Et il advint que tout allait retrouver son cours normal.
Le paysage ne serait certes plus jamais le même mais il faudrait bien s'y habituer. Ils s'étaient toujours habitués. Le fleuve à quelques mètres de lui charriait encore des cadavres mais cela ne durerait pas et dans trois générations on aura oublié.
Pour une fois la population n'avait pas eu à prendre les armes. En fait, elle n'avait pas eu le temps de décider de le faire ou non. Il y avait deux ans que le conflit avait éclaté et que les forces Impériales piétinaient face aux défenses du gouverneur planétaire. Aucun des citoyens ne se sentait concerné ? qu'ils s'étripent entre eux.
Il semblait bien que la balance penchait en faveur des autochtones lorsqu'ils arrivèrent. Privés de renforts, la Garde Impériale ressemblait de plus en plus au conjoint écrasé par sa moitié ; faisant semblant de se relever plus fort et indifférent aux petites victoires des Forces de Défense Planétaires.
Et puis ils sont arrivés.
La guerre avait mobilisé des milliers d'hommes durant deux années complètes. L'indécision avait toujours tiraillé mes concitoyens.
Et puis il sont arrivés.
Nous étions de plus en plus las de ces morts ? de quelque côté que ce soit. De plus en plus de mes amis voyaient leurs enfants tomber d'un coup de laser ou sous les effets d'une grenade ; que ce soit d'un côté ou de l'autre.
Et puis ils sont arrivés.
Sans prévenir, sans la moindre hésitation. Ils ont frappé. Ils ont frappé celui qui avait levé son ambition contre la volonté Impériale. Quelques jours ? puis ils sont repartis.
En quelques jours ils avaient anéanti toute résistance à l'Empereur.
Peu de personnes ont pu les voir. Moi même je n'ai pas pu car ils ont été trop rapides.
Une de mes vieilles connaissance m'a affirmé les avoir observé et même dans leur ouvrage.
En ces temps troublés, il est facile de ne pas croire même son meilleur ami. Mais quelqu'un qui se met à craindre la colère de l'Empereur au moindre blasphème ne peut qu'avoir contemplé quelque chose de terrible.
La paix est revenue. Et avec elle les livraisons de nos quotas à l'Imperium. Le nouveau gouverneur planétaire a rencontré leur chef en personne et lorsqu'il fit son discours d'intronisation, il était blême et bafouillant.
En fait je me félicite de ne pas les avoir vus ? j'aime trop ma petite vie tranquille.
Encore un cadavre dans le fleuve ? le trou béant de sa poitrine nous rappelle que le bolter sacré est comme le poing de l'Empereur qui punit ceux qui le trahissent.
Les fils les plus proches de l'Empereur ont posé le pied sur notre sol et même cela nous allons l'oublier ? qui sait combien de génération vont passer avant qu'un autre gouverneur ne fasse la même erreur.