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Full Version: Kingdom Of Heaven
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Damned
Mes amis,

Voila longtemps que j'attendais un Film relatant la folle épopée des Croisades du fait de mon amour pour les divers romans de M.Peyramaure ou Thibaut et les croisades de Juliette Benzoni (Que je vous recommande vivement à la lecture)...
Que je fus joice quand il m'a été donné d'apprendre que c'était Mr Ridley Scott en personne qui réalisait un Film du genre. (Pour les péteux, sachez qu'il est le Réalisateur et producteur de Gladiator, Blade Runner, la chute du faucon noir, Alien, Hannibal et caetera.) Il ne m'en a pas fallut plus pour réserver ma place le jour de sa sortie... Et de ce fait je viens vous livrer mes impressions.

Voici une petite liste de certains défauts (historiques pour la plupart) qu'ils m'ont été donnés de trouver (donc non exhaustive) :

- Baudouin IV n'est jamais mort Roi, puisqu'il avait abdiqué bien avant, quand sa maladie lui à emporté la vue.

- Gui de Lusignan n'était pas le vil seigneur qui y est décrit, il n'a pas été non plus le successeur du Lépreux, c'est le fils de Sibylle (Qui n'est pas censé avoir d'enfants dans le film, ni de mari...) qui à prit le pouvoir sous le nom de Baudouin V (A l'age de cinq ans). C'est après la mort du marri de sibylle (Marquis de Montferrat) qu'elle prendra pour époux Gui de Lusignan, qui deviendra de ce fait régent du royaume de Jérusalem et Roi quand le Petit meurt juste avant ses sept ans.

- La reine n'a jamais abdiqué en faveur d'un quelconque amant. Elle mentionne de plus, à la fin du film le fait qu'elle reste reine de Tripoli (etc.) et d'Ascalon, chose que l'on sait faux puisque pour payer la rançon de son mari (fait prisonnier durant la bataille de Tibériade que l'on voit dans le film), les chrétiens rendront cette place forte aux arabes.

- La bataille de Tibériade semble découlé rapidement dans la logique du film, alors que dans la vérité elle aura lieu en 1187, soit 5 ans après l'abdication de Baudouin IV. R.Scott a donc tout simplement supprimé les clivages d'héritages, de régences pour se concentrer sur l'aspect action. (Tout comme pour Gladiator, ou ce n'est pas un Gladiateur qui tua commode mais son serviteur, à la Marat... Dans son bain.)

- Le côté chevalier idéaliste possédant un code d'honneur quasiment inébranlable, faisant un peut Chevalier de Troy est fortement extrapolé lui aussi en ce qui concerne le vrai chevalier Balian d'Ibelin. Il n'était pas non plus bâtard, encore moins forgeron ni marié à un fille du commun. Si sa généalogie vous intéresse Suivez le lapin blanc...
A noter qu'il n'est jamais resté à Jérusalem ou sur ses terres durant la bataille de Tibériade, il était le chef de l'arrière garde avec Jocelin d'Edesse, le mythe du bonhomme vient du fait, qu'après la bataille précédemment mentionné, il ne resta que deux chevaliers pour la défense de Jérusalem, dont Balian Ibelin.

Autres défauts, non historique :

- Balian dans les débuts du film ne sait pas manier l'épée ou comme "un paysan", et un cours de 5 minutes lui apprendra comment faire.

- Le bateau le menant en terre sainte coule, et en bon seul survivant il remarche en quelques instants, en trouvant un cheval qui est en bonne santé...

- Orlando Bloom et l'acteur jouant le rôle de Renaud de Châtillon jouent tout deux dans Troie, et font irrémédiablement remémorer dans les débuts cette sous merde classé dans l'épique-légendaire pour bouffeur de foins.

- De gros moments de paroles indigestes... Avec du serments à deux ou quatre sous en quelques endroits.

