
Une sourcière s’était réveillée en hurlant pendant la nuit. Comme en vision, un cauchemar lui avait indiqué qu’une source d’eau avait été pillée. En plein territoire du clan. Aussitôt, deux éclaireurs avaient été envoyés sur place, pour évaluer la situation.
Un seul était revenu. Il avait vu des humains colorés dans un vieux bâtiment.
Sur le chemin du retour, il avait aussi aperçu des robots, comme trop régulièrement ces derniers temps. Ces robots-là étaient différents, avait-il dit. Ils étaient bien plus massifs et bien plus nombreux, comme s’ils avaient enfin décidés de s’approprier le territoire du clan par la force. Ces foutus tas de ferraille ne reculaient jamais devant rien. Et ils se dirigeait vers le campement.
Enfin un travail à la hauteur pour le Chaka des Gardiens !
Sabaka saisit sa masse, mis son masque et sortit de sa tente. Ses hommes l’attendaient. Ils étaient prêts à faire ce qu’il fallait, il le savait. Il les connaissait tous personnellement. C’étaient ses amis, ses élèves, ses frères d’armes. Mais il savait aussi que certains mourraient aujourd’hui. C’était le destin des gardiens, la plus belle mort qu’ils puissent espérer.
En tant que Chaka, il devait montrer l’exemple. Il les mènerait au combat. Et un bon exemple valait toujours mieux qu’un long discours. Alors, Sabaka poussa un hurlement. Il hurla sa haine de ces robots, des ces humains colorés. Il hurla pour tous ceux qui mourraient aujourd’hui. Et sans même attendre que ses hommes lui répondent, il se précipita vers un immense robot qu’il venait tout juste d’apercevoir.
Un grand craquement retentit quand la masse du Chaka fracassa le métal. La journée serait belle, finalement.