteau de combat et éventrer son adversaire cultiste, avant de lui arracher les tripes au sens propre du terme.
A à peine plus d'un mètre, un Shas'ui en armure Stealth venait de briser le bras d'un autre d'un coup de son énorme canon à impulsion, avant de faire voler sa mâchoire en éclat d'un revers de gantelet.
Au centre de la mêlée, un Guerrier de Feu en armure Crisis guerroyait avec un Seigneur du Chaos colossal. Celui-ci, désarmé, se battait avec la force brute de ses poings ? aussi gros que des bolters, je tiens à le préciser. Son visage sans heaume était couvert de plaie, et une haine sans bornes flamboyait dans ses prunelles damnées. Avec un rugissement de rage semblable au bruit d'un moteur de Rhino, il prit un pas d'élan et s'élança vers son adversaire, chargeant de toute la masse de son armure énergétique dans un coup d'épaulière dévastateur.
BANG !
Le fracas que firent les deux cuirasses en s'entrechoquant fut si assourdissant qu'il retentit même dans notre caveau, faisant s'écouler la poussière centenaire des murs de pierre.
En regardant la séquence, je fus frappé de stupeur en voyant que le Tau n'avait pas bougé.
Et encore plus quand je le vis soulever l'énorme Space Marine à bout de bras dans les airs. Celui-ci battait le vide de ses membres, et j'entendis distinctement sa voix rauque et gutturale alors qu'il écumait de rage :
- Pourquoi tu meurs pas ?! POURQUOI TU MEURS PAS ?!
Je saisis clairement la démence qui déformait ses paroles, et je fus abasourdi d'y sentir aussi du désespoir. Je compris alors que la charge tonitruante du Seigneur n'était pas le premier coup mortel qu'il avait asséné au Tau.
Celui-ci, sans répondre, commença à faire tournoyer l'Astartes. Un hurlement d'agonie lacéra mes tympans et je vis que les doigts mécaniques de l'armure Crisis étaient fichés dans les parties pectorales et abdominales du félon.

Il y eut un froissement métallique effroyable lorsque le Guerrier de Feu déchira littéralement le corps de l'hérétique en deux.

Bouche bée, je vis nettement le tronc du Marine se séparer de sa taille dans un pulsar viscéral incroyablement gore. Je vis les litres de sang rouge vif couler à flot sur le heaume délavé du Tau. Je vis les boyaux noirâtres, les intestins mutilés, et les deux c'urs encore palpitants s'écraser en une averse macabre sur l'exo-armure Crisis étincelante.
Mais, plus que tout, je vis l'ombre démesurée d'Eldohstan émaner du corps de l'Éthéré Tau et planer de toute son impie majesté au-dessus du carnage inhumain de ses pantins.

La séquence s'arrêta et je me surpris en m'apercevant que j'étais trempé de sueur.


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" Ton erreur, Gue'la ? Tu penses beaucoup trop...humainement. "
- Shas'vre Kaed'as.
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