Venant de finir le troisième tome, j'en viens à poster ma petite critique/analyse spoileuse du genre.
- Le premier tome, reste profondément... Long. On fait face à plus de 300 pages servant à la description des forces en présences (Les différentes familles antagonistes, les institutions politiques et Mystico-religieuse). L'histoire en elle-même traîne trop souvent, Franck Herbert souhaitant capter l'attention du lecteur sur une intrigue qui prend l'eau, tout simplement car nous connaissons dés les prémices l'identité du traître, et son mobile. D'ailleurs il faut rajouter à cela une chute qui en plus d'être tellement prévisible (quant à ses acteurs, ses moyens et procédés) se déroule en à peine deux pages.
La prophètisation progressive de Paul tourne elle aussi au vinaigre par la lenteur narrative, et son rôle satellitaire dans une intrigue en manque de rythme. D'autant qu'Herbert se sert trop souvent des voix intérieurs de Dame Jessica pour souffler aux lecteurs sa propre vision des qualités prémonitoires de Paul, chose qui manque de crédit car personne ne saurait se laisser bercer continuellement de postulats pour se former une opinion sur quelqu'un. En bref, rien ne remplace les actes. (Chose qu'il comprendra progressivement dans le tome deux.)
Mais au delà de ces nombreux défauts, on perçoit le crépuscule d'une suite passionnante, par le véritable mystère qu'entoure ces Fremens et leurs cultures conditionnés par l'eau.
- Le deuxième tome, ou la jouissance lyrique. Outre le début qui peut être aisément passé (Puisqu'il n'apporte absolument rien jusqu'à l'arrivée dans le bassin et la rencontre avec Stilgar/Jamis et autres joyeusetés à distille.) le reste, est profondément (et cela à tout point de vue) magnifique. Herbert, change le rythme de sa trame, privilégiant les intrigues courtes, la romance, la création d'une civilisation et de ses m'urs (Pragmatique et poétique à la fois : « Il verse une larme au mort »), sans omettre l'action qui en venait à manquer quelque peu. On recentre le débat sur une vision bipolaire (Finit les dispersions à tout va), d'un côté Paul l'héritier Ducale et de l'autre le Baron Vladimir Harkonnen. (Vision manichéiste, qui tend à s'estomper face à l'évolution des deux protagoniste, l'un de plus en plus insensible à toutes formes d'émotions et l'autre partagé par les doutes.)
A noter pour les plus sensibles d'entre nous, qu'une histoire d'amour y fait aussi son office.
- Le Troisième tome, l'entrée dans le cycle. Un livre que seul les vrais fans se doivent de lire, car en plus de n'être en rien un chef d'?uvre, il entache en de nombreux endroits l'idée qu'on se fait des personnages en présence. Paul n'est plus, Muad'Dib l'a remplacé. Désormais froid, résigné, il ne lutte plus contre le cours de l'histoire alors que la mort (Interprétés par divers personnages clairement définit) lui montre précisément ce qui l'attend. Plus despote que messie, il a perdu l'estime de ses anciens compagnons et la compréhension de sa compagne (Ainsi que de sa mère et de Gurney Halleck).
Son Empire est désormais responsable de plus de 64 milliards de morts tués en son nom, Dune ne compte quasiment plus de vers, le gaspillage d'eau y est fréquent, et le passage d'un Empire féodale à celui d'un Empire théocratique à entraîné en plus d'un flot discontinu de pèlerins obscurantiste, l'institution de sa secte au pouvoir (Nébuleuse censé être dirigé par sa s'ur.) Un récit d'autant inintéressant qu'ajouté au défaitisme ambiant, le Muad'Dib n'exerce plus ses pouvoirs de prescience ou de suggestions (La voix), et ne semble pas plus légitime qu'un simple mentat suicidaire au trône Impérial.
Le seul intérêt de cette lecture se trouve à partir de la page 245 (Sur 300), ou on ressent en cet épilogue, ce sursaut inattendu et la volonté de ne plus se conformer à la logique du pouvoir, en pourvoyant à la légende.
QUOTE
Oui c'est aussi un livre qui n'est pas exempt d'idéologie, le duc leto le gentil marxiste qui veut la fin des classes sociale et le baron le méchant capitaliste qui vit sur sa planète industrie.
Oui, tout a fait. De nombreux exemples étayent cette pensée : Le Duc Rouge, Paul en tant que "Nouvel homme" etc.
QUOTE
Dr. Wellington Yueh
Marrant de constater que le vil traître possède un nom s'adaptant à la circonstance.

QUOTE
Duc Leto/Baron Harkonnen
A noter que dans le premier tome, l'ami Herbert a fait une erreur; il y est dit que Leto exprime son ambition de briguer le statut de Vicomte. Alors que dans la hiérarchie des titres de noblesse, la fonction Ducale est considérée comme faisant partie de la "Grande Noblesse" (Assimilable aux Princes ou du moins à la branche cadette d'une famille régnante, comme les Orléans par exemple vis à vis des Bourbons). En bref, ça devrait donné ça : Chevalier, baron, vicomte, comte, marquis, duc et prince.
Damned.