Les points positifs :

- Des scènes d'actions à foison, et magnifiquement orchestrés. (Le combat du début mérite rien qu'à lui, le fait de se bouger le cul pour voir le film. L'hospitalier Allemand donne enfin un visage réaliste au barbare de Naheulbeuk.)
- Une ambiance de crédibilité sourde. (Pas de toc en guise de décors, pas d'excès moralisateur quant aux diverses religions en présence, rien de manichéen.) Les arabes sont enfin réhabilités dans leurs manières d'êtres.
- Des critiques constantes des absurdités de l'église de l'époque.
- Des décors et costumes époustouflant...
- Un savoir faire dans la création d'histoires. On suit de bout en bout, même lorsqu'on sait qu'on fait face à d'innombrables anachronismes.
- Certains rôles collent parfaitement avec les acteurs, Salah al-Dîn Yusûf (dit Saladin) est exactement ce que à quoi je pensais, Liam Nelson en impose grandement aussi, l'hospitalier etc.
- Malgré un arrangement avec l'histoire, on voit de nombreux clin d'oeil qui montre que le Ridley à bien fait son travail. Notamment dans la capitulation de G.L et R.de Châtillon avec le sorbet offert, mais aussi les techniques martiales comme les tours recouvertes de peaux d'animaux divers fraichement écorchés pour éviter qu'elles s'enflammes etc.

Bref, j'aurais fait dans le plus complet possible et je vous recommande d'y aller chaudement.

Note : 15/20

Damned
Lucius
forcement, moi il sort dans le mois prochain ici, pareil que pour Million dollar Baby, il sort pas ici, je rentre, il y ets plus, BOOOOOORRRRDDEEEEEELLLLLL !!!!!

bon, ma foi oui respecter l'histoire dans ses moindres details (moindres ?.... dans ces details) parfois soit ca fait pas tres tres cinefil (c'etait pas tous des preux paladins et les princesses etaient pas toute des bombes) et parfois ca arrangait tres moyennement le realisateur (comme dans Gladiator, ou Troy, mais la il devait y avoir pas mal de chose qui l'arrangait moyennement)

en fait je ne vous cache pas que des que j'ai vu l'affiche, Orlando Bloom, et meeeeerdeeuuuu (flashback de Troy), apres le gonzesse qui se ramene limite en string (flashback de King arthur, me dites pas que c'est une princesse arabe ou je fait un malheur !) Et meme apres la bande annonce je m'attendais a une grosse merde, mais la Damned, comme tu semble savoir de quoi tu parle (attend je reprend mes notes) je crois que je vais regretter de pas pouvoir le voir finalement !

tu pourrrais etre plus precis sur les romans ?

tcho


Lucius- heu la gueule du barbare de Naheulbeuk ce serait pas celle de Conan le Barbare par hasard ? (je sais pas mais bon... Crom, grosse epee, gros bras, violent, Conan...)
Damned
QUOTE
parfois soit ca fait pas tres tres cinefil

En réalité, je pense que le Film aurait été d'un chiant à mourir si certaines coupures n'avaient pas été faites quant à la réelle histoire. Certains passages étant déja légerement long, en rajouter aurait été du suicide scénaristique.
QUOTE
(c'etait pas tous des preux paladins et les princesses etaient pas toute des bombes)

Dans le Film, la reine n'est pas vraiment une bombe. Elle a du charme sans être belle ou fade de beautée. (D'ailleurs sa dent qui part en traviolle atteste de mon jugement.) Dans le film, il n'y a pas de nobles et preux paladin (A part le Balian)bien au contraire. On trouve les chrétiens en modérés ou en fanatiques.
QUOTE
Gladiator, ou Troy

Fait pas ce genre de juxtaposition, par pitié. Le Gladiator est un vrai film, alors que l'autre n'a qu'un générique valable, se terminant parcequ'il y a de mieux dans ce film : le mot "fin".
QUOTE
apres le gonzesse qui se ramene limite en string

Non plus. Il n'y a en réalité, quasiment pas d'histoire d'amour. Ou du moins si, mais n'est en rien présente dans le film. Tout ou plus en 15 minutes et basta.
QUOTE
me dites pas que c'est une princesse arabe

Nan, c'est la princesse Sibylle (joué par une Francaise) d'origine francaise. D'une grande famille de Chartre si mes souvenirs sont bons, j'irais me renseigner pour plus d'exactitudes. Au faite, j'y repense... Elle meurt en tant que Reine, en 1190.
QUOTE
je vais regretter

Je le pense aussi.
QUOTE
tu pourrrais etre plus precis sur les romans ?

