Bon voila, après avoir lu sur ce forum pleins de textes sympa, je me lance à mon tour. Par contre je tiens à préciser que c'est mon premier essai alors, par pitié...soyez indulgents.
Bonne lecture
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Quel spectacle magnifique? La planète luisait sous les pâles rayons pourpres de son étoile. A cette altitude, on pouvait encore en distinguer la courbure. Au pied de Vlad des fleurs de feu naissaient et disparaissait, leur vie brève illuminant le crépuscule de ce continent. Le bombardement avait commencé à peine quelques minutes avant et déjà il se terminait, signe qu'ils allaient bientôt se poser. Autour de lui Vlad devinait plus qu'il ne voyait les autres hommes, qui comme lui tombait vers ce sol meurtri. Comme lui, ils avaient peur, comme lui, ils étaient condamnés.
Le harnais antigrav entra en action, tirant sur les épaules et la ceinture de Vlad pour le freiner. Son esprit lui disait de le détacher, de se laisser tomber, et d'en finir tout de suite, sans connaître la peur ni la souffrance. Mais son c'ur ne pouvait se résoudre à l'inévitable, et son instinct se raccrochait à l'infime espoir qui toujours anime les âmes des hommes, et les pousse en avant. Et toujours le sol se rapprochait, se rapprochait.
Vlad distinguait maintenant précisément la ruche sur laquelle il allait se poser. Des fumées noircies s'élevaient des cratères creusés par les bombes, et à mesure qu'il s'approchait il lui semblait entrapercevoir les défenseurs qui s'affairaient, remettaient en places leurs armes, se préparaient. Vlad vit l'affût d'un canon, pointé dans sa direction, et celui de dizaines d'autres vers ses camarades. Il appuya sur le bouton, sur son poignet.
Passant dans les veines de son poignets, remontant à travers son c'ur, la drogue atteint son cerveau une fraction de seconde. La peur et le doute furent chassés de son esprit, transformés en une haine farouche de tout ce qui pouvait se dresser devant lui. Il n'avait jamais ressenti ça, même avant, quand il vivait vraiment et qu'il avait assouvi ses instincts, lorsqu'il était autre chose qu'un bout de viande qui marche vers l'abattoir. Cette haine montait à travers son ventre, sa gorge, et ressorti dans un cri terrifiant qui vint se mêler à celui des autres.
Mais leur cri fut couvert par le fracas des armes de défense qui entraient en action, creusant des sillons énormes dans l'armée qui tombait du ciel. Les cadavres disloqués tombaient comme des mouches, et furent les premiers à toucher le sol. Vlad et ses plus proches compagnons d'armes, miraculés, était passé entre deux explosions, avaient été dispersé par le souffle. Ils étaient maintenant en dessous de la zone mortelle, et les explosions accéléraient leur chute, les projetant vers le sol.
Le harnais antigrav de Vlad se mit à tirer sur ses épaules à les arracher, afin de compenser la brutale accélération, et de ralentir pratiquement jusqu'à l'immobiliser avant qu'il ne touche le sol. Enfin pas exactement, car il s'était posé sur le toit d'un immeuble. Certains de ses compagnons, moins chanceux, étaient tombés juste à côté de défenseurs. D'autres atterirent dans les incendies allumés par le bombardement. Momentanément sauvé, Vlad pensa rester ici, à l'abri des combats, en attendant que la tempête autour ne se calme. Mais la mort attachée à son cou l'obligeait à se lever et à continuer.
Il se souvenait des instructions du commissaire. Ce salaud leur avait expliqué cela deux jours avant le saut, quand ils étaient parqués comme des bêtes dans les soutes du vaisseau. Il avait dit que c'était le prix à payer pour que l'Empereur les pardonne, pour qu'ils soient à nouveau dignes d'être des hommes. Il avait dit qu'il leur expliquait cela afin qu'ils puissent méditer sur la chance qui leur était donné de se ranger du côté des justes. Mais aucun d'entre eux n'avait l'esprit d'un juste, et tous avaient passé ces deux jours à réfléchir sur l'horreur à venir, et les faibles chances qu'ils avaient de vivre. Les bombes qu'on avait attachées à leurs cous étaient programmées pour exploser dans tous les cas au bout de deux heures à partir du moment ou ils avaient quitté le vaisseau. Il fallait donc qu'ils atteignent leur objectif avant ce délai. Lorsqu'ils seraient à moins de trente mètres de leur objectif, les bombes exploseraient. Seul détail, une bombe sur cent était truquée et n'exploserait pas dans ce cas là. C'était ce détail qui les rendait fous, qui les privait de la sérénité et les empêchait d'aborder cette épreuve avec le calme de celui qui a la certitude absolue de trouver la mort.
L'objectif de Vlad, d'après le système de contrôle de son poignet, se trouvait à cent cinquante mètres, à la onzième profondeur. C'était un générateur qui alimentait les canons de défense de la ruche. Vlad épaula son arme, et d'un coup de pied ouvrit la trappe sur le toit de l'immeuble afin de commencer à descendre.
L'immeuble était parfaitement désert et calme, contrastant avec l'extérieur et les combats qui s'y déroulait. La poussière qui tombait des plafonds était la seule chose mobile dans ce décor figé. Apres avoir parcouru de nombreuses marches,Vlad descendit dans les sous sols, atteignant les niveaux inférieurs de la ruche.
Les sous sols étaient vastes et sombres, et semblaient se prolonger d'immeubles en immeubles. Seul l'éclairage blafard de néons de secours éclairait le contenu de cette cave, qui visiblement avait autrefois été un centre commercial. Il entendait les pas et les cris des défenseurs qui courraient un peu partout au dessus de lui, à l'extérieur pour repousser ses compagnons. Vlad prit un moment pour s'orienter, et finit par se diriger vers une porte de service qui donnait vers un escalier. Vlad commenca à le descendre, se rapprochant toujours de son objectif.
L'escalier était consitué de volée d'une trentaines de marches, séparées par des palier. La tension devenait énorme pour Vlad qui se tenait prêt à tout. C'est cela qui devait le sauver. Il rencontra son premier adversaire en bas de l'escalier. L'expression du visage de l'homme montrait sa surprise et sa peur, en voyant un ennemi déjà si loin dans leurs défenses. Il épaula son arme et tira?une fraction de seconde après que Vlad ait tiré. Cette fraction de seconde était si infime que mise bout à bout chaque jour, elle n'aurait pas constitué une seconde à la fin d'un siècle. Mais cela suffit à sauver Vlad. Lorsque l'homme appuya sur la gâchette, son corps n'était plus qu'un magma fondu projeté en arrière par la violence du tir. Vlad attendit que le sifflement caractéristique indiquant le rechargement du lance plasma se soit arrêté avant de continuer sa descente.
Voila, c'est tout pour le moment. J'attend vos critiques, pour voir si ca vaut la peine que je fasse une suite.
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