Errance
Je m'éveillais, troublé et fasciné par le monde qui m'entourait, tel un aveugle auquel la vue vient à se mouvoir en aiguisant les sens d'une frustration depuis trop longtemps infligée?
« Ou suis je ? »
Cette remarque lancinante et récurrente rodait dans les limbes de mon esprit en un murmure glacial et pénétrant, créant à toutes cause une conséquence propre, entraînant un lot de questions tout aussi troublant'
« Qui étais je ? Que faisait je ici ? ».
Guidé par l'intuition ou tout autre, j'avançais pourtant péniblement dans ce méandre de couloir recouvert et superposer d'alliage métallique grossier et mal soudé.
Je palpais sur ce monceau de chair qu'était mon visage, des cicatrices à la douleur inexprimable tant à mon âme qu'a mon corps...
Mon torse arborait de multiples stigmates de brûlures; était je devenu à un moment donné de ma vie, un jouet entre les mains d'un caprice d'enfant ? Ou... tout autres ?
Je ne sais, je sais seulement que j'erre tel un noctambule écorcher, à la recherche de mon passé.
Là où la puanteur était partout présente.
On avait beau s'enfermer entre quatre murs ou au fond d'un Wall Wagon, elle était là et vous harcelait.
Si on tentait de la fuir en se réfugiant dans le coin d'une rue; elle vous retrouvait et vous soufflait au visage son haleine de pestilence.
C'était sans doute le cas de toutes ces cités que l'on nomme par des adjectifs indiquant une idée de grandeur alors qu'il s'agit d'un enfer sans nom, d'une toile d'araignée tissé à travers des désolations et des tubes de transport.
L'arachnide, la dévoreuse, semblait déjà accroître la vacuité de ma mémoire, par le sentiment d'anonymat qui semble chose commune au milieu de la masse. Je vivais ma solitude en compagnie, voyant défilé les heures comme un compte a rebours avant l'explosion finale...
« Qu'est ce que la vie, qu'est ce que la mort ? »
J'endurais une telle souffrance, un tel châtiment, est ce que la vie fut toujours ainsi ?
Dénué d'attaches, de familles, d'amis, privée de souvenir et ce qui constitue l'homme, ou on en vient à ne plus connaître sa propre personnalité, sa propre identité, et à être marqué de stupeur et de dégoût face à sa propre image.
« Est-ce que demain je me réveillerai de nouveau dans cette cabine pour vivre une fois de plus toutes ces questions ? Ces supplices ? Cette pénitence... »
C'est alors que tout...fut plus clair, j'allais devenir au détour d'une rue sombre et malfamée, pour quelques pièces de spook, un visionnaire au milieu d'amblyope... En soutirant ma vie pour de l'argent, j'ai su...
On dit que lorsqu'on sent la mort venir, on voit défiler sa vie...
J'ai vu... Moi, Icare... Icare Kobalt... Libéré... libéré de cette emprise charnel...
Libre...
Damned- On va voir ceux qui ont retennu mes anciens récits.