Le roman des croisades tome 1 : La croix et le royaume.
Le roman des croisades tome 2 : Les étendards du temple.
Ou regarde Juliette Benzoni c'est pas mal aussi.
QUOTE
heu la gueule du barbare de Naheulbeuk ce serait pas celle de Conan le Barbare par hasard ?

C'etait une expréssion l'ami... Mais il ne te faudra pas une minute pour comprendre de qui je parle quand tu verras le film à ton tour. Avec une fleche dans le cou, le type continu à couper des têtes. Un monstre de muscle à couette. Pur jus germanique.

Damned
alucard
Moi aussi j'ai eu la chance de voir ce film a ca sortie (hier quoi). Pour tous les détails historiques je pense qu'un film ne peut jamais etre exact sur tous les details et parfois il faut s'arranger (avec les dates notament).

Un point positif que Damned n'a pas mentioné, c'est la musique dans le film qui est tres bien et qui colle avec les scenes. Les acteurs sont tous plutot pas mal (j'aime pas trop orlando bloom mais bon faut toujours qui prenne toutes les filles et ca m'enerve).

Vu que Damned a déja tout dit, je dirais juste que c'est un film agréable a regarder et que je vous conseille.

Alucard
Lucius
VU !!!

il est sortie ici finalement, ahaaaaaa !
je l'ai donc vu et revu et revu (trois fois, petit passe gratuit... vive les relations...)
et je l'aprecie pleinement a chaque fois, vraiment un tres bon film !

Mais par contre, en relisant le post de Damned sur les differences et le non-respect de l'histoire, je suis assez abasourdi... qu'y a il de veridique alors dans ce film ? Bailan est pas un preux chevalier tout gentil et Guy est pas un vilain seigneur tout mechant... et la place de Sybella est adaptee histoire de mettre une mini histoire d'amour dans le film... ressemble salement a une adaptation historique a la Troy tout ca...

La seule chose que je connaissait des croisades (en detail bien sur, l'appel du Pape Urbain II Barberousse et richard coeur de Lion je connait... longue histoire...) c'etait la decapitation de Renaud de Chatillon par Saladin... c'est dans Age of empire... oui bon OK mais c'est deja ca !

Ensuite, meme si les personnages ne sont manifestement pas bien places vis a vis de la vraie histoire, je trouve qu'ils sont magnifiquement interpretes, le Orlando a enfin pu finir un film sans m'enerver !

Renaud de Chatillon (le Menelas de Troie, dont je prefere me souvenir en tant que Amish dans Braveheart) est tres bien aussi, il a l'air un peu fada mais bon, l'acteur a du talent.

La fille a un role legerement secondaire je trouve mais on a heuresement eviter le role de "potiche" dont se charge souvent les jolie femme dans les film avec Orlando bloom (troie, pirates des caraibes...).

Le Lepreux, malgres le port du masque qui rend dificile un jeu de qualite, est tres bon aussi, en Vf je sais pas mais en Vo sa voix et tout rendent tres bien.

Saladin est lui aussi remarquablement interpreter, Roi tres diplomate et puissant, sorte d'ilot de civilisation dans ce monde de folie (religieuse ou autre), j'aprecie beaucoup. Seul regret concernant Saladin et les autres Arabes (comme ses vassaux) ils s'adressent entre eux en anglais... (et francais je suppose) je trouve ca completement nul... les dialogues en Arabes auraient vraiment donner du caractere aux personnages et au film, Saladin qui parle en British (meme avec l'accent qu'il s'efforce de prendre) ca le fait assez mal... et puis le film se deroule en grande partie a jerusalem alors bon... que les mecs censes etre francais (presque tous) parlent en Anglais OK mais bon la quand meme c'est pas n'importe qui...

Guy de Lusignan est ecxellent, (l'acteur me fait penser a William dans Braveheart) tres noble et arrogant, sale type, mais je comprend pas vraiment ses intentions dans le film, il est roi de Jerusalem et il cherche la merde avec celui qui pourrait le detroner et en a pas specialement envie... pas futer le Roi quand meme...

Pour finir, le pere de Bailan (Qui-gon jin) est sympas aussi mais parfois un peu trop excessif quand il sort ses morales chevaleresques. Apres je suis toujours aussi fan de Jeremy Irons... trop fort ce gar...

voila voilaa en gros je partage l'avis de Damned sur les bon point du film, l'histoire je la connait pas alors je me fie a ce qu'ont me dit et je trouve tant de difference assez dommage quoique parfois necessaire j'en convient (si ont veut pas un film dans le style d'Alexander ou l'histoire fait des bonds). Le coup de Saladin qui cause en anglais me plait pas. Enfin, le monde de l'epoque est tres bien retranscrit "to kill an infidel is not a crime... it is the pass to heaven" (a bravo) et bien que certain details fassent tache (le coup du cheval par exemple, ou les mec qui disent "feu" pour tirer des fleches) ce film reste un pur moment de plaisir qui aurait facilement pu etre foirer mais en fin de compte vraiment reussi... certains moment donnent des frissons... genre Bailan qui fait les defenseurs chevalier avec la musique du Treizieme guerrier en fond (treizieme guerrier...film de ma vie...)

voila, bodiou il est long ce post, on dirait une presentation rapide de Void par Triz' ou Evandree....

Alekum salam...


Lucius- I did not give the cup to you...
Damned
Voici ce que dit le site Herodote, de ce Film:

user posted image


Ridley Scott a choisi de retracer la période la plus cruciale des croisades, celle qui a vu Jérusalem retomber aux mains des musulmans après 88 ans de domination chrétienne.

Nous sommes dans les années 1180. En Occident, les hommes voient leur sort rapidement s'améliorer (contrairement à ce qui est dit dans le film). La paix et la prospérité vont de pair avec l'expansion de l'art gothique.

En Orient, voilà plus de 80 ans que Jérusalem a été enlevée aux Turcs par quelques milliers de guerriers francs venus de toute l'Europe occidentale.

Les croisés s'étaient donné pour objectif de délivrer le tombeau du Christ mais aussi de sauver l'empire romain d'Orient et sa capitale Byzance, menacés par l'irruption des Turcs.

Ayant atteint leur objectif, beaucoup sont restés sur place. Ils ont établi en Palestine et en Syrie le système féodal, avec de puissantes baronnies et un royaume de Jérusalem.

Au fil des années, ces croisés se sont assimilés à la population locale, en épousant des filles arméniennes, grecques ou syriaques, et en donnant naissance à des enfants de culture mixte appelés «poulains».

Un flux permanent de pèlerins en armes, venus d'Occident par terre et par mer, les aide à défendre leurs territoires contre les musulmans.

Les nouveaux arrivants, impatients d'en découdre avec les infidèles, ne cachent pas leur mépris pour les croisés de Palestine et les «poulains». Ils ne comprennent pas leurs rapports souvent cordiaux avec les voisins turcs ou arabes.

Il est vrai que les États francs de Palestine, coincés entre l'Égypte et la Syrie musulmanes, sont obligés de ménager l'une et l'autre. En évitant les provocations inutiles et par un jeu subtil d'alliances, le roi de Jérusalem fait en sorte d'empêcher leur union.

Malheureusement, cette union tant redoutée survient en 1174 sous l'égide d'un chef providentiel, le kurde Saladin (37 ans), en partie à cause de la mésentente entre les croisés.

La même année, le roi de Jérusalem meurt et c'est son fils qui hérite du trône sous le nom de Baudouin IV. Il est beau, pieux et courageux. Mais il n'a que 13 ans et l'on va découvrir bientôt qu'il est atteint de la lèpre.

Le jeune homme préserve le royaume avec courage et grandeur d'âme, se faisant porter au besoin sur le champ de bataille en litière. A plusieurs reprises, la vue de celle-ci suffit à mettre en déroute l'ennemi.

Le Roi lépreux entretient des rapports d'estime avec son ennemi Saladin, comme lui empreint de sentiments chevaleresques.

Il poursuit la sage politique de son père avec le concours de son conseiller, Raimon III de Tripoli, seigneur de Tibériade (celui-ci est appelé Tiberias dans le film de Ridley Scott, d'après le nom anglais de Tibériade).

En prévision de la mort prochaine du roi, on cherche à remarier sa soeur Sibylle, jeune veuve mère d'un nourrisson, appelée à succéder à son frère sur le trône.

Émancipée comme le sont les princesses et les reines de cette époque, à l'image d'Aliénor d'Aquitaine, Sibylle choisit sur un coup de tête d'épouser un cadet sans fortune fraîchement débarqué du Poitou.

Il a nom Gui (ou Guy) de Lusignan et son seul atout est d'être le plus beau chevalier de son temps. Faible de caractère et lâche par ailleurs.

Quand le 16 mars 1185, le malheureux et digne Baudouin IV rend enfin son âme à Dieu, Raimon de Tripoli et les barons du royaume tentent d'empêcher Gui de Lusignan de monter sur le trône.

Mais ils sont bernés par ce dernier, qui bénéficie de la complicité intéressée de trois brigands de haut vol :
? Héraclius, patriarche ou évêque de Jérusalem ; fornicateur, cupide, viveur et lâche, indigne représentant de l'Église,
? Gérard de Ridefort, grand-maître de l'Ordre des Templiers, conspirateur qui poursuit d'une haine insatiable Raimon III de Tripoli et n'hésitera pas à trahir son camp pour lui nuire,
? Renaud de Châtillon, prince d'Antioche ; comme Lusignan, ce cadet doit sa bonne fortune à l'héritière de la principauté qui l'a épousé en raison de sa prestance et malgré les tares de son caractère.

Avide de pillages, Châtillon enfreint régulièrement les trêves conclues entre Francs et Turcs pour lancer des razzias en terre musulmane. Il lui est même arrivé de lancer une expédition en direction de La Mecque.

Renaud ayant une nouvelle fois attaqué une caravane, Saladin demande réparation à Lusignan, lequel refuse. C'est la guerre générale.

Saladin se met en marche avec toute son armée en mai 1187. Une dernière tentative de conciliation menée par Raimon III de Tripoli échoue du fait des Templiers.

150 de ceux-ci, menés par Gérard de Ridefort, attaquent une colonne pacifique de quelques milliers de soldats musulmans. Tous les Templiers sont tués à l'exception de trois... dont, hélas, Ridefort.

Saladin met alors le siège devant la ville de Tibériade, sur les bords du lac du même nom.

Parmi les assiégeants figurent la femme et les enfants de Raimon III de Tripoli.

Ce dernier, par devoir, rejoint Lusignan et le supplie de ne pas tenter de sauver la ville. La route jusqu'à Tibériade est désertique, sans point d'eau, et l'armée des croisés serait anéantie avant d'atteindre le lac...

Lusignan se rallie à son avis... l'espace de quelques heures. La nuit venue, Gérard de Ridefort convainc le roi de se mettre en route malgré tout. On sonne le rassemblement. Bien que conscients de la folie de cette marche, les croisés se résignent.

Après une journée de marche en plein soleil, l'armée fait halte sur la colline de Hattîn, au-dessus des rives rafraichissantes du lac, interdites d'accès par Saladin. Le lendemain matin, 3 juillet 1187, la colline se trouve encerclée par les musulmans.

C'est le massacre. Presque toute la chevalerie franque perd la vie. Raimon III parvient toutefois à s'enfuir avec quelques chevaliers.

Le sultan s'empare de la relique de la Vraie Croix, une relique qui accompagnait les Francs sur tous les champs de bataille.

Il se comporte vis-à-vis des prisonniers avec une magnanimité relative, faisant seulement exécuter les 300 moines-soldats du Temple et de l'ordre des Hospitaliers...

Il épargne provisoirement le grand-maître Gérard de Ridefort. Celui-ci est conduit sous la tente du sultan avec deux autres prisonniers de marque, le roi lui-même et Renaud de Châtillon.

Le sultan tend une coupe remplie de sorbet à la glace à Lusignan, signifiant par ce geste d'hospitalité qu'il ne saurait tuer un roi, aussi indigne qu'il soit. Lusignan tend la coupe à son voisin, Renaud de Châtillon.

Colère de Saladin qui n'entend pas étendre son hospitalité au brigand. Le sultan tire son épée et brise l'épaule du prince d'Antioche. Des soldats entraînent le prisonnier hors de la tente et le décapitent.

Là-dessus, le sultan gagne la côte avec son armée en vue de s'emparer des ports et de prévenir le débarquement d'une nouvelle croisade. Il échoue devant Tyr, sauvée par l'arrivée providentielle d'un croisé énergique, Conrad de Montferrat.

Le 20 septembre 1187, l'armée musulmane se présente devant les murailles de la Ville sainte...

Le siège de Jerusalem

La ville, à la surprise du sultan, s'est mise en état de défense, cela grâce à un chevalier qui faisait partie des prisonniers d'Hattîn.

Ce chevalier est l'un des principaux barons palestiniens. Il s'appelle Balian d'Ibelin, du nom d'une localité du sud de la Palestine.

Balian est le type même du «courtois chevalier» si l'on en croit l'historien René Grousset.

Il a épousé en secondes noces Marie Comnène, petite-nièce de l'empereur byzantin Manuel Comnène. C'est la deuxième épouse du roi de Jérusalem Amaury 1er et la belle-mère de Baudouin IV le Lépreux et Sibylle de Lusignan.

Comme beaucoup d'autres croisés de Palestine, Balian d'Ibelin nourrit des rapports courtois avec les musulmans, de sorte qu'il obtient de Saladin, après sa capture, le droit de rejoindre Jérusalem pour protéger sa femme.

En arrivant dans la Ville sainte, le baron est ému par la détresse de la population, grossie par les réfugiés des campagnes environnantes. Les malheureux craignent d'être massacrés ou au mieux réduits en esclavage par les vainqueurs de Hattîn.

Il prend en main la défense de la ville. Comme il manque de chevaliers et de guerriers professionnels, il adoube collectivement tous les hommes en état de se battre, autrement dit leur confère la qualité de chevalier avec les obligations qui s'y rattachent !

Pour prendre la ville, Saladin va devoir mettre en branle une douzaine de machines de siège. Ses sapeurs arrivent à percer une brèche dans la muraille.

Le patriarche Héraclius, dont la lâcheté le dispute à la cupidité, dissuade les assiégés de tenter une sortie. Balian sollicite alors une entrevue avec Saladin.

Ce dernier, irrité par la résistance des Francs, exige une reddition à merci et menace : «Je ne me conduirai pas envers vous autrement que vos pères envers les nôtres, qui ont tous été massacrés ou réduits en esclavage !»

A quoi Balian répond : «En ce cas, nous égorgerons nos fils et nos femmes, nous mettrons le feu à la ville, nous renverserons le Temple et tous ces sanctuaires qui sont aussi vos sanctuaires. Nous massacrerons les cinq mille captifs musulmans que nous détenons, puis nous sortirons en masse et aucun de nous ne succombera sans avoir abattu l'un des vôtres !»

Saladin, interloqué, accorde la possibilité aux chrétiens de se racheter à raison de dix besants pour les hommes, cinq pour les femmes, un pour les enfants.

Balian d'Ibelin prend alors le sultan par les sentiments et lui demande de fixer aussi un prix forfaitaire pour les pauvres.

Marché conclu à ce détail près que le grand-maître des Hospitaliers, sur qui l'on compte pour payer la rançon des pauvres, n'accepte de payer que pour 7.000 personnes, en condamnant 11.000 à 16.000 autres à l'esclavage !

Les cohortes de réfugiés sont conduites sous la protection des soldats de Saladin vers les ports de Tyr et de Tripoli, encore aux mains des croisés. Le patriarche Héraclius eut soin d'emporter avec lui tous les objets précieux des églises.

Entré le 3 octobre dans la Ville sainte, Saladin fait aussitôt abattre la croix dorée érigée 88 ans plus tôt au sommet du dôme de la mosquée d'Omar.

Puis il se rend sur la côte. Poussant l'ignominie à son comble, ses prisonniers Gui de Lusignan et Gérard de Ridefort ont le front d'exhorter les défenseurs des ports à se rendre.

Lusignan obtient bien plus tard le royaume de Chypre, enlevé aux Byzantins par Richard Coeur de Lion ! Sa dynastie va régner sur l'île jusqu'en 1489. Ridefort reçoit quant à lui la juste récompense de ses forfaits. Il es torturé et exécuté dans sa cellule sur ordre de Saladin.

Ainsi prend fin la grande entreprise inaugurée par le pape Urbain II. Pendant un siècle encore, les chrétiens d'Occident vont tenter de reprendre Jérusalem mais sans vigueur ni succès.

Cela dit, il est bon de noter qu'il faut toujours prendre un peut de recul à propos des informations qu'ont exposes en vérité générale :

QUOTE
Les croisés s'étaient donné pour objectif de délivrer le tombeau du Christ mais aussi de sauver l'empire romain d'Orient et sa capitale Byzance, menacés par l'irruption des Turcs.

Il faut ajouter que le but de sauver les byzantins ne fut que dans l'esprit d'Urbain II, pas chez les barons ou les simples pèlerins. Il ne s'agit pas de généraliser hâtivement, les barons occidentaux et leurs hommes ne tenaient pas les grecs et le basileus dans leur coeur, ils les méprisaient beaucoup.(cf. les témoignages et les actes - aux abords de Contantinople - des premiers croisés en 1097-1098)
QUOTE
Au fil des années, ces croisés se sont assimilés à la population locale

Ce n'est que partiellement exact. Des trois points de contact en Méditerranée entre chrétiens et musulmans, les Etats Latins d'Orient sont le seul où l'assimilation n'a pas eu lieu. Tous les témoignages des contemporains et les historiens vous le confirmeront (J.Richard, C.Cahen par exemple). Chrétiens et musulmans, bien qu'entretenant des rapports plus ou moins cordiaux, ne se "mélangeaient" pas. Les Arméniens, les grecs ou les syriaques sont des chrétiens...
QUOTE
Malheureusement, cette union tant redoutée survient en 1174 sous l'égide d'un chef providentiel, le kurde Saladin (37 ans), en partie à cause de la mésentente entre les croisés

C'est surtout à cause de la mésentente des musulmans que Saladin peut cumuler l'héritage égyptien fatimide et celui des zengides de Damas.
QUOTE
Un flux permanent de pèlerins en armes, venus d'Occident par terre et par mer, les aide à défendre leurs territoires contre les musulmans.

Certainement pas ! Les navires ne peuvent "passer" la mer qu'entre avril et octobre, ce qui limite cruellement ce "flux permanent".
QUOTE
Renaud de Châtillon, prince d'Antioche

Renaud n'a jamais été prince d'Antioche, où les descendants de Bohémond de Tarente "règnent" toujours...
QUOTE
Poussant l'ignominie à son comble, ses prisonniers Gui de Lusignan et Gérard de Ridefort ont le front d'exhorter les défenseurs des ports à se rendre.

Jean Richard et d'autres historiens ne sont pas aussi catégoriques : Guy de Lusignan n'a jamais demandé aux différentes cités assiégées par Saladin et ses frères de se rendre, mais de "négocier sa libération en cas de capitulation", ce qui est bien différent !

Remerciements au Duc de Raguse sur les Forums Passion histoire pour cette intervention.

Bien à vous,

Damned